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Jeudi 31 janvier 1918

Louis Guédet

Jeudi 31 janvier 1918

1238ème et 1236ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Du brouillard, assez intense. Il n’a pas gelé ou bien peu. Froid pénétrant. Hier soir je suis descendu au sous-sol vers 5h3/4, cela bombardait et les éclaboussures venaient  jusqu’ici. C’était plus prudent, cela a duré jusqu’à 9h du soir avec des intervalles assez irréguliers. C’était de gros morceaux, malgré moi j’étais impressionné. Je n’ai plus la même résistance qu’il y a 3 ans. Quand cette vie-là cessera-t-elle. On est bien las.

Cet après-midi audience de Réquisitions militaires.

6h1/2 soir  Rien de saillant ce matin. Courrier assez chargé. Lettre de ma chère femme qui s’inquiète toujours de nous 3 (Jean, Robert et moi). Je donne mes signatures et j’écris mes lettres avant midi, car à 2h j’ai mon audience de Réquisitions militaires avec ce brave Raux. Il me dit du reste qu’on lui reproche d’être trop conciliant, et que peut-être on me donnerait un sous-intendant plus dur. Ce à quoi je lui ai répondu que ma fonction, mon rôle deviendrait très facile dans ce cas : Toutes les fois que je serais compétent je donnerais le maximum au prestataire, et en cas d’incompétence je rendrais un jugement d’incompétence. Les affaires iraient très vite. Il pourra rapporter cela à ses supérieurs (rayé)!!

En passant à la Poste vu Beauvais qui me dit que le Sous-préfet est toujours assez souffrant. Après l’audience je vais acheter un journal. Je rencontre le Docteur de Bovis et Houlon. Le docteur me donne des nouvelles de Raïssac qui va bien, mais il faut attendre. Houlon m’accompagne jusqu’à l’archevêché où j’ai à faire pour une fondation Herbeux d’Epoye et pour le Vieux Reims qui désire avoir le cardinal comme membre correspondant. Houlon passe à la Permanence Croix-Rouge, rue de Vesle (Maison Luzzani) pour voir à m’enlever mes archives à la consigne à Épernay où je les ferai suivre quand j’irai à St Martin. Chose convenue pour partie.

Nous remontons la rue du Cardinal de Lorraine et en route Houlon m’apprend que Guichard lui a fait avoir dit qu’il allait avoir son ruban incessamment avec Hoël et Sainsaulieu, qui remue ciel et terre pour la décrocher(Rayé)??

A l’archevêché je quitte Houlon et entre, il était vers 4h3/4 à peine, causons, rions avec l’abbé Lecomte qu’un arrosage arrive. Nous descendons dans les sous-sols de l’Hôtel Henri Lucas où viennent nous rejoindre Mgr Neveux et Son Éminence le Cardinal Luçon. Nous causons tout en attendant la fin de la rafale. Le cardinal dans un fauteuil, moi assis sur une malle, l’abbé Lecomte sur une chaise et Mgr Neveux debout assez nerveux. L’entourage est plutôt peureux (concierge, religieuses, valet de chambre, ce dernier voulant absolument que nous ayons des gaz !) Cela tape dur néanmoins. Au bout de 3/4 d’heure je me décide, malgré leurs instances, à partir. Du reste l’arrosage a cessé. Rentré à 5h1/2. Je travaille et me décide à descendre en sous-sol à 6h1/2.

Adèle n’est pas rentrée ce qui ne m’étonne nullement. Elle ne rentrera que demain ou après, sachant que je ne partirai que vers le 6.

Le bombardement a eu lieu vers rues Chanzy, Gambetta, Gerbert, Orphelins comme hier du reste. Que cherchent-ils de ce côté ? Les journaux annoncent un raid d’avions allemands sur Paris. A grand tam-tam, Paris s’est couvert de gloire !! Je demande que les Parisiens viennent ici durant un mois !! Il y aurait eu des bombes Gare de l’Est, mon beau-frère a dû faire dans ses culottes, la Banque de France et Pantin. Grands incendies… Attendons à demain pour être entartinés.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

31 janvier 1918 – Bombardement à peu près du même genre que ceux des deux jours précédents — avec mélange d’obus à gaz — commencé à 16 h 3/4. Nombreuses explosions d’arrivées.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille pour la ville à partir de 10 h. 30 ou 11 h… 0°. Temps couvert, brouillard. Visite à Saint-Remi, à Saint-Maurice, trouvé personne. Retour sous les obus dont les éclats pleuvent par les rues et sur les maisons. Très violent bombardement de 4 h. à 5 h. Descente à la cave, où je trouve M. Guédet. Nuit tranquille à partir de 9 h. 1/2. Bombardement de Paris par avions : 45 à 50 victimes tuées.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 31 janvier

Assez grande activité des deux artilleries dans la région de la Miette, sur le front du bois des Caurières et en Woëvre.
Un coup de main ennemi au nord de Seicheprey n’a pas donné de résultat.
Deux avions allemands ont été abattus par nos pilotes et trois sont tombés dans leurs lignes avec de grosses avaries, par suite de combats.
Sur le front britannique, une patrouille de nos alliés a attaqué avec succès un poste allemand au nord-est d’Havrincourt. Une partie de la garnison a été tuée ou capturée.
Des rencontres de patrouilles vers Bullecourt ont permis à nos alliés de faire subir des pertes à l’ennemi et de lui enlever une mitrailleuse.
En Macédoine, actions d’artillerie dans la boucle de la Cerna et au nord de Monastir. Grande activité des aviations alliées qui ont exécuté de nombreux bombardements au nord de Monastir, dans la vallée du Vardar, et dans la région du lac de Doiran.
Les troupes italiennes ont enlevé à l’ennemi des positions fortifiées à l’ouest du lac Frenzela et plusieurs passages des montagnes ainsi que le mont del Val Bella. Deux divisions ont été anéanties.
Le butin comprend 100 officiers, 2500 hommes prisonniers, 6 canons de gros calibre, 100 mitrailleuses, plusieurs milliers de fusil. 17 avions ennemis ont été abattus.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 30 janvier 1918

Louis Guédet

Mercredi 30 janvier 1918

1237ème et 1235ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Il a gelé très fort mais temps magnifique. Hier soir bombardement de 7 à 9h vers le boulevard de la Paix. Rien de saillant ce matin, signature de deux actes, dont une procuration pour un gendarme accompagné de deux de ses collègues. Mais que ces gens-là sont méfiants, ils m’amusaient ! La peur de se compromettre, et surtout d’être trompé. On voit bien quel public ils fréquentent. Ces gendarmes-là se croient toujours être devant un malfaiteur !!

6h1/2 soir  Je viens de descendre au sous-sol, car cela tapait et les éclats venaient jusqu’à la maison. C’est plus sage et puis je ne suis plus aussi courageux, cela m’impressionne trop. Peu de courrier, lettre du Commandant de Vaucresson, mon cousin, 9ème Cuirassiers à pied, secteur 104 (Gaston Trutié de Vaucresson (1873-1931)), qui lui aussi croit que tout ce que disent les allemands est surtout du bluff. Il me félicitait de ma décoration. Lettre de ma chère Madeleine à qui je réponds par une lettre à Maurice. Elle souffre de douleurs rhumatismales la pauvre malheureuse. Quand donc serons nous réunis pour toujours. Bonnes nouvelles de Robert qui compte venir en permission en mars me dit-elle. Pas de nouvelles de Jean. Après mes lettres été voir M. Millet mon vieil expéditionnaire à qui j’apportais un peu d’ouvrage. Rentré ensuite en passant au service d’Évacuation pour faire partir mes 8 cartons de dossiers. Il tâchera de me les faire prendre avant le 6 février. Demain je verrai Houlon aussi pour cela. Voilà toute ma journée. Temps splendide, il fait réellement bon l’après-midi par ce beau soleil. Pourvu qu’ils nous laissent tranquilles la nuit. Je suis assez fatigué et puis ces bombardements rapprochés me dépriment toujours fortement, on n’est plus fort après 42 mois de cette vie de misère. Je me demande parfois comment on peut y résister et y survivre. Mon Dieu, quand donc cela sera-t-il fini… !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

30 janvier 1918 – Bombardement comme hier. Il commence plus tôt ; vers 17 h 1/4.

A partir de 20 h, nouvelle séance, ainsi que la veille ; on en­tend parfaitement les départs des pièces allemandes se succéder rapidement par trois et quatre et les explosions d’arrivées se suivre, naturellement, de même quelques instants après. Mélange d’obus à gaz.

Avis donné ce jour, par le journal L’Éclaireur :

La carte de pain.

Elle ne s’applique qu’aux grandes villes.

D’après les déclarations faites à la Chambre par M. Boret, ministre du Ravitaillement, la carte de pain fixée à 300 grammes, n’est actuellement obligatoire que pour les grandes villes ; des catégories seront du reste créées dans ces villes et les rapatriés des régions envahies seront assimilés aux classes la­borieuses.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 30 – -2°. Nuit assez bruyante, mais pas sur la ville. Avions : tir contre eux. Visite du Commandant de TEpinière qui apporte des vues photographiques, et en prend de la Cathédrale et de la maison. A partir de 4 h., bombardement violent, pas loin d’ici, sur batteries ? Éclats rue du Barbâtre, rue Gambetta. 1 obus au Bon Pasteur. Le bombardement continue jusqu’à 10 h. 1/2 soir. Je me décide à descendre à la cave pour pouvoir dormir.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 30 janvier


Actions d’artillerie assez violentes dans la région du Four-de-Paris, ainsi qu’à l’Hartmannswillerkopf.
En Haute-Alsace, après une courte préparation d’artillerie, nos détachements ont pénétré profondément dans les organisations ennemies au sud-est de Seppois-le-Haut. Ils ont détruit de nombreux abris et ramené des prisonniers. Un avion allemand a été abattu. Nos escadrilles ont lancé 6000 kilos d’explosifs sur les gares de Conflans, les usines de la région de Saint-Prlvat et divers terrains d’aviation de la zone ennemie.
Sur le front britannique, un coup de main allemand a été repoussé vers Arleux-en-Gohelle. Grande activité de l’artillerie ennemie dans le secteur de Monchy-Le-Preux.
L’infanterie italienne a attaqué avec impétuosité les positions avancées de l’ennemi, à l’est de la conque d’Asiago et les a brisées en plusieurs points, en dépit de l’énergique résistance qu’elle a rencontrée. 1500 prisonniers, dont 62 officiers, ont été évacués a l’arrière. L’artillerie franco-britannique a coopéré à l’action. Dix avions ennemis ont été abattus.
Un raid de gothas a eu lieu sur Londres. L’un d’eux a été détruit. On compte 47 morts et 169 blessés.
La grève qui à éclaté à Berlin s’est étendue au bassin westphalo-rhénan. Le gouvernement a procédé à une répression.
Les maximalistes ont renversé la Rada ukrainienne de Kiev et enlevé Helsingfors, capitale de la Finlande.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mardi 29 janvier 1918

Louis Guédet

Mardi 29 janvier 1918

1236ème et 1234ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Il a fortement gelé cette nuit. Nous allons avoir une belle journée. Si seulement nous n’étions pas bombardés, mais par un temps clair il faut s’attendre à tout.

Hier Monbrun me disait que pour ne pas aller jusque chez lui, rue des Capucins, tout au bout, il déjeunait souvent à la soupe populaire installée à la Mutualité, impasse des 2 anges. Il me disait le menu d’hier qu’il avait eu et le prix de revient :

Soupe : 0,10 ; bœuf : 0,25 ; haricots : 0,15 ; pain : 0,10 ; fromage : 0,15 ; café : 0,10 = 0,85 + bière : 0,02 ou cidre : 0,30 = soit 1,10 ou 1,15 pour son repas. Ce n’est pas cher.

Je vais finir mes ficelages et je n’aurai  plus qu’à attendre que mes colis partent pour Épernay. Souhaitons que ces précautions soient superflues et que nous n’ayons rien ici à Reims… ni ailleurs !!

6h soir  Tous mes colis sont prêts, reste l’expédition à Épernay. Peu de courrier auquel j’ai vite fait de répondre. Lettre de Maurice, je lui répondrai demain. Après-midi à 2h je vois Beauvais à la Poste et nous filons jusqu’à St Maurice voir Raïssac. Guichard nous reçoit à l’Hospice Général et nous dit que nous ne pouvons pas voir Raïssac, que son opération a réussi, etc… Bref il faut attendre 8 jours. Nous causons et l’on…

Le reste de la page a été découpé.

…Nous décidons avec Beauvais de payer mon pari de ruban que celui-ci a perdu, mais que je paie volontiers (quelques flûtes) samedi 2 février à 5h1/4 du soir chez le Papa Condreux à « L’Homme d’osier » rue de Vesle 72 – 76. Nous avons fixé ce jour-là à cause de Lenoir qui sera dans ce petit cercle ce jour-là. Y seront Beauvais, Lenoir député, Guichard Vice-président des Hospices, Dor charcutier, Happillon rhéteur de la bande, Lieutenant Migny évacuation, Capitaine Giraud sapeur pompier de Paris. Bref le petit clan où s’élaborent et se tissent les rubans des boutonnières !! Singulier milieu, curieux, intéressant. On peut y revivre les scènes des Comités Révolutionnaires de 1793 dans leur genre, sauf qu’on n’y coupe que les boutonnières jugées indignes de fleurir.

En revenant rencontrons le Maire qui nous cause de l’adoption de Chicago et de New-York. Il voudrait cette dernière, mais la démarche Lenoir – Chevrier – Mignot pour Chicago a été une faute qui risque de faire rater tout. Le Docteur Langlet est furieux. Il faudrait raccrocher cela, mais avec lui ce n’est guère commode, il est si entêté. Il me demande d’aller le voir à la Mairie où il a un renseignement de famille à me demander. Nous nous y mettons. J’y descends et Beauvais, tout en devisant m’accompagne jusqu’à la rue Libergier où il me quitte.

A la Ville vu Houlon et j’attends le Maire en donnant consultation sur consultation à un tas de gens qui, me voyant, profitent de l’occasion au lieu de pousser jusqu’à la rue des Capucins, 52. Bref je tiens mes assises, non sous un chêne, mais dans un cellier, au milieu du brouhaha et les allées et venues de ce qui forme le cœur de la Ville. Je cause avec le Docteur Langlet de son affaire, conseil de famille de son petit-fils, etc…  etc…

Je rentre ici à 5h1/2, fatigué. Demain actes et rendez-vous le matin. Après-midi je pousserai jusqu’à Courlancy voir mon expéditionnaire et ce qu’il a fait.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29 janvier 1918 – Pendant une promenade, vu les travaux de défense en cours d’exécution dans la ville.

Les boulevards Gerbert et de la Paix, sont couverts, de cha­que côté, par des fils de fer barbelés. De distance en distance, des chevaux de frise s’y trouvent disposés, prêts à obstruer entièrement tout passage. Les rues Houzeau-Muiron et César-Poulain, peuvent de même être barrées. Le boulevard Lundy et l’avenue de Laon ont un côté également garni de fils de fer et des poilus sont occupés à en poser dans les Promenades.

A 19 h 3/4, commence un bombardement en ville, par des pièces dont nous reconnaissons les détonations sonores pour les avoir déjà entendues à différentes reprises. Les explosions d’arri­vées de leurs obus sont très fortes et se répercutent longuement dans le silence, par un beau temps de gelée.

Plusieurs séances semblables, au cours de la nuit.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

cote : BDIC_VAL_050_081 voir le montage sur ReimsAvant :


Cardinal Luçon

Mardi 29 – Nuit tranquille. -1°. Beau temps. Bombardement violent sur batteries de 5 h. à 10 h., en réponse au tir de nos batteries (surtout de 7 h. à 10 h.). Toute la nuit une certaine activité.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 29 janvier

Nous avons réussi deux coups de main sur les tranchées allemandes en Champagne.
Nos détachements ont pénétré jusqu’à la troisième ligne ennemie et ramené des prisonniers, dont un officier et une mitrailleuse.
Canonnade réciproque assez vive en Alsace, dans la région de L’Hartmannswillerkopf.
Sur le front britannique, l’ennemi a effectué un coup de main sur un des postes avancés de nos alliés près de Langemark.

Une forte reconnaissance allemande a été repoussée au sud-est du Vergnier.
Activité de l’artillerie ennemie en différents points au sud-ouest de Cambrai, au nord de Lens et dans le secteur de Passchendaele.
Les aviateurs anglais de l’escadrille navale ont bombardé l’aérodrome d’Aertryke ainsi que le dépôt de munitions d’Engel. Les objectifs, obscurcis par les nuages ont empêché les aviateurs de se rendre compte exactement des résultats obtenus. Tous les aéroplanes sont rentrés indemnes.
Sur le front italien, rencontres de patrouilles dans le Vallarsa et dans la vallée de l’Astico. Actions efficaces de l’artillerie italienne, contre les positions ennemies dans le val Frenzela et le canal de Brenta.
Activité aérienne très vive sur tout le front. Un avion ennemi a été abattu par des aviateurs anglais. Un appareil ennemi est tombé sur les pentes méridionales du Montello. Les trois pilotes dont deux officiers, ont été capturés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 28 janvier 1918

Louis Guédet

Lundi 28 janvier 1918

1235ème et 1233ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Brouillard intense ce matin, beau soleil à partir de 10h. Lutte d’artillerie vers Pommery toute la journée. Ma bonne est partie ce matin et ne rentrera que jeudi ou vendredi. Peu de courrier, 3 lettres de ma chère femme, dont une ouverte par l’autorité militaire. Les voyous vont recommencer ? J’en préviens Madeleine. Le matin fait mes derniers cartons, je n’ai plus qu’à les consolider avec de la grosse ficelle qui est hors de prix : 3,75 une pelote qui naguère coutait 60 à 75 centimes. Réquisitions militaires à 2h. Toutes des conciliations sauf une affaire qui ne pouvait l’être. Sorti à 4h1/2 de l’audience. Acheté un journal, passé chez Camuset déposer 2 000 F et rentré chez moi. Rien à faire ou très peu de choses. Je vais traîner ainsi ma vie jusqu’au 6 – 7, date à laquelle je partirai pour St Martin. Rien appris de saillant.

7h1/2 soir  Je suis assez fatigué. Monbrun, employé de Mairie au Bureau Militaire, « Pons Ludon » comme je le nomme, c’est un type ! m’arrive à 6h1/2 casque en tête, pantalon en tire-bouchon, pardessus voltigeant comme une robe de cour, les poches pleines de paperasses émergentes d’une façon belliqueuse, masque en bandoulière !! Cet homme est terrible avec ses moustaches tirées à la Napoléon 3, moins la mouche !! Il m’amuse terriblement ce brave garçon, dévoué, bourreau de travail, esprit très primesautier et très paradoxal. C’est une figue Rémoise à garder et à dépeindre pour l’Histoire du siège de Reims. Esprit populaire, gouailleur au besoin, et avec un langage très pittoresque auquel il faut s’habituer, il vous donne une note très juste et vous « habille » quelqu’un de la belle façon ! Bref il venait me demander des légalisations pour l’État-civil. Ce que je lui octroie tout en causant. Il est en ce moment débordé par l’établissement des listes de conscriptions classe 19, et il est seul avec des seconds insuffisants !! Il est vrai que les 2 grands chefs de ce Bureau Militaire municipal ont foutu le camp comme un seul homme.

Le reste de la page a été découpé

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 janvier 1918 – Fort bombardement vers le boulevard Gerbert, de 13 à 14 h, puis une partie de l’après-midi.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Boulevards Gerbert et Victor Hugo


Cardinal Luçon

Lundi 28 – Nuit tranquille. 0°. Beau temps. Tir sur batteries du Parc Pommery. Avions. Visite au Colonel Henry.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 28 janvier

Activité de l’artillerie allemande vers Ribécourt, sud-ouest de Cambrai, sur le front anglais.
Canonnade réciproque assez vive dans la région à l’est de la route de Saint-Etienne à Saint-Souplet où nous avons exécuté des tirs de destructions efficaces. Deux coups de main ennemis ont échoué sur nos petits postes de la région de la Fave.
Sur le front italien, action d’artillerie dans la zone montagneuse et plus intense du Montello à la mer.
Les conditions atmosphériques favorables ont permis une grande activité aérienne des deux côtés.
Les avions italiens ont bombardé avec succès des baraquements ennemis et des voies ennemies à Cismon et à Primolano. Des hydravions de la marine royale ont efficacement battu des objectifs militaires entre Sila et la Piave.
Nos escadrilles et celles de nos alliés ont attaqué à plusieurs reprises de nombreux avions ennemis dont deux, dans la région du mont Zebio et dans le val Sugana, sont tombés désemparés sous les coups de nos aviateurs. Deux autres, à San Pietro di Feletto et à San Fioroni ont été abattus par des aviateurs anglais, qui ont, en outre, incendié deux ballons captifs ennemis près de Conegliano.
En Palestine, continuation des opérations aériennes.
Les escadrilles anglaises de bombardement ont surpris près de Hawara, au sud de Naplouse, sur la route de Naplouse à Jérusalem, un corps en formation de 2000 Turcs sur lequel ils ont jeté une demi-tonne de bombes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Dimanche 27 janvier 1918

Louis Guédet

Dimanche 27 janvier 1918

1234ème et 1232ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Toujours du brouillard, mais beau soleil l’après-midi, les jours allongent. Journée relativement calme. Si cela continue Guillaume nous aura laissé tranquille pour le jour de sa fête. Messe rue du Couchant à 7h1/2. Causé avec Sainsaulieu en sortant, il doit venir me revoir ce soir à 8h. Reçu quelques personnes pour une procuration et une notoriété faite séance tenante et ensuite pour des fonds pour une déclaration de succession.

Peu de courrier, il parait que la Censure sévit fortement en ce moment. Pas de lettres de St Martin. Sorti juste pour porter mes lettres à la Poste et acheter un journal. Journée monotone et rendue plus triste en voyant le soleil radieux de l’après-midi. Donc journée fastidieuse. Visite du R.P. Desbuquois, enchanté de mon ruban (rayé) la lettre (rayé) estime qu’il aurait mieux (rayé). Quand à (rayé).

Ma bonne part demain passer 4 – 5 jours à Cumières chez ses parents. Aussitôt rentrée je songerai à aller à St Martin.

Demain séance de Réquisitions militaires, de même jeudi 31 janvier et lundi 4 février. Aussitôt je pourrai prendre mon envolée.

Voilà tout le saillant de cette journée, c’est maigre, et lugubre. Les journaux sont insignifiants, on parle bien de troubles en Autriche, à Berlin, etc…  mais qu’y a-t-il de sérieux dans tout cela, on nous a tellement bourré le crâne depuis 3 ans1/2. Je n’ai qu’un désir c’est que l’on ne nous évacue pas, et que les allemands ne cherchent pas à entrer dans Reims ! Nous avons eu assez d’épreuves comme cela sans que cette épreuve nous arrive.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

27 janvier 1918 – Dans L’Éclaireur de l’Est, l’avis suivant est inséré aujourd’hui :

Ravitaillement municipal — Lait.

La ville ayant assuré la production d’un supplément de lait, peut satisfaire aux diverses demandes formulées depuis le 1er décembre. Les personnes qui se sont fait inscrire au bureau de l’abattoir, peuvent retirer leur carte dans les dépôts, à partir de ce jour.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue Lesage


Cardinal Luçon

Dimanche 27 – Nuit tranquille. Brouillard, + 2°. A midi, soleil. A 1 h. bombes (sur batteries ?). Visite de l’Attaché Commercial des États-Unis et de sa femme, présentés par le lieutenant de Jouvenel(1), personnages importants, en vue du relèvement matériel et de la reconstruction de la France, et de Reims en particulier. Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le lieutenant  Henri de Jouvenel était en 1914 le rédacteur en chef du Matin. En 1912, il avait épousé Colette. C’est lui qui fut à l’origine de l’inhumation du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomple.

Dimanche 27 janvier

Nous avons aisément repoussé un coup de main aux lisières ouest de la forêt de Saint-Gobain.
Bombardement réciproque sur le front bois des Caurières- Bezonvaux.
Notre aviation s’est montrée particulièrement active. De nombreuses prises de photographies ont été réalisées par nos observateurs qui ont survolé la zone ennemie jusqu’à 30 kilomètres à l’intérieur. Plus de 300 clichés ont été pris dans la journée.
Nos aviateurs de chasse ont abattu quatre avions allemands.
En outre, nos bombardiers ont exécuté diverses opérations, tant dans la journée du 25 que dans la nuit suivante. 8000 kilos d’explosifs ont été jetés sur les établissements de l’ennemi, notamment sur les gares de Thionville et de Fribourg-en-Brisgau, sur les usines de la Badische-Aniline de Ludwigshafen, les cantonnements de la région de Longuyon.
Nos alliés britanniques ont fait quelques prisonniers au sud-ouest de Cambrai.
Activité de 1’artillerie allemande contre les positions ang1aises de la vallée de la Scarpe.
Les aviateurs anglais de la marine ont exécuté un raid de bombardement sur l’aérodrome ennemi de Varsenaere.
La Délégation autrichienne a voté la confiance au comte Czernin.
On sait maintenant qu’à la commission du Reichstag, les socialistes Scheidemann et Ledebour ont vivement attaqué le discours de Hertling.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 26 janvier 1918

Louis Guédet

Samedi 26 janvier 1918

1233ème et 1231ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Brouillard intense à ne pas voir à 10 pas. Bombardement sérieux vers Pommery et vers faubourg de Laon, Trois Fontaines, de 11h à 2h sans discontinuer. Travaillé toute la matinée, je n’ai plus qu’une lettre à répondre !! Lettre de ma chère femme. Bonnes nouvelles. Après-midi visite de Mgr Neveux pour affaires. J’entame la question de membre correspondant de Son Éminence le Cardinal Luçon pour la Société des Amis du Vieux Reims que m’avait prié le brave M. Krafft, Président, de…  sonder. Je crois que cela ira. J’en serais enchanté pour ce dernier quoique protestant, qui est réellement Union sacrée et très dévoué et surtout des libéralités pour notre Ville.

Porté mes lettres à la Poste, poussé jusqu’à la Ville, pris une légalisation et Houlon me prend pour aller voir Raïssac. A travers un brouillard terrible nous vaquons dans nos rues désertes, ruinées, lamentables ! Le brouillard est tel  qu’arrivé place St Maurice nous ne voyons même pas l’Église St Maurice à 100 mètres de nous, mais rien !!… Nous entrons dans l’Hôpital Général et descendons en cave sous le bâtiment des « Magneuses » où se trouve l’ambulance. Raïssac est toujours le même, mais je le trouve fiévreux. Houlon et moi nous nous asseyons sur le lit voisin en guise de canapé et nous lui parlons. Toujours intelligence très claire, très ouverte. Nous partons à cause des soins aux malades. Repassons voir Guichard qui lui, parait inquiet sur l’état de Raïssac, qui ne veut pas quitter Reims et croit reprendre son service dans quelques jours. Le Docteur de Bovis ne parait pas rassuré et craint d’être obligé d’intervenir, et…  que trouvera-t-il ?… Guichard va jusqu’à dire…  cancer à la vessie… Bref je rentre chez moi inquiet comme Houlon lui-même,… Nous sommes dans un nuage intense à ne pas savoir où prendre nos rues. Rentré chez moi, travaillé, reçu 3 – 4 personnes, et un 2d versement de l’emprunt 1917 d’un Rémois, Henri Huart (1878-1965), employé à l’usine Lelarge qui quitte Reims !! Encore un qui part !! Combien en aurai-je vu de ces départs !!! Hélas ! Quand reviendront-ils ? Que retrouveront-ils en rentrant !! Tous ces départs me démontent malgré moi ! Il me faudra donc voir ma pauvre population Rémoise partir une à une, un à un !! comme les sables qui se désagrègent de la falaise, battue par la tempête. Alors que resterons-nous ? Quelques uns ! le dernier Carré !

Rémois meurt et ne se rend pas !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 26 – + 2°. Nuit tranquille. Brouillard transparent. Visite aux Halles et aux Trois-Fontaines. Expliqué la demande d’appréciation des édifices ruinés (demande faite par des Américains, dans un but bienveillant et le don aux Enfants (cadeau étrennes de Noël, américains) fort bombardement de 1 h. à (sur batteries ?) Canons français à 4 h. 40.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 26 janvier

Au nord de l’Aisne, nous avons aisément repoussé deux coups de main ennemis sur nos petits postes.
Activité des deux artilleries assez vive dans la première partie de la nuit, sur le front du bois Le Chaume.
Un coup de main ennemi sur nos postes au nord du bois des Caurières a totalement échoué.
Sur le front britannique, l’artillerie allemande s’est montrée active à l’ouest de la Vacquerie et aux environs de Passchendaele.
Les pilotes anglais ont bombardé les champs d’aviation de la région de Courtrai et un aérodrome situé au nord de Gand, d’où les avions allemands partent pour leurs vols de nuit.
Ils ont en outre, attaqué à la bombe et à la mitrailleuse les cantonnements ennemis de la région de Roulers. Tous les appareils sont rentrés indemnes.
Sur le front italien, on ne signale que des fusillades et de l’activité d’artillerie.
La délégation autrichienne a, dans son ensemble, et à l’exception des Tchèques, approuvé le discours de Czernin. La commission du Reichstag a donné son assentiment au discours du chancelier Hertling. Le secrétaire d’Etat Kuhlmann a fait devant elle un exposé pour justifier son attitude à la conférence de Brest-Litovsk.
L’état de siège a été proclamé à Barcelone, et Sabadell s’est mis en grève.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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Vendredi 25 janvier 1918

Avenue de Laon

Louis Guédet

25 janvier 1918

Les premières phrases ont été recopiées par Madeleine.

Raïssac, secrétaire général de la Mairie est malade, transporté à l’Hôpital. Il a été le « cerveau » et l’intelligence de la Ville depuis la Guerre. Je vais le voir avec Houlon. Nous descendons dans les caves où nous trouvons Raïssac, toujours souriant, et j’irai le revoir dans cette cave « catacombale ». En remontant je serre la main à un sauveteur de Reims, rescapé du bombardement de la rue Jeanne d’Arc d’il y a 8 jours. Nous causons avec le Docteur de Bovis (René de Bovis, professeur à l’École de Médecine de Reims (1866-1941)) qui me déclare très nettement que Raïssac doit être évacué sous peu pour une intervention chirurgicale qu’on ne peut lui faire ici sous les bombes, ce sont des calculs qui ont déchiré l’intérieur de la vessie, et ont produit cette hémorragie urinale. Il en a pour un mois, puis 3/4 mois de convalescence. Il compte sur moi pour faire entendre raison à Raïssac qui ne veut pas quitter Reims et sa chère Mairie ! Enfin on arrivera à le décider. C’est un malheur pour notre administration municipale. Reims n’a pas de chance.

En quittant la place St Maurice je file sur Courlancy voir mon vieil expéditionnaire et lui donner mes ordres et du travail. Je rentre par la rue de Vesle. Journal et commence à causer à droite et à gauche, puis rentré à la chute du jour. Les jours rallongent ! Je travaille d’arrache-pied. Je crois que tout mon retard sera abattu demain ou après. Tant mieux. Je pourrais envisager un voyage à St Martin vers les premiers jours de février, les 5 – 6 – 7 après mes 3 audiences de Réquisitions militaires des 28 – 31 janvier – 4 février. Grande activité d’avions durant cette belle journée, la première depuis le commencement de 1918. Coucher de soleil radieux. C’est déjà le printemps. Je couche toujours au sous-sol. On est moins isolé et mes 2 compagnes de misère m’en sont reconnaissantes. Les pauvres femmes, qui restent quand même, et pourquoi ! Cela ne se raisonne pas ! Pourquoi moi-même restais-je ici ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

25-26 janvier 1918 – Bombardement, assez sérieux pour ce dernier jour, vers l’ave­nue de Laon.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Avenue de Laon

Avenue de Laon


Cardinal Luçon

Vendredi 25 – + 4°. Temps sans nuages. Via Cruels in Cathedrali à 8 h. Nuit tranquille. 8 h. bombes vers le nord : Port Sec ? Donné à la Stamperia Lettre au Clergé. Avions : tir contre eux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 25 janvier

Un coup de main nous a permis de faire des prisoniers à l’est d’Auberive.
Actions d’artillerie assez vives dans 1a région de Maisons-de-Champagne et dans le secteur d’Avocourt.
Fonck a abattu son vingtième appareil ennemi.
Sur le front italien, nos alliés ont envoyé des groupes explorer avec profit les lignes adverses, entre les pentes sud-est du mont Spinoncia et la rive droite de la Piave.
Ils ont capturé du matériel divers dans la vallée de l’Onic. Par un coup de main bien réussi, au sud de Quero, un détachement français a ramené des prisonniers et une mitrailleuse.
Entre Nervesa et le Ponte della Priula, les patrouilles italiennes ont maintenu à distance celles de l’adversaire. Tout le long du front ont eut lieu des échanges de tirs d’artillerie, par moments plus intenses dans les vallées de l’Adige et de la Brenta et sur quelques secteurs des deux rives de la Piave.
Le comte Czernin, ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, a prononcé un important discours, en réponse à M. Wilson à la commission de la Délégation autrichienne, et le comte Hertling, chancelier allemand, a, de son côté, prononcé un discours à la commission principale du Reichstag.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 24 janvier 1918

L'intérieur de la cathédrale

Cardinal Luçon

Jeudi 24 – Nuit tranquille. + 9°. Temps couvert. 9 h. 30 – bombes sur ? au loin. A 4 h. 30, chute d’une partie de la voûte de la Cathédrale dans le sanctuaire.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

L'intérieur de la cathédrale

L’intérieur de la cathédrale


Jeudi 24 janvier

En Belgique, à la faveur d’un important coup de main qu’ils avaient fait précéder d’un bombardement intense, les Allemands avaient pu prendre pied à l’est de Nieuport-Ville dans un élément avancé de notre première ligne. Ils en ont été aussitôt repoussés.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes au nord de Reims a échoué sous nos feux.
Nous avons réussi une incursion dans les lignes allemandes à l’ouest de la ferme Navarin. Notre détachement a pénétré jusqu’à la troisième parallèle ennemie et, après avoir opéré de nombreuses destructions a ramené de nombreux prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, vive lutte d’artillerie sur le front Bezonvaux-bois le Chaume.
Les Anglais ont enlevé deux mitrailleuses à l’est d’Ypres.
Rencontres de patrouilles, sur leur front, au sud-ouest de Saint-Quentin. Échec d’un tentative ennemie au sud de la Bassée.
Sur le front italien, vive canonnade dans la région de Zurey et de Zugna, entre la Brenta et les pentes du mont Grappa et sur le cours moyen de la Piave.
Des reconnaissances ennemies ont-été mises en échec à l’ouest de Morio (rive gauche de l’Adige) et au nord de Fagare.
En Macédoine, les Anglais ont exécuté un raid heureux près du lac de Butkovo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 23 janvier 1918

Paul Hess

23 janvier 1918 – Bombardement. Vers 16 h, éclatements en ville.

— Aujourd’hui, en me rendant à la mairie, j’ai remarqué une équipe de territoriaux, faisant partie du service militaire de protec­tion des œuvres d’art, occupée à l’emballage des « musiciens » qui ont été descellés et descendus de la façade de la maison rue de Tambour, acquise, je crois, par la ville avant la guerre. Les sujets, lorsque je passai, étaient placés dans d’immenses caisses, solide­ment construites, pour être évacuées.

C’est sans doute une équipe du même service que nous avions vue travailler longtemps à garantir la mosaïque gallo- romaine, restée intacte[1] après l’incendie de l’hôtel de ville, dans la salle des mariages, où elle avait été reconstituée dans la position verticale. Des sacs emplis de terre avaient été empilés sur toute la largeur et jusqu’en haut de cet ouvrage d’art ancien qui montait près du plafond quand celui-ci existait. La base de ces sacs repo­sait sur un plancher et un solivage construits spécialement, sur place, mais cette assise, qui paraissait cependant à toute épreuve, avait cédé sous l’énorme charge, au bout de quelques jours à peine et le tout s’était écroulé.

Maintenant, les sacs éventrés pour la plupart et restés amon­celés lamentablement jusqu’au quart à peu près de la hauteur qu’ils devaient préserver, pourrissent sous la pluie, dans la carcasse du bâtiment de la rue de la Grosse-Ecritoire.

Le tableau n’est pas beau à voir — il en est peu qui le soient, à Reims, en ce moment — et celui-ci, au milieu des décombres, est à l’unisson de son cadre.

Mais le laborieux travail des territoriaux est probablement considéré comme terminé, puisqu’on n’y est pas revenu. Il est vrai que les ordres ont été exécutés, et non moins vrai que « ça bom­barde toujours ».

Néanmoins, il ne faut ni se frapper, ni s’étonner de rien, pen­dant la guerre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
[1] Une deuxième grande mosaïque, de la même époque, installée horizon­talement dans l’une des salles du musée (étages du bâtiment de la me de Mars) enrichissait encore l’intérieur de l’hôtel de ville. Elle avait été détruite, lors de l’in­cendie du monument, le 3 mai 1917.


Mercredi 23 janvier

En Champagne, un coup de main ennemi à l’ouest de la ferme Navarin n’a donné aucun résultat.
Dans la région d’Auberive, nos patrouilles ont ramené des prisonniers.
Sur le front britannique, des tentatives de coups de main ennemis ont échoué à l’est d’Ypres.
Eu Palestine, des patrouilles anglaises out effectué des opérations avec succès dans la région de la côte, faisant des prisonniers. Les aéroplanes britanniques ont renouvelé leurs raids de bombardement sur les camps ennemis et les dépôts de marchandises qui se trouvent près de la station du chemin de fer à 3 kilomètres à l’ouest de Samarie (Sebasdige).
Un aéroplane ennemi a été descendu hors de contrôle. Une machine anglaise a du atterrir dans les lignes turques, mais elle fut détruite par son pilote et l’observateur avant l’arrivée des soldats ottomans.
Dans le Hedjaz, on signale toute une série d’opérations heureuses des Arabes. Au nord de Maan, ils ont enlevé Jouf et Dorovicu, tuant 80 turcs et faisant 200 prisonniers. Un canon de campagne et deux mitrailleuses ont été capturés.
Des coups de main ont été effectués avec succès contre la voie ferrée du Hedjaz, au nord de Maan, vers Chadir el Hadj et Tell Chahm.
C’est sur des mines britanniques, à l’entrée des Dardanelles, qu’a coulé le Breslau et que s’est avarié le Goeben. Les Anglais ont fait 172 prisonniers.
Le comte Seidler, président du Consei1 autrichien, a prononcé un discours à la Chambre de Vienne. Il a refusé de promettre aux Tchèques l’indépendance de la Bohême.
Trotski déclare que les négociations de Brest-Litowsk ne peuvent aboutir, à raison des velléités impérialistes manifestées par les Austro-Allemands.
La conférence ouvrière anglaise s’est ouverte à Nottingham.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Bourdelle et Reims

Article : Eric Brunessaux et Véronique Valette

Une belle exposition se termine le 4 février « Bourdelle et l’antique,  une passion moderne » au musée éponyme, 18 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris

Le Musée Bourdelle est vaste pour un seul artiste, comprenant de nombreuses salles et son atelier conservé dans l’état avec sa verrière donnant sur un grand jardin.

Bourdelle et le martyre de Reims

Bourdelle admirait la statuaire du moyen-âge.

Ci-dessous un moulage en plâtre du David s’apprêtant à couper la tête de Goliath, l’ estampage semble être un moulage effectué sur l’original.

la statue se trouve au dessus de la grande rose de la façade de la Cathédrale de Reims : deuxième personnage en partant de la gauche

Avant la Guerre 1914-1918

A gauche, l’état de David après la Grande Guerre, à droite : la restauration récente de David qui tient au dessus de sa tête l’épée qui décapitera Goliath

Ici, la statue de David présentant la tête de Goliath au roi Saül. (© l’Hebdo du Vendredi)

Sources et crédit photo :

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Mardi 22 janvier 1918

Paul Hess

22 janvier 1918 – Bombardement. Arrivées en ville. Obus rue de Vesle et au-delà du canal.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 22 – + 9°. Nuit tranquille. Visite du Capitaine Davoust duc d’Auerstadt (sic). Carte de visite avec écrit et un billet de 100 f. du Ministre de la Guerre d’Italie, Général Vittorio Alfieri. Visite du Général de Mondésir ; du lieutenant Colonel Henry et adjoint. Bénédiction de la Croix d’Officier de la Légion d’Honneur. Visite du Capitaine des transports militaires automobiles, avec M. Sainsaulieu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(sic) : Capitaine Davout,duc d’Auerstaedt descendant du Maréchal d’Empire Louis-Nicolas Davout

Mardi 22 janvier

En Argonne, un coup de main effectué dans les lignes ennemies, au Four-de-Paris, nous a permis de ramener une quinzaine de prisonniers et trois mitrailleuses.
Activité des deux artilleries sur la rive droite de la Meuse et, en Alsace, dans la région du Sudel et de l’Hartmannswillerkopf.
Dans la journée du 20, trois avions allemands ont été abattus, dont deux par le tir de nos canons spéciaux. En outre, quatre appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes à la suite de combats avec nos pilotes.
Les Belges ont repoussé une patrouille ennemie qui s’avançait en radeau vers un de leurs postes avancés de la région de Ramscapelle. Rencontres de patrouilles allemandes et belges dans la région à l’ouest de la forêt d’Houthulst.
Un avion allemand de bombardement revenant de Dunkerque a dû atterrir près de Bulstamp. Les quatre passagers, dont un officier, ont été fait prisonniers.
En Macédoine, l’ennemi, après une violente préparation d’artillerie, a prononcé sur nos positions, à l’ouest du Vardar, une série d’attaques qui ont échoué complètement.
Sur un seul point, l’ennemi avait pu pénétré dans nos tranchées bouleversées. Il en a été chassé aussitôt par une vigoureuse contre-attaque des troupes helléniques.
Combat de patrouilles sur le front italien.

 

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Lundi 21 janvier 1918

Louis Guédet

Lundi 21 janvier 1918

1228ème et 1226ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Paris. Toujours beau temps. Ce matin vu Lenoir qui ne parait pas rassuré sur le sort de Reims. Tout cela m’angoisse !! Reims évacué, c’est la ruine de toute la Ville. Et peut-être sa prise, car les troupes ne pourront jamais résister à la tentation de téter l’or de nos bouteilles. Alors, l’armée ivre ! Les allemands n’auront qu’à entrer dans Reims !? Dieu nous évite cette dernière et suprême épreuve. Je crois que Reims a suffisamment payé sa part de misères.

Déjeuné chez Paul Cousin qui est furieux de la conduite de Girard à mon endroit et à l’endroit des enfants Mareschal dans la société Périer-Jouët. Bref, un tour malpropre avec la connivence de Charbonneaux, de Lelarge et de Thiénot et consorts. Triste monde !

Vu à 2h le Procureur général Lescouvé qui a été plus que charmant avec moi. Il doit venir me voir à Reims en février, et me préviendra de sa visite. Causé avec lui comme si nous nous connaissions de longue date. Je l’ai quitté enchanté.

Puis discussion du contrat de Robert Heidsieck avec sa belle-sœur. Toujours mêmes discutions sur les donations irrévocables par contrat de mariage, système du Nord(Rayé)!! Non ! nous avons une autre mentalité, certes ! Ce soir dîner chez Guelliot (Docteur Octave Guelliot (1854-1943)). Mon Dieu, pourvu qu’on n’évacue pas Reims !! J’en mourrais je crois ! Etre resté là en pure perte, ce serait atroce, et injuste. Voir notre dévouement, nos efforts pour défendre nos ruines et nos épaves, et cela en vain !! Non, Dieu ne peut permettre cela !!

Les trois feuillets suivants ont été découpés.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 janvier 1918 – Bombardement. A 16 h 3/4, des explosions d’arrivées assez proches se font entendre à la mairie ; les obus tombent vers le cimetière du nord et le Boulingrin.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Lundi 21 – Nuit tranquille. + 9°.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 21 janvier

Nous avons repoussé aisément deux coups de main ennemis, l’un dans la région au sud-est de Saint-Quentin, l’autre au nord de Courtecon.
Sur le front britannique, l’aviation a montré de l’activité. Les aviateurs alliés ont jeté des bombes sur divers objectifs à terre, y compris un long convoi, qui a subi de nombreuses pertes vérifiées. Trois appareils ennemis, ont été abattus en combats aériens et un quatrième par les feux d’infanterie; un cinquième a été abattu, désemparé, par les canons spéciaux.
Sur le front italien, canonnade en plusieurs secteurs. Nos alliés ont réussi un coup de main, faisant prisonniers un officier et deux soldats.
L’artillerie italienne a dispersé des transports et des patrouilles ennemies dans les environs de Stabiozzo et de Grave.
Un combat naval s’est livré entre le croiseur de bataille allemand Goeben, le croiseur léger Breslau, des destroyers ennemis et une force navale anglaise, à l’entrée des Dardanelles.
Le Breslau a été coulé, le Goeben a pu s’enfuir fortement avarié et il a été s’échouer à la pointe de Nagara, où il a été attaqué par les aéroplanes de la flotte. Les Anglais ont perdu le monitor Raglan et le petit monitor N° 28.
Lénine a procédé à la dissolution de la Constituante.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Dimanche 20 janvier 1918

Rue Buirette

Louis Guédet

Dimanche 20 janvier 1918

1227ème et 1225ème jours de bataille et de bombardement

4H soir  Hôtel Lutetia. 3 journées fatigantes. A Épernay le 18, fait voyage avec Robinet de G.H. Mumm (Jules Henri Georges Robinet (1869-1953)), Charbonneaux, Sainsaulieu architecte. Déjeuné au buffet avec Robinet, fait voyage ensemble avec Sainsaulieu, qui me dit ce que la Société des Amis de la Cathédrale ont fait et veulent faire des fonds américains à avoir par M. Paul Léon des Beaux-Arts (Paul Léon, Directeur Général des Beaux-Arts (1874-1962)), etc… Samedi vu Leroux, Directeur du Personnel de la Justice, à 10h du matin, charmant, me conseille de demander Herbaux, conseiller cassation, mon ancien Procureur Général, comme parrain pour ma Légion d’Honneur. Il me donne l’explication du retard de ma promotion. Il parait que Mirman (Léon Mirman, préfet et homme politique (1865-1941)), préfet de Meurthe-et-Moselle à Nancy, ne voulait pas que les magistrats de Nancy fussent promus. Échanges de télégramme aigre-doux, bref, mise en demeure par Nail Garde de Sceaux à donner un avis favorable sous peine de faire passer une note à la Presse pour déclarer que le Préfet de Meurthe-et-Moselle ne veut pas que ses magistrats fussent décorés. Mirman s’est incliné et je passe avec les Nancéens.

L’après-midi Je quitte Leroux pour payer mes droits de Chancellerie à la Recette centrale, 16, place Vendôme en face du Ministère de la Justice.

Après-midi réunion des Amis de la Cathédrale de Reims, Lefèvre-Pontalis (Henri Lefèvre-Pontalis, historien (1862-1923)), Abelé, Sainsaulieu, Emile Charbonneaux, Jadart, Demaison, Faille grand pétrolier, Cochon, Paul Léon, Krafft (vieux Reims), Eugène Gosset. Je suis nommé d’acclamation trésorier. M. Paul Léon nous signale l’Amérique en causant d’emballement pour notre Cathédrale. Il promet de voir Hughes Le Roux (journaliste, homme politique (1860-1925)) pour faire des conférences en Amérique avec subvention du Ministère des Affaires Étrangères. Et ensuite pousser les milliardaires dans leurs emballements.

Dimanche matin Notre-Dame des Victoires messe, rendez-vous pour déjeuner chez Henry Heidsieck et dîné chez Thomas.

Demain lundi journée fatigante encore, après-demain aussi ici à Paris et départ mercredi matin pour mon tombeau. Que m’y attend-il ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

20 janvier 1918 –  Après une quinzaine de jours passés à revivre tranquillement, en repos, auprès de ma famille réfugiée dans une petite ville paisi­ble du centre, au milieu d’une population ignorante du chaos, des bouleversements et de toutes les horreurs apportés par la guerre dans nos régions, je reviens ce jour à Reims, à 17 h 1/2.

Les coups de canon perçus avant l’entrée en ville et surtout des éclatements d’obus entendus dès ma descente du car, place d’Erlon, me font retomber, sans transition, dans l’ambiance dangereuse. A la popote, les camarades m’apprennent qu’il n’y a rien de changé, que depuis mon départ, les bombardements ont été journaliers.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 20 – Nuit tranquille. + 9°. De 8 h. 30 à 9 h. 30 bombardement.

Tir sur avions et bombardement très violent, les obus tombent à peu de distance, drus ; des éclats tombent dans le jardin. Visite du Colonel demeurant Clinique Gosset rue Buirette, en face du cirque, et du Capitaine de Chevigné (ou Chavigné). Bombes sur batteries (?) à 5 h. Item vers 9 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Rue Buirette

Rue Buirette


Dimanche 20 janvier

Actions d’artillerie assez vives en Champagne, dans la région d’Auberive et sur la rive droite de la Meuse, au nord de Bezonvaux.
Sur le front britannique, activité d’artillerie en Artois et en Flandre.
Sur le front belge, lutte d’artillerie entre Nieuport et Dixmude.
L’artillerie de nos alliés a effectué des tirs de destruction sur des organisations défensives ennemies au sud de Dixmude.
Un avion allemand a été abattu par une batterie anti-aérienne au nord de Kyppe.
En Macédoine, actions d’artillerie réciproques dans la région de Monastir et dans la boucle de la Cerna, où nos tirs ont provoqué l’incendie d’un dépôt de munitions.
L’aviation britannique a exécuté plusieurs bombardements sur la voie ferrée de Doiran et dans la région Petric-Sérès.
Les Italiens ont refoulé des troupes autrichiennes qui les attaquaient sur la basse Piave.
Les grèves autrichiennes ont pris une très grande extension. Elles affectent spécialement les usines de guerre et visent à protester contre le rationnement alimentaire excessif et contre la prolongation de la lutte.
La Constituante russe s’est réunie et a élu président M. Tchernof, socialiste minimaliste.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 19 janvier 1918

Cardinal Luçon

Samedi 19 – Nuit tranquille. + 8°. Départ de M. Camu pour Paris. Visite du Général Leroux dont la division quitte Reims et du Colonel Dehaumont. Visite du Lieutenant Colonel Rollin, du 218e(2) qui a un fils séminariste (à Berry-au-Bac). Avions, tir contre eux. Bombes sur la ville depuis 10 h. jusqu’à 4 h. par intervalles et assez rapprochés. Visite d’adieu de M. Sagaud, curé de Cuiseaux, aumônier de la Division qui part.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(2) Le 218e RI était le régiment de réserve de Pau


Samedi 19 janvier

Canonnade intermittente en quelques points du front.
Nos feux ont dispersé des détachements ennemis qui tentaient d’aborder nos lignes dans la région à 1’ouest de l’Oise.
En Champagne, deux coups de main ennemis tentés sur nos petits postes de la région des Monts sont restés sans résultat. Un avion allemand a été abattu par le tir de nos canons spéciaux.
Sur le front britannique, aucun événement important à signaler.
En Macédoine, activité d’artillerie réciproque à l’ouest du Vardar et dans la boucle de la Cerna.
Dans la région du Skumbi, une reconnaissance ennemie à été repoussée après un combat à la grenade.
Canonnade et engagement d’infanterie sur le front italien. Dans les trois derniers jours, le chiffre des prisonniers faits par nos alliés est monté à 500 environ.
Mr Lloyd George a fait un nouveau discours devant les délégués de Trade-Unions, en insistant sur la nécessité d’accroître les effectifs militaires. Il a constaté que ni Kuhlmann ni Czernin n’avaient encore répondu à son précédent discours ou au message de M. Wilson.
Des troubles dus à la situation alimentaire ont en lieu à Vienne et dans plusieurs autres villes de l’Autriche.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

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Reims 14-18… Je quitte les tranchées…

ob_dd8317_amicarte51-100Le 18 janvier 1918
Mon cher Oncle.
Je quitte les tranchées demain matin, nous sommes relevés pour aller au grand repos.
Où va t’on nous donner ce repos, je ne peux vous le dire, je n’en sais rien.
Il ne faut pas vous étonner si vous ne recevez rien de moi tous ces temps-ci, avec ces changements, ce n’est pas toujours facile d’envoyer un mot,
et en plus de cela, la correspondance que nous nous envoyons a souvent bien du retard, parfois même, elle s’égare.
Je vous embra
sse.
Edouard.

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Même s’il ne sait pas vraiment où il va « atterrir », Édouard ne doit pas être mécontent de partir en « Grand Repos ».
Lorsqu’il s’agit d’un repos « normal », la troupe n’est plus au front, certes, mais continue de s’entraîner et de travailler, les corvées, les manœuvres et toutes les joyeusetés qui vont avec.
Le Grand Repos est quant à lui un repos véritable pour le soldat !

Attardons-nous un peu sur le visuel de la carte postale, avec une photo prise rue de la Grue, en direction de la cathédrale dont on aperçoit les tours.
Fin 1917, cette rue n’est plus qu’un amas de ruines, et le petit jeu qui consiste à reconnaître le lieu précis s’avère difficile, voire impossible.

Ci-dessous, une vue de la Rue de la Grue, au début de la guerre, en 1914, les bombes allemandes ont déjà fait leur office :

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La seule chose qu’on puisse dire avec une quasi certitude, c’est qu’à l’emplacement de ces maisons détruites se trouve aujourd’hui la Poste Centrale Cérès construite dans les années 30.

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Vendredi 18 janvier 1918

Cardinal Luçon

Vendredi 18 – + 12°. Via Crucis in Cathedrali à 8 h. Bombardement de 1 h. à 3 h. repris un peu plus tard, assez actif, pas loin de nous. Visite du Colonel Coignard et d’un capitaine du 108e.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 18 janvier

Activité d’artillerie au sud de Saint-Quentin, dans le secteur de Maisons-de-Champagne ainsi que dans la région à l’ouest des Monts.
Sur la rive droite de la Meuse, une patrouille allemande qui tentait d’aborder nos petits postes dans la région de Samogneux a été dispersée par nos feux.
Nous avons, à l’est de la tranchée de Calonne (secteur des Eparges), exécuté un coup de main qui nous a permis de pénétrer profondément dans les positions allemande. Leur incursion faite, nos troupes sont rentrées indemnes dans leurs lignes.
Sur le front britannique, incursion des troupes ennemies au nord-ouest de Saint-Quentin. Succès d’un coup de main de nos alliés dans la même région.
L’artillerie belge a contrebattu efficacement plusieurs batteries ennemies active dans les régions de Ramscapelle et de Dixmude. Nos alliés ont canonné les tranchées ennemies ainsi que des fermes occupées par l’ennemi en bordure de l’Yser.
Sur le front macédonien, activité d’artillerie dans la boucle de la Cerna.
Les Italiens ont résisté victorieusement à une nouvelle poussée autrichienne. Ils ont fait subir de lourdes pertes à l’ennemi et ont capturé des prisonniers.
On commente un article du Fremdenblatt, journal officiel du gouvernement austro-hongrois, qui prend à partie Bülow et les pangermanistes et soutient Kuhlmann, menacé par le parti militaire allemand.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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