Paul Hess

28 mars 1917 – Journée fortement mouvementée.

Dans la matinée, des obus tombent encore à la Haubette. Deux soldats y sont tués, ainsi qu’un charretier et son cheval, chez M. Fievet. Ce malheureux charretier procédait au chargement de trois stères de bois pour lesquels j’avais eu à délivrer un bon de livraison, la veille, à son patron, M. H. rue Carnot.

Le troisième canton, surtout, est cruellement éprouvé ce jour ; la rue Goïot, ses alentours, les environs de la brasserie Veith offrent, paraît-il, un spectacle lamentable. L’asile de nuit est en partie détruit. Il est tombé plusieurs centaines d’obus de ce côté de la ville.

— Le soir, en revenant du bureau, place Amélie-Doublié, je puis compter, tout en montant la rue Lesage, cinq saucisses bo­ches, encore occupées à observer.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

La brasserie Veith


Cardinal Luçon

Mercredi 28 – Nuit bruyante entre les deux artilleries, mais non sur la ville. 0°. Beau soleil, vent nord. Matinée aéroplane : tir contre eux. Duel assez actif entre batteries ; bombes sifflantes sur les nôtres. Des éclats nom­breux sont tombés dans le jardin ; j’en ai entendu un siffler à mes oreilles et tomber dans le jardin (obus autrichiens éclatant dans l’air, fusant (1)), très violent bombardement dans l’après-midi. Brasserie Veith détruite, Asile de nuit dévasté.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Mortier autrichien de 305 mm Skoda

Mercredi 28 mars

Entre Somme et Oise, l’artillerie ennemie violemment contrebattue par la nôtre a bombardé nos positions sur le front Roupy-Essigny-Benay. Toutes les tentatives d’attaques des Allemands ont été arrêtées net par nos feux.

Au sud de l’Oise, nos troupes ont poursuivi leur progression. Elles ont d’abord enlevé au cours d’une brillante opération Coucy-le-Château, puis toute la basse forêt de Coucy, ainsi que les villages de Petit-Parisis, de Verneuil, de Coucy-la-Ville ont été occupés par elles. Nos éléments avancés ont atteint, en quelques points, les lisières ouest de la forêt de Saint-Gobain et la haute forêt de Coucy. Nos pertes ont été légères dans l’ensemble.

Au nord de Soissons, nous avons enlevé une ferme au nord-ouest de Margival, puis réalisé des progrès au delà de Neuville-sur-Margival et de Leuilly.

En Argonne, nous avons réussi deux coups de main dans les secteurs du Four-de-Paris et de Bolante.

Canonnade violente sur les deux rives de la Meuse au nord de Verdun.

Les Anglais ont occupé les villages de Longavesnes, Liéramont et Equancourt; ils ont fait des prisonniers. Ils ont infligé un échec à l’ennemi près de Beaumetz-lès-Cambrai.

Les Russes ont reculé sur la Chava au sud-est de Baranovitchi.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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