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Le général Patton par lui-même :

ob_b0939f_pattonDe Saint-Mihiel en 1918 au 8 mai 45 en Autriche en passant par la Libération de Reims en août 44.

(JJ Valette – Rha)

À lire : les Carnets secrets du général Patton, édition présentée et annotée par Boris Laurent, 2015, aux Éditions Nouveau Monde, en format de poche (première édition en 2011)(voir la couverture du poche avec un portrait en fin de l’article).

Pour le plaisir et pour l’intérêt de lire des sources directes de l’Histoire contemporaine, un peu éloignées des fêtes de Mémoire à Reims ou ailleurs.

  1. A la fin de la guerre de 1914-1918, le jeune lieutenant-colonel George Patton commandait déjà des chars américains en septembre 1918, pour réduire le « saillant de Saint-Mihiel » en Lorraine. Lire non pas encore ses mémoires mais un récit détaillé de ces opérations sous le commandement de Pershing, voir p. 29 à 41, jusqu’à l’offensive décisive des alliés « Meuse –Argonne » où Patton est blessé.
  2. Début mai 1945, au moment de la reddition de l’Allemagne à Reims, Patton est en Autriche, il aimerait faire une guerre-éclair contre Staline jusqu’à Moscou… ou partir commander en Chine… Ses lettres, en particulier à sa femme et son journal personnel sont remarquables de concision, de sincérité mais aussi de précision et d’esprit critique : voir p. 411 à 418.
  3. Pour le contexte de la Libération de Reims le 30 août 1944 et l’avancée rapide de la 3ème Armée américaine par le sud de Paris, lire p. 308-313.
    Patton se bat plus pour obtenir l’essence indispensable pour faire progresser ses chars jusqu’à la Meuse et pourquoi pas jusqu’au Rhin… que contre les troupes allemandes en repli autour de Metz. Il en veut à Eisenhower qui donne la priorité à Montgomery dont les Anglais n’avancent que bien trop lentement à son goût et selon sa propre conception d’une guerre rapide et sans pause, déstabilisant l’ennemi en retraite et finalement économisant des moyens et des hommes.

Une belle phrase de Patton sur la cathédrale de Reims : « …28 août : nous [ses troupes avancées] seront à la nuit à la ville où se trouve la grande cathédrale ». Au sujet de l’essence, il fait une allusion à sa guerre de 1918 « Dans la dernière guerre, j’ai siphonné les trois quarts de mes chars pour faire marcher le dernier quart, Eddy n’a qu’à faire de même » [!]

Voir, ci-dessous, la copie de ces pages 310-311, bon exemple de ses lettres et de son journal.

Merci aux éditions Nouveau Monde pour nous autoriser à les mettre en ligne.

Lire les mémoires de Patton (1885-1945), c’est entrer dans des sources écrites concrètes et d’un abord facile, c’est rencontrer un « maitre de guerre » comme le dénomme B. Laurent [expression d’origine latine « magister armorum » et qui a désigné le général Jovin, célèbre à Reims en 360-380…] c’est côtoyer un mythe militaire plus complexe que sa réputation, avec ses qualités, sa culture, son humour, son égo, ses préjugés…

Voir aussi un long article sur wikipedia dont la photo de titre est tirée. Ci-dessous, après le texte vous trouverez deux autres photographies de Patton qui sont exposées au Musée de la Reddition de Reims, Lycée Roosevelt.

Cliquer sur l’image du texte pour l’agrandir :

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Portrait avec autographe mais sans date ni lieu

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« 24 mai 1945, les généraux Bradley et Patton en visite à Reims au QG d’Eisenhower »

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Voir un montage : La LIbération sur ReimsAvant

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Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Troisième volet de la série concernant des portraits de Rémois pendant les bombardements de la Première Guerre Mondiale, en autochromes (1917) et photos N&B (1915-16-17).

Reims est une des rares villes françaises importantes à être constamment sur la ligne des combats durant quatre ans. C’est d’ailleurs la plus grande ville, en terme de population à se retrouver dans cette situation malheureusement exceptionnelle.

Sa population était de 115 178 habitants au recensement de 1911, elle s’effondrera à 3 000 personnes en février 1918. Pour ceux qui ont choisi de rester, la vie s’organise dans les caves des maisons individuelles et des maisons de champagne. Notons également que c’est l’été 1918 qui sera le plus destructeur pour la ville.

Autochromes : culture.gouv.fr

Photos N&B : Gallica.bnf.fr (fond Valois)

Passage d’un avion, place Drouet d’Erlon, Castelnau, 1917 :

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Ravitaillement en farine, rue Libergier. Au fond la façade de la cathédrale. Castelnau, 1917 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Ecole de la rue… (Libergier ?) Dans la cour, élèves munis du masque contre les gaz, 11 janvier 1916 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Habitante installant le chauffage dans sa cave où elle s’est réfugiée, 6 décembre 1917 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

La marchande de lait faisant sa tournée coiffée du casque Adrian, 20 juillet 1917 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Le rémouleur également équipé du casque et du masque contre les gaz, 6 décembre 1917 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Une habitante, rue Saint-Symphorien, 24 août 1915 :

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Contrôle des laissez-passer au pont Huon mis en état de défense, 3 janvier 1916 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Mme et M. Huard posant dans les ruines ! (quartier des Laines) 25 août 1916 :Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

Et pour finir une petite série avec le facteur (en casque et en képi) qui prend la pose pour le photographe. Je vous laisse apprécier ses belles bacchantes !

Autochromes de Paul Castelnau (pour les 3 premiers) le 5 avril 1917, et de Fernand Cuville pour le quatrième (même époque) qui est pris rue Hincmar :

Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917
Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917
Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917
Vivre à Reims sous les obus en 1916-1917

 

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Scènes de vie à Reims en 1917 – Autochromes

Lorsque le 19 septembre 1914 un obus incendiaire embrase la cathédrale de Reims, la cité entre dans la mémoire collective sous l’appellation de « ville-martyre ».

Pourtant, Reims acquiert au cours de la guerre une autre image, une autre consécration. Elle devient un symbole de la résistance militaire, par l’intermédiaire de la clef de voûte du système défensif que représente le fort de La Pompelle, situé à 5 km au sud-est de la ville.

Mais Reims est surtout le symbole de la résistance civile à l’égard des armées allemandes. En effet, malgré les 1 600 à 2 000 obus quotidiens qui s’abattent sur la cité pendant 1 051 jours, la ville n’est totalement évacuée que le 25 mars 1918. Pendant quatre ans, les Rémois vivent sous les bombes et incarnent cette résistance civile.

Meurtrie, la ville de Reims l’est essentiellement parce que le front stabilisé s’enroule autour d’elle du nord-ouest au sud-est.

Source : « Cimetières militaires et monuments aux morts de la Grande Guerre » collection Itinéraires du Patrimoine, Marne, n° 288.

Autochromes de Fernand Cuville et Paul Castelnau : culture.gouv.fr et « Autochromes 1914-1918 Couleurs de Guerre », Editions du Patrimoine

 

Petite Rémoise, fillette jouant à la poupée dans une rue, à côté d’elle fusils et sac de soldat. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Enfants jouant aux quilles Place Drouet d’Erlon. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes
Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Porteur de pain. (Castelnau 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Femmes, place Saint-Thimothée. (Castelnau 4 mars 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

 

Au Comptoir de l’Industrie  (Cuville 1917) :

1- Ouvrier au travail avec un étau sur pied.
2- Ouvriers au travail avec une chèvre et un palan.

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes
Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Deux vieux habitants de Reims : une vieille dame et M. Reiser, appuyés sur un petit chariot. Au deuxième plan, un portail endommagé par des balles. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes
Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Monsieur Jacques Régnier, Sous-Préfet de Reims, 1917. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes
Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Ramasseur de chiffons. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

La maison Rohart, le personnel et une charrette hippomobile. (Cuville 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Déménageurs. (Cuville 1917) : Est-ce la rue de Cernay ?

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Femmes portant des sacs de charbon, rue Clovis. (Cuville février-avril 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Scène de déménagement après un bombardement, boulevard Saint-Marceaux. (Castelnau 25 mars 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

Livraison du lait, vue prise au coin des rues de Vesle et de Talleyrand ; charrettes à bras. (Castelnau 9 mars 1917) :

Scènes de vie à Reims en 1917 - Autochromes

 

 

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Portraits de Rémois en 1917 – Autochromes

Inventé en 1903 par les frères Lumière, l’autochrome est la première photographie couleur ( » en couleurs naturelles « ) fabriquée de façon industrielle. Il s’agit d’une image positive sur plaque de verre dont le procédé est à base de fécule de pomme de terre.

Destiné à être projeté, l’autochrome est considéré comme étant l’ancêtre de la diapositive en couleurs moderne.

La Section Photographique de l’Armée négligea l’autochrome pendant les premières années du conflit, malgré l’indubitable intérêt du procédé. Elle en fit usage pour la première fois en 1916 et en 1917. Elle conçut alors le dessein ambitieux de lancer une campagne exhaustive sur l’ensemble du front français, uniquement en autochromes. Au même moment Albert Kahn, richissime et philanthrope, prit contact avec le ministère de la Guerre pour la réalisation de prises de vues autochromes sur le front.

Cette opération dut être approuvée et mise en place rapidement, la Section Photographique de l’Armée ayant recruté deux nouveaux opérateurs pour la circonstance : Paul Castelnau (1880-1944) et Fernand Cuville (1887-1927), tous deux mobilisés dans le service auxiliaire de l’armée pour des raisons médicales.

Le choix de Reims comme point de départ des missions de Cuville et Castelnau n’est pas anodin. Depuis le début du conflit, la ville avait été érigée en symbole de la « barbarie » allemande et était devenue un élément clé de la propagande française. Quand les deux opérateurs parviennent à Reims, ils découvrent une ville dévastée, vidée d’une grande partie de sa population : en février 1917, seuls restent 17 000 habitants sur les 113 000 dénombrés avant le conflit.

Castelnau accomplit deux missions à Reims (25 janvier-11 février, 1er mars-6 avril 1917). Cuville y fit un séjour du 26 février au 7 avril 1917.

Castelnau et Cuville quittent Reims alors que les bombardements allemands s’intensifient dramatiquement : 8 000 obus s’abattent sur la ville en moins de 24 heures.

A peine réalisés, les autochromes constituent un témoignage unique et déjà historique.

Deux autres photographes travaillèrent dans la région de Champagne avec ce même procédé autochrome : un Français, Jules-Gervais-Courtellemont (1863-1931) et un Allemand, Hans Hildenbrand (1870-1927).

Sources :

Médiathèque-Patrimoine.culture.gouv.

– « Couleurs de guerre Autochromes 1914-1918 » Editions du Patrimoine-Centre des Monuments Nationaux.

Le balayeur portant un bonnet d’astrakan, 1er avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Mendiant, homme âgé cherchant parmi les débris, 6 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Vendeur de journaux (casquette au nom du « Petit Journal ») 6 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Une vieille dame avec un fichu rouge, 5 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

JEAN, petit garçon assis sur une pierre (probablement dépôt de la cathédrale), 1er avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Monsieur Gauthier restaurateur, 3 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

M. et Mme Gauthier, restaurateurs, 6 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Monsieur et Madame Gauthier et leur personnel le 6 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Cocher devant le « Restaurant Gauthier » le 6 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Boucherie chevaline MINOUFLET, rue Gambetta. M.et Mme Minouflet devant leur boucherie, 1er avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Un homme assis sur une pierre du cloître des Cordeliers, 3 avril 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Monsieur Huart, gardien de la cathédrale, 23 mars 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Monsieur Havot, sculpteur de la cathédrale, 24 mars 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Vieille dame coiffée d’un bonnet de dentelle noire, 28 mars 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Femmes, rue Libergier, 3 mars 1917 (Castelnau) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

Enfants dans les ruines place Drouet-d’Erlon , 1917 (Cuville) :

Portraits de Rémois en 1917 - Autochromes

A SUIVRE !…

 

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