• Monthly Archives: mars 2017

Samedi 31 mars 1917

Louis Guédet

Samedi 31 mars 1917

931ème et 929ème jours de bataille et de bombardement

7h3/4 soir  Temps de giboulées avec d’immenses « nevus », froid, des bombes à chaque instant et un peu partout, c’est agaçant. De plus, il y a comme de l’électricité dans l’air !…  on s’attend à un moment à l’autre à quelque chose. Qu’en résultera-t-il ? Qu’en sortira-t-il ? Cela me laisse assez froid. J’ai presque honte de l’avouer mais je ne puis me figurer Reims dégagé reprendre la vie normale ? A part les bombes et autres ingrédients allemands, nous étions si tranquilles !! tandis qu’après la délivrance, il faudra reprendre la vie mesquine, petite, étroite, méchante de la ville de Province, lutter contre tous les lâches qui se sont sauvés, et qui viendront vainqueurs nous dire, nous signifier de nous taire ! Alors les petites vengeances, ces petites saletés, ces petites vilenies refleuriront comme avant Guerre !! Oui, je regretterai ma vie d’angoisses sous les bombes…  On vivait, on vibrait, on se sacrifiait pour l’Honneur, la Gloire, la France !…

Toute la matinée travaillé, couru aux Hospices toucher des fonds de successions diverses. Vu Guichard, causé longuement, il est intelligent, on à plaisir à converser avec lui. (Rayé).

Après-midi porté mon courrier, courses, versés des fonds chez Chapuis. Passé chez Camuset qui m’apprend les fiançailles de sa fille avec un jeune officier, avocat des Collières. Rentré à la maison, écrit. Visite du Lieutenant de vaisseau Adrien de Voguë, 59, quai d’Orsay, actuellement A.L.G.P. n°884, commandant notre batterie de marine de Dieu-Lumière. Il est le fils du marquis de Voguë (Robert Adrien de Voguë (1870-1936)), ambassadeur de France, Grand d’Espagne, membre de l’Académie Française et de l’Académie des Inscriptions des Belles Lettres, Commandeur de la Légion d’Honneur, Président du comité central de la Croix-Rouge, décédé récemment le 10 novembre 1916 à Paris, rue Fabert 2. Il venait justement pour une procuration pour recueillir la succession de son Père, liquidée par Laurent, notaire à Paris. Il est le neveu du grand écrivain. Causé longuement avec lui, il avait abandonné la Marine et a repris du service à la Guerre. Jusqu’à présent sa batterie de Marine a eu de la chance, car elle n’a eu qu’un tué et un blessé. Très distingué, fin causeur. Il doit revenir lundi 6h. Il m’a laissé pressentir que nous allions avoir quelque chose d’ici peut. Soit !!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 31 – + 3°. Nuit tranquille. A 8 h. bombes sifflent (sur batteries ?) Presque toute la journée, bombes ; sur batteries, cour du Lycée, Haubette, Place de l’Hôtel-de-Ville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 31 mars

Au nord de la Somme, et entre Somme et Oise, l’artillerie ennemie a bombardé en certains points nos premières lignes; nos batteries ont énergiquement répondu. Aucune action d’infanterie.

Au nord-est de Soissons, nous avons progressé dans le secteur Vrégny-Margival.

A l’ouest de Maisons-de-Champagne, une vive attaque de nos troupes nous a permis de rejeter 1’ennemi des éléments de tranchées où il avait pris pied le 28 mars. Au cours de cette action, nous avons fait 63 prisonniers.

Les Russes ont infligé un échec à l’ennemi au nord de Stanislau, en Galicie. Ils l’ont également repoussé au sud-ouest de Brzezany, en Arménie, dans la direction de Bitlis; ils ont attaqué les Turcs à Tachkpal et ont ramené des prisonniers.

Canonnade autour de Monastir.

Le chancelier de Bethmann-Hollweg a prononcé un discours au Reichstag; Il a affirmé que jamais 1’Allemagne n’avait soutenu la réaction en Russie, qu’elle ne voulait pas la guerre avec l’Amérique, et, par ailleurs, a reconnu que la situation militaire demeurait indécise. Les social-démocrates majoritaires ont, pour la première fois depuis août 1914, rejeté le budget au Reichstag.

Le nouveau régime russe promet l’autonomie à la Pologne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 30 mars 1917

Louis Guedet

Vendredi 30 mars 1917

930ème et 928ème jours de bataille et de bombardement

8h3/4 soir  Temps froid, glacial, humide, giboulées, sale temps, nuit insupportable de bataille. Des obus toute la journée. A 9h1/2 audience civile, 2 affaires !! cela devient comme la simple police, dans le marasme ! Occupé toute la journée à un tas de choses, fait courses sur courses. Vu Mgr Neveux et l’abbé Lecomte à l’archevêché, remis 2 000 F pour pension de 2 Grands séminaristes de la part de Mme Mareschal. Causé (rayé) de nos Procureurs de la République, l’ancien et le nouveau, et Monseigneur Neveux me disait que l’ancien Procureur de la République M. Louis Bossu avait « mis beaucoup d’eau dans son vin ». Il me disait que celui-ci avait écrit à la Supérieure du Bon Pasteur pour la remercier de ses félicitations à l’occasion de sa nomination comme Procureur Général de Bastia, et lui ajoutait : « de ne pas l’oublier dans ses prières ! » Est-ce que mon cher Procureur aurait trouvé son chemin de Damas ? Fini ma journée avec 2 clôtures d’inventaires, avec Poquet et Dondaine règlements de comptes, etc…  J’en avais par-dessus la tête. Reçu lettre de Madeleine. Marie-Louise et Maurice ont mal à la gorge. Elle craint que la domestique ne veuille pas rester. Verra-t-elle aussi la fin de ses misères la malheureuse !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 30 – + 5°. Pluie. Nuit tranquille sauf bombardement de minuit

à………. et quelques coups de canon. Via Crucis in Cathedrali, pluviis inundata et lapidibus a fornica lapsis constrata – inondée de pluie et en­combrée des pierres des voûtes écroulées. A 9 h. quelques bombes sifflent. Visite à l’Espérance, à l’Enfant-Jésus, où j’ai porté les Prix de Vertu que j’ai reçus pour les 2 maisons, de l’Institut. Visite à Saint-Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 30 mars

De la Somme à l’Oise, la journée a été relativement calme, artillerie active dans le secteur de Margival.

Violente canonnade vers Maisons-de-Champagne, à la cote 304, et en Lorraine dans la région d’Émberménil.

Un avion allemand a été abattu en combat par un de nos pilotes.

Sur le front belge, grande activité d’artillerie, dans la région de Steenstraete.

Les troupes britanniques ont enlevé, après un vif engagement, et en infligeant de fortes pertes à l’ennemi, le village de Neuville-Bourgonval. Nos alliés ont capturé un certain nombre d’Allemands. Ils ont pénétré par coup de main dans les lignes ennemies à l’est d’Arras, vers Neuville-Saint-Vaast et Neuve-Chapelle. Plusieurs abris ont été détruits.

Les troupes anglo-égyptiennes qui montaient de la frontière d’Egypte en Palestine, ont vaincu 20.000 Turcs près de Gaza. Elles ont fait 900 prisonniers.

Les Italiens ont repoussé une attaque autrichienne dans la vallée de l’Adige.

Le Comité des ouvriers et soldats russes a déclaré qu’il repousserait l’agression allemande et il a exhorté les Allemands à détrôner le kaiser.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 29 mars 1917

Clinique Mencière

Lois Guédet

Jeudi 29 mars 1917

929ème et 927ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps glacial, pluie, ondées, on souffre du froid humide après le froid sec. Lequel des deux le meilleur ? ni l’un ni l’autre !

Je travaille, j’écris, je déblaie fiévreusement toute la matinée. Y arriverai-je ? J’en ai des moments de découragement !! Plus j’en abats plus j’en ai à faire ! Au courrier d’aujourd’hui lettre de Labitte qui me rassure un peu sur le sort de mon pauvre enfant Robert. J’envoie cette lettre à Madeleine, la pauvre femme en sera peut-être un peu réconfortée. A 2h1/2 Réquisitions militaires, auparavant je vais à l’Hôtel de Ville porter mes 70 dossiers d’Allocations militaires en commission d’appel, réglés hier. Retiré ma carte de sucre pour moi et ma domestique. A l’audience de réquisition je vois le fils Veith qui me raconte le bombardement qu’ils ont subi hier. 150 obus sur son usine, la rue Goïot et l’asile de nuit. Son usine a des dégâts, mais elle peut remarcher. Ils étaient en 2ème caves, la machine a marché durant tout le bombardement et pour cause, c’est que le contremaître a voulu aller arrêter les feux et la marche, mais il n’avait pas compté sur les 150 et les 210 qui pleuvaient par 3 d’un coup.

André Veith (1894-1977) l’a empêché d’y aller à nouveau. L’asile de nuit n’est plus qu’une ruine, la rue Goïot est entièrement défoncée, avec des trous de 6m de diamètre !! Les batteries allemandes cherchent une batterie de nos 75 qui sont chez mon client Pol Leduc (Membre de la Société des amis du vieux Reims), boulevard Henry Vasnier n°90 et ne la trouvent pas, alors ce sont les voisins qui écopent !! Le fils Veith était vraiment courageux, et c’était avec beaucoup de simplicité qu’il me contait ses angoisses, ses impressions et ses craintes pour ses ouvriers toujours aussi courageux, si braves, travaillant sous les bombardements continuels et brassant à la barbe des allemands !! C’est beau tout de même. Et Dieu sait la quantité d’obus qu’ils ont reçus, affrontés…  C’est du courage froid, calme et noble, et il faut une réelle volonté et force de caractère pour qu’André Veith arrive à tenir tout ce monde, et il fait cela très simplement, comme tous les braves et les vaillants !! Je suis heureux d’écrire ces lignes pour l’histoire de Reims, pour ces humbles qui travaillent pour alimenter leurs concitoyens. Je crois que je puis me permettre de faire ce compliment, cet éloge. Je crois en avoir le droit !

Rentré chez moi ensuite, finir mon courrier qui n’est pas terminé, ce sera fini demain, à moins que…

Nos nuits sont blanches ou à peu près, on se bat formidablement de 2h à 4h à peu près régulièrement, et ajoutez à cela les bombardements comme ceux d’hier !! avec victimes à la clef. Aujourd’hui bataille terrible vers Berry-au-Bac, Le Godat. Quelques obus, des gros, assez près d’ici. J’arrête, j’ai encore ma simple police à voir, mais (rayé) et Cie la clique. J’ai juste 7 procès nouveaux avec 5 anciens = 12 !!! Non ! (rayé) et les bruits (rayé) et les hauts galonnés qui les commandent. Je réclame (rayé) !!! Les Gendarmes et les brutes de (rayé) qui (rayé) font grève !! Je crois que je les ai trop bien dressés…  à la grande joie de mes chers justiciables et surtout de leur tranquillité.

9h  Calme ce soir.

9h1/2  Voilà la sarabande qui recommence. Vais-je pouvoir dormir… ?…  Je suis cependant bien fatigué, mais avec ce tintamarre…  on dort mal, on dort comme dans un cauchemar…  toujours en éveil quoique dormant. Singulière impression, on dort mais le moindre bruit d’obus sifflant ou tapant de plus près, on l’entend, on pourrait appeler notre sommeil du sommeil en éveil, ce ne peut être du repos.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29, 30, 31 mars 1917 – Bombardement chaque jour.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 29 – + 2°. Nuit tranquille, sauf vers 3 h. 1/2, violente canonnade française. Voyage de M. Compant à Binson pour les reliquaires du Car­mel. Mgr Neveux confirme à . Visite de M. Abelé pour son discours à l’Assemblée Constitutive de l’Association des Amis de la Cathédrale. Vers minuit, un bombardement a lancé des obus : 2 à Mencière ; 1 près de M. le Chanoine Renaud.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Clinique Mencière


Jeudi 29 mars

Entre Somme et Oise, grande activité des deux artilleries, notamment sur le front Essigny-Benay. Nos tirs ont dispersé des travailleurs ennemis au sud de Saint-Quentin. Aucune action d’infanterie.

Au sud de l’Oise, ainsi que dans la région au nord de Soissons, escarmouches de patrouilles et vives fusillades en de nombreux points du front.

En champagne, à la suite du violent bombardement dirigé sur nos positions a l’ouest de Maisons-de-Champagne, les Allemands ont lancé une forte attaque et ont pu prendre pied dans quelques-uns de nos éléments de première ligne. Toutes les tentatives sur Maisons-de-Champagne ont été brisées par nos feux qui ont infligé des pertes sanglantes à l’ennemi. Deux coups de main sur nos petits postes à l’est de la route de Saint-Hilaire, Saint-Souplet et au nord de Tahure ont complètement échoué.

Sur la rive gauche de la Meuse, tirs de destruction efficace sur les organisations du secteur cote 304-Mort-Homme.

En Macédoine, nous avons brisé une attaque ennemie à l’ouest de Monastir. Le total de de nos prisonniers pour les derniers jours est de 2104.

Des torpilleurs allemands ont tiré une soixantaine de projectiles sur Dunkerque. Le bombardement a fait deux victimes. Les torpilleurs se sont retirés à grande vitesse.

Un destroyer britannique a été coulé.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 28 mars 1917

Louis Guédet

Au mercredi 28 mars 1917 928ème et 926ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Nous sommes tout de même partis à 8h avec une voiture de la Cie, par un soleil splendide. A partir de Montchenot, route au pas jusqu’à Épernay à cause de l’artillerie de toute sorte que nous avons côtoyée et croisée (crapouillots, 75, 105, 150, 370, tracteurs et autres), à Épernay, déjeuné au buffet, et ensuite attendu le train. 2 – 3 passent, combles ! enfin le 4ème nous est permis, c’est celui qui aurait dû passer à Épernay à 10h ! Il était 4h1/2 du soir !! Une brouette qui nous dépose enfin à Paris à 8h1/2. Plus de voitures, métro heureusement.

Le lendemain dimanche, messe à St Sulpice, et à Passy 22 boulevard Flandrin, chez M. et Mme Boulingre (Paul Boulingre (1868-1921) et son épouse Laure Minelle (1866-1929), leur fille Suzanne épousera en 1923 Robert Guédet), où je trouve tout mon monde : Mme Minelle et Pierre et Jacques Simon. (J’avais rencontré à la gare d’Épernay Maurice Simon qui rentrait à Aÿ où il est son cantonnement). Causé toute la matinée, déjeuné chez Narcisse Thomas où je trouve son fils, lieutenant au 36ème d’Infanterie mitrailleur. D’après ce que celui-ci me dit il doit revenir vers Reims fin avril pour le grand coup. Nous verrons…  Du reste il doit me prévenir. Dîné le soir avec Mt Jolivet qui m’apprend que (rayé) quand on lui (rayé) ?? Enfin il y a (rayé) qui arrive (rayé)! Vu cet après-midi de dimanche 100, rue des Martyrs, Madame Lorquin-Gillot, une vieille cliente, retour du Thurel (Aisne), où elle avait été surprise par l’Invasion allemande. Tout ce qu’elle m’a dit confirme tout ce qu’on a pu écrire sur les agissements des allemands : pillages organisés, sévérité, dureté, sévices, menaces, fusillades, etc…

Elle me disait des choses assez surprenantes que je me réserve de communiquer au Procureur de la République…  sur la mentalité de ces allemands, notamment :

On a affiché dès les premiers jours de l’occupation, et à titre permanent aux 4 coins du village, (elle en sait quelque chose, puisqu’on l’a obligé à coller en remplacement une de ces affiches) cet avertissement : « Le droit de propriété n’existe plus dans les régions envahies !! »

Dans une de ses conversations avec la « Kommandantur » et un médecin supérieur : « Vous serez enfin gouvernés, et vous serez heureux d’être avec nous et sous notre gouvernement du reste. » – « Nous avons besoin de vous pour exploiter et mettre en pratique ce que votre intelligence de latins découvre, crée et imagine ! »

Toujours la même chanson. C’est comme un « leitmotive » incrusté dans ces cervelles de brutes teutonnes ! Ils parlaient de la même façon durant l’occupation de Reims, nous en avions les oreilles battues et rabattues !…

Lundi passé la matinée en courses, rendez-vous avec les Simon, après-midi déjeuné chez les Boulingre-Minelle. Où j’apprends (rayé), mais le (rayé). Vu ensuite Mme Mareschal (née Jeanne Cousin (1873-1929)) que j’avais déjà vu la veille à l’Hôtel avec son fils René et les Paul Cousin. Le soir, dîné chez les Français. Manqué une correspondance nord-sud de la rue St Didier 30, Boissière à Pantin, filé à Raspail, et à pied parcouru tout le boulevard pour rentrer à l’Hôtel, 49, boulevard Raspail, fourbu (Hôtel Lutetia). Le lendemain matin levé à 5h, parti au train de 6h55. Retard, bref, manqué la correspondance du C.B.R. à Dormans de 20 minutes. L’autorité militaire ayant décidé de ne pas attendre le 1er train de Paris, et de faire partir le train de 11h49 sur Pargny-Reims à peu près vide. Enfin, après démarches de ma part pour les Rémois en panne auprès de nos Dieux Militaires, on daigne faire un train bis qui nous amène à Pargny à 7h1/2 soir. Pas de voiture, si une seule où nous nous encaquons à 7 !! A chaque instant j’avais la sensation que notre guimbarde allait crever et nous semer sur la route. Enfin j’arrive moulu, rompu, fourbu à 8h3/4 du soir. Trouvé un monceau de lettres, ouvertes avant de me coucher…

Ce matin déblayé, répondu à la majeure partie. Reçu lettre de mon pauvre enfant Robert qui était il y a quelques jours au Mesnil-sur-Oger où il me réclamait. Je joue de malheur avec cet enfant, je ne puis le voir avant son départ au front. Jean m’écrit aussi, et il compte sortir dans les 150 premiers…  de Fontainebleau. Il est 6ème de sa brigade sur 30. Le verrai-je avant son départ au front qui aura lieu milieu avril ?? Après-midi première séance de Commission d’appel d’allocations militaires de l’arrondissement, avec M. Benoist, M. Georget étant souffrant ?…  du bombardement ??…  à Paris !!! Jamais M. Benoist n’avait vu autant de monde ! 30 intéressés, déblayés facilement les premiers et ensuite les 40 dossiers restant. J’ai la main forte. Çà va bien…  et çà ira. J’ai pris le dessus de suite. Albert Benoist était surpris de ma maîtrise et de ma mise…  au point…  me voilà à jour avec ces affaires, çà va bien. Bref, peu de travail et surtout moins de séances. Une tous les mois devrait suffire…  Demain matin je mettrai au point ces dossiers qui seront remis à la Sous-Préfecture le soir même.

Demain Réquisitions militaires à 2h1/2. Madame Lorquin me disait qu’elle n’avait pas mangé de viande depuis 16 mois, et que la première côtelette que sa sœur Mme Gentil lui avait servie lui avait semblée délicieuse… !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 mars 1917 – Journée fortement mouvementée.

Dans la matinée, des obus tombent encore à la Haubette. Deux soldats y sont tués, ainsi qu’un charretier et son cheval, chez M. Fievet. Ce malheureux charretier procédait au chargement de trois stères de bois pour lesquels j’avais eu à délivrer un bon de livraison, la veille, à son patron, M. H. rue Carnot.

Le troisième canton, surtout, est cruellement éprouvé ce jour ; la rue Goïot, ses alentours, les environs de la brasserie Veith offrent, paraît-il, un spectacle lamentable. L’asile de nuit est en partie détruit. Il est tombé plusieurs centaines d’obus de ce côté de la ville.

— Le soir, en revenant du bureau, place Amélie-Doublié, je puis compter, tout en montant la rue Lesage, cinq saucisses bo­ches, encore occupées à observer.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

La brasserie Veith


Cardinal Luçon

Mercredi 28 – Nuit bruyante entre les deux artilleries, mais non sur la ville. 0°. Beau soleil, vent nord. Matinée aéroplane : tir contre eux. Duel assez actif entre batteries ; bombes sifflantes sur les nôtres. Des éclats nom­breux sont tombés dans le jardin ; j’en ai entendu un siffler à mes oreilles et tomber dans le jardin (obus autrichiens éclatant dans l’air, fusant (1)), très violent bombardement dans l’après-midi. Brasserie Veith détruite, Asile de nuit dévasté.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Mortier autrichien de 305 mm Skoda

Mercredi 28 mars

Entre Somme et Oise, l’artillerie ennemie violemment contrebattue par la nôtre a bombardé nos positions sur le front Roupy-Essigny-Benay. Toutes les tentatives d’attaques des Allemands ont été arrêtées net par nos feux.

Au sud de l’Oise, nos troupes ont poursuivi leur progression. Elles ont d’abord enlevé au cours d’une brillante opération Coucy-le-Château, puis toute la basse forêt de Coucy, ainsi que les villages de Petit-Parisis, de Verneuil, de Coucy-la-Ville ont été occupés par elles. Nos éléments avancés ont atteint, en quelques points, les lisières ouest de la forêt de Saint-Gobain et la haute forêt de Coucy. Nos pertes ont été légères dans l’ensemble.

Au nord de Soissons, nous avons enlevé une ferme au nord-ouest de Margival, puis réalisé des progrès au delà de Neuville-sur-Margival et de Leuilly.

En Argonne, nous avons réussi deux coups de main dans les secteurs du Four-de-Paris et de Bolante.

Canonnade violente sur les deux rives de la Meuse au nord de Verdun.

Les Anglais ont occupé les villages de Longavesnes, Liéramont et Equancourt; ils ont fait des prisonniers. Ils ont infligé un échec à l’ennemi près de Beaumetz-lès-Cambrai.

Les Russes ont reculé sur la Chava au sud-est de Baranovitchi.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 27 mars 1917

Cardinal Luçon

Mardi 27 – Nuit tranquille ; + 4° froid. A 11 h. 50, bombes sur batteries. Visite de M. Abelé. 5 aéroplanes : tir contre eux. Écrit au Directeur de l’Institut de France et à M. E. Lavisse pour remercier du Prix de 6000 francs.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 27 mars

Entre Somme et Oise, les Allemands ont renouvelé à plusieurs reprises leurs attaques sur le front Essigny-Benay. Toutes ces tentatives ont été repoussées par nos feux ou par nos contre-attaques. Des pertes sérieuses ont été infligées à l’ennemi. Nous avons gardé intégralement les positions conquises.

Au sud de l’Oise, nous avons poursuivi notre avance en dépit de l’état du terrain et du mauvais temps. Nous avons occupé Folembray et la Feuillée et pénétré dans la basse forêt de Coucy. Du côté de Vregny, au nord de Soissons, nous avons marqué aussi une sérieuse progression.

Au nord de Reims, un tir de nos batteries a fait sauter un dépôt de munitions ennemies à l’est de la ferme de Godat.

Une de nos escadrilles a lancé 1000 kilos de projectiles sur les usines de Thionville et le bassin de Briey, ainsi que sur les gares de Conflans et de Montmédy.

Les Anglais ont occupé Lagnicourt, sur la route de Bapaume à Cambrai.

Les Russes ont pénétré en Asie Mineure, dans le vilayet de Mossoul.

La campagne des conservateurs allemands s’accentue contre le chancelier.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Mossoul

 

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Lundi 26 mars 1917

Cardinal Luçon

Lundi 26 – Nuit agitée jusqu’à 2 h. Surtout de minuit à 2 h. Activité exceptionnelle des canons français, sans réponse des Allemands. A 2 h., riposte des Allemands par quelques coups de canons (5 ou 6). Dont plu­sieurs ont lancé des obus tombés à peu de distance d’ici ; et aussitôt silence brusque et complet de l’artillerie française. 4° froid ; temps couvert, vent Sud-Ouest.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 26 mars

Nos troupes ont poursuivi leur mouvement offensif de la Somme à l’Aisne. La lutte a été acharnée et la défense allemande vigoureuse mais nos soldats ont partout repoussé l’adversaire, qui a subi des pertes très sérieuses.

Entre Somme et Oise, nous avons rejeté l’ennemi au delà de l’importante position Castres-Essigny-le-Grand-cote 121. Une violente contre-attaque allemande, qui débouchait sur le front Essigny-Benay, a été brisée par nos feux.

Au sud de l’Oise, nos troupes ont pénétré en plusieurs points dans la basse forêt de Coucy, attaquant les abords de Folembray et de Coucy-le-Château. Des détachements en marche vers Folembray ont été pris sous le feu violent de nos batteries et dispersés avec de grosses pertes. Succès pour nous au nord de Soissons, où nous avons accru nos gains et repoussé deux contre-attaques.

Les Italiens constatent sur leur front une intensité d’artillerie accrue.

Les Russes ont accentué leur marche de la frontière persane vers Bagdad.

Un parti républicain se constitue à Petrograd.

Le cabinet Boselli a obtenu un gros succès à la Chambre italienne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 25 mars 1917

Cimetière de l'avenue de Laon

Paul Hess

Dimanche 25 mars 1917 – Beau temps. Journée très mouvementée.

Dès 8 h 1/2, bombardement sur le boulevard de Saint- Marceaux, le champ de Grève, le faubourg de Laon ; il dure jusqu’à 10 h 1/2 environ et reprend le soir, dans la direction de la Haubette, où quatre soldats et trois chevaux sont tués à proximité du pont de Muire. Une femme est tuée également rue Dallier.

Tir sur avions, toute la journée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cimetière de l'avenue de Laon

Cimetière de l’avenue de Laon


Cardinal Luçon

Dimanche 25 – Annonciation. Nuit tranquille. – 1° de froid. Beau temps. Bombes à l’heure de la messe et au sortir jusqu’à midi sur les batteries et contre les avions. Une femme tuée rue Souyn, à Sainte-Geneviève. Bom­bes sur la Haubette, la Route de Pargny, nombreuses. Avions français 4 à la fois ; tir contre eux. Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 25 mars

Au nord de la Somme, nous avons refoulé l’ennemi jusqu’aux lisières de Sovy où il s’est installé dans une ligne de tranchées préparées d’avance.

De la Somme à l’Oise, nos troupes, poursuivant leur marche, ont livré bataille à l’ennemi qui s’est défendu pied à pied. Elles l’ont rejeté à un kilomètre environ au nord de Grand-Séraucourt et de Gibercourt. Elles se sont emparées de la rive ouest de l’Oise, depuis les faubourgs de la Fère jusqu’au nord de Vandeuil. Deux forts de la Fère sont tombés entre nos mains.

Au sud de l’Oise, et bien que l’ennemi ait tendu des inondations, nous avons progressé sur la rive est de l’Ailette, conquis plusieurs villages et rejeté les arrière-gardes allemandes dans la basse forêt de Coucy.

Au nord de Soissons, peu de changement. Une pièce allemande à longue portée a lancé un certain nombre d’obus de gros calibre sur la ville de Soissons.

Lutte d’artillerie dans les régions de Berry-au-Bac et de Reims, en Alsace, près de Violu (sud du col de Sainte-Marie).

Nous avons descendu plusieurs avions ennemis et capturé un hydravion en mer, près d’Etretat.

Nos escadrilles ont lancé 1100 kilos de projectiles sur les usines de Thionville et du bassin de Briey, ainsi que sur la gare de Conflans.

On signale des émeutes sanglantes à Hambourg et à Kiel.

Les constitutionnels démocrates russes se sont prononcés en faveur de la République.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 24 mars 1917

Louis Guédet

Samedi 24 mars 1917

924ème et 922ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 matin  Très beau temps, gelée, froid. Mal dormi toute la nuit à cause de la bataille. Je ne suis pas encore parti. Le cocher Oudin commandé par Marcel Heidsieck a mangé la consigne. Le pauvre Marcel m’est arrivé à 5h1/4 navré. Je l’ai consolé de mon mieux, quoique je sois un peu contrarié de ce contretemps. Nous n’avons qu’une ressource, c’est de prendre une voiture pour Épernay où nous prendrons le train express de midi 4. Le pauvre garçon se charge de la voiture, pourvu que nous ne jouions pas de déveine ! Après tout ce n’est qu’une question de frais de voiture. Mais on ne m’y reprendra plus, si j’avais su je serais resté au lit me reposer, car je suis fatigué, oui fatigué de ces bruits de bataille toute la nuit. Pas de repos ou presque pas. J’en ai cependant bien besoin. Mais quelle nuit, quelle canonnade à partir de 10h du soir, puis attaque vers 2h du matin. Allez donc dormir avec toute cette bacchanale !

Je m’arrête et vais tâcher de me reposer un peu, en attendant ma…  voiture !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 mars 1917 – Bombardement sérieux, pendant une partie de la matinée, vers le champ de Grève et Pommery.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 24 – Dans la nuit, de 2 h. à 3 h., violent combat dans la direction de La Pompelle (?). 3° de froid ; beau soleil. 8 h. 45, bombes lancées en­semble sur nos batteries avec fracas énormes, au point de départ et à celui d’arrivée. Bombardement acharné contre les batteries jusqu’à 11 h. Reçu mandat de paiement de 6000 francs. L’Institut de France, à répartir entre les Sœurs.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Collection Patrick Nerisson


Samedi 24 mars

Entre Somme et Oise, nos troupes ont mené avec décision et entrain une action offensive qui a pleinement réussi. L’ennemi, malgré une résistance acharnée, a été refoulé largement à une distance variant de 2 à 4 kilomètres au nord et à l’est du canal de Saint-Quentin.

Au nord-est de Tergnier, nous avons poussé des détachements sur les hauteurs qui dominent immédiatement la vallée de l’Oise. Dans cette région, les Allemands ont tendu des inondations. La ville de la Fère est sous l’eau.

Au sud de l’Oise, nous continuons à franchir l’Ailette.

Nos troupes ont réalisé en combattant des progrès sérieux vers Margival, au nord de Soissons.

Au nord-ouest de Reims, deux attaques allemandes sur nos tranchées de Thel ont échoué. L’ennemi a subi des pertes sensibles.

Un avion allemand a été abattu près de Dieulouard.

Les Anglais ont repoussé des contre-attaques sur une grande partie de leur front.

En Macédoine, nous avons finalement gardé la cote 1248 au nord de Monastir. Notre butin comprend en tout 11 mitrailleuses, 2 canons de tranchées, 24 officiers, 1777 hommes.

Un cinquième steamer américain a été torpillé par un sous-marin allemand.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 23 mars 1917

Louise Dény Pierson

L’image contient peut-être : une personne ou plus, arbre et plein air

23 mars 1917

Cette année commence par un hiver particulièrement rigoureux : pieds gelés dans les tranchées, vin gelé dans les bidons pour les poilus.
Au début du printemps, le front, jusque-là relativement calme, s’anime rapidement.
Les bombardements sur la ville deviennent plus
fréquents, toujours aussi dispersés et inopinés.
Un jour, M. Mavet, beau-père de ma sœur Emilienne, arrive tout pâle chez nous : Blanche (son épouse) vient d’être blessée, une balle de schrapnell dans le bras, elle est soignée à l’ambulance. Il nous annonce :  » Je ne veux plus rester à Reims. Nous allons partir « .

Ce texte a été publié par L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson ainsi que sur une page Facebook dédiée :https://www.facebook.com/louisedenypierson/

 Louis Guédet

Vendredi 23 mars 1917

923ème et 921ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Nuit calme, ce matin de la neige partout, il y a en ce moment 0°, mais le soleil est rayonnant. Tout cela va fondre rapidement, mais il fait réellement froid.

5h1/2 soir  Bombardement vers le 3ème canton ce matin vers 9h1/2. Été Tribunal, pas d’affaires civiles. Dans mon courrier je trouve une lettre de Mme Minelle qui insiste pour que je vienne la voir à Paris dimanche. Je pars donc demain matin. Fièvre de lettres et de préparation de départ. C’est toujours toute une affaire pour mettre tout au point d’attente. Lettre de ma femme qui souffre, je le sens, et moi aussi. Pauvre Robert, pauvre enfant, 19 ans1/2 à peine et il part aller se faire tuer !… Lettre de Narcisse Thomas qui me dit qu’il va voir à mon affaire par Mme Waldeck-Rousseau, tout en regrettant que Briand soit parti, car il n’a rien à refuser à cette dernière, parait-il. Quant au tigre (Clemenceau), il parait qu’il n’y a rien à faire. J’aime autant cela. Bref attendons.

Dans le fatras de lettres d’allocations d’appels, j’en ai reçu une qui n’est pas mauvaise : Le postulant m’écrit pour me dire qu’il ne peut venir à Reims le 28 pour expliquer et plaider sa cause, parce qu’il ne veut pas exposer sa vie, mais qu’en tout cas il s’en rapporte entièrement à mon…  iniquité !!!  il a voulu dire équité !! Bref me voilà déchargé d’un rude poids si on rejette son appel !! C’est un nommé Beaumont, d’Aÿ, peu intéressant du reste.

Après-midi été à la Ville. Causé avec Houlon, Martin, etc…  Sur ces entrefaites est arrivé le chauffeur du sous-Préfet, ce fameux embusqué de Mathieu ! qui venait s’entendre avec Martin pour savoir à quel endroit on pourrait faire la révision des exemptés de Reims et des environs, Aÿ étant trop loin. Pourquoi pas à Reims ?? on proposa Pargny. Non, car on bombarde…  quelquefois…  alors on a eu l’air de pencher pour Gueux !! Comme je m’étonnais de cet excès de prudence, Mathieu naïvement me dit : ce sont les médecins militaires examinateurs qui ne veulent pas venir à Reims !!!…  C’est un comble. Tas de Froussards.

En rentrant je trouve un nommé Viet, mobilisé au 23ème Territorial, qui m’apportait une caisse remplie de valeurs et d’argenterie trouvée chez sa mère qui avait été assassinée cette nuit, rue de la Maison Blanche 34. On dit que ce sont des soldats qui ont fait le coup. Le pauvre garçon est tout désorienté. Je ficèle, plombe et scelle la fameuse boite, la malle a gonflé presque ! et je préviens mon greffier pour remettre le…   je ne serais pas surpris qu’il ne trouvera pas l’occasion de critiquer ce que j’ai pu faire, tout en cherchant à lui rendre service !! (Rayé) va !! S’il fait cela je le remiserai dans les grands prix, il peut s’y attendre. Journée remplie, fatigante, et il faut partir demain à 5h du matin. Pourvu qu’il n’arrive rien durant mon absence !!

Je vais faire ma valise…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Nuit tranquille. -3° froid ; Neige peu épaisse. Beau soleil. A 2 h., bombes sifflantes (sur batteries ?). Via Crucis in Cathedrali. Visite de M. l’Abbé Troyon, Directeur au Grand-Séminaire, infirmier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 23 mars

Dans la région de Saint-Quentin, escarmouches de patrouilles au nord de Dallon.

Entre Somme et Oise, l’ennemi a tenté de violentes réactions pour nous refouler de la rive est du canal de Saint-Quentin, que nous occupons. Sur le front Clastres-Montescourt, les attaques successives de l’ennemi ont été brisées par nos feux de mitrailleuses qui ont infligé de fortes pertes aux Allemands. Des combats également vifs dans la région à l’ouest de la Fère se sont terminés par l’échec complet de l’ennemi.

Au sud de l’Oise, nos détachements ont franchi l’Ailette en quelques points.

Au nord de l’ Aisne, les Allemands ont renouvelé leur tentative entre la route de Laon et la rivière. Trois attaques sur la ligne Vrégny-Chivres ont été arrêtées par nos tirs de barrage. Notre artillerie de la région au sud de l’Aisne prenant en enfilade les troupes ennemies, leur a infligé des pertes très élevées.

Lutte d’artilleie en Woëvre, dans la région au pied des Côtes-de-Meuse. Une tentative allemande sur la ferme de Romanville, aux environs de Saint-Mihiel, a échoué.

La résistance de l’ennemi augmente sur le front britannique, de l’ouest de Saint-Quentin au sud d’Arras.

Combat sur le front russe le long de la Berezina. Echec d’une attaque ennemie au nord-ouest de Brody.

Le gouvernement provisoire russe a prescrit de garder à vue le tsar et la tsarine à Tsarkoïé-Selo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 22 mars 1917

Louis Guédet

Jeudi 22 mars 1917

922ème et 920ème jours de bataille et de bombardement

6h35 soir  Temps gris maussade le matin, avec des papillons de neige, il fait vraiment froid. Le temps s’élève vers midi, et devient réellement beau. La nuit avait été calme, et c’était la première fois depuis près de 8 jours que j’ai dormi sans être en éveil.

Je me lève assez tôt pour finir quelques lettres avant midi. A 11h je vais à l’Hôpital Général où j’avais rendez-vous avec Guichard, vice-Président, et Gustave Houlon, membre de la Commission, pour parler d’une difficulté soulevée par la propriétaire, au sujet d’un bail d’un hôtel à Monnetier-Mornex (Haute-Savoie), loué par les Hospices de Reims pour y loger leurs pensionnaires de la Maison de Retraite. Question d’interprétation de la clause de prix progressif, avec ristourne du loyer. J’en ai conclu que les Hospices devaient payer, la clause, pour une raison qu’il ignore, n’étant pas rédigée comme cela avait été convenu lors de la signature de tous les baux similaires conclus en même temps. Ces messieurs étaient de mon avis du reste. C’est 1 000 F environ que les Hospices perdent à la suite de l’étourderie du rédacteur, qui était Pétiot, ancien notaire à Châlons-sur-Marne, représentant le Ministère de l’Intérieur, qui est du reste d’une légèreté inconcevable. Cela ne m’a donc nullement surpris de lui. J’en avais prévenu Houlon à cette époque-là en lui recommandant de se méfier du citoyen.

Le bas de la page a été découpé.

Lettre de Narcisse Thomas qui me dit avoir été fort souffrant d’une congestion pulmonaire, il y est sujet. Heureusement que ma lettre pour Bossu et mon ruban s’est croisée avec la sienne, 24 heures plus tard, certainement je n’aurais pu lui écrire ce que je lui demandais. J’ai fini toutes mes lettres, chose rare !

A 4h1/2 bataille vers St Brice qui ne cesse pas encore, on ne s’entend pas.

8h soir  Enfin voilà cette canonnade infernale terminée. 4h durant. On est assourdi et les nerfs sont exaspérés, mais quelle canonnade. Durant ce temps nos voisins nous envoyaient des bombes. Heureusement pas dans notre quartier, mais quel vacarme. En dînant je m’attendais à chaque instant à être obligé de descendre à la cave, et j’étais d’autant plus inquiet que le tintamarre de la bataille et de la canonnade m’empêchait d’entendre les sifflements des obus qui arrivaient et qui m’auraient permis de savoir où ils allaient et d’où ils venaient. Il me fallait me baser sur les éclatements. Au milieu de tout ce bruit, allez donc vous y reconnaitre !! Bref, j’ai plutôt mal mangé, et…

Le bas de la page a été découpé.

8h1/4  Le silence absolu ! C’est lugubre, mais on respire mieux tout de même. Allons-nous être tranquille et pouvoir dormir cette nuit ! Par quels étranges sensations aurais-je passé, passons-nous ? La vieille Lise en est malade. Adèle, elle ? elle grogne !! moi, je tâche de dompter mes nerfs ! Depuis le temps je ne devrais plus en avoir cependant !! à force d’avoir été brisés…  broyés…  tendus, cassés, distendus, tordus, pilés.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

22 mars 1917 – Une canonnade commence à 16 h ; elle prend très vite une grande intensité. Le bruit effrayant au milieu duquel se distinguent encore les fortes explosions des torpilles, se continue sans inter­ruption jusqu’à 20 h.

Le communiqué nous apprend, par la suite, que les Alle­mands avaient déclenché une attaque au nord-ouest de Reims. Cette attaque s’est produite vers la Neuvillette et les Cavaliers de Courcy, partie de secteur tenue par les troupes russes.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

l’hôtel de ville de La Neuvilette


Cardinal Luçon

Jeudi 22 – 0° ; quelques flocons de neige. Visite aux Trois Fontaines. Aux Sœurs de Saint-Thierry. A 4 h. 1/2, canons français ; bombes alleman­des. On dit que Bazancourt et Fismes(1) sont en feu ?? De 4 h. 1/2 à 8 h., attaque allemande aux Cavaliers de Courcy(2) ; défense française. A 8 h., silence des deux côtés.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
  1. Fismes ne sera profondément détruit qu’en 1918 à la seconde bataille de la Marne
  2. Les « Cavaliers de Courcy » étaient le nom porté par deux levées de terre artificielles qui bordaient le canal de l’Aisne à la Marne, de part et d’autre, entre La Neuvillette et Courcy. Cette zone fut l’enjeu d’âpres combats pendant toute la guerre (le canal était un véritable cloaque bien qu’il ne fût plus en eau)

Jeudi 22 mars

Au nord de Ham, la situation est sans changement. Nos éléments légers restent au contact de l’ennemi entre Roupy et Saint-Quentin.

A l’est de Ham, nous avons forcé en deux endroits le canal de la Somme, malgré une vive résistance des Allemands. L’opération, conduite avec vigueur, nous a permis de dégager les rives nord et est du canal et de refouler l’ennemi jusqu’aux lisières de Clastres et de Montescourt. Des inondations sont tendues par l’ennemi dans cette région.

La plupart des villages en avant de nos lignes, dans la région de Saint-Quentin, sont en flammes. Nous avons progressé au nord de Tergnier. Quelques escarmouches dans la vallée de L’Aillette. L’ennemi bombarde nos lignes.

Au nord de Soissons, nous avons réalisé de sérieux progrès et livré des engagements assez vifs. La plupart des villages conquis sont entièrement détruits.

A l’est de la Meuse, plusieurs tentatives ennemies sur la tranchée de Calonne ont échoué.

Les Anglais ont occupé 40 nouveaux villages.

Le président Wilson a décidé de convoquer le Congrès américain pour le 2 avril.

Une tentative de meurtre a été commise par un officier contre le ministre de la Justice russe, M. Kerensky.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 21 mars 1917

Louis Guédet

Mercredi 21 janvier (lire mars !) 1917

921ème et 919ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps gris, glacial avec bise. Journée fort remplie. Je ne sais même plus où commencer. Remis mon courrier en route. Écrit définitivement ma lettre à Mt Thomas, avoué à Paris, pour ma proposition à la décoration. Reçu 3 lettres tristes de ma pauvre femme (rayé) n’est pas (rayé). Tout cela (rayé).

Déjeuné avec Marcel Heidsieck. Si je suis obligé d’aller à Paris samedi je dois faire route avec lui et même déjeuner en arrivant à Paris chez lui 45, rue Ampère. J’ai accepté, je pourrai juger sa jeune femme. Après-midi revu à toute ma correspondance. Notre population est un peu fiévreuse sur les bruits qui courent et sur notre avance. On commente avec ardeur les incendies, la destruction de Coucy, l’enlèvement des jeunes filles de Noyon, etc… On dit que les allemands évacuent Bazancourt, que tous les villages vers Brimont sont en flammes, etc…  etc… Dires d’aviateurs…  me dit-on !! Attendons, car nous avons été déjà tellement leurrés qui ne sont pas au front ! Je devrais dire « bernés » ! que j’attends toujours la réalité.

Reçu cet après-midi donation entre époux d’un vieux (bien qu’encore jeune) client de Cormontreuil, Thiérus-Lalique (Albert Théophile Thiérus, né en 1880), qui tout en causant m’a hier donné la note de l’état d’esprit des soldats des tranchées : « Oui, après la Guerre nous règlerons nos comptes avec tous ces (rayé) arrière, et je suis sûr que vous serez avec (rayé) M. Guédet !!… » Car cet embusquage éhonté, cette conduite effrontée de tous ces paresseux d’officiers demande châtiment avec sanctions.

A 8h1/2, arrivée des troupes dans notre quartier. Gardons-nous des fricoteurs. J’allais dire des fripouilles. Quand donc serons-nous débarrassés de cette plaie-là ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 21 – + 4°. Nuit marquée par de fréquentes bombes allemandes sifflantes à certaines heures, à intervalles à peu près réguliers. Item dans la matinée. Expédié lettre à Bordeaux, pour vœu de célébrer chaque année solennellement le vendredi du Sacré-Cœur. Écrit au Cardinal de Paris pour M. X. De 10 h. à 11 h., 15 obus ; midi : 4.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 21 mars

De la Somme à l’Aisne, nos troupes, tout en réalisant de nouveaux progrès, ont procédé à l’occupation de la zone reconquise.

Au nord de la Somme, notre cavalerie a poussé jusqu’aux environs de Roupy, à 7 kilomètres de Saint-Quentin, où elle a donné la chasse à des patrouilles de cavalerie allemande. Au nord-est de Chauny, notre infanterie a occupé Tergnier et franchi le canal de Saint-Quentin. Quelques escarmouches assez vives avec des détachements ennemis se sont terminées à notre avantage. Nous n’avons subi, au cours de cette poursuite, que des pertes insignifiantes. Mais nous avons constaté partout des traces d’un vandalisme systématique : les destructions accomplies par l’ennemi n’ont, la plupart du temps, aucune utilité militaire. Nos aviateurs ont signalé que les ruines historiques du château de Coucy avaient été détruites par une explosion.

En évacuant Noyon, l’ennemi a emmené de force cinquante jeunes filles.

L’armée anglaise a occupé 14 nouveaux villages.

Bombardement réciproque sur le front belge. Canonnade accrue sur le front italien.

Progrès de nos troupes en Macédoine autour de Monastir, où nous avons fait 1200 prisonniers.

Le gouvernement américain a demandé l’envoi d’une mission française aux Etats-Unis pour l’instruction des étudiants. M. Wilson a décidé de convoquer d’urgence le Congrès.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 20 mars 1917

Louis Guédet

Mardi 20 mars 1917

920ème et 918ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps froid glacial, bataille et pluie toute la nuit, mal dormi. Travaillé d’arrache-pied. (Rayé). Le pauvre petit était à Laval en attendant de continuer sa route pour rejoindre. Pauvre enfant. Reçu lettre de Madame Minelle m’annonçant la mort de son Père, une glissade sur le quai de la gare de Bellerive, et sous la locomotive. Elle me demande d’aller à Paris pour dépouiller les papiers, je lui réponds (bien qu’elle ne m’ait pas donné l’adresse à Bellerive (Seine et Oise), près de Meudon), que je suis libre que de samedi à lundi prochain, ou de vendredi d’en 8 jours à lundi, à cause de mon audience de simple police. J’attends sa réponse, je me serais bien passé de ce voyage !! Enfin je ne puis refuser cela à la femme de mon ami et de l’ami de Maurice Mareschal.

terminé mon courrier en hâte, puis été Hôtel de Ville pour voir le Maire, lui rendre visite de condoléances pour la mort de son gendre le Capitaine Morlière (Lucien Morlière, capitaine au 245ème RI, tué le 3 mars 1917 au Hartmannvillerskopf (Haut-Rhin)), qui laisse un bébé d’un an sans père ni mère (Suzanne Morlière était décédée à Paris le 2 octobre 1916) !! De là rendu visite au Cardinal Luçon, causé longuement des événements actuels, Russes, Ministère Ribot, retraite des allemands dans la Somme, etc… Je lui ai causé du livre de Pol Neveux « La douce enfance de Thierry Seneuse ». Je le lui envoie pour qu’il le lise en ayant exprimé le désir. Rentré travaillé à 5h, acte à signer, Dondaine pour affaires de greffe et Étude Jolivet, et voilà ma journée passée à n’avoir rien fait il me semble. Encore une lettre à écrire à Narcisse Thomas et ma journée sera finie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 20 – Nuit tranquille, – 5°. Visite de M. Klesse. Quelques bombes sifflent. Prise de Charny et de Ham(1). Vers 8 h. 1/4, bombes sifflantes au loin. De 2 h. à 5 h., 41 obus ; de 7 h. soir à 6 h. matin, pendant la nuit, 120 obus. Tergnier est pris.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.

En Champagne – Collection Patrick Nerisson


Mardi 20 mars

Nos troupes ont dépassé Ham, sur la Somme, et Chauny, sur l’Oise. Nous tenons un grand nombre de localités entre ces deux villes. Notre cavalerie rayonne à plusieurs kilomètres au nord de Ham et a capturé un convoi qui se retirait dans la direction de Saint-Quentin. Notre avance atteint sur ce point 35 kilomètres en profondeur. Au sud de Chauny, nos détachements ont atteint la ligne générale d’Aillette.

Soissons est entièrement dégagé. Au nord-est de Crouy, nos éléments avancés ont progressé le long de la route de Maubeuge.

Une vingtaine de villages et de bourgs nouveaux ont été délivrés. L’ennemi a dévasté le pays, coupant et arrachant les arbres fruitiers. De nombreuses localités ont été complètement incendiées. Les habitants, sans abris et sans vivres, sont nourris par nos troupes. Tous les ponts sont détruits.

Violente lutte d’artillerie en Champagne vers la Butte-du-Mesnil et Auberive.

Combat sur la rive gauche de la Meuse vers le Mort-Homme.

Les Anglais ont occupé Chaulnes, Nesle et Péronne. Ils ont progressé de plusieurs kilomètres et au total ont gagné jusqu’à 16 kilomètres en profondeur sur un front de 72. Plus de 60 villages sont tombés entre leurs mains.

Les Chinois ont occupé les concessions allemandes de Tientsin et de Hang-Keou.

M. Ribot a constitué le nouveau cabinet.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 19 mars 1917

Louis Guédet

Lundi 19 mars 1917

919ème et 917ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  Temps moyen qui tourne à l’aigre ce soir, bise violente et glaciale. La nuit toujours du canon. Canon dans le lointain durant la journée vers Berry au Bac, avions sur lesquels les allemands ont tirés furieusement. Été le matin rue Dieu-Lumière pour la continuation de l’inventaire Gardeux. Personne. Est-ce que Landréat cuve encore son Champagne de samedi. Rentré en musant le long de la rue du Barbâtre, passé chez Chapuis pour un versement à l’Enregistrement. Greffe civil, ensuite rentré chez moi. Courrier, pas de lettre des miens. Après déjeuner signature d’une procuration. Causé avec M. l’abbé Compant, vicaire Général, été me faire couper les cheveux, pris un journal chez Michaud. Nous avons repris Chaulnes, Péronne, Noyon, etc…  Cela va-t-il continuer ? Devant chez Michaud, interpellé un motocycliste qui faisait claquer depuis 1/2 heure son moteur pour nous casser les oreilles. Reçu grossièrement bien entendu, par le voyou qui, comme je redescendais la rue du Cadran St Pierre, n’a trouvé rien de mieux que de me frôler et bousculer en passant près de moi à toute vapeur. Je lui ai allongé un de ces coups de canne dont on garde mémoire longtemps. Le pierrot n’était pas content, mais il a filé devant mon attitude décidée !! Et voilà comme nous sommes arrangés tous les jours par cette clique d’embusqués !! Quand donc serons-nous débarrassés de cette plaie !! Vu Mme Gaube et sa fille gracieuse au possible, causé de Jean et Robert très gentiment. Rentré chez moi. Je vais répondre à une longue lettre de mon ancien clerc Forzy, notaire à Fismes, actuellement capitaine au 289ème d’Infanterie, 4ème Compagnie, secteur 181. Un brave garçon très cocardier et un peu Tartarin.

Je suis fatigué et je sens mes forces m’abandonner par instants. Je suis si las et si découragé. Reçu mot de Bossu mon ami Procureur qui est convaincu que j’aurai mon ruban bientôt.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

19 mars 1917 – Les communiqués et les journaux nous annoncent, depuis deux jours, le recul des Allemands entre l’Avre et l’Oise.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 19 – Nuit tranquille, + 1°. De 8 h. 1/2 à 9 h., bombes sifflantes : 180 de 9 à 10 h. On dit que ce sont des obus sifflants sur Parc Pommery. Sifflements constants. Visite à la Maison des Petites Sœurs des Pauvres. Reçu visite du Colonel de Piré. Prise de Noyon, Crouy, Péronne(1).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.


Lundi 19 mars

La progression des troupes françaises a continué sur un front de 60 kilomètres, de l’Avre à l’Aisne. Au nord de l’Avre, la cavalerie est entrée dans Nesle. Nos patrouilles, lancées vers la Somme, ont livré des engagements aux arrière-gardes ennemies, qui ont faiblement résisté. Au nord-est de Lassigny, nous avons avancé de 20 kilomètres vers Ham. Plus au sud, notre cavalerie et nos détachements légers ont occupé Noyon.

Entre l’Oise et Soissons, la première ligne allemande, avec Carlepont, Morsain, Nouvron, Vingré est en notre pouvoir. Au nord de Soissons, nous sommes à Crouy.

Nous avons rejeté une attaque à la Pompelle, près de Reims. Canonnade en Champagne, à la butte du Mesnil et à Massiges; violent bombardement de nos positions sur la rive gauche de la Meuse, du bois d’Avocourt au Mort-Homme.

Echec d’une tentative allemande sur la rive droite de la Meuse, aux Chambrettes.

Deux avions ont été abattus par nos canons spéciaux.

M. Milioukof, au nom du gouvernement provisoire, a lancé une circulaire aux agents diplomatiques russes pour préciser les vues du nouveau régime.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 18 mars 1917

Louis Guédet

Dimanche 18 mars 1917

918ème et 916ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps maussade, quelques lueurs d’éclaircies, mais triste journée. Bataille toute la nuit, mal dormi, et puis j’étais encore impressionné de la vue des malheureuses asphyxiées qui agonisaient. Été messe de 8h1/2, écrit lettres sur lettres. Je suis à peu près au courant, mais je n’en vois jamais la fin. Lettre de ma pauvre femme toute attristée du départ de Robert qu’elle a accompagné jusqu’à Châlons pour rester un peu plus longtemps avec le pauvre enfant. Elle a vu le professeur d’André qui dit qu’il y a du mieux, mais qu’il est toujours indolent. Elle m’apprend que mon camarade Hémard fait le cours de mathématiques à St Étienne, le professeur  étant mobilisé. C’est du vrai dévouement. Sorti un peu en Ville, rien vu d’extraordinaire, sauf beaucoup de soldats russes. La population est assez agitée par l’abdication de Nicolas II et par la démission du ministère Briand. Tout cela n’avance guère nos affaires et la prise de Bapaume, de Roye et de Lassigny passe au second plan. Il est cependant grand temps que nous ayons une victoire décisive, et que nous voyions la fin de cette Guerre. Nos soldats en ont assez, grandement assez. L’avenir n’est pas beau, et l’Horizon bien chargé de nuages ! Si nous n’avons pas une victoire bientôt, tout de suite, je ne sais ce qui arrivera.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 18 mars 1917 – Un fusant de 77, tiré sur aéro, éclate en retombant, devant un cantonnement rue du Barbâtre. Un lieutenant du 403e d’infanterie est tué et d’autres officiers blessés. Au cours de la matinée, plu­sieurs projectiles allemands sont retombés dans les mêmes condi­tions, en différents endroits de la ville, rue Jacquart, rue Werlé, etc.

Il est à noter que la même chose se produit maintenant, presque tous les jours, à chaque tir contre avion.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 18 – 8°. Nuit assez tranquille. Beau temps. Visite au 7e Corps. Allocution à la messe à Trigny. Général de Bazelaire, et Général de la Guille, Commandant, des Généraux (de Coligny….) Prise de Bapaume (1),

Roye, etc. Dîné avec le Général et ses officiers. Visite au campement dans les bois, à gauche, en descendant. Entretien avec M. Sainsaulieu et M. Abelé pour leurs œuvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.

Dimanche 18 mars

Sur-tout le front compris entre Andéchy et l’Oise, l’ennemi, refusant la bataille, a abandonné sous la pression de nos troupes les lignes puissamment et savamment fortifiées qu’il tenait depuis plus de deux ans. Notre mouvement en avant a continué avec rapidité. Nos pointes d’avant-garde ont pénétré dans Roye, poursuivant les contingents ennemis qui ont fait sauter les carrefours des rues à l’intérieur de la localité. 800 habitants de la population civile, que les Allemands n’avaient pas eu le temps d’évacuer, ont fait à nos soldats un accueil enthousiaste.

Au nord et au nord-est de Lassigny, que nous avons également occupé, nous avons atteint et même dépassé la route Roye-Noyon. Nous avons fait des prisonniers.

Violentes canonnades en Champagne et sur la rive droite de la Meuse (bois des Caurières).

Nos escadrilles ont bombardé les organisations ennemies de la région d’Arnouville, les usines de Wolklingen, les gares de la région de Ham et de Saint-Quentin. Un de nos avions a bombardé Francfort-sur-Mein. Un zeppelin aété abattu près de Compiègne, au retour d’un raid qu’il avait fait sur la côte anglaise.

Les troupes britanniques ont enlevé Bapaume et avancé sur un front de 25 kilomètres en occupant en tout 14 localités.

Le grand-duc Michel, désigné par Nicolas II comme héritier de la couronne, a déclaré qu’il subordonnerait son acceptation finale à une ratification de la Constituante. Le cabinet Briand a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 17 mars 1917

Louis Guédet

Samedi 17 mars 1917

917ème et 915ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps couvert le matin, mais devenant radieux vers 10h. Canonnade toute la nuit et à 4h1/2 du matin attaque et tintamarre infernal pendant 3/4 d’heures. Ce sont les allemands qui attaquaient et envoyaient des gaz lacrymogènes dans les secteurs faubourgs Cérès à Pommery. Des victimes militaires et civiles. C’est la première fois que les allemands emploient ces gaz sur Reims. Nous aurons été frappés par tout. Je vais au 27 rue Dieu-Lumière pour un inventaire et une levée des scellés Gardeux, en route je lis le Matin qui annonce la Révolution de Russie et l’abdication de l’Empereur Nicolas II. Un faible ! et un illusionné. Ce n’est pas cela qui peut nous faire du bien, mais attendons !! Les allemands doivent exulter. Je trouve au rendez-vous Houlon, nous retournons ensemble à la Ville, puis de là il m’emmène à Noël-Caqué, rue Chanzy, voir les victimes des gaz de ce matin. L’automobile de Pommery vient d’en amener 2. Deux pauvres femmes que je vois mourantes. En effet 1h après elles étaient mortes. C’est un obus qui est arrivé dans un cellier vers 4h3/4 au moment où les ouvriers réfugiés se précipitaient dans les caves. Il éclatât et immédiatement tous furent incommodés, ils n’ont pas eu le temps de mettre leurs masques. Et en même temps les allemands envoyaient des shrapnells pour empêcher les malheureux de sortir. Je rentre chez moi impressionné.

Trouvé lettre de ma pauvre femme qui m’apprend que Robert lui est arrivé jeudi 15 courant vers 5h du soir pour repartir le vendredi 16 à 6h17 du matin. Le pauvre petit n’aura eu que juste le temps d’embrasser sa mère et (rayé) à cette (rayé) l’avait bien (rayé) l’avait mal (rayé). Je vais voir à cela. Un nouvel exemple de l’ingratitude des gens (rayé) un supplice d’obtenir (rayé) militaire et en reconnaissance il (rayé). Mais (rayé).

Après-midi causé longuement avec 3 officiers du 403ème d’infanterie, Jary sous-lieutenant avocat à la Cour d’appel de Paris qui venait signer une procuration et avec ses 2 témoins, le Capitaine Heuzé, ingénieur à Darnetal et Chapelain, lieutenant substitut du Procureur de la République d’Avranches, qui connait très bien mon nouveau procureur. Il m’en a dit beaucoup de bien. Il déplorait avec moi les pillages et la conduite scandaleuse de leurs camarades officiers. M. Chapelain (blessé le 18 mars 1917 par un obus, rue du Barbâtre à Reims) me disait que cette mentalité le surprenait, mais que c’était la conséquence de l’autocratisme militaire. Je suis de son avis. Ensuite retourné à mon inventaire et scellés rue Dieu-Lumière par un soleil splendide, une vraie journée de printemps, et là je trouve mon brave Landréat légèrement éméché et la gardienne des scellés « itou ». On avait un peu caressé la cave du défunt. J’ai fait celui qui ne s’apercevait de rien, mais mon dévoué greffier avait sa « Paille » (Etre ivre, enivré). Je m’en suis allé…  mais la prisée a dû être plutôt…  dure et mouvementée…  Je saurai cela lundi.

Rentré chez moi et travaillé d’arrache-pied. Ce soir le calme.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

17 mars 1917

A 4 h, je suis réveillé brusquement par l’arrivée d’un obus, dont les éclats retombent avec des débris de matériaux, sur la place Amélie-Doublié. D’autres explosions ne suivant pas, je ne juge pas nécessaire de me lever mais je tends l’oreille, car il me semble percevoir d’abord un bruit ressemblant assez à celui que ferait une troupe de gros oiseaux migrateurs de passage, qui vole­rait à faible hauteur ; au loin, je distingue ensuite un roulement continu que je ne tarde pas à reconnaître comme étant une succes­sion précipitée de départs chez les Boches, précédant ces singu­liers sifflements.

Mon attention, ma curiosité sont complètement retenues, et, cette fois, j’entends de nombreuses arrivées, qui ne produisent pas de fortes détonations comme celles auxquelles nous sommes de­puis longtemps habitués, mais seulement un éclatement sourd, semblable de loin, aux « pfloc » que ferait un pot de fleurs tombant d’un étage.

J’en conclus : c’est un bombardement copieux, avec de nou­veaux projectiles ; en effet, les sifflements se suivent très réguliè­rement toutes les cinq à six secondes. Je prends ma montre pour m’assurer de la cadence ; c’est bien cela, les obus tombent à la moyenne de 10 à 12 par minute.

Ce bombardement bizarre dure une heure environ, et, lors- qu’en me rendant au bureau je croise, avenue de Laon, un mar­chand de journaux, celui-ci me dit en passant :

« Ils ont bombardé à gaz ce matin ; il y a des morts vers la rue de Bétheniville, le champ de Grève. »

Dans la matinée, nous apprenons qu’environ 550 à 600 obus à gaz ont été envoyés sur les batteries du champ de Grève, du boulevard de Saint-Marceaux, dans le haut du quartier Cernay, la rue de Bétheniville, le boulevard Carteret, etc. et que les décès occasionnés parmi la population civile, sont ceux de M. et Mme Plistat, Mme Leyravaud, Mme Lepagnol, Mme Anciaux etc., qu’en outre, il y a d’assez nombreux malades ou indisposés.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Samedi 17 – Nuit tranquille, sauf coups de canons, entre artilleries. Mais, à 4 h. 1/2 est déclenché un déluge d’obus qui sifflent dans les airs et vont s’abattre comme grêle sur nos batteries du côté de… pendant une forte demi- heure. On dit, ce soir, à 7 h, qu’il y a 6 personnes mortes des gaz asphyxiants lancés le matin. Aéroplanes toute la journée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 17 mars

De part et d’autre de l’Avre, nos détachements ont continué à progresser au cours de la journée sur divers points du front ennemi, depuis Andechy jusqu’au sud de Lassigny. Nous avons fait des prisonniers.

Entre Soissons et Reims, action d’artillerie assez violente dans la région de Berry-au-Bac.

En Champagne, nous avons exécuté un coup de main sur une tranchée allemande à l’est de la butte de Souain.

Nos tirs de destruction ont bouleversé les organisations allemandes du bois le Prêtre.

Sur le front belge, bombardement réciproque à l’est de Ramscappelle et à Steenstraete.

Les Anglais poursuivent leur avance au nord de la Somme. Le bois de Saint-Pierre-Vaast presque en entier, avec 1000 mètres de tranchées au sud et 2000 mètres au nord de ce bois sont entre leurs mains. Ils ont rejeté une attaque au nord-est de Gommécourt.

Des coups de main ont été exécutés par eux au sud d’Arras, à l’est de Souchez et à l’est de Vermelles.

La révolution a triomphé à Petrograd. Un gouvernement parlementaire s’est constitué; la Douma a réclamé l’abdication de Nicolas II. Les anciens ministres ont été emprisonnés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 16 mars 1917

Louis Guédet

Vendredi 16 mars 1917

916ème et 914ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps splendide, une vraie journée de printemps, mais nous avons été arrosés toute la journée par les avions allemands et la canonnade de nos batteries anti-aériennes !! Pourvu que nous ne payions pas cela cette nuit… ! Journée fort occupée et peu sorti, juste pour l’Enregistrement et la Recette des Finances. Reçu lettre triste de ma pauvre chère femme, qui craint bien que Robert parte sans pouvoir venir la voir. Reçu la visite d’un sous-lieutenant du 403ème d’infanterie, avocat à Paris, M. Jary (Georges Jary, avocat, né en 1882 et décédé au Chemin des Dames le 23 août 1917 à Courville après avoir été grièvement blessé la veille, « Officier de haute valeur morale », « Indomptable énergie ») , qui me disait que les Tirailleurs marocains avaient commis des imprudences et avaient par cela même fait croire aux allemands que nous allions les attaquer devant Reims, et que dans cette crainte ils avaient amené devant nous une division de renfort. Voilà toute ma journée. Je suis très fatigué, mes forces s’en vont et parfois je me sens épuisé. Mourrai-je, succomberai-je avant la fin de nos misères ???

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 16 – Nuit tranquille, sauf coups de canons entre batteries. 0°. Beau soleil ; Via Crucis in Cathedrali. On protège les galeries, sculptures qui encadrent la grande porte de la Cathédrale à l’intérieur (Communion du Chevalier. Vie de Saint Jean-Baptiste). Visite de M. Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 16 mars

Entre Avre et Oise, après une violente préparation d’artillerie, nos reconnaissances ont effectué des incursions sur plusieurs points du front ennemi, bouleversé par nos tirs.

Vers Beuvraignes et au sud de Crapeaumesnil, nous avons poussé jusqu’à la troisième tranchée allemande. A l’est, à Cany-sur-Matz, nos détachements ont pénétré dans un bois et l’ont occupé sur une profondeur de 800 mètres environ. Au cours de ces actions, nous avons fait des prisonniers.

Dans la région de Maisons-de-Champagne, lutte à coups de grenades. Nous avons réalisé des progrès et enlevé plusieurs boyaux ennemis.

Sur la rive droite de la Meuse, tirs efficaces de notre artillerie sur les organisations allemandes au nord de Bezonvaux.

Sur le front anglais, le mouvement de repli de l’ennemi s’est développé vers le Sud. Nos alliés ont pris possession de ses tranchées sur un front de 4 kilomètres, du sud du bois Saint-Pierre-Vaast au nord du village de Saillisel. Une forte contre-attaque allemande a été rejetée à l’est d’Achiet-le-Petit.

Les Allemands ont réussi à pénétrer dans une tranchée anglaise au sud-est d’Arras. Un autre raid a été repoussé près de Neuville-Saint-Vaast.

Avance italienne aux abords de la cote 1050, en Macédoine.

Echec autrichien entre les lacs Prespa et Malik.

Les Russes occupent Kermanschah, en Perse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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