• Monthly Archives: juin 2016

Vendredi 30 juin 1916

Paul Hess

30 juin 1916 – Nos pièces n’ont pas cessé de tirer encore, toute la journée et au cours de la nuit. Quoique la riposte ait été faible, on signale deux tués place Saint-Remi et un autre à Dieu-Lumière – ainsi que quatre soldats du génie grièvement blessés, place Saint-Nicaise.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 30 – + 13°. Nuit tranquille à Reims, canonnade autour, vers 4h du matin. Deux canons français tirent, allemands ripostent (par bonheur entre les batteries). Veres 10 h ½ soir très violente canonnade au sud-est et à l’est de Reims. Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 30 juin

Nos troupes ont effectué un coup de main sur une tranchée allemande au nord-ouest de Sapigneul (entre Soissons et Reims), détruisant des abris et ramenant des prisonniers.
En Champagne, vers Tahure et à l’ouest de la butte du Mesnil, un coup de main heureux nous a permis de nettoyer des tranchées ennemies de première ligne et de pénétrer, en plusieurs points jusqu’à la deuxième ligne, où nous avons fait sauter plusieurs abris.
Sur la rive gauche de la Meuse, après un violent bombardement qui s’est étendu de la cote 304 au bois d’Avocourt, les Allemands ont prononcé une forte attaque sur nos positions â l’ouest de la cote 304. Ils ont été repoussés par nos feux d’infanterie et nos tirs de barrage.
Sur la rive droite, ils ont attaqué nos positions au nord-ouest de l’ouvrage de Thiaumont. Ils ont subi un échec complet.
Un grand nombre de reconnaissances anglaises ont pénétré dans les tranchées ennemies sur divers points du front britannique. Toutes ces entreprises ont réussi et ont coûté à l’ennemi des pertes importantes. Nos alliés ont fait des prisonniers et enlevé du matériel. Les tranchées ennemies ont été très endommagées en divers endroits.
Les Russes ont fait à nouveau 10.000 prisonniers.
Les Autrichiens avouent qu’ils ont dû se replier au sud de Kolomea.
Liebknecht a été condamné à 30 mois de servitude pénale.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 29 juin 1916

Paul Hess

29 juin 1916 – Sifflements et arrivées d’obus au cours de la matinée et pen­dant midi, en réponse sans doute aux canonnades d’hier.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 29 – + 20°. A 9 h. Ordination sacerdotale de M. Brincourt à l’En­fant Jésus par Mgr Neveux. Visite de M. et Mme Dufay, journée paisible, sauf quelques coups de canon. On dit qu’on tire continuellement le canon sur Brimont et que les Allemands ne répondent pas.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 29 juin

En Champagne, après une vive préparation d’artillerie, les Allemands ont réussi à pénétrer dans quelques-uns de nos petits postes, vers le saillant de Tahure. Ils en ont été chassés peu après par nos contre-attaques.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu par obus de gros calibre des secteurs d’Avocourt et de Chattancourt. Des préparatifs d’attaques signalés dans les tranchées allemandes à l’est de la cote 304 ont avorté sous nos tirs d’artillerie.
Nous avons fait quelques progrès à la grenade au nord de la cote 321 et aux abords de l’ouvrage de Thiaumont.
Les patrouilles britanniques ont pénétré en plusieurs points des tranchées ennemies en infligeant à l’adversaire des pertes sensibles. Près d’Angres, un de ces raids a trouvé les tranchées allemandes fortement endommagées par le bombardement. Un autre, particulièrement heureux, a été exécuté près de la route Vermelles-la Bassée où ont été faits 46 prisonniers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mercredi 28 juin 1916

Paul Hess

28 juin 1916 – Certaines de nos pièces tirent, du matin au soir, sans discon­tinuer.

(D’après le lieutenant B… de l’artillerie, vu en rentrant place Amélie-Doublié, une batterie du voisinage a tiré, pour son compte, 1 500 obus aujourd’hui).

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mercredi 28 – Nuit tranquille, sauf des coups d’énormes canons pres­que toute la nuit par intervalles. Vers 11 h. soir combat à une certaine dis­tance de Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 28 juin

En Argonne, dans la région de Bolante, nous avons occupé la lèvre sud d’un entonnoir provoqué par l’explosion d’une mine allemande.
Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque de nuit à la grenade, dirigée par l’ennemi sur une de nos tranchées, à l’ouest de la côte 304, a été aisément repoussée.
Sur la rive droite, des opérations locales nous ont permis d’élargir nos progrès dans la région de l’ouvrage de Thiaumont. Les Allemands ont procédé à une attaque sur la partie du village de Fleury que nous occupons. Ils ont été complètement repoussés.
Sur les Hauts-de-Meuse, une tentative à la grenade sur nos positions, près de Mouilly, a échoué sous nos feux.
L’artillerie anglaise s’est montrée très active sur le front du Nord. Les tranchées ennemies ont été endommagées sur plusieurs points. Quatre grosses explosions s’y sont produites entre Pogières et Montauban (Somme). Le bombardement a été particulièrement vif près de Longueville, Gommecourt Givenchy-en-Gohelle, près de Loos, de Wyschaete et de Wailly. Les pertes allemandes sont considérables. Plusieurs raids heureux ont été accomplis par nos alliés. Six drachens au total ont été abattus.
Les ambassadeurs alliés ont présenté leurs félicitations au gouvernement italien pour les succès qu’a remportés le général Cadornal.
Le conseil des ministres français a ratifié la décision prises à la conférence des alliés.
Le butin des Russes monte à plus de 200.000 officiers et soldats.
Le duc de Devonshire a été nommé gouverneur général du Canada.
Une insurrection a éclaté au Monténégro contre l’Autriche.
Le chérif de la Mecque a mobilisé trois armées contre les Turcs.
M. Roosevelt a publié un manifeste en faveur de M. Hughes, qui fut son concurrent heureux à la candidature républicaine à la présidence des Etats-Unis.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Givenchy-en-Gohelle

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Mardi 27 juin 1916

Cardinal Luçon

Mardi 27 – Nuit tranquille pour Reims. Nouvelle que les Anglais ont enfoncé le front allemand en trois points et pris Lille16. Nouvelle fausse, démentie ! sauf le fait qu’ils ont attaqué sur une dizaine de points.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 27 juin

En Argonne, à la Fille-Morte, nous avons repoussé une tentative de l’ennemi.
En Champagne, notre artillerie a bouleversé les organisations ennemies au nord de Ville-sur-Tourbe.
Sur la rive gauche de la Meuse, duel d’artillerie particulièrement violent dans la région du Mort-Homme.
Sur la rive droite, une attaque prononcée sur nos positions à l’ouest de l’ouvrage de Thiaumont a complètement échoué sous nos tirs de barrage et nos feux d’infanterie. Au cours d’une opération locale entre le bois Fumin et le Chenois, nous avons enlevé quelques éléments de tranchées ennemies.
Dans les Vosges, les tirs de nos batteries sur les positions allemandes à l’est de la Chapelotte, ont provoqué l’explosion de deux dépôts de munitions.
Le croiseur auxiliaire italien Ville de Messine et le torpilleur français Fourche ont été coulés par un sous-marin autrichien dans le canal d’Otrante.
Les Italiens ont remporté une grande victoire sur le plateau des Sept-Communes. Ils ont repris Asiago.
Les Russes ont repoussé toutes les attaques de Hindenburg dans la partie nord de leur front. Ils ont avancé à l’ouest de Bouchatch et poussé les Autrichiens vers la frontière de Transylvanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Lundi 26 juin 1916

Cardinal Luçon

Lundi 26 – Nuit tranquille sur Reims. Malade. Canonnade. Orage vio­lent vers 4 h. Visite de M. Compant et de M. Paulot.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 26 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque allemande sur nos tranchées des pentes sud du Mort-Homme a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite, les combats se sont poursuivis dans le secteur de l’ouvrage de Thiaumont où nos contre-attaques nous ont permis d’enlever quelques éléments de tranchées à l’ouest de l’ouvrage. Nous avons réalisé quelques progrès à la grenade dans le village de Fleury. Le bombardement s’est maintenu très intense dans les différents secteurs de la rive droite.
Au nord-est de Pont-à-Mousson, une forte reconnaissance ennemie a été dispersée dans le bois Cheminot.
Dans les Vosges, une attaque allemande a échoué dans la vallée de la Save.
Des avions allemands ont lancé des bombes sur Lunéville, Baccarat et Saint-Dié. Il en a été pris acte en vue de représailles.
Les Russes ont pris Kimpolung et sont devenus maîtres par conséquent de toute la Bukovine. Ils ont eu au centre, un succès à Tchartorysk et ont fait 800 prisonniers aux Allemands.
Le cabinet Zaïmis a donné l’ordre de surveiller les sous-marins allemands qui essaient de stationner sur le littoral.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Dimanche 25 juin 1916

Cardinal Luçon

Dimanche 25 – + 15°. Nuit tranquille. Pas dit la messe. Mgr Neveux réunit à la crypte de Montmartre, dans la chapelle dédiée à saint Remi, à 7 h. 1/2, 1500 de nos réfugiés de l’Union Remo-Ardennaise à Paris ; il confirme demain à Meaux au Petit Séminaire. Je n’ai pu faire la Confirma­tion à Cormontreuil. 4 h. canons français, bombes allemandes ripostent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cormontreuil


Dimanche 25 juin

Le combat a continué avec violence sur la rive droite de la Meuse. Nos contre-offensives nous avaient permis de reprendre, dans la région de la cote 321 et de la cote 320, une grande partie du terrain perdu et de refouler l’ennemi jusqu’aux abords de l’ouvrage de Thiaumont. Mais à son tour, l’ennemi a pu pénétrer dans quelques maisons du village de Fleury. La lutte a été très vive aussi dans les secteurs du bois de Fumin et du Chenois. Les Allemands ont engagé contre nous plus de six divisions.
Sur la rive gauche de la Meuse, la journée a été relativement calme, sauf dans la région de la cote 304 où nos positions ont été bombardées par un tir lent et continu.
Lutte d’artillerie sur le front belge.
La bataille continue très dure entre Russes et Allemands dans la région comprise entre Loutsk et Vladimir-Volynski. Nos alliés ont conquis les deux tiers de la Bukovine et Pflanger est acculé aux Carpathes et à la frontière roumaine.
L’armée grecque a été complètement démobilisée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 24 juin 1916

Louis Guédet

Samedi 24 juin 1916

651ème et 649ème jours de bataille et de bombardement

…Caisse d’Épargne ce matin où le brave contrôleur Baudoin et le coursier Gransart m’ont encore demandé quand enfin je serais décoré. Hier c’était Ravaud et Lesage. C’est un pari ou un bateau qu’on veut me monter. Je les ai envoyés à la Balançoire en leur disant qu’ils ne savaient pas ce qu’ils disaient, et qu’il y en avait bien d’autres à décorer que moi.

Après-midi vu le Procureur de la République qui m’a reparlé du transfert du tribunal civil à Épernay et qu’il croyait bien que le décret serait rendu d’ici un mois. Il est furieux. Allons, il faut en faire mon deuil, en prendre mon parti : je vais rester seul juge à Reims ! Il m’a parlé d’une demande de Ferté (1872-1958), notaire à Beaumont-sur-Vesle pour l’autoriser à quitter Beaumont et à résider à Verzy. J’ai prié le Procureur qui me demandait mon avis de n’en rien faire ou le planquer aux Petites Loges ou à Bouzy à cause de Labitte (1862-1951), notaire à Verzy et Chémery (1877-1938), notaire à Rilly-la-Montagne qui sont aux armées et dont il pillerait la clientèle

Rentré chez moi après, et ai causé avec M. Beauvais, directeur de l’École Professionnelle de la rue Libergier, de l’affaire Goulden. C’est un imbroglio insensé et il y a lieu de craindre que l’on étouffe l’affaire. De toute façon ce sera malheureux car si Auguste Goulden est coupable, il mérite un châtiment. S’il n’est pas coupable, le public aura toujours une arrière pensée sur son cas ; tandis que jugé et déclaré non coupable il pourrait sortir absolument indemne de tout soupçon. Il n’y a pas de doute, il vaut mieux pour lui de tirer l’affaire au clair.

Je suis fatigué, j’espère que je pourrais un peu me reposer demain, et surtout échapper à l’ennui et à la tristesse qui m’envahit de plus en plus.

Le haut de la page suivante a été découpé.

…Tout à l’heure M. Pocquet, syndic de faillite, me disait que l’on cherchait à étouffer cette affaire Goulden, (du commerce avec un austro-allemand, doublée d’espionnage) à cause des personnalités militaires qui seraient compromises dedans : photographies de tranchées, de points de défense, etc…  Colonel Colas, Général Rouquerol, Commandant Lallier, Général Cassagnade, capitaine Tromon (à vérifier), sous-Préfet Régnier, etc…  toute cette clique de braves de l’arrière, galonnards et galonnés…  Eh ! bien, ce sera une honte de plus à ajouter à toutes celles dont Reims élégant, ploutocrate et bourgeois gentilhomme pourra se glorifier…  après la Guerre. Triste et décourageant. Oui, de plus en plus nous, les souffrants, les flagellés, nous aurons juste le droit de nous taire !!…

10h20 soir  A 10h moins 5 un obus siffle, deux, 3, 4…  il faut se lever, la prudence l’exige. Cela tape assez près pour cela et vers le centre…  en voilà jusqu’à 10h1/4. Pendant ce temps, je descends mes dossiers, papiers, minutes courantes à la cave, et pendant que j’écris ces lignes l’Orage se déchaine et le tonnerre se joint aux bombes.

En m’analysant, que ressens-je ? Toujours la même chose, de la lassitude mêlée à du fatalisme et presque de l’indifférence mitigée d’inquiétude et du tumulte de maintes pensées qui s’agitent en votre esprit. On aura beau dire, on ne peut s’habituer à cette musique là, on la subit, mais s’y habituer non ! Et ceux-là qui le soutiennent se mentent à eux-mêmes, pour se vanter. Même impression d’impatience inquiète d’entendre le Tonnerre gronder et vous empêcher d’entendre les obus siffler ! De même que les voitures. Mon Dieu protégez-nous ! Et faites que cela finisse bientôt. On est si las !!!

En pièce jointe, une carte postale de la Société des amis du vieux Reims, représentant « Saint-Thierry, près Reims, Façade du Château sur jardins, XVIIIème siècle. 1910 ».

Carte adressé à : Monsieur L. Guédet Notaire Reims (Marne) et signée E. Kalas (Ernest Kalas, Architecte, Officier d’Académie, 1861-1928)

Lagny, 11 rue Jacques Le Paire

29 juin 1916

Monsieur et cher collègue,

Combien je vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à ma fantaisiste curiosité, au milieu de tant d’occupations et préoccupations qui vous assaillent. Vous jugez bien que cette question avait rapport à un travail de longue haleine entrepris sur l’histoire anecdotique de Reims ; mais, en les circonstances actuelles, cela ne presse pas autrement. Je me rappelle simplement à votre souvenir quand vous aurez l’occasion de retrouver le renseignement de M. Jadart, ou la plaque de cuivre que j’avais fait placer sur le retour à droite de la cheminée. En attendant nous n’avons tous que des félicitations chaleureuses pour votre courage civique, et à vous souhaiter bonne chance jusqu’au bout. Au moins serez-vous le premier à voir le bout du nez de la Victoire ailée planant sur ce qui reste de notre paroisse Notre-Dame. Pour tout ce qui vous plairait, vous me savez bien cordialement à votre disposition.

Votre bien dévoué E. Kalas

Manquent les feuillets 336 et 337, relatant certainement son voyage à Paris et une réunion avec l’Académie de Reims. Le haut de la page suivante a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

24 juin 1916 – Sifflements à 16 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Samedi 24 – Nuit tranquille, sauf 15 ou 20 bombes sifflantes sur les tranchées vers 9 h. soir et de 9 h. à 1 h. Projections lumineuses incessantes, fusées éclairantes. Pas dit la messe, malade d’une crise de sciatique. + 15°. Journée tranquille sauf quelques bombes vers 3 h., je crois sur les tran­chées.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 24 juin

En Belgique, les tirs de destruction de nos batteries ont bouleversé les organisations ennemies dans la région des Dunes.
En Champagne, entre Maisons-de-Champagne et le Mont-Têtu, les Allemands ont attaqué trois fois nos tranchées sur un front de 1200 mètres. Ils ont été arrêtés par nos tirs de barrage. Quelques prisonniers sont restés entre nos mains.
Sur la rive gauche de la Meuse, deux attaques allemandes à la grenade ont échoué sous nos feux de mitrailleuses. Bombardement intense de nos deuxièmes lignes.
Sur la rive droite, à la suite de violentes réparations d’artillerie les Allemands ont dirigé une série d’attaques offensives à grande envergure sur un front de 5 kilomètres depuis la cote 321 jusqu’à l’est de la batterie de Damloup. Les attaques se sont succédé avec un acharnement extrême, en dépit des pertes énormes que nous infligions à l’ennemi. Entre la cote 321 et la cote 320, les Allemands ont réussi à enlever nos tranchées de première Ligne et l’ouvrage de Thiaumont. Un puissant assaut allemand, qui était parvenu jusqu’au village de Fleury, a été refoulé par une vive contre-attaque. D’autres assauts sur les bois de Vaux-Chapitre, du Fumin et la batterie de Damloup ont été brisés.
Nos aviateurs ont bombardé les gares de Grandpré, de Nantillois et d’Audun-le-Roman.
Les Russes livrent un violent combat sur le canal d’Oghinski ; ils progressent en Bukovine.
La pression italienne sur les Autrichiens s’accentue au plateau d’Asiago.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Vendredi 23 juin 1916

Louis Guédet

Vendredi 23 juin 1916

650ème et 648ème jours de bataille et de bombardement

6H soir  Beau temps, chaud et orageux sur la fin de la journée. Audience Civile ce matin au Palais à 9h, 22 affaires, conseil de famille, accidents du travail, conciliations, etc…  Rien de saillant sauf que j’ai admonesté un belge et sa femme, qui comme tous ces belges se croient tout permis (rayé) (rayé) à faire du (rayé). Je n’ai quitté le Tribunal qu’à 1h de l’après-midi. Et le bon abbé Camu, vicaire général et curé de la Cathédrale qui m’attendait à déjeuner !! Causé longuement avec lui et le chanoine Campan, vicaire général. Été rendu visite au Cardinal Luçon, mais il était un peu souffrant. Vu Mgr Neveux et l’abbé Leconte. Rentré chez moi pour enfin ouvrir mon courrier, il était 4h. Je suis fatigué. Demain matin Caisse d’Épargne…

Le bas de la page a été découpé, ainsi que le haut de la page suivante.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 juin 1916 – A 20 h, trois obus tombent à proximité du pont Huet et à 20 h, le bombardement a lieu dans le haut du faubourg Cérès.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Nuit tranquille sauf quelques gros coups de canon au loin. Crise de rhumatisme. + 14°. Aéroplanes allemands à 4 h. Dans la matinée : Journée tranquille pour Reims. Pas dit la messe. Soir 9 h. bombes sifflan­tes : une quinzaine. Orage violent. Projections lumineuses des Allemands15 (probablement pour empêcher les soldats de tirer sur leurs tranchées ou pour éclairer et découvrir les mouvements de relève).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 23 juin

Dans la région au sud de Lassigny, une forte reconnaissance allemande a attaqué un de nos postes avancés après une préparation d’artillerie. Repoussé, par nos feux, l’ennemi s’est dispersé.
Sur les deux rives de la Meuse, le bombardement par obus continue avec une extrême violence.
Sur la rive gauche, l’ennemi a dirigé ses feux sur la cote 304, le Mort-Homme et nos secondes lignes. Une attaque contre nos tranchées, entre la cote 304 et le ruisseau de Béthincourt, a été complètement arrêtée.
Sur la rive droite, des éléments de tranchée que nous avions perdus entre le bois Fumin et le Chenois ont été presque intégralement récupérés.
Le bombardement a pris un caractère de violence inouïe sur le front au nord de l’ouvrage de Thiaumont, le bois de Vaux-Chapitre et le secteur de Laufée.
Lutte d’artillerie intense en Woëvre.
Nos escadrilles ont bombardé les villes de Trèves, de Carlsruhe, de Mulheim (établissements militaires). Plusieurs fokkers ont été abattus par nous.
Les Russes ont repoussé tous les assauts d’Hindenburg dans la partie nord de leur front ; en Bukovine, ils ont occupé la ville de Radoutz.
Les alliés ayant remis une note comminatoire à la Grèce, le roi a renvoyé le cabinet Skouloudis et constitué un cabinet Zaïmis.
Le grand chérif de La Mecque s’est soulevé contre les Turcs.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 22 juin 1916

Louis Guédet

Jeudi 22 juin 1916

649ème et 647ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps chaud d’été. Déjeuné chez Henri Abelé rue de la Justice dans ses caves avec l’abbé Camu vicaire général, curé de la Cathédrale. Becker agent de change et sa fille. Marcel Heidsieck. Causé de choses et d’autres, rien appris d’intéressant. A 2h audience réquisitions militaires. Attrapade entre Dupont-Nouvion, avocat, et Racine, sous-intendant militaire. autre affaire : (rayé) maréchal ferrant, qui ne veut rien entendre par parti pris et raseur : il s’agissait d’une différence de 1 F sur une réquisition…

Le bas de page a été découpé.

…Après l’audience, mis au courant Racine de toutes les cabales lancées contre lui. Il m’est très reconnaissant de l’avoir prévenu. Non je ne pouvais laisser ce malheureux sous-intendant, qui sait ce qu’il veut, traité et arrangé de cette façon par la Camarilla (péjoratif : nom donné à un groupe d’hommes qui dirigent les actes d’un gouvernement par l’intrigue ou la cabale) des Dupont-Nouvion et autres, Président Hù, juges, Régnier sous-préfet, Lallier, officier d’ordonnance du Général Commandant la Place, etc…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 22 – + 14°. Nuit tranquille ; beau temps. Crise de rhumatisme. Journée tranquille pour Reims.. Visite du Colonel du 220(1) (originaire de l’Ariège)(2) qui était aux messes des Caves Mumm et de l’Enfant-Jésus. Écrit et expédié carte de 20 mots aux Archiprêtres des Ardennes. Aéroplanes, tirs contre eux, vers 6 h.

(1) Le 220e RI était recruté à Montauban et Marmande
(2) voir dans les commentaires : ce serait le colonel Clanet
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 22 juin

Au sud de la Somme, devant Drancourt, un détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes, a été dispersé à coups de fusil.
Au nord-ouest de Reims, les Allemands, après avoir fait sauter deux mines, ont prononcé une attaque sur nos tranchées, à la cote 108 (sud de Berry-au-Bac). Enrayée par nos tirs de barrage, cette tentative a subi un échec complet.
Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque allemande, dirigée contre les tranchées conquises par nous au sud du Mort-Homme, a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite, après un bombardement violent par obus de gros calibre, qui a duré toute la journée sur la région cote 320 bois du Chapitre et du Fumin-le-Chenois, les Allemands ont attaqué nos positions à l’ouest et au sud du fort de Vaux. Nos tirs de barrage et nos feux de mitrailleuses ont, par deux fois, brisé les assauts de l’ennemi qui a enregistré de lourdes pertes.
Duel d’artillerie sur le front belge. Nos groupes de bombardement ont lancé 210 obus sur la gare d’Arnaville et 276 sur les établissements militaires de la gare de Metz.
Des bruits de crise ministérielle continuent à circuler à Athènes. Le roi a mandé M. Zaïmis, ancien président du Conseil au palais.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mercredi 21 juin 1916

Louis Guédet

Mercredi 21 juin 1916

648ème et 646ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps, lourd en fin de journée. Calme à part quelques coups de canon. Allocations militaires ce matin et Caisse d’Épargne. Vu le Général baron Berge pour toucher un mandat poste par son petit-fils engagé aux tirailleurs algériens. Rien à faire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 juin 1916 – Depuis le 6 courant, les journaux nous ont annoncé un mou­vement offensif des Russes en Galicie.

Aujourd’hui, ils disent que l’avance continue et que le nom­bre de leurs prisonniers autrichiens atteint près de 180 000.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 21 – + 10°. Nuit tranquille ; très belle journée tranquille. Aé­roplanes français, matinée et après-midi, sans tirs contre eux. Visite aux Petites Sœurs des Pauvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mercredi 21 juin

Au sud de la Somme, un coup de main de l’ennemi dans la région de Lihons a complètement échoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a bombardé activement les pentes sud du Mort-Homme et la région de Chattancourt. Notre artillerie a partout répondu par des tirs de barrage et des contre-préparations efficaces.
Sur la rive droite, une attaque allemande prononcée contre nos positions au nord de la cote 321 a été repoussée par nos feux.
Les Russes ont attaqué les Autrichiens dans la région de Pinsk ; la situation de l’ennemi apparaît très difficile. L’armée austro-hongroise de Pflanzer est complètement isolée depuis la prise de Czernowitz. Elle serait même coupée en plusieurs tronçons.
Les Russes ont repoussé une offensive turque sur le front du Caucase.
Les Italiens avancent lentement mais sûrement sur le plateau d’Asiago. Ils se sont emparés d’une cote dominante, en capturant des prisonniers.
Vingt-sept combats aériens ont eu lieu en une seule journée sur le front britannique. Un sous-marin anglais a abattu un hydravion allemand.
Des troubles ont éclaté à Aix-la-Chapelle. Le bourgmestre de Leipzig engage ses concitoyens à subir en silence les privations. La Saxe proteste contre le régime des douanes intérieures qui contribue à l’affamer.
Des bruits de crise ministérielle circulent à Athènes où M. Skouloudis déclare cependant de ne pas vouloir quitter le pouvoir.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 20 juin 1916

Louis Guédet

Mardi 20 juin 1916

647ème et 645ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Beau temps. Du canon la nuit, le calme de jour, le temps se couvre cette fin d’après-midi, sorti un peu, écrit, répondu à mes lettres et voilà encore une journée de passée dans la monotonie et la tristesse. Demain allocations militaires et Caisse d’Épargne…

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

20 juin 1916 – La moyenne de consommation de farine pour la ville de Reims, en mai, établie aujourd’hui, donne 89 quintaux par jour.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 20 – + 8°. Nuit tranquille ; temps superbe. Service pour les prê­tres soldats tués à l’Armée. Allocution. Visite à l’Orphelinat St-Joseph et aux Sœurs de la rue St-Thierry. Aéroplane vers 6 h ; tir contre eux. Visite de Madame Baudet ; des officiers ont dit que les Allemands ne tirent que quand les Français tirent les premiers. Ceux-ci tirent peu parce qu’ils ne croient pas pouvoir obtenir de grands résultats (1). Dernièrement, samedi dernier 17 juin, on a essayé à Germaine un canon de 580 (2). On s’attendait à une riposte qui n’a pas eu lieu… Opération chirurgicale de Sœur St-Tiburce.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Il est exact que les batteries allemandes tirant sur Reims étaient hors d’observation terrestre et que l’observation aérienne était rendue très difficile par la supériorité aérienne ennemie à cette époque
(2) Le plus gros calibre français fut un canon de 520 mm dont la mise au point n’intervint d’ailleurs qu’après la fin des hostilités. Il peut s’agir d’un canon de marine de 370 mm, monté sur un affût spécial surbaissé, adapté aux voies ferrées et susceptibles de passer sous les tunnels (Germaine) qui servaient par ailleurs d’abri entre les tirs. Germaine n’es qu’à 16 km de Nogent-l’Abesse, ce qui correspond à des portées de canons de marine.
(3) Il n’existe aucun canon, obusier ou mortier du calibre 580 dans l’Armée française. Le plus gros calibre est l’obusier de 520 dont les deux exemplaires ne sont achevés qu’en 1918 et ne seront jamais employés au front pendant la Grande Guerre. En juin 1916, les nouveaux obusiers de 400 et canons de 340 modèle 1912 vont être employés sur la Somme et ne sont pas en Champagne. Il n’y a encore aucun canon de 370 sur voie ferrée opérationnel. Par contre, une batterie de nouveaux canons de 32 cm modèle 1870-84 sur voie ferrée a fait une courte apparition en Champagne avant de gagner le front de la Somme. Il y a d’autres canons ALVF de calibre moindre à cette période en Champagne (305, 274 mm).

Les notes 1 et 2 sont du Colonel Marc Neuville, comme toutes les autres notes (sauf avis contraire)
La note 3 est de Guy François, grand spécialiste de cette guerre, intervenant sur le forum pages14-18-mesdiscutions


Mardi 20 juin

Entre Avre et Oise, deux détachements ennemis, après un vif bombardement, ont tenté d’aborder nos lignes. Ils ont été repoussés à coups de grenades.
Sur la rive gauche de la Meuse, lutte d’artillerie intermittente (région de la cote 304) ; Et sur la rive droite, le bombardement a été violent au nord de l’ouvrage de Thiaumont et dans les secteurs de Vaux-Chapitre et de Souville.
Une escadrille ennemie a lancé de nombreux projectiles sur un village au sud de Verdun, où se trouvait un camp de prisonniers allemands. Plusieurs de ceux-ci ont été tués ou blessés.
Lutte de mines en Argonne (Bolante, Vauquois, Fille-Morte).
La ville de Kolomea, en Galicie, est menacée par les Russes.
La presse pangermaniste elle-même avoue sa déception et son désarroi en présence de l’offensive foudroyante du général Broussiloff.
Le feld-maréchal de Moltke est mort subitement à Berlin.
La démobilisation grecque apparaît partielle.
Les Anglais ont opéré deux raids heureux, sur la Lys et près de Givenchy.
Pour faire face aux menaces mexicaines, le président Wilson a appelé 135.000 miliciens aux armes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Lundi 19 juin 1916

Louis Guédet

Lundi 19 juin 1916

646ème et 644ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Temps froid brumeux qui finit par une lourdeur d’orage. Rien de saillant. Été ce matin ouvrir un coffre chez Laloux (à vérifier) agent de change, fait des courses.

L’après-midi été aux Galeries Rémoises prendre des nouvelles de Marcel Lorin, dont le régiment (le 291ème) a été écharpé à Verdun. Toujours pas de nouvelles. Pauvre garçon, pourvu qu’il ne soit que prisonnier, ou blessé. Voilà ma journée, peu intéressante. Après une journée comme celle-là, on est bien las !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 19 – + 7°. Nuit tranquille ; journée tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 19 juin

Au sud de la Somme, une forte reconnaissance ennemie, dirigée sur nos tranchées devant Fay, a dû se retirer en nous laissant des prisonniers.
En Argonne, combat assez vif à la grenade dans la région de Vauquois. Le tir de notre artillerie a allumé un incendie dans la gare de Challerange, où des mouvements de trains étaient signalés.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands, après un bombardement d’une extrême violence, ont attaqué à plusieurs reprises nos nouvelles positions du Mort-Homme. Bien qu’ils aient fait usage de jets de liquides enflammés, ils ont été repoussés avec des pertes sérieuses. Nous avons maintenu tous nos gains.
Sur la rive droite, les attaques ennemies au nord de l’ouvrage de Thiaumont, ont subi un sanglant échec. Un peu plus à l’est, nous avons repoussé une attaque à la grenade. Lutte d’artillerie dans le secteur de Souville.
Dans les Vosges, nous arrêtons une troupe allemande au sud-ouest de Carspach.
Nous abattons des avions ennemis près de Malancourt, près de Samogneux à Fresnes, à Septsarges près de Béthincourt. Deux fokkers ont été détruits près de Bezanges. Nous avons bombardé par avions la gare de Semide (Ardennes), les usines de Thionville, les établissements de Tergnier et d’Etain.
Les Allemands ont jeté des obus par air sur Pont-à-Mousson, Baccarat et Nancy. Bar-le-Duc a aussi reçu des bombes.
Les Russes ont occupé Czernowitz, où ils ont pris 1000 hommes à la tête du pont du Pruth. Sur le Styr, leurs prisonniers atteignent à 70.000.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Dimanche 18 juin 1916

Louis Guédet

Dimanche 18 juin 1916

645ème et 643ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Temps couvert, mais qui s’est éclairci à la fin de l’après-midi. Rien de saillant. En ce moment des avions. Messe de 8h rue du Couchant. Vu Dargent, Curt, parlé de l’affaire Goulden, on ne sait lequel croire, heureusement que je suis fixé là-dessus. Henri Abelé vers 9h1/2 m’a invité à déjeuner pour jeudi. Son fils Joseph est à Verdun. Curt m’a dit que M. Lorin était inquiet pour son fils Marcel qui était aussi à Verdun et dont il n’a pas de nouvelles depuis 8 jours. Il parait que cette 52ème Division a été écharpée, on parle de 50% de pertes. Pourvu qu’il ne soit rien arrivé à cet enfant. M. Abelé me disait qu’il n’était revenu du 291ème de ligne que 900 hommes. Le colonel est fou, à la suite de l’ébranlement survenu. On dit que la 52ème Division aurait été engagée trop tôt. Été me promener vers 4h et rentré une heure après. Voilà encore une triste journée passée. Écrit pas mal de lettres.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 18 – + 10°. Nuit tranquille. Confirmation aux Caves Chaumet, St-André. Aéroplanes français de 5 à 7 h. 1/2, tir contre eux. Mgr Neveux confirme à Ste-Geneviève.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 18 juin

En Belgique, duel d’artillerie assez intense au cours de la nuit dans le secteur de Lombaertzyde.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu de nos premières lignes à la cote 304 et de nos deuxièmes lignes dans la région de Chattancourt. Une attaque à la grenade sur la redoute d’Avocourt et sur nos postes avancés à l’ouest de la cote 304 a été repoussée.
Sur la rive droite, une attaque de nos troupes sur les positions allemandes au nord de la cote 321, nous a permis d’enlever quelques éléments de tranchées et de faire une trentaine de prisonniers. Violente lutte d’artillerie dans le secteur sud du fort de Vaux.
Combat de grenades en forêt d’Apremont. Nous bombardons les camps et organisations des Allemands à Montsec (est de Saint-Mihiel). Une de nos pièces à longue portée a tiré sur la gare de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, où un incendie s’est déclaré.
Dans les Vosges, un coup de main à l’est de Thann nous a permis de ramener des prisonniers, sans pertes pour nous.
Bar-le-Duc a été bombardé à deux reprises par des avions ennemis : 4 morts et des blessés. Des avions ont bombardé aussi Pont-à-Mousson, mais sans résultat. Nous avons jeté 33 obus sur les gares de Longuyon, Montmédy, Audun-le-Roman.
Les Russes ont fait 1300 prisonniers et enlevé Radsivillof, près de la frontière galicienne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Samedi 17 juin 1916

Louis Guédet

Samedi 17 juin 1916

644ème et 642ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  Le temps parait vouloir se gâter, orageux. Canon toute la nuit et avions toute la journée, avec des éclaboussures de-ci de-là des obus non éclatés lancés contre leur engin viennent éclater dans les rues. Quelques victimes de ce fait. Occupé toute la matinée, à 2h été jusqu’à la rue Ernest Renan près de l’Usine Laval voir une vieille cliente. Les rues sont de ce côté barrées par des fils de fer barbelés, on est obligé de longer les murs pour passer. Repassé ensuite chez mon greffier Landréat, 59, boulevard de la République pour lui signer une centaine de certificats d’indigences pour le Percepteur, puis chez Ravaud causé un peu et rentré. Passé au vieux Palais au Greffe civil. On parle en ville beaucoup de l’affaire Goulden…  on réclame ni plus ni moins qu’on le fusille comme espion ! Imprudent et imbécile par lucre oui, espion non si je ne puis le croire. Sale affaire. Le pauvre garçon me paraissait…

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 17 – Nuit tranquille sauf quelques gros coups de canon vers 9 h. + 7°. Aéroplane vers 7 h. (… ) tirs contre lui. Bombes sifflantes. Tir contre aéroplanes toute la matinée. Après-midi, visite de la Reine Amélie de Por­tugal, fille du Comte de Paris, sœur du Duc d’Orléans, sous le nom de Marguerite de Villaviciosa, accompagnée de M. le Comte de Vogué, et de deux autres Messieurs, dont un lieutenant délégué par le Ministre des Af­faires Étrangères près de la Place de Reims pour la réception des Étrangers ». A partir de 4 h. aéroplanes, tir contre eux jusqu’à 8 h. avec interrup­tions. Soir vers 9 h. gros canons.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 17 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont lancé plusieurs contre-attaques sur les tranchées des pentes sud du Mort-Homme, conquises par nous. Toutes ces tentatives ont échoué sous nos feux. Nous avons fait, au total, 200 prisonniers dont 6 officiers.
Sur la rive droite, l’ennemi a dirigé une puissante action offensive contre nos positions au nord de l’ouvrage de Thiaumont, depuis la cote 304 jusqu’aux abords de la cote 310. Nos feux de mitrailleuses et d’artillerie ont brisé successivement toutes les attaques qui ont coûté des pertes élevées aux assaillants.
Plus à l’est, les Allemands, après un violent bombardement ont tenté une attaque sur nos tranchées à la lisière sud du bois de la Caillette. Nos tirs ont empêché l’ennemi de sortir de ses propres tranchées.
La canonnade s’accentue sur le front de Macédoine.
Les Russes ont pris 100 officiers et 14.000 soldats. Leurs nouveaux succès ont été particulièrement marqués dans la région au nord et au sud de Loutsk.
Les Italiens ont infligé deux sanglants échecs aux autrichiens au Coni Zugna (vallée de l’Adige) et au plateau d’Asiago.
M. Wilson a été proclamé candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis et M. Marshall, candidat à la vice-présidence, par la convention de Saint-Louis.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Vendredi 16 juin 1916

Louis Guédet

Vendredi 16 juin 1916

643ème et 641ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Le temps froid se remet petit à petit et le soleil est chaud et brille en ce moment. Journée occupée par un tas de monde, correspondances, réponses, etc…  sorti une heure vers 4h pour voir ce qu’on faisait à mon inventaire rue Caqué, cela avance. Vu Ravaud, causé de l’avance des Armées, au greffe civil signé des actes et rentré, assisté en revenant à une canonnade furieuse contre 2 avions allemands, il doit y en avoir un de touché. A un moment donné c’était passionnant !! Rien d’autre à signaler. Toujours même vie monotone !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 16 – + 10°. Nuit tranquille sauf quelques gros coups de canon vers 9 h. soir. Visite au Colonel Michel (M. De Gail étant parti)… Via Crucis in Cathedrali. Aéroplane ; tir allemand contre lui, si près que jamais je n’avais vu toucher de si près.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 16 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, après une préparation d’artillerie, nos troupes, au cours d’une vive attaque, ont enlevé une tranchée allemande sur les pentes sud du Mort-Homme. Nous avons pris trois officiers et 127 hommes.
Activité d’artillerie dans la région, Chattancourt, cote 304.
L’ennemi, sur la rive droite, a violemment bombardé les secteurs de l’ouvrage de Thiaumont et de Souville.
Dans les Vosges, un fort détachement ennemi qui, à la faveur d’un vif bombardement, tentait d’aborder nos lignes, a été repoussé par nos feux de mitrailleuses. Un autre coup de main ennemi sur nos positions au nord-ouest du Bonhomme a complètement échoué.
Les Anglais, malgré un violent bombardement, ont conservé toutes les positions prises par eux dans le secteur d’Ypres.
Les Russes ont encore accru le nombre de leurs prisonniers qui s’élève à 150.000 et à plus de 2000 pour les officiers. L’investissement de Czernowitz se fait encore plus étroit.
Les Italiens ont pris l’offensive près de Monfalcone, sur le front de l’Isonzo, et fait 500 prisonniers. Ils ont aussi capturé du matériel.
Nos avions de Salonique ont bombardé les campements bulgares sur la frontière grecque.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Salonique

Salonique

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Jeudi 15 juin 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 15 – Nuit tranquille. Indisposition, mal au cœur ; pas dit messe. Arrivée du tableau de la Cathédrale à la plume, donné par Mme… Veuve de l’auteur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 15 juin

Entre l’Oise et l’Aisne une forte patrouille ennemie a été repoussée à coups de fusil au sud-est de Moulin-sous-Touvent.
A l’est de Soissons, nous avons enlevé un petit poste allemand dans la région de Venizel.
Lutte intermittente d’artillerie dans les secteurs de la rive gauche de la Meuse.
Sur la rive droite, l’ennemi a violemment bombardé nos positions au nord de l’ouvrage de Thiaumont, dans le bois Vaux-Chapitre et au sud du fort de Vaux. Aucune attaque d’infanterie ne s’est produite.
Dans les Vosges, un coup de main de nos skieurs sur la croupe au sud de Geuvern (nord de Thann), nous a permis de ramener des prisonniers.
Les Russes ont progressé à l’ouest de Loutsk et de Doubno, à l’ouest de la Strypa, et dans les régions du Dniester et du Pruth. Ils ont enlevé Sniatyn, entre Kolomea et Czernowitz et luttent pour la tête de pont de cette dernière ville. Ils ont encore capturé 6000 hommes et 6 canons, portant leurs captures totales à 1720 officiers, 120.000 hommes et 130 canons.
Toute une série d’attaques autrichiennes se sont brisées sur le front italien.
Les Anglais ont occupé Kerman, en Perse.
M. Boselli, chargé par le roi d’Italie de constituer le cabinet, poursuit ses pourparlers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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