Louis Guédet

Samedi 24 mars 1917

924ème et 922ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 matin  Très beau temps, gelée, froid. Mal dormi toute la nuit à cause de la bataille. Je ne suis pas encore parti. Le cocher Oudin commandé par Marcel Heidsieck a mangé la consigne. Le pauvre Marcel m’est arrivé à 5h1/4 navré. Je l’ai consolé de mon mieux, quoique je sois un peu contrarié de ce contretemps. Nous n’avons qu’une ressource, c’est de prendre une voiture pour Épernay où nous prendrons le train express de midi 4. Le pauvre garçon se charge de la voiture, pourvu que nous ne jouions pas de déveine ! Après tout ce n’est qu’une question de frais de voiture. Mais on ne m’y reprendra plus, si j’avais su je serais resté au lit me reposer, car je suis fatigué, oui fatigué de ces bruits de bataille toute la nuit. Pas de repos ou presque pas. J’en ai cependant bien besoin. Mais quelle nuit, quelle canonnade à partir de 10h du soir, puis attaque vers 2h du matin. Allez donc dormir avec toute cette bacchanale !

Je m’arrête et vais tâcher de me reposer un peu, en attendant ma…  voiture !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 mars 1917 – Bombardement sérieux, pendant une partie de la matinée, vers le champ de Grève et Pommery.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 24 – Dans la nuit, de 2 h. à 3 h., violent combat dans la direction de La Pompelle (?). 3° de froid ; beau soleil. 8 h. 45, bombes lancées en­semble sur nos batteries avec fracas énormes, au point de départ et à celui d’arrivée. Bombardement acharné contre les batteries jusqu’à 11 h. Reçu mandat de paiement de 6000 francs. L’Institut de France, à répartir entre les Sœurs.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Collection Patrick Nerisson


Samedi 24 mars

Entre Somme et Oise, nos troupes ont mené avec décision et entrain une action offensive qui a pleinement réussi. L’ennemi, malgré une résistance acharnée, a été refoulé largement à une distance variant de 2 à 4 kilomètres au nord et à l’est du canal de Saint-Quentin.

Au nord-est de Tergnier, nous avons poussé des détachements sur les hauteurs qui dominent immédiatement la vallée de l’Oise. Dans cette région, les Allemands ont tendu des inondations. La ville de la Fère est sous l’eau.

Au sud de l’Oise, nous continuons à franchir l’Ailette.

Nos troupes ont réalisé en combattant des progrès sérieux vers Margival, au nord de Soissons.

Au nord-ouest de Reims, deux attaques allemandes sur nos tranchées de Thel ont échoué. L’ennemi a subi des pertes sensibles.

Un avion allemand a été abattu près de Dieulouard.

Les Anglais ont repoussé des contre-attaques sur une grande partie de leur front.

En Macédoine, nous avons finalement gardé la cote 1248 au nord de Monastir. Notre butin comprend en tout 11 mitrailleuses, 2 canons de tranchées, 24 officiers, 1777 hommes.

Un cinquième steamer américain a été torpillé par un sous-marin allemand.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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