Lexique familial de Louis Guédet

Lexique familial

  • Louis Guédet (1863-1929), notaire à Reims, époux de Madeleine Bataille
  • Madeleine Bataille (1875-1973), épouse de Louis Guédet
  • Aimé Guédet (1836-1919), cultivateur et juge de paix à Saint Martin aux Champs (51), époux d’Aurélie Loisy (1838-1898)
  • Honoré Bataille (1845-1920), directeur des Galeries Rémoises, Président du Tribunal de commerce de Reims, époux de Gabrielle Dopsent (1850-1913)

Enfants de Louis et Madeleine Guédet

  • Jean Guédet (1896-1956), époux de Geneviève Masson (1901-1999)
  • Robert Guédet (1897-1972), époux de Suzanne Boulingre (1899-1980)
  • Marie-Louise (1900-1992)
  • André (1903-1977), époux d’Anne-Marie Guépratte (1917-1998)
  • Maurice (1909-1926) « Momo » lorsqu’il était enfant.
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1 – L’école d’Arts et Métiers de Reims victime de 1914-1918

Article de François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

1900 – Création de l’école d’Arts et Métiers de Reims

Avec le soutien des industriels de la région, les Frères des Écoles Chrétiennes – congrégation enseignante fondée au XVIIe siècle à Reims par Saint Jean-Baptiste de la Salle – ouvrent au 32 de la rue du Barbâtre (à l’emplacement actuelle de la Maison Saint Sixte), l’École d’Arts et Métiers Saint Jean-Baptiste de la Salle. L’école propose un programme d’enseignement technique supérieur et scientifique, en trois ans, comportant : Instruction religieuse et Philosophie, Langue et littératures françaises, Mathématiques élémentaires et Mathématiques spéciales, Géométrie descriptive, Mécanique générale et appliquée, Physique, Électricité industrielle et appliquée (laboratoire d’électricité), Chimie, Technologie, Dessin, et Pièces exécutées aux ateliers d’application (ateliers de mécanique, d’ajustage, machines-outils et tours, de construction, de modelage, de fonderie, de forge). Elle est principalement sous le régime de l’internat et offre une Harmonie musicale.

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CPA – Ecole des Arts et Métiers de Reims – rue du Barbâtre – les ateliers

ob_ae667d_ecam1914-1918 – L’École victime des bombardements de Reims

Au 1er août 1914, débute la Première Guerre mondiale, et dès septembre, la bataille de la Marne, l’incendie de la cathédrale de Reims, puis le siège de Reims et les destructions et bombardements de la ville durant tout le conflit. Le quartier de la rue du Barbâtre n’est pas épargné et à la fin de la Grande Guerre en 1918 il ne reste rien de l’École des Arts et Métiers qui est un amas de ruines.

1919 – Transfert à Erquelinnes (Belgique)

En 1919, L’école des Arts et Métiers de Reims est transférée à Erquelinnes, ville frontalière dans le Hainaut en Belgique, dans les vastes bâtiments de l’École de mécanique et d’électricité industrielle d’Erquelinnes, construite dès 1910 par les Frères des Écoles Chrétiennes. Les deux écoles fusionnent et deviennent « Les Arts et Métiers d’Erquelinnes et de Reims » (A.M.E.R.).

1940 – Réinstallation de l’École à Lyon après l’invasion de 1940

L’histoire de l’École des Arts et Métiers de Reims – Erquelinnes devient sombre le 10 mai 1940 par l’invasion de la Belgique http://14-18.documentation-ra.com/2014/07/2014-07-2-l-ecole-d-arts-et-metiers-de-reims-victime-de-1914-1918/r l’armée allemande et qui investit l’école ce qui entraîne l’évacuation de l’école et la dispersion des élèves. Après cette dispersion, c’est un peu par hasard que l’école s’installe à Lyon (depuis 1940). L’équipe des professeurs d’Erquelinnes comptait à l’époque un certain nombre de frères originaires de l’Est de la France qui souhaitaient s’y installer. Elle est définitivement installée à Lyon depuis 1946 et sous l’intitulé actuel ECAM Lyon (École catholique d’arts et métiers), devenue une grande école d’ingénieurs.

Voir article suivant sur l’École des Arts et Métiers de Reims #2

Sites complémentaires :

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Artisanat de tranchée : Reims martyre

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1918 Artisanat de tranchée – Cathédrale de Reims Martyre – Hauteur 183mm – Collection famille Denoncin. Carte postale ancienne : Pierre Fréville

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26 avril 1914 – Election d’un Membre de la Chambre des Députés

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Mode de scrutin : majoritaire uninominal à deux tours dans le cadre de l’arrondissement (ou de la circonscription lorsque l’arrondissement dépasse 100 000 habitants) – lois du 13 février 1889 et du 17 juillet 1889 – les femmes ne votaient pas avant 1945.

Contexte

Les précédentes élections (1910) ayant reconduit la majorité sortante, la France est gouvernée par la gauche républicaine. Pas moins de 9 gouvernements se succèdent de 1910 à 1914. Les nouvelles élections se déroulent 3 mois avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Résultats

Ces élections donnent la victoire à la gauche, avec notamment une progression des radicaux et de l’Union républicaine. La SFIO gagne plus de 25 sièges et devient le deuxième groupe de la Chambre. Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale entraine la formation de l’Union sacrée en août 1914.

suffrages %
SFIO 1 413 044 16,8
Républicains Socialistes 326 927 3,9
Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste 1 530 188 18,1
radicaux indépendants 1 399 830 16,6
Républicains de Gauche 819 184 9,7
Union Républicaine 1 588 075 18,8
Action Libérale Populaire 1 297 722 15,4
nationalistes
réactionnaires
autres 56 086 0,7
Total 8 431 056
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Ville de Reims, 4ème canton, bureau École des garçons Rue Anquetil.

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Janvier 1931, le monument aux morts 1914 – 1918

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Janvier 1931 – Commémoration au Monument au morts 14-18 à Reims avec des anciens combattants.

Le Monument aux morts, place de la République, est inauguré en juin 1930 en hommage aux enfants de Reims tombés au champ d’honneur en 1914 – 1918.

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CPA : F. Demoncin. Photo récente : 30 juin 2014, des travaux de réfection ont commencé depuis quelques jours

Ses inscriptions transmettent son sens :

AUX FAMILLES DES MORTS
POUR EXALTER LA GRANDEUR
DE LEUR SACRIFICE

ENFANTS DE REIMS TOMBES AU CHAMP D’HONNEUR QUE CE MONUMENT ÉDIFIE
PAR VOTRE VILLE MEURTRIE EXPRIME A JAMAIS SON DEUIL ET SA FIERTÉ

AUX GÉNÉRATIONS
NOUVELLES POUR QUELLES
SACHENT ET SE SOUVIENNENT

À l’occasion de sa réfection après la guerre 1939-1945, les années 1914 et 1918 gravées de part et d’autre du monument ont été effacées.

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Parmi les anciens combattants et les personnalités réunis le mois de janvier 1931, l’ancien combattant de 14-18, Maurice Denoncin, enfant de Reims (1888-1986). Par souci d’éducation morale et du devoir de mémoire, il est venu avec son fils Philippe Denoncin (1924-2008), âgé de 6 ans, à sa gauche.

A noter que le monument ne présente pas les noms des enfants de Reims morts pour la France en 14-18, dont le Lt Robert Denoncin (1886-1914) tué lors de la Bataille de la Marne.

Question aux membres et aux visiteurs de Reims Avant & Reims 14-18 : où sont mentionnés les enfants rémois morts pour la France en 14-18 : plaques, livre d’or, autre monument ?

Merci, François Denoncin

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4 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


1918-1920

Il dispense dès l’année scolaire 1878-1879 des cours d’adultes à Reims comme instituteur adjoint bénévole et crée vers 1900 à la chambre de commerce le premier cours bénévole d’Espéranto (prônant une langue universelle).

L’ordre d’évacuation générale de la population civile de Reims est donné le 25 mars 1918.

Veuf de Claire Damville depuis août 1915, suite aux bombardements, aux destructions et aux différentes vagues de Rémois réfugiés vers d’autres villes et départements, Albert Denoncin quitte Reims, et s’établit temporairement au 17 de la rue Guyot à Provins (Seine et Marne).

Bien qu’à 113 kms au sud-ouest de Reims, Provins est compris dans « la zone des armées » comme l’indique la « Carte de circulation dans la zone des armées » (Arrêté du 15 mars 1917) qui lui est délivrée à Provins le 15 avril 1918.

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1918 – janvier – Albert Denoncin (1852 Reims – 1924 Reims)

Jean-Baptiste, Alexandre, Albert Denoncin, enfant rémois, né le 6 novembre 1852, est retraité de la « Compagnie des Chemins de Fer de l’Est », à Reims, après une carrière en qualité d’Employé principal.

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1879 – Reims

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Avril 1918 – Carte de circulation dans la zone des armées (Arrêté du 15 mars 1917)

L’après-guerre est marquée par les restrictions des denrées et différentes mesures de rationnement.

JB Albert Denoncin perçoit du Département de Seine-et-Marne à Provins une « Carte spéciale de sucre ».

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1920-09-(Provins) « Carte spéciale de sucre » (rationnement)

1921- 1924

J-B Albert Denoncin revient habiter dans le quartier qu’il aime à Reims, Faubourg du Laon, église Saint Benoît sa paroisse, quartier proche de la Gare où il avait fait sa carrière, au 46 rue Pierret, rue débouchant aux 7-9 rue Paulin-Paris, face au n° 8.

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1923 – Carte d’Adhérent Réseau Est Groupe de Reims Fédération des retraités des chemins de fer

Il décède dans sa 72ème année le 4 janvier 1924 à son domicile au 46 rue Pierret.

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1924-01-04-(Reims) Faire-part de décès Albert DENONCIN

Fin de l’article « Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre » juin 2014

Pour les nouvelles et jeunes générations à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, pour un message de Paix entre les hommes, en hommage aux victimes et aux combattants de 1914-1918 ; En souvenir de mon grand-père Maurice Denoncin, resté très attaché à sa vie rémoise, et qui a su porter et transmettre le devoir de mémoire à ses enfants et petits-enfants ; Merci aux membres de Reims Avant et Reims 14-18, merci à Mme Véronique Valette pour son aide. Je forme le vœu que cette approche personnalisée et vécue par une famille rémoise de la guerre 14-18 et en particulier de la Bataille de la Marne à quelques lieux de Reims soit un possible support pédagogique pour les élèves et enseignants rémois. François Denoncin (Vernon – Eure) juin 2014
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Novembre 1917, 3e emprunt de la Défense Nationale

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Collection famille Denoncin

Albert Denoncin (1852 – 1924), enfant de Reims, réfugié temporairement à Provins (Seine et Marne) depuis Avril 1918, souscrit au 3ème Emprunt de la Défense Nationale ouvert en novembre 1917, dont la campagne formule  « Souscrivez pour la France qui combat ! pour celle qui chaque jour grandit ». Le 4ème et dernier emprunt sera lancé en octobre 1918.

Article de François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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Laissez-passer

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1914- Reims LAISSEZ-PASSER Denoncin Albert Claire & Marthe pour Bracieux (Loir&Cher)

Document : collection François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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3 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


Troisième partie : les années de guerre 1915-1918

1915             ob_beb4d1_1918-06-10-a-citation-a-l-ordre-du-co

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1915-04-05 Ordre Artillerie du 6ème Corps d’Armée – (Lt Maurice Denoncin)

1915-04-11 Citation à l'Ordre du Regiment 46eme d'Artillerie - Lt Maurice DENONCIN "Campagne 1914-1915 sous les bombes 217e jour du siège"

1915-04-11 Citation à l’Ordre du Regiment 46eme d’Artillerie – Lt Maurice DENONCIN « Campagne 1914-1915 sous les bombes 217e jour du siège »

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Carte postale envoyée le 21 avril 1915 par Claire Denoncin

Reims 21 avril 1915

Chers cousins et cousines

Nous pensons vous faire plaisir en vous envoyant les poires d’autre part, elles sont un peu muries sous les bombes mais saines quand même. Nous avons encore subi ces temps derniers quelques bombardements avec incendie des immeubles. En une seule nuit on a compté 22 foyers, c’est plutôt sinistre comme vous devez le penser. Par contre nous sommes heureux de vous faire savoir que notre Maurice a été cité à l’ordre du Régiment avec la mention suivante « Depuis le début de la campagne s’est signalé par son calme et sa bravoure dans toutes les fonctions qui lui ont été confiées avant la direction du service des munitions dans le secteur. A fait preuve du plus grand zèle et d’un dévouement absolu« . Cette citation signée par le Colonel nous est parvenue le 17 courant. Nous nous réunissons tous les trois pour vous adresser notre affectueux souvenir ainsi qu’à toute votre gentille famille… Votre petite cousine Marthe qui parait avaler une bombe.

Affectueusement

Claire Denoncin

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1915-04-21 Reims Albert DENONCIN Marthe DENONCIN Claire DAMVILLE epouse d’Albert DENONCIN. sur la table le fameux Almanach Matot-Braine de Reims

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22 avril 1915

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1915-05-05-Officiers à l’entrée des souterrains (Lt Maurice Denoncin 2ème à gauche)

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1915-05-27- Rupt – place de la Mairie – une section de 90 (Lt Maurice Denoncin à Gauche)

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Les bombardements de Reims depuis septembre 1914, également à proximité du quartier de la rue Paulin-Paris, affectèrent la santé de Mme Albert Denoncin née Claire Damville laquelle décéda à l’âge de 50 ans le 7 août 1915 à son domicile.

1918

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1918-06-10 Citation à l’Ordre du Corps d’Armee Lt Maurice DENONCIN

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1918-07 Maurice Denoncin promu au grade de Capitaine au 246ème RAC

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2 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


Deuxième partie : La Bataille de la Marne

Maurice, né le 27 juillet 1888 à Reims est lieutenant au 46e Régiment d’Artillerie de Campagne, 8e Batterie.

Le 13 décembre 1914, à Mont-sous-les-Côtes, dans la Meuse il va envoyer cette lettre par la poste civile à ses parents : Albert Denoncin et Claire, née Damville, 8 rue Paulin-Paris à Reims.

Dans sa lettre, Maurice parle de l’endroit où est « resté » son cousin, Robert Denoncin, fils de Paul, né à Reims le 22 novembre 1886, lieutenant au 106e Régiment d’Infanterie « mort pour la France, tué à l’ennemie » le 10 septembre 1914 à Rembercourt-aux-Pots dans la Meuse pendant la Bataillede la Marne.

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Mont sous les Côtes le 13 décembre 1914

Chers Parents

Je vais avoir l’occasion de faire partir mon courrier par la poste civile, j’en profite donc pour écrire une vraie lettre et j’espère qu’elle vous arrivera assez rapidement. Je reprendrai si vous le voulez bien l’histoire de ce que j’ai vu de la guerre parce que vous devez avoir la dessus des renseignements assez vagues.

Quand j’ai rattrapé le 46, il ne s’était pas encore battu et avait organisé les Hauts de Meuse au Sud Est de Verdun ; les Eparges, Combres etc… de façon à pouvoir repousser toutes les attaques allemandes venant de l’Est. La dernière semaine d’août l’armée Ruffey dont nous faisions partie reprit l’ordre d’attaquer dans la direction du Luxembourg, on partit donc par Etain dans la direction de Longuyon c’est pendant ce trajet que j’ai rejoint ; nous alignons de la gauche à la droite les 15e, 5e, 6e et 4e corps. Je ne sais pas au juste ce qui s’est passé mais il y a eu surement une négligence du service de renseignements car notre infanterie qui comptait comme nous entrer au Luxembourg presque en se promenant s’est tapé le nez un beau matin sur les Allemands en force un peu au Sud de Longuyon (vers Beuveilles pour nous) nous n’étions pas habitués à la guerre des taupes aussi notre infanterie sans attendre l’artillerie s’est-elle lancée à l’assaut d’une façon insensée mais les allemands étaient retranchés et c’est là que le 106 et le 132 écopèrent tellement ainsi que nos chasseurs à pieds et les coloniaux et quand à trois heures du soir nous sommes arrivés en position, ce qui restait de l’infanterie du 6e corps se lançait pour la 4e fois à l’assaut des bois près de Longuyon, notre corps était vainqueur et devant nous les Allemands reculaient mais le 4e et le 5e corps étant enfoncés nous dûmes battre en retraite pour ne pas nous faire envelopper.

Le lendemain même histoire et vers le soir des cyclistes (probablement des espions) ont jeté la panique dans le 4e corps en criant sauve qui peut voilà les hulans, il s’en est suivi une débâcle sur notre droite dans laquelle fut prise la 40e division du 6e corps, les deux autres, la 12e et la 42e avec l’artillerie sauvèrent la mise et nous avons conclu sur nos positions, c’est ce jour-là que fut tué le colonel. Il y avait un jour et demi que nous n’avions pas mangé et 52 heures que nos chevaux n’avaient pas bu, nous étions vannés.

Les deux jours suivant nous n’avons fait que protéger la retraite vers la Meuse que nous avons passé à Charny et nous sommes revenus cantonner à Malancourt deux jours pour nous reposer ; les Prussiens n’avaient pas encore passé la Meuse. Ils ne commencèrent le passage que le 31 août et nous nous sommes portés à leur rencontre vers Andevannes, tout allait bien pour le 6e corps mais le 5e qui, à ce moment, était passé à notre gauche a vu les réservistes parisiens lâcher pied et le 46e envoyé vers lui pour l’aider à marcher en avant n’a pu servir qu’à protéger sa retraite. Le lendemain même histoire au Nord de Landres mais cette fois nous ne battons en retraite que par ordre supérieur, le 2 septembre à Montfaucon (3e jour de cette bataille) le 6e corps tient le coup jusque 3 heures du soir et à cette heure-là nous lançons une contre-attaque qui nous fait regagner 5 kilomètres ; malgré cela nous recevons l’ordre de battre en retraite et nous filons à toute allure à Rosnes au Nord de Bar le Duc. Les Prussiens allant moins vite que nous, nous soufflons une journée entière.

Le 6 septembre au matin arrive l’ordre du Général Joffre : reprendre l’offensive ou se faire tuer plutôt que de reculer : nous partons en avant à 1 heure du matin et nous rencontrons les Prussiens à Beauzée sur Aire. Ce fut une dure journée et vers le soir notre infanterie écrasée bat en retraite sans prévenir les artilleurs, nous avons alors repris de front et d’enfilade à 5 heures du soir ; le colonel fait avance les avant trains et envoie demander des ordres au général de brigade ; l’ordre est : restez quand même, alors sous une pluie d’obus comme je n’en ai jamais vu nous avons remis pied à terre et continué le feu, nous étions persuadés y rester tous. Au bout de 20 minutes il n’y avait plus moyen, le colonel commande la retraite par groupe, et nous sommes partis au pas arrêtés à chaque instant parce qu’un attelage tué tombait et il fallait le dételer parce qu’on ramassait les blessés, en une demi-heure nous n’avons fait que 1500 mètres mais tout notre matériel était sauf. Le 25e d’artillerie a eu moins de chance il a perdu 8 canons et 12 caissons, la nuit noire a arrêté le mouvement des deux côtés heureusement et nous avons pu un peu dormir comme des brutes. Les trois jours suivants nous n’avons pas lâché d’une semelle malgré des avalanches d’obus, c’est là que nous avons tous été blessés, moi très peu à la tête, c’est pendant ce temps-là que j’allais voir Robert le soir dans ses tranchées.

Le 9 au soir nous quittons la position comme d’habitude pour aller bivouaquer à 1500 mètres en arrière, quant à 8 heures et demi les Allemands se mettent à bombarder le bivouac, nous déménageons sans grands dégâts et nous allons 1800 mètres plus loin, rebivouaquer puis à Erizé la Grande, il était 11 heures du soir quand nous avons pu commencer à dormir, à minuit et demi, réveil en fanfare : c’était une attaque de nuit et il pleuvait, la fusillade craquait d’une façon fantastique mais pour l’artillerie il fallait attendre le jour. Jusqu’à 4 heures du matin nous sommes restés immobiles sous l’averse, enfin le jour est venu et nous sommes partis en reconnaissance, l’infanterie était démolie (c’est là que Robert est resté) le général de brigade Herr est arrivé et a pris notre tête, nous nous sommes installés à 800 m des Prussiens sans un fantassin pour nous garder et le général nous a dit : à partir de maintenant l’artillerie restera aux avant-postes et nous ne reculerons plus d’un pas. Nous y sommes restés 4 jours presque sans dormir toujours l’œil et l’oreille ouverts tant nous avions peur d’une attaque de nuit. Le 13 septembre les Boches fichaient le camp la Bataille de la Marne était gagnée. Nous étions tellement vannés que nous n’avons pas pu nous mettre tout de suite à leur poursuite, nous nous sommes reposés un jour à Belleray.

Enfin le 14 septembre nous sommes partis dans la direction de Verdun, il pleuvait mais tout le monde chantait on croisait des monceaux de cadavres dont beaucoup étaient tout verts car il y avait 7 ou 8 jours qu’ils étaient là (Songez que de Rembercourt à Beauzée sur notre front qui avait moins de 8 Km on a enterré 23000 corps dont 7 mille français) nous chantions quand même. Tous nos hommes avaient des casques, des fusils, des cartouchières, des cartouches, des toiles de tentes, des sacs, des souliers, c’était inouï.

Le 14 nous couchions à Souilly, le 15 à Damloup (sous Verdun) et le 16 au matin nous reprenons la bataille à Beaumont au nord de Verdun, le 17 et le 18 de même quand à quatre heures du soir le 19 nous apprenons que la 75e division de réserve (des gens du midi, des cochons) avaient lâché presque sans combat la plus grande partie des Hauts de Meuse que nous avions organisés un mois plus tôt. On y envoie le 6e corps à toute vitesse et le 21 au soir nous entamons la bataille à Mesnil sous les côtes à 7 heures du soir, c’est là que nous sommes depuis ce moment-là et notre infanterie a progressé d’une dizaine de kilomètres.

Voilà l’histoire de ce que j’ai vu de la guerre et je pense que maintenant on va déclencher une percée en Alsace, le 6e corps espère bien en être maintenant qu’il est tout à fait recomplété et remis à neuf. Il y a une chose certaine : c’est que si le 25, le 4e et le 5e corps avaient été aussi solides que le 6e nous aurions occupé le Luxembourg et coupé une partie des lignes arrières des Boches ce qui les aurait sûrement bien embêtés.

Enfin tout cela est passé et tous les généraux qui ont fait des boulettes ont été balayés par le général Joffre qui n’y va pas par 4 chemins. Maintenant nous attendons avec impatience le moment de repartir en avant parce qu’on s’ennuie.

La santé est toujours bonne et j’attends de vos nouvelles ce soir, comme d’habitude du reste.

Tâchez toujours de bien vous porter, dites-moi un peu ce que vous dépensez par mois et ce qui vous reste disponible.

Embrassements bien affectueux

M Denoncin

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Les lieux cités dans la lettre

1914-09-06- Bataille de la Marne ordre du jour du General Joffre et l’ordre du jour du 7 septembre, du Général commandant en chef Joffre au Général commandant le 6e Corps d’Armée, retranscrit par Maurice Denoncin

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1914-09-10 Bataille de la Marne (dans les rues de Rembercourts, Meuse 55)

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1914-09-10 Robert DENONCIN Lieutenant au 106e RI – mort pour la France à Rembercourt-aux-Pots (Bataille de la Marne)

Chronologie des événements qui montre la participation de trois cousins à cet événement historique qui fût tragique pour cette famille

Début 1914 : l’adjudant Aimé Denoncin se trouve à St-Mihiel (Meuse) où est installée son unité, le 29e bataillon de chasseurs à pied. Aimé, originaire de Flize (08), est marié à Hortense Fontaine. Ils ont un petit garçon de 4 ans, Marc né en 1910.

De son côté, le lieutenant Robert Denoncin, né à Reims, est affecté au 106e régiment d’infanterie cantonné au camp de Mourmelon. Robert y vit avec son épouse anglaise, Cécily Humphreys, qu’il a épousée un an plus tôt. Robert est réserviste jusqu’en 1913, date à laquelle il s’engage. Auparavant, il travaillait à Paris comme administrateur chez le constructeur automobile Gobron-Brillié.

Quant à Maurice Denoncin, cousin germain de Robert, célibataire, né aussi à Reims, il se trouve en 1914 à Alicante en Espagne où il travaille comme ingénieur de travaux publics. Maurice est par ailleurs sous-lieutenant de réserve au 46e régiment d’artillerie de campagne implanté de même que le 106e RI au camp de Mourmelon.

1er août 1914, la mobilisation générale est décrétée en France. Aimé, Robert et Maurice Denoncin ont en commun d’appartenir tous les trois au 6e corps d’armée

  • le 29e bataillon de chasseurs à pied compose, avec le 25e et le 26e BCP, le groupe de chasseurs du 6e corps d’armée.
  • le 106e régiment d’infanterie dépend de la 12ème Division d’Infanterie qui appartient au 6e CA.
  • le 46e régiment d’artillerie de campagne créé vers 1912-1913 renforce les deux régiments de la brigade d’artillerie du 6e CA, les 25e et 40e RA.

Cette appartenance commune au 6e corps d’armée explique que les trois cousins seront regroupés sur un même secteur d’opération. De plus, les trois régiments d’artillerie du 6e CA sont à cette époque équipés du célèbre 75 qui ne porte pas, en appui direct, à plus de 5 km. Ceci justifie aussi leur proximité.

« Mobilisable le premier jour de la guerre » est la mention portée sur la feuille de route du réserviste Maurice Denoncin que celui-ci reçoit à Alicante. Maurice ne pourra arriver au dépôt que le 19 août où il est déclaré… déserteur !

Les cinq premières semaines de guerre sont favorables aux forces allemandes qui viennent de traverser la Belgique et l’Est de la France. Aussi le 6 septembre 1914, le Général Joffre, chef d’état-major, donne l’ordre de contre-offensive générale. C’est la Bataille de la Marne qui s’étend sur un front de 180 km, allant sensiblement de Meaux à Verdun en passant par Sezanne, Vitry-le-François et Revigny.

Le 6e CA, qui avait commencé la guerre, déployé sur la frontière entre Conflans et Domeure-en-Haye, est rappelé par Joffre pour parer à la percée venue du Nord. Pour le 6e CA, la Bataille de la Marne commence à cheval sur l’Aire près de Beauzée-sur-Aire (actuel Beausite-Meuse). Le 6ème CA au sein de la 3e armée (général Sarrail) combat alors « à front renversé », puisque face à l’Ouest, pour empêcher l’ennemie d’encercler complètement Verdun qui représente le pilier d’ancrage Est de toute la manœuvre.

Dès le 7 septembre, l’artillerie du 6e CA opère vers la ferme de la Vau marie à environ 2,5 km de Rembercourt-aux-pots (actuel Rembercourt-Sommaisne, Meuse). le sous-lieutenant Maurice Denoncin, sera sur ce secteur jusqu’au 10 septembre, il y remplit les fonctions d’officier de liaison auprès du colonel à l’état-major, et avec l’infanterie. Chargé de régler et de faire déclencher les tirs au profit de l’infanterie, Maurice est très souvent en première ligne. L’artillerie du 6e CA stoppe l’avance allemande devant la ferme de la Vau Marie.

Le 8 septembre, les chasseurs du 6e CA s’organisent sur le plateau de la Vau Marie. Aimé Denoncin doit être à moins d’un kilomètre de Maurice, mais ces cousins éloignés ne se connaissent pas. De plus la Bataille de la Marne est une offensive qui concentre sur le front des forces très importantes. Pourtant le 8 au soir, le hasard permet à Maurice de rencontrer son cousin germain Robert. En effet le 106e RI et le 46e RAC ont un bivouac voisin et lorsque Maurice demande à des officiers du 106e RI s’ils savent où se trouve le lieutenant Denoncin, ils le lui indiquent à quelques pas. Le 106e RI vient de résister à la progression allemande sur Rembercourt-aux-pots, et s’est installé sur le plateau de la Vau Marie.

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L’effort allemand pour tenter de percer la ligne de front se prépare. C’est dans la nuit du 9 au 10 septembre 1914, autour de Rembercourt-aux-Pots que le 6e corps d’armée payera le terrible prix de cet assaut… En pleine nuit et sous la pluie, les Allemands attaquent tout le long de cette ligne de front. Il s’agit pour l’essentiel d’une lutte à la baïonnette et à l’arme blanche qui engendrera des pertes énormes pour les deux adversaires.

Ainsi c’est le même jour, le 10 septembre 1914, à Rembercourt-aux-Pots, que l’adjudant de chasseurs Aimé Denoncin et le lieutenant d’infanterie Robert Denoncin sont morts pour la France, « tués à l’ennemi ».

Maurice n’apprendra la mort de son cousin germain que bien après car l’artillerie du 6e CA, après avoir immobilisé l’ennemi sur le plateau de la Vau Marie, participe à la contre-offensive qui repoussera les forces allemandes au-delà de ce secteur dès le 10 septembre. Le 1er octobre suivant, le sous-lieutenant Maurice Denoncin sera nommé au grade de lieutenant.

La Bataille de la Marne, qui se prolongera jusqu’au 13 septembre 1914 est une victoire pour les troupes françaises qui stoppent et repoussent la ruée allemande.

Nous savons qu’Aimé Denoncin est mort au combat sur le talus de la gare de la Vau Marie. Robert Denoncin devait se trouver à proximité sur le plateau. Tous deux reposent au cimetière militaire de Rembercourt-aux-Pots : mais la sépulture initiale d’Aimé, sur les lieux du combat, a disparu lors du réaménagement après la guerre. Il doit donc se trouve parmi les milliers « d’inconnus » des deux fosses communes. C’est en parcourant le cimetière que ses proches ont découvert qu’il y avait eu un autre Denoncin mort à la bataille de Rembercourt-aux-Pots, le lieutenant Robert Denoncin.

Après la Bataille de la Marne, le lieutenant Maurice Denoncin est associé entre autres à la bataille de Verdun (février 1916) ; et à la bataille de Saint-Michel (septembre 1918) en tant que capitaine, nommé à ce grade le 1er juillet 1918. Il sera rappelé comme chef d’escadron dans le conflit 39-40.

François Denoncin, 1985

Documents : collection François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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1 – Une famille rémoise prise dans la tourmente de la guerre

Première partie – La famille Denoncin
Deuxième partie – La bataille de la Marne
Troisième partie – Les années de guerre 1915 à 1918
Quatrième et dernière partie – L’après guerre


François Denoncin nous raconte l’histoire de sa famille et partage la lettre envoyée par Maurice Denoncin ; vous pourrez voir les documents concernant sa famille et la Grande Guerre

« Ma famille Denoncin est Ardennaise puis Rémoise ; elle a vécu de 1840 à 1924 à Reims.

La vie Rémoise d’Eugène Dupont, mise en valeur par Mr Jean-Yves Sureau, les mentionne à quelques reprises (Jean-Baptiste, Ernest, Paul, Albert, Maurice…).

Mon aïeul Jean-Baptiste Denoncin (1825-1908), Directeur de filatures à Reims et plusieurs de ses enfants et proches, reposent au cimetière du Nord, canton 6″.

Première partie : la famille

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Maurice et Robert, les deux cousins vont être rappelés sous les drapeaux.

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1905 – Jean-Baptiste DENONCIN (1825 – Francheval Ardennes +1908 Reims)

1896, fenêtre de gauche : Jean-Baptiste Denoncin (1825-1908) avec Marthe et Maurice ses petits-enfants – fenêtre de droite : Albert Denoncin (1852-1924 et Claire Damville (1854-1915) – photographie de droite : la maison du 8 rue Paulin-Paris

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1899 – Diplôme : Maurice Denoncin

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1900 – Claire DAMVILLE (1864 Vern + 1915 Reims) et Albert DENONCIN (1852 Reims + 1924 Reims)

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janvier 1906, décès de Jean-Baptiste Damville

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1906 – Robert DENONCIN, fils de Paul DENONCIN et de Marie VARIN (1886-Reims+10.9.1914-Bataille de la Marne)

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1908-04-28 Reims – Décès de Jean-Baptiste DENONCIN Ancien Directeur de Filature (né a Francheval en 1825)

1911 : à gauche, rue Paulin-Paris, Robert Denoncin, Claire et Marthe Denoncin et la 20 HP Renault – 29 décembre 1911 sur la photo de droite, le premier à gauche : Maurice Denoncin

Documents : collection François Denoncin – Cliquer pour voir toute la documentation de la famille

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Courrier international

Hors série paru le 4 juin

14-18, LA GUERRE DES AUTRES
Nouveau : Courrier Histoire

Communiqué de presse

ob_19b69a_couvertureEn cette année du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, les commémorations et les éditions spéciales se succèdent ; le point de vue français est abondamment présenté et illustré.Courrier international se propose de donner la parole aux autres, ceux qui ont fait que cette guerre a effectivement été mondiale. Le hors-série est divisé en quatre chapitres : la guerre des Grands avec la France, l’Allemagne, l’Angleterre ou la Russie ; la guerre des Petits (Serbie, Belgique, Bulgarie, Roumanie…) ; la guerre des Empires (austro-hongrois, ottoman, allemand…) et la guerre des neutres : les pays scandinaves, l’Espagne ou encore la Suisse. Dans chaque chapitre, la partie consacrée à un pays est agrémentée de cartes, d’affiches de propagande de l’époque, et de données chiffrées. De plus, chaque pays est traité autant que possible à travers sa presse.

Ce hors-série est le premier d’une collection Histoire, que lance Courrier International. Il comprend 100 pages d’articles traduits du monde entier, de cartes, de portfolios, de données par pays, de reproduction de journaux, d’affiches de propagande et de souvenirs personnels.

http://courrierInternational.com

Voir aussi dans Le Monde daté du mardi, un cahier spécial chaque semaine sur la guerre 14-18

 

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Article du journal « Le Matin » du 19 avril 1918 : Les Allemands ont brûlé Reims

Article extrait du journal « le Matin » daté du 19 avril 1918. La date et le nom du journal sont annotés dans le coin à gauche.

Cet article au titre éloquent est rédigé le 18 avril 1918, par le correspondant de guerre du « Matin » qui est sur le front français.

Rappelons que l’incendie de la cathédrale de Reims a eu lieu le 19 septembre 1914, mais les bombardements réguliers de l’artillerie ennemie pendant toute la guerre vont la réduire à l’état de ruine. Il en sera de même des autres monuments comme la basilique Saint-Rémi, ainsi que de l presque totalité de la ville.

Le martyre de la cathédrale et de la ville seront utilisés par la propagande alliée pour dénoncer « la barbarie » ennemie, parlant de « Kultur Krupp » du nom de l’industriel allemand Alfred Krupp dont les aciéries fabriquaient les canons et les armes. C’est d’ailleurs le prénom de sa fille Bertha qui sera donné au canon à longue portée : « la Grosse Bertha ».

Document de Vincent Piniarski :

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…on est impitoyable à cause des espions qui pullulent !

...on est impitoyable à cause des espions qui pullulent ! Ma chère amie, je ne puis vous écrire qu’un mot à la hâte, car j’ai ici des occupations qui ne me laissent pas une minute.
Les deux frères de Ninon sont sous les drapeaux à Toulouse, l’un d’eux vit presqu’avec nous, et joint à cela un tas d’autres choses, je ne suis pas sans occupations.
Vous avez de la chance que M. Abat ne soit pas au feu, mais à son âge, il est plus que possible qu’on ne l’y enverra pas.
Mon cousin Jean, le fils, d’Eugénie, a été blessé; il est ici en ce moment dans sa famille, en convalescence, comme le petit Doumenjon, qui se promène en ville paraît-il.
Virginie n’a pas été atteinte par les obus, mais le concierge de sa belle-sœur et de son frère, qui au bruit, était sorti sur le pas de la porte de la maison, a été tué net.
J’ai de fraîches nouvelles du front, et de la ville d’Amiens par des connaissances qui en arrivent, et ce n’est pas très beau.
Mme Lajaunie a perdu son mari (pas à la guerre, celui-là, il avait 76 ans !)…
Je n’ai pas quitté Toulouse parce que les allemands ne sont pas entrés dans Paris (quand je vous verrai, je vous dirai par quel miracle ils n’y sont point entrés).
Ils étaient heureusement arrivés à Troyes en Champagne où le bon vin les a rendu un peu trop joyeux…
Il est très difficile de sortir avec Espéranza car malgré les sauf-conduits, on nous fait mille difficultés.
C’est ainsi que Mlle Pailhès a attrapé une contravention due à la fuite d’un employé de la Mairie.
Comme il faut absolument que j’aille à Fourqueraux(?), j’ai un tas de formalités à remplir à ce sujet.
Si vous venez à Toulouse, mettez-vous bien en
règle car on est impitoyable à cause des espions qui pullulent.

Amitiés…

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Voici un courrier fort intéressant, mais qui n’est hélas pas daté ! Assez drôle, le rédacteur s’excuse tout d’abord de répondre en hâte, puis finalement, rempli chaque centimètres carrés de la carte avec un texte plutôt long ! De nombreuses nouvelles sont données, et souvent en rapport avec la guerre elle-même… cette « foutue » guerre est omniprésente dans la vie de tous les jours.

Le visuel de la carte postale nous montre encore une fois notre Cathédrale de Reims, représentée ici avant son martyr. Encore une carte de propagande pour montrer le crime commis par les Allemands :
Basilique chef-d’oeuvre de l’art-artistique, la Cathédrale construite au XIIIe siècle et terminée en 1430, qui était une vraie dentelle de pierre ornée de 5000 statues, tous nos rois se faisaient sacrer dans la basilique. Toutes les guerres l’avaient respectée.
Légendée Guerre Européenne 1914… on peut imaginer que cette carte a été envoyée vers fin 1914 – 19
15.

Un noter un détail intéressant dans cette correspondance, un aspect rarement évoqué, celui de l’espionnage, et des complications qui en découlent dans la vie de tous les jours.
La France semblait un peu retard dans ce domaine durant les premiers mois du conflit. C’est après la bataille de la Marne que le Grand Quartier général, sur ordre du général Joffre, créa le 2e bureau du service de renseignement, fonctionnement conjointement avec le 2e bureau de l’Etat Major des Armées, qui seront rejoints un peu plus tard par un 5e bureau. Ces services collaboraient avec la Sûreté générale, le Ministère de l’intérieur et la Préfecture de Police de Paris. Quand on voit la complexité de ce réseau, on comprend immédiatement la lourdeur de ce service secret « à la française ».
Tous les pays participants au conflit ont eu recours à l’espionnage… rappelons-nous la très célèbre Margaretha Geertruida « Margreet » Zelle MacLeod, alias Mata-Hari, néerlandaise, danseuse « exotique » au service de l’empire allemand ! fusillée le 15 octobre 1917 à Vincennes.

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La revue du 214e au Casino de Reims (Août 1916)

Voici une série de cartes-photos faites en 1916 au Casino qui se trouvait rue de l’Etape. On y voit des soldats faisant eux-mêmes le spectacle.

Avant la première guerre mondiale, Maurice Chevalier fit ses débuts dans ce casino, et en 1896 on y vit les 1ères séances du cinématographe Lumière. (J-C Thuret : Reims Rues et lieux)

Photos : collection Vincent Piniarski

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Voici deux cartes postales de Pierre Fréville (Amicarte 51) montrant la rue de l’Etape et le Casino au début du XXe siècle :

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Voici une autre photo de la rue de l’Etape en décembre 1918, la vue et prise dans l’autre sens, vers la place d’Erlon

Photo : Gallica.BNF.fr

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Pierre Loti et Reims – 3 – avril et mai 1918

Son article dans L’Illustration du samedi 4 mai 1918 :
« Ça, c’est Reims qui brûle ! »

Loti s’est installé à Avize auprès du quartier général de Franchet d’Esperey (GAN : Groupe d’Armées du Nord) d’où il voit les fumées de la ville de Reims bombardée (grande offensive de la dernière chance allemande depuis mars 18, avant celle du Freidensturm de juillet et la 2e bataille de la Marne…) voir, entre autres, le site Batmarn 2

D’Avize il va, le 25 avril en auto, « interviewer l’archevêque de Reims ». On sait, par le journal du cardinal Luçon, que c’est à Hautvillers ; Loti a rédigé ses notes d’audience dans son propre journal, pp. 325-330 de la nouvelle édition de poche de « La Table Ronde » cf. nos articles précédents du 15 janvier 2014 (octobre 1914) et aussi du 1 février 2014 (août 1915)

1 – Loti à Avize en 1918 mais aussi en 1915-16

Il y arrive le dimanche 14 avril 1918, via la gare d’Épernay et Paris ; il vient de chez lui à Rochefort où il a passé Pâques (jeudi 11). Loti ne va pas bien. Grâce à Louis Barthou, à Clemenceau, etc.!… il a réussi à revenir aux Armées et au GAN, grâce à Franchet, cf. pp. 322-3. Il s’inquiète pour son fils Samuel et pour la « grande bataille de France ». Mauvaise santé, angoisses et souvenirs : « l’affreux petit Avize par temps d’hiver », qui n’est ni Rochefort ni la côte basque. Mais il retrouve sa logeuse, son officier d’ordonnance, que son grade de colonel de la Marine lui autorise, et ses habitudes. Il connait bien Avize où il a séjourné longtemps en 1915-16, auprès du général de Castelnau, à partir du 21 octobre, dans « cette maison précédée d’un jardinet » cf. p.120 ; où il avait passé la fête de la Toussaint et des morts avant de chercher Samuel sur le front de Champagne, pp. 126-7 et notes 75 et 76 ; où en février 1916, le village subit une attaque d’un zeppelin « admirablement renseigné » qui démolit, entre autres, la « maison du général »… réalité de l’espionnage et/ou hantise d’Allemands cachés en pays du Champagne… Avec le « soleil de mars » 1916, Loti s’était habitué à Avize. Après son départ du Q.G., il y repasse même de retour de Rochefort, en mai, pour voir Madame Rollain et « mon cher petit chat ». Il était en route vers son nouveau Q.G. à Bar-le-Duc où l’attend Pétain, qui n’a pas besoin de marins pour défendre Verdun et ça se passe mal entre eux. pp. 160-161 et note 88…

En 1918, il retrouve aussi ses promenades d' »autrefois sur la montagne » vers le plateau de la propriété Vix-Bara.

Pour Loti, Avize, c'est un paysage du nord et du froid. Les mélèzes qu'il y a bien vus en 1915-16 et en 1918 sont toujours là, 100 ans après ! sur le plateau, au bord de la route d'Avize à Gionges et, juste en dessous, dans le parc de la famille Vix-Bara, récemment réaménagé par la commune et l'ONF. Les deux mélèzes du parc, et par extension ceux de la route du plateau, sont datés par l'ONF en dendrochronologie (nombre de cercles de croissance annuelle) des années 1870. Une hypothèse serait que Henri Vix (1832-1897), venu d'Alsace à Châlons-sur-Marne pour devenir négociant en champagne puis installé en 1863 après son mariage avec Pauline Bara à Avize, ait fait réaliser un grand chalet, au milieu d'un parc avec une belle vue sur le village et la plaine comme dans les Vosges, et peut-être embellir la R.D. 19 construite dans les années 1850-60...
Avize en 1887 (planches 6-7 des Vues Panoramiques des vignobles du Champagne - 2 : Montagne d'Avize ; édition originale par Bonnedame à Épernay ; album de Ch. Sarrazin, à la BMReims, cote RM 295-2). On devine le chalet Vix au dessus du village. Sur la photo (JJV, mai 2014) : la route oblique, D. 19, monte au-dessus des vignes et du cimetière en longeant le parc, c'est la "Rue de la Montagne" qui sort d'Avize ; dans l'épingle à cheveux avant d'arriver au plateau, se trouve le point de vue vers la plaine et l'entrée du parc Vix rénové.
la R.D. 19 sur le plateau, coté Avize et coté Grauves : l'allée des mélèzes très hauts mais de faible diamètre et croissance ; détail du panneau d'Avize et de l'ONF sur le parking. Trois vues du village depuis le nouveau parc Vix. Sur la photo de droite en bordure sud des vignes : un des deux mélèzes qui a été daté de 1873. Merci à l'ONF Marne pour ces précisions. Le point de vue depuis le parking supérieur du parc dans l'épingle : à gauche, la butte de Saran ; au centre en bas, la route de Cramant et Épernay, et derrière, la zone industrielle et les tours de la verrerie et des silos de Oiry, avant la vallée de la Marne peu visible (mais falaise crayeuse de Bisseuil) ; à l'horizon la Montagne de Reims jusqu'au rebord Est à droite, vers Trépail.

Deux cartes postales anciennes d’Avize : Le chalet Vix dont Loti ne dit rien et la « Grande Rue » avec à gauche derrière les arbres, la maison où Pierre Loti passa 8 mois en 1914-15 et en 1918 chez madame Rollain. Au centre, cette maison aujourd’hui, à l’angle de la rue Gambetta à gauche et de la Grande Rue devenue Pasteur. Merci à la Mairie d’Avize et aux passants rencontrés début mai 2014.

En avril 1918, dans la page de son journal ci-dessus, Loti ne note pas avoir vu Reims brûler quand il va « errer comme autrefois sur la montagne » ; ce qui est sûr, c’est que, de la R.D. 19 montant au Parc Vix, la direction de Reims est bien dans l’axe de la butte de Saran (petits nuages sombres sur la photo, JJV. début mai 2014). Dans son journal, le 1er décembre 1915 (p. 137) Loti notait : « Tous les soirs… même promenade… nos peaux de bêtes sur le dos, toujours sur cette même route de Reims [par Cramant] où le canon n’a pas de cesse, et où la bataille met l’horizon en feu et tout va plus mal pour la France !… »

2 – L’article dans L’Illustration du 4 mai comparé aux notes dans le journal de Loti du 25 avril

Parmi les similitudes et différences à découvrir en lisant les deux textes : – Dans le journal de 1918, pas horizon en feu mais une courte et bien venue description du passage par Épernay, avant les détails de l’arrivée à Hautvillers « …un petit coin du passé… » mais en guerre. Par contre, l’introduction de l’article (sur fond rouge ci-dessous) est soigneusement recomposée : gravir un colline survolée d’avions [français] bourdonnant (on est en 18… l’aviation est « l’armée d’en haut »), horizon du nord enténébré, bûcheron aux branches de mélèze… et Reims au « nom… évocateur » d’un merveilleux passé anéanti, à cause de Guillaume II, devenu la cible de la propagande, « vieux démoniaque… en rage sénile…« . La conclusion de l’article de Loti après sa visite à l’archevêque sera : « misérable Kaiser« , objet de « l’anathème de tous les chrétiens« .

Le reste de l’article est assez conforme aux notes du journal (et d’abord la description d’Hautvillers, sur la route de Reims… voir les passages soulignés en bleu). Loti commence, procédé littéraire évoquant ses anciens articles sur Reims, par rappeler sa visite de la cathédrale en novembre 1914 grâce à un vieux serviteur de l’archevêque. Voir article : Loti, première visite à Reims, sur ce blog. Ensuite domine, dans les notes comme dans l’article, la figure du Cardinal Luçon : « …le blanc et le rouge… d’un saint de vitrail…« , sa cathédrale, la statue de Jeanne d’Arc…

Une différence à noter, ci-dessous : dans le journal, rien sur l’éventuelle candidature symbolique de Luçon à l’Académie Française mais Loti note sa discussion postérieure avec le général Gouraud, partisan d’une candidature de Luçon, puis l’élection de son ami et candidat Louis Barthou à Paris (27 avril – 2 mai). Ensuite Loti revient à Avize chez  » La bonne vielle madame Rollain », voir pages 330-331 et note 179. Pour L’Illustration, Loti donne une version exemplaire (voir sur fond rouge) de ces tractations car Luçon, qui ne veut pas candidater, insiste sur le rôle diplomatique de l’Église contre l’Allemagne et les mérites d’un collègue, monseigneur Baudrillart. Le cardinal Luçon, dans son propre Journal de la guerre (Travaux de l’Académie de Reims vol. 173, 1998, p. 190, éd. Jean Goy), note seulement, parmi ses nombreux rendez-vous et réceptions : « visite de M. Pierre Loti » au 25 avril… mais, pour les jours précédents, il fait de nombreuses allusions aux personnalité qui souhaitent son entrée à l’Académie, dont Gouraud…

Au sujet de la cathédrale que Loti voyait, en 1914 et 15, s’écrouler bientôt dans sa logique romantique des ruines et son souci de propagande anti-allemande, il note encore dans son journal qu’elle va peut-être « crouler ce printemps » (voir sur fond rouge) mais pour le cardinal Luçon, c’est une dentelle très solide et Loti le transcrit et dans le journal et dans l’article. Elle devient un symbole de la résistance à la barbarie et Loti détaille bien l’effort patrimonial « la pieuse sollicitude » pour protéger les vitraux, leurs plombs : on dirait parfois des « buisson d’épine« … Au sujet de la statue de Jeanne d’Arc, qui n’est pas évoquée au même moment de l’interview dans les notes et dans l’article, c’est un miracle qu’elle soit toujours intacte… mais jusqu’à quand ? car Loti et le cardinal savent bien qu’ils sont en pleine offensive allemande : »et Reims brûle toujours » (voir la fin de l’article avant l’anathème final contre Guillaume II) et ne savent pas si « la ruée des barbares » va être endiguée. Le titre de l’article et l’introduction mettant en scène son séjour à Avize viennent vraisemblablement de ce « Reims brûle toujours » que Loti fait dire à l’archevêque.

Cet article de Loti est suivi d'un autre article : "Par en haut" d'un journaliste régulier de L'Illustration, Henri Lavedan (cliquer sur la vignette) qui explique bien le rôle déterminant que joue maintenant l'aviation en 1918 et prédit des bombardements massifs sur l'Allemagne (pas ceux de la deuxième guerre mondiale). On sait que Loti s'intéressait à l'aviation et qu'il a volé pendant la guerre ; il a été aussi chargé, en tant qu'ancien officier de marine, de s'intéresser à la Défense Contre Avion naissante. Mais le rôle de Pierre Loti, cet épisode et ces écrits d'avril-mai 1918 le montrent bien, était d'être, à des fins patriotiques, un remarquable promeneur et cueilleur d'images, qu'il sait composer et transmettre. C'est ce que confiait le général de Castelnau à Poincaré qui le note dans ses Mémoires, le 7/11/1915, quand Loti logeait à Avize (voir p. 362, note 76 de la nouvelle édition du Journal).

Pour cette 3ème présentation au sujet de Loti et de Reims et en particulier pour ses séjours à Avize d’où il voit Reims qui brûle, voir la documentation suivante :

  • Le livre « Avize dans la tourmente de la Grande Guerre » par D. Hannequin, H. Jacq et un collectif associatif, en 2003, chez Guéniot, avec des annexes de Georges Devouge, adjoint de Jules Lucotte en 1912-19 puis maire d’Avize jusqu’en 1925. Ce livre ne cite pas beaucoup le journal de Loti mais est un tableau prenant de la vie du village (voir aussi un étrange plan en relief du front, p. 48).
  • Dans le catalogue en ligne de la BMReims l’interrogation floue « chercher partout : Avize » permet d’identifier une soixantaine d’ouvrages et documents. Les collections de L’Illustration sont consultables à la BMReims Carnegie. L’image de nombreuses cartes postales anciennes d’Avize est accessible en ligne, en particulier sur le site : Delcampe.net.. Voir aussi, bien sûr, le Géoportail de l’IGN pour la localisation et la topographie. Merci encore à l’Office National des Forêts – Marne et à la Mairie d’Avize. Merci aussi aux Éditions La Table Ronde.

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