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Mardi 10 juillet 1917

Paul Hess

10 juillet 1917 – Attaque allemande, au cours de la nuit, vers les tranchées de Courcy. Pendant une heure et demie, nos pièces font un vacarme assourdissant.

Mauvaise nuit… passée après beaucoup d’autres.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 10 – De 3 h. à 5 h. Combat très près de Reims, à La Neuvillette. Visite du nouveau Major qui remplace le Colonel Frontil, que des blessures obligent à quitter Reims. Visite à MM. Gaube, Houlon, Hamel. A 8 h. soir, quelques obus sifflent et tombent vers Sainte-Clotilde.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Samedi 23 septembre 1916

Louis Guédet

Samedi 23 septembre 1916

742ème et 739ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps splendide d’automne. Vu pas mal de monde le matin et l’après-midi réunion des directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims, nous étions 5 : M.M. Bataille, Allais (Émile Allais, notaire (1858-1931)), Payer (Alfred Payer, commissaire priseur (1847-1940)), Millet et moi. Rozey, notre Président nous écrivait pour nous demander si nous acceptions le projet d’attribution des remises (bonifications, primes) faites aux employés pour le dernier emprunt  5% 1915. Comme toujours les fuyards de Paris s’attribueraient la forte part. Nous avons protesté et demandé qu’aux trois employés restés ici sous les bombes on accorde une plus forte prime qu’à ceux de Paris, en raison des services exceptionnels rendus par ceux-ci, Beaudoin, Grandsart et Bonnet, et nous proposons que cette majoration soit prélevée sur les plus forts bénéficiaires de Paris.

Rentré ici, il m’a fallu repartir pour des donations entre époux urgentes rue du Mont d’Arène 7, en rentrant tenu jusqu’à 7h par la mère Fortelle (à vérifier) dont le mari vient de mourir, qui me revient comme cliente après l’avoir perdu par la faute de mon ancien principal clerc.

Reçu lettre de Barot pour Jean, il va comme commandant d’État-major du 6ème Corps, tâcher de faire verser ce pauvre grand au 61ème d’artillerie avec son frère Robert, ils seront enfin réunis les pauvres frères.

Écris à Rayer, mon confrère de Tours-sur-Marne qui était justement examinateur à Reims pour le concours d’aspirance que viennent de subir nos deux artilleurs. S’ils pouvaient avoir réussi et être ensemble à Fontainebleau, ce serait parfait. Je suis éreinté. Des bombes par salves de 3 d’un coup vers 11h. Des victimes vers Ste Clotilde et dégâts vers la rue de la Tirelire. A midi 1/4, au moment où je déjeunais, un 75 est venu tomber sans éclater dans le jardin de M. Floquet contigüe à celui d’ici. J’ai cru qu’il nous tombait sur le dos. Ce n’est plus le même sifflement que celui du 77 allemand et autres. Les nouvelles en général paraissent bonnes. Verrons-nous enfin notre délivrance avant fin octobre ? Que Dieu le veuille. Car je suis bien las.

Notes manuscrites annexes joints, au verso de 2 bulletins imprimés au recto de la liste suivante :

Élections à la Commission Supérieure des Caisses d’Épargne du mercredi 25 juin 1913

le Baron CERISE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Paris ;

PERRIN, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Lyon ;

DERIVAUD, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Bordeaux ;

Paul ROZEY, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims ;

Rambert COUPRIE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Villefranche-sur-Saône ;

BOMMART, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Douai ;

Lucien CORNET, Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Sens ;

Joseph FABRE, Vice-Président du Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Toulouse.

Au verso, le texte manuscrit :

Le Conseil des Directeurs de la Caisse d’Épargne de Reims, siégeant à Reims au siège central le 23 septembre 1916 à 2h après-midi.

Après avoir pris connaissance de la lettre de M. Rozey du 15 et le projet du tableau de répartition des remises faites aux employés de la Caisse d’Épargne de Reims pour l’emprunt 1915 5%.

Considérant qu’il n’a pas été pris suffisamment en considération les services exceptionnels rendus à Reims par les employés de la Caisse Centrale  dans des circonstances particulières connues de tous, et ainsi qu’il y a lieu d’accorder à ceux-ci une somme supérieure dont l’émolument pourrait être prélevé sur les parts des employés de la succursale de Paris les plus avantagés et qu’en outre il paraitrait ainsi plus équitable que chacun des employés de la Caisse Centrale à Reims touchent une somme égale sans qu’elle soit inférieure à celle déjà accordée à eux. Nous allons déjà en principe vers un quorum d’ensemble.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 septembre 1916 – Bombardement au cours de la matinée, alors que M. Doumer et quelques autres personnalités, de passage aujourd’hui, se trouvent avec le maire, M. Em. Charbonneaux et M. Raïssac, dans le cabinet de l’administration municipale.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 23 – Nuit tranquille. Beau temps. 9 h. bombes sifflent, sur les batteries probablement, mais non sur la ville. Avions français : tir contre eux. A 11 h. bombes sifflantes (sur quoi ?). Une d’elles démolit le dispensaire de la chapelle de Clairmarais, laquelle n’a pas de mal. La Croix publie prématurément la Lettre Collective du Vœu d’un Pèlerinage National à Lourdes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Photographie de Louis Corré, collection Gérard Corré son petit-fils


Samedi 23 septembre

Au nord de la Somme, les Allemands ont lancé une forte attaque sur nos nouvelles positions, entre la ferme Le Priez et Rancourt. Elle a été arrêtée net par nos tirs de barrage. L’ennemi a subi des pertes sérieuses. Nous avons réalisé deux opérations de détail. Aux abords de Combles, une de nos compagnies s’est emparée, par un coup de main brillamment exécuté, d’une maison isolée organisée défensivement par l’ennemi et y a fait prisonniers une centaine d’Allemands dont 3 officiers. Plus à l’est, nous avons enlevé plusieurs éléments de tranchées et fait 40 prisonniers. Une tentative ennemie a été arrêtée dès l’origine, au sud de Rancourt.
Le chiffre total des prisonniers faits sur la Somme par les troupes franco-britanniques, depuis le 1er juillet jusqu’au 18 septembre, dépasse 55.800, dont 34.050 ont été pris par les troupes françaises.
Un de nos avions a bombardé les hangars d’aviation d’Habshem.
Un de nos pilotes a abattu un avion ennemi entre Combles et Morval.
Lutte d’artillerie sur le front de la Strouma.
Entre Vardar et Cerna, échec bulgare à Glovosk ; dans la région du Brod, les Serbes sont arrivés près de Verbeni, en faisant 100 prisonniers. Au nord de Florina, l’ennemi a été repoussé. Nos troupes ont progressé.
Les Roumains ont fait 140 prisonniers en Transylvanie. En Dobroudja, l’ennemi se fortifie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 20 septembre 1916

Louis Guedet

Mercredi 20 septembre 1916

739ème et 737ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps de pluie maussade. Un peu de canon hier soir (10 minutes) Allocations militaires ce matin. Rien de saillant. Quelques demandes absurdes comme toujours. Vu au commissariat central mes procès en simple police pour examiner 2 cas d’arbitraire et de force brutale des Gendarmes de la Prévôté qui recommencent sans doute à vouloir nous molester…  Un cocher (Hentz) conduisant une femme et ses enfants à Cormontreuil est arrêté par un Gendarme de la Prévôté, rue Ledru-Rollin, devant l’église Sainte-Clotilde. Il demande leurs passeports à la femme et au cocher ; ce dernier dit qu’il va bien conduire sa cliente à Cormontreuil, mais qu’il n’a pas de laissez-passer pour aller à cette localité. Devant l’observation du Gendarme qui prétend (étant encore sur le territoire de Reims) qu’il est en contravention et qu’il lui dresse un procès-verbal (sur Reims, et non sur Cormontreuil) ! Le cocher débarque sa cliente et retourne en Ville ! Ainsi voilà un gendarme qui a fait un procès à un homme qui se disposait à commettre une infraction (soit), mais ne l’a pas perpétrée ! Ce serait grotesque si ce n’était odieux.

Même aventure est arrivée au Docteur Simon qui, appelé à Tinqueux pour un cas urgent de malade, est arrêté au Pont de Muire par le même gendarme qui lui demande son laissez-passer. Le Docteur lui répond qu’appelé d’urgence pour sa profession, il n’a pas eu le temps de faire renouveler son passeport expiré de la veille. Sur l’observation du gendarme il déclare retourner chez lui et renoncer à secourir sa malade. Le Gendarme dresse quand même un procès-verbal « pour usage de laissez-passer périmé !! » Où et quand !! et il a la naïveté de consigner dans son procès la déclaration du Docteur Simon qu’il renonce à aller à Tinqueux !

Pour ces brutes les intensions sont prises pour des faits accomplis !!! C’est honteux. J’ai déclaré au Commissariat Central que s’il n’obtenait pas une sanction du major de la Place contre de tels abus provoqués par les Capitaines de Gendarmerie Girardot et Théobald, j’en réfèrerais au Ministère de la Guerre. Il faut que cela finisse.

Que ces brutes aillent dans les tranchées, cela vaudrait mieux !…  et qu’ils laissent la Paix à notre malheureuse population.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – + 7°. Nuit tranquille. Allocution à la Messe des soldats du 403e (1), Chapelle de l’École Professionnelle S.J.B. de la Salle. Visite de M. l’abbé Saunier. Visite de M. de Gailhard Baucel et du Colonel de Halgouet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Les régiments d’Infanterie de la série des « 400 » sont des régiments créés pendant la guerre et qui n’eurent qu’une existence éphémère

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Mercredi 20 septembre

Le mauvais temps a gêné les opérations sur la plus grande partie du front de la Somme. Rien à signaler en dehors d’une assez grande activité d’artillerie sur les deux rives de la Somme et sur la rive droite de la Meuse, dans le secteur Fleury-Vaux-Chapitre.
Sur le front belge, grande activité d’artillerie. Les pièces belges ont pris violemment à partie les pièces de l’adversaire.
Sur le front britannique, la situation générale est demeurée sans changement. Activité d’artillerie au sud de l’Ancre. Une attaque allemande sur les tranchées à l’est de Martinpuich a été aisément repoussée. Un ballon allemand a été abattu à l’est de Ransart. Un dépôt de munitions allemand a explosé sous le feu anglais.
Les Russes livrent d’âpres combats sur la Zlota-Lipa.
Les Roumains ont dû reculer quelque peu devant des forces supérieures dans la vallée du Strechu (Transylvanie). Ils ont refoulé, dans la Dobroudja, deux attaques des troupes de Mackensen.
La progression franco-russo-anglo-italo-serbe s’accentue sur le front de Macédoine.
La garnison de Volo s’est révoltée et a opté pour le comité de défense nationale de Salonique.
Combats d’artillerie sur tout le front italien.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 22 mars 1916

Louis Guédet

Mercredi 22 mars 1916

557ème et 555ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Toujours le calme. Canonnade très forte la nuit vers Berry-au-Bac, Loivre, Le Godat. Assez beau temps froid et ondées. Journée monotone, pas sorti à cause de mon pied qui va mieux et je crois échapper à la crise de goutte qui me menaçait. Nécessairement je ne suis pas en gaité. Toujours si seul, de plus en plus seul, et rien qui vienne me consoler ou même me donner une lueur d’espoir de consolation !! C’est dur ! Qu’ai-je donc fait ? pour être si malheureux !! Je serais un criminel que je ne serais pas plus écrasé, broyé, éprouvé. Oh ! mourir !!

8h soir  J’ai reçu tout à l’heure, vers 6h3/4 la visite d’un soldat du 12ème régiment d’artillerie qui venait me demander de lui obtenir, comme juge de Paix, un acte de notoriété constatant qu’il était père de 5 enfants, et qu’en conséquence il pouvait bénéficier de la circulaire ministérielle parue à l’Officiel du 20 courant qui l’autorise à être renvoyé à l’arrière comme auxiliaire.

Nous avons causé, et ce M. Georges Frère (1875-1951, 5 enfants, la requête semblera ne pas aboutir, il passera du 12ème régiment d’Infanterie Territoriale au 26ème Bataillon de Chasseur à pied, puis au 36ème RI, au 37ème RA et enfin au 327ème RI…), de Tourcoing, me disait qu’on craignait une attaque devant Reims de la part des allemands pour prendre la Ville et ainsi obtenir un effet moral tempérant l’échec de Verdun. Il ajoutait qu’ils pouvaient entrer à Reims quand ils voulaient « avec des bâtons ». Cela n’est pas sans m’émouvoir bien que je ne puisse croire cela, mais ce n’est pas réconfortant pour nous pauvres civils qui ne sommes là que pour recevoir des  coups !! Malgré moi, je m’épouvante de l’éventualité de semblable et nouvelle épreuve, à laquelle je ne me sens plus la force de résister. Ce n’est pas après 555 jours de bombardements, de souffrances, de misères, etc…  qu’on résiste à de tels chocs, on n’a plus la même résistance et physique et morale. Ce serait trop toujours sur les mêmes victimes et martyrs ! nous avons je crois largement payé notre tribut !…  Non ! je ne pourrais plus affronter une nouvelle bataille et occupation ennemie !…  Non ! non ! ce n’est pas possible ! Ce serait trop injuste !! Dans ce cas il aurait mieux fallu que les allemands ne quittent jamais Reims.

Non, ce ne serait pas juste !…  En tout cas ce n’est pas pour me donner des idées gaies, cette confidence là !…  Il faut que je souffre toujours, toujours et toujours sans une minute de répit…  J’en arriverais, si cela continue, à regretter d’avoir fait mon devoir, plus que mon devoir !!…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 22 – Nuit tranquille ; + 7 ; canons français durant la matinée. Visite du soldat Leroy de Sainte-Clotilde. Visite de M. Debeauvais et M. Deurarcy (?). Envoi du manuscrit de mon allocution aux réfugiés de Dijon, pour journal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 22 mars

En Belgique, une reconnaissance ennemie, qui avait fait irruption dans nos lignes, au nord du pont de Boesinghe, en a été chassée aussitôt par notre contre-attaque. En Argonne, lutte à coups de grenades à la Haute-Chevauchée. Nous faisons des tirs de destruction sur les ouvrages allemands aux abords de la route Vienne-le Château-Binarville. Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont renouvelé leurs tentatives sur le front Avocourt-Malancourt. Des détachements de leurs soldats, porteurs d’appareils spéciaux ont jeté des liquides enflammés, en même temps que leurs batteries bombardaient notre ligne. Ils ont subi de lourdes pertes, mais ont pu s’emparer, après une lutte acharnée, de la partie sud-est du bois de Malancourt, dite bois d’Avocourt. Ils n’ont pas réussi à déboucher de ce bois et ont alors canonné le village d’Esnes et la cote 304. Notre artillerie les a vigoureusement contrebattus. Un taube a été abattu près de Douaumont. Nos avions ont opéré sur les gares de Dun-sur-Meuse, d’Audun-le-Roman et les bivouacs de Vigneulles. 65 avions alliés ont effectué un raid à Zeebrugge. Les Russes ont progressé sur le Dniester et pris Ispahan, en Perse. Le prince héritier de Serbie et M. Pachitch sont arrivés à Paris.


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Jeudi 16 mars 1916

Cardinal Luçon

Jeudi 16 – Nuit tranquille sur la ville, sauf quelques bordées de torpilles ou grenades. Comme les autres nuits. A 5 h. grosses bombes sifflantes qui ont dû tomber pas loin de nous. Brasserie Veith. Température + 4. J’apprends qu’un vieillard des Petites Sœurs a été blessé ; il a fallu lui couper le bras. Il est à l’hôpital. Quinze d’entre eux et deux sœurs vont quitter Reims. Visite du Capitaine Gay, du diocèse de Besançon (abbé ?) homme d’œuvres, fils d’un Proviseur du lycée de Reims du temps du Cardinal Gousset. Visite à M. le Doyen de S- Remi, à Ste Clotilde, et au dispensaire (…).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 


La brasserie Veith

La brasserie Veith

Jeudi 16 mars

Tirs efficaces sur les tranchées ennemies de la région d’Het-Sas et de Langemark, en Belgique. Au nord de l’Aisne, nous bombardons les abords de la Ville-aux-Bois. En Champagne, nous attaquons les positions allemandes au sud de Saint-Souplet, en occupant une tranchée et en faisant des prisonniers. A l’ouest de la Meuse, le bombardement s’est ralenti entre Bethincourt et Cumières. Nous avons repris par des contre-offensives une partie des éléments de tranchées perdus au Mort-Homme; notre ligne comprend Bethincourt, le Mort-Homme, Cumières. Sur la rive droite, activité d’artillerie, dans la région de Vaux-Damloup. Quelques escarmouches à la grenade sur les pentes du fort de Vaux. Canonnade en Woëvre, au pied des Côtes de Meuse. Activité de notre artillerie à l’est du bois de la Wawrille et au nord de Fresnes-en-Woëvre, où nous provoquons une explosion.

 

 

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Dimanche 13 février 1916

Louis Guédet

Dimanche 13 février 1916

519ème et 517ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Journée assez calme, froide, pluvieuse, de saison. Trois grosses marmites sont passées au-dessus de la maison à 10 minutes d’intervalle à 1h comme je déjeunais. C’est tout. Travaillé d’arrache-pied pour rattraper mon retard. Ma correspondance est à jour. Il me faut attaquer maintenant le résumé de mon voyage et mettre tout au point, avec la vie coutumière, les dérangements, les audiences, etc… Pas de nouvelles des miens. Écrit à M. Georget à l’occasion de la mort de mon jeune confrère Montaudon (Albert Montaudon, notaire à Reims, né en 1880, tué à l’ennemi le 27 janvier1916 à Neuville-Saint-Vaast(62)). C’était un brave cœur, un bon confrère. Vu Dondaine, mon dévoué confrère de Beine qui m’est d’un bien grand secours comme avoué suppléant,  greffier de Paix et clerc de l’Étude Jolivet. Si je ne me trompe, c’est un garçon de valeur et qui fera son chemin. C’est (ce sera) une bonne recrue pour notre corporation.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 13 février 1916 – Quelques projectiles sifflent dans la matinée.

—- Vers 13 h 1/4, quatre ou cinq obus tombent à la Haubette ; il y a des blessés.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche l3 – Nuit tranquille dans l’ensemble sauf violente canonnade à certains moments ; + 3 ; Bombes sifflantes sur la ville, et à Sainte-Clotilde à 8 h. 1/2. Violente canonnade française à 9 h. De midi à l h., toutes les 10 minutes, grosses bombes sur la ville, Pont de chemin de fer à l’embranchement de la route d’Épernay ; abattoir, Pont de Muire. Nuit bruyante un peu au loin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 13 Février 1916.

Je crois que le bombardement va reprendre comme auparavant. Aujourd’hui dimanche j’étais partie à 6 heures du matin pour aller dire bonjour à la marraine et à Jean-Pierre. Ils s’ennuyaient après moi. En sortant de chez eux je suis allée dire bonjour à M. Cristé et à Mme Mitouard. Au moment de repartir le bombardement commençait sur le quartier Cernay et la batterie Walbaum.

J’ai attendu un moment mais voyant que cela n’arrêtait pas je me suis décidée à revenir. Je t’assure que je n’ai pas été longtemps. Si je venais à être tuée, pense donc, mes deux pauvres tout petits ! Enfin je suis rentrée sans mal mais ils ont bombardé une partie de la journée. Ils ont fait des victimes jusqu’au pont d’Épernay. Les demoiselles Malaizé qui étaient réfugiées porte de Paris ont été blessées toutes deux. C’est un vrai cauchemar.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


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Dimanche 13 février

En Belgique, après une préparation d’artillerie assez violente, les Allemands ont plusieurs fois tenté de franchir le canal de l’Yser, près de Steenstraete et d’Hetsas. Ces tentatives ont échoué sous le feu combiné de notre artillerie et de nos mitrailleuses.
En Champagne, vive canonnade près de la butte du Mesnil et de Navarin. Dans la région de Navarin, après un bombardement de plusieurs heures, l’ennemi a pu pénétrer dans un petit saillant de notre ligne. Au nord-est de la butte du Mesnil, où nous avions pris environ 300 mètres de tranchées, les Allemands ont procédé à une contre-attaque. Ils ont été repoussés, puis nous avons progressé de nouveau, en faisant des prisonniers.
Lutte de mines à notre avantage en Argonne (Four de Paris).
Dans les Vosges (nord de Wissembach, est de Saint-Dié), nous avons, par nos feux d’infanterie, brisé une attaque.
Une note officielle italienne annonce que L’Italie participera prochainement à une conférence des alliés tenue à Paris.
Une troupe anglaise a été assaillie par les Arabes en Mésopotamie.
M. Sasonof déclare que la guerre ne peut plus durer longtemps.

 

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Vendredi 11 janvier 1916

Cardinal Luçon

Vendredi 11 – Nuit tranquille ; +2. A 9h 1/2 bombes sifflantes lancées avec précipitation sur les tranchées probablement. Violent bombardement allemand sur le quartier de Sainte-Clotilde ; 10 h 25 riposte de nos canons. Écrit et expédié lettre à Mad. de Langalerie. Violente canonnade à certains moments de la nuit.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 11 janvier

L’ennemi a développé en Champagne une violente attaque qui avait été préparée à l’aide d’un bombardement par obus à gaz suffocants. Durant la journée de dimanche et la nuit de dimanche à lundi, il a dirigé quatre actions successives sur un front de 8 kilomètres à l’ouest et à l’est de la butte du Mesnil. Il fut décimé et arrêté net par notre tir. Il fut chassé de la presque totalité des éléments de tranchées qu’il avait pu occuper.
En somme, cette affaire a été un échec complet pour lui. Elle a pris le caractère d’un assaut de grande envergure. Une brigade toute entière avait été lancée sur un seul point du front attaqué.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous bombardons les positions ennemies du bois des Chevaliers. Nous avons ouvert de larges brèches dans les tranchées allemandes et provoqué des éboulements.
Les corps anglais ont évacué Gallipoli sans subir la moindre perte.
Un cuirassé anglais, le King Edward VII a coulé sur une mine. Il n’y a pas de victimes.
Les Autrichiens ont pris aux Monténégrins Berana, près d’Ipek. Ils ont aussi capturé des positions sur le mont Lovcen, qui domine Cattaro d’un côté et Cettigné, de l’autre.
Le général Nixon abandonne le commandement de l’armée anglaise de Mésopotamie.
Les Turcs ont arrêté à Constantinople les fonctionnaires français et anglais restés dans les ambassades et consulats.


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Jeudi 11 novembre 1915

Louis Guédet

Jeudi 11 novembre 1915

Toujours le silence. Journée froide, glaciale. Audience de réquisitions militaires avec le sous-intendant Racine qui a causé avec M. de Bruignac, Dupont-Nouvion avocat, et le Président Hù qui venait avec le sous-préfet pour visiter la ville.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit silencieuse, journée tranquille. Aéroplanes français ; on ne tire pas sur eux. Visite à Mencière. Donné un chapelet à une infirmière qui m’en avait demandé un. Visite du nouveau Général Cartens, et de son Chef d’État-major. Visite à Sainte-Clotilde, à M. le curé de Sainte-Gene­viève. Visite de M. Parmentier, aumônier militaire. Retour de M. Camu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

En Belgique, notre artillerie a exécuté sur les organisations allemandes de la région des Dunes et du secteur de Boesinghe, un bombardement systématique.
En Artois, nos tirs de barrage ont arrêté une attaque ennemie dans le bois de Givenchy.
En Champagne, après un violent bombardement, l’ennemi a tenté deux assauts contre nos positions de la butte de Tahure. Le premier, immédiatement arrêté, n’a pu aborder nos tranchées. Le second, après y avoir pénétré sur un point, a été rejeté par une contre-attaque.
Combats de bombes et de grenades en Argonne orientale (Vauquois, Malancourt).
Entre Meuse et Moselle, nos batteries ont riposté à la canonnade ennemie et dispersé une colonne d’infanterie en marche.
Les Russes progressent sensiblement en Courlande, aux alentours de Mitau.
Les Italiens ont poursuivi leur cheminement dans le haut Cordevole.
Les Serbes ont accentué leurs succès dans le massif de Babouna. La situation apparaît satisfaisante sur le front franco-anglais de Stroumitza.
Les sous-marins allemands ont fait de nouvelles victimes
en Méditerranée et dans la mer du Nord.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 28 décembre 1914

Louis Guédet

Lundi 28 décembre 1914 (recopié sur feuillet 21x13cm)

107ème et 105ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Journée monotone. Vent et pluie de tempête qui ne permettent pas de distinguer le bruit de la bataille et du bombardement. Vu Procureur de la République pour les Études, rendu compte de mon entrevue avec M. Herteaux, Procureur Général à Paris. Qu’en sortira-t-il ? Rien et moi, le seul resté comme notaire à Reims je serai traité d’imbécile ! Voilà ce qui m’attend. J’aurai souffert, peiné pour les flancheurs et on se moquera de moi comme récompense et conclusion !

Je suis bien las – écœuré – en attendant peut-être d’être tué ; je n’aurai même pas la consolation de voir que j’ai souffert pour les miens utilement.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Obus la nuit et dans la matinée. Aux docks, il y aurait eu des victimes.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 28 décembre – Nuit tranquille. Donné 50 F à M. le Curé de S. Maurice ; 100 F à M. le Curé de St Remi, ; 50 F à M. le Curé de Ste Clotilde. Visite à St. Maurice, à St. Remi, à Ste Clotilde.

Visite à l’Ambulance Ste Geneviève, aux Gendarmes, logés auprès de la maison des Sœurs de St Vincent de Paul, rue Cazin.

Demandé à la Sainte-Famille de Troyes dont je suis Cardinal-Protecteur, si la Supérieure pourrait faire parvenir des lettres à Burnot en Belgique, ou par l’Allemagne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

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Eugène Chausson

28 Lundi – Temps affreux, grand vent et pluie. Canonnade légère et quelques obus en ville. A 5 h du soir, calme complet de part et d’autre. Très mauvais temps toute la nuit.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Lundi 28 décembre

Les faits militaires importants ont eu lieu :
1- à Perthes-les-Hurlus, où l’ennemi a contre-attaqué vainement pour reprendre les tranchées qu’il avait perdues.
2- A Saint-Hubert, en Argonne où les Allemands, sous le feu de notre artillerie, ont dû évacuer plusieurs tranchées.
3- A l’est de Saint-Mihiel entre Meuse et Moselle, où nous avons refoulé des attaques.
Nos avions ont bombardé, à Metz, les hangars d’aviation de Frascati, la gare et les casernes de Saint-Privat.
Nous continuons à avancer en Haute-Alsace, sur les hauteurs qui dominent Cernay.
Saint-Dié a été encore une fois bombardée, à longue portée.
Les Russes ont rejeté de nouvelles attaques allemandes, en Pologne, sur la Bzoura et la Rawka; ils ont battu les Autrichiens sur la Nida; ils les ont battus encore et forcés à une retraite précipitée au col de Doukla, dans les Carpates. Au total, i1s ont capturé dans les trois derniers jours 10.000 ennemis environ.
Le gouvernement italien a envoyé à Valona un régiment de bersagliers pour remplacer les fusiliers marins qui y avaient d’abord débarqué.
Des avions anglais ont survolé le port militaire allemand de Cuxhaven: des avions français ont paru au-dessus du port militaire de Pola, le grand arsenal de l’Autriche-Hongrie dans l’adriatique.
Conrad de Wied, ex-roi d’Albanie, qui s’était enfui devant la sédition de ses sujets et qui avait repris du service dans l’armée allemande, fait savoir qu’il n’a nullement abandonné ses prétentions au trône de Durazzo.

 

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Lundi 26 octobre 1914

Abbé Rémi Thinot

26 OCTOBRE – lundi –

J’arrive à 7 heures au bateau pour Ouch ; La gendarmerie s’avance vers le capitaine du bateau « Personne ne montera ; que ceux qui descendent sachent bien qu’ils ne remonteront pas.. ! »

On a donc, par ordre supérieur, tout coupé d’avec la Suisse. Rigueur contre l’espionnage probablement… un peu tardive peut-être ; le passage en Suisse étant interdit, je prends le train de Bellegarde et parviens à Lyon avec une journée de retard…

2 heures 1/2 après-midi ; La Chari té. C’est terrible ; je vois bien que nous ne serons pas à Paris avant 10 heures du soir ! Ce n’est pas drôle. J’ai sous les yeux le spectacle de jeunes conscrits qui paradent bruyamment sous un immense drapeau. Dieu leur conserve cet entrain !

5 heures 1/2 ; après Gien ; nous serons à Paris à 11 heures du soir ! ! Ravissant ; c’est un peu monotone une traversée de Lyon à Paris en omnibus, quand bien même c’est par le Nivernais ou le Bourbonnais ! La nuit est tombée déjà, noyant dans le paysage même les honorables garde-voies, dont l’accoutrement n’a jamais, je crois, été aussi bizarre !

6 heures 1/ 2 ; Montargis. Ah ! ils ne sont pas débrouillards dans ce buffet.. ! Je me demande ce que signifient ici nos 28 minutes d’arrêt ! Mais je me rends bien compte qu’un voyage dans ces conditions, c’est l’abrutissement fatal ; je ne pense à plus rien. Qu’est-ce que je fais à Montargis ?

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à ReimsAvant en 2017 pour numérisation et diffusion par Gilles Carré.

 Paul Hess

Bruits de bataille au loin et canonnade ininterrompue pendant la moitié de la nuit. Ensuite, journée calme. Le soir, à 18 h, en revenant de l’hôtel de ville, j’entends tout le long du trajet, les rafales des détonations terribles de nos grosses pièces, – et pendant la nuit, cela se reproduit encore. Notre artillerie doit être assez éloignée ; cependant, toutes les vitres de la maison tremblent pendant le vacarme.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Visite à Saint Thomas, à l’ambulance de l’École Ménagère, de l’École de Mme Despiques. Visite à Sainte Clotilde.

Visite à Saint Benoît, rue Neufchatel, Trois Piliers, Sœurs du Saint-Sauveur, à l’Ambulance de la rue Lesage (dans la matinée).

Après midi, visite à Roederer, aux Sœurs Augustines, et aux Carmélites seulement (non aux malades), visite à Sainte Clotilde, à M. le Curé, à l’église, à un groupe de paroissiens.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Paul Dupuy

Journée de chaude bataille au-delà de la Neuvillette et Courcy sans conclusion pour nous puisque notre situation reste toujours la même.

Le courrier de 14H apporte :

Et lettre d’Hélène du 23 contenant demande que lui ont faite M.M. L. Soisson et fils d’Auxerre, pour l’obtention de renseignements sur la possibilité d’un voyage d’achats à faire à Reims, et la retenue ferme à faire chez nous de Flanelles blanches et de ceintures jusqu’à concurrence de 100 pièces ; et lettre d’Épernay (du 20) contenant de sympathiques pages de nos amis Mr et Mme Charles Coche qui, toujours à Villeneuve (16 8bre) disent à nouveau combien ils sont de cœur avec nous dans les épreuves que nous traversons.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires


Hortense Juliette Breyer

Lundi 26 Octobre. Quelques jours d’accalmie. Marguerite ne travaillant pas, nous avons décidé d’aller tous les matins chez nous et de vendre le plus que nous pouvons. Cela marche un peu, et puis encore mieux : en repartant nous emportons des marchandises que nous vendons chez Pommery avec un petit bénéfice. Je reçois quelquefois de l’épicerie ; beaucoup de camionneurs ne veulent pas venir chez nous car ils ont peur.

J’ai reçu une lettre de Gaston ; il se réclame à moi pour savoir exactement si tes parents ont souffert des bombardements, et il m’affirme en même temps que tu n’as été blessé que légèrement. Ton papa est venu me trouver pour me demander, puisque les boches ne tiraient plus, si je voulais bien conduire André car il s’ennuie après lui. Je lui ai promis pour demain.

Il m’apprend que le fils Vol et le fils Erhmann ont été tués il y a déjà un mois. C’est triste quand même, vois-tu, pour les parents. Le fils Vol est mort à Épernay ; il avait eu la jambe enlevée par un éclat d’obus.

Et de tout cela, moi je n’ai toujours pas de nouvelles. En rentrant tout à l’heure, j’ai écrit au ministre de la guerre. Peut-être aurai-je une réponse car si vraiment tu es blessé, je serai forcée de le savoir.

Encore une journée de passée et toujours aussi triste.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

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Octave Forsant

Lundi 26. — Tous les directeurs d’écoles absents de Reims, que j’ai convoqués pour conférer avec moi sur la situation et sur ce que nous pouvons faire, sont arrivés hier dimanche. La situation leur paraît très dangereuse et1 ils estiment qu’il n’y a lieu de rouvrir aucune  école. C’est aussi, actuellement, l’opinion du maire; je vais donc attendre. Je rends sa liberté à ce personnel que je rappellerai le moment venu.

Source 1 : Wikisource.org


26 octobre 1914

L’ennemi a pu franchir l’Yser, entre Nieuport et Dixmude (Flandre belge) mais il s’est brisé à nos lignes autour de Lille, et a subi un refoulement au nord de l’Aisne et en Woëvre. Tout un régiment allemand a été détruit au défilé de la Chalade, près de Varennes, dans l’Argonne. Au surplus, dans le Nord, d’après les évaluations qui ont été sérieusement faites, les pertes de nos adversaires sont énormes. Ce sont les armées de von Bülow, du prince du Wurtemberg et du prince royal de Bavière qui nous sont maintenant opposées entre la mer et la Somme.
Les armées russes de Pologne ont poursuivi inlassablement leur marche. Après avoir repris Skiernewice, nœud de chemins de fer important, à 100 kilomètres à l’ouest de Varsovie, elles s’approchent de Lodz, à 40 kilomètres encore plus à l’ouest, et que les Allemands commencent à évacuer. Ils ne tarderont pas à rentrer sur territoire prussien.
Un contre-torpilleur anglais, le Badger, a coulé un sous-marin allemand sur la côte hollandaise. Les Serbes et les Monténégrins ont livré une sanglante bataille aux austro-hongrois, près de Sarajevo. Attaqués par les forces supérieures, ils ont dû légèrement se replier dans la direction de Visegrade.
L’Allemagne qui avait déjà réclamé pour son état-major la direction des forces autrichiennes en Galicie, et qui semble avoir fait très mauvais usage de ce pouvoir nouveau, prépare maintenant la défense du Trentin contre l’Italie.
L’Angleterre, qui était une grosse cliente des fabricants de sucre d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, vient d’interdire l’importation sur son territoire des sucres provenant de ces deux pays. Elle leur inflige de la sorte un préjudice considérable, en les empêchant de tirer parti de leur production. Mais les Anglais n’en souffriront pas, le gouvernement s’étant assuré le concours des Antilles. Il y a là encore l’un des éléments de la ruine du commerce germanique.
Le gouvernement de Petrograd a pris, de son côté, des dispositions pour que les Allemands et les Autrichiens ne puissent plus devenir propriétaires d’immeubles dans la partie occidentale de l’empire.
Le nombre des chômeurs qui est grand, par toute l’Allemagne, est surtout considérable en Saxe, o
ù six ouvriers en moyenne se présentent pour un emploi disponible.

Source : Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 1er octobre

Abbé Rémi Thinot

1er OCTOBRE – Jeudi –

St. Remi priez pour nous.

Ce que j’ai pris pour une canonnade hier, c’était l’arsenal qui explosait, derrière Neufchâtel, au Parc d’Artillerie.

Il y avait là de grandes réserves de cartouches à blanc et d’obus id. pour les grandes manœuvres. Pendant 1 heure et demie, çà été une pétarade. Tout le quartier s’est enfui, craignant une explosion d’ensemble.

L’après-midi, Je suis allé hors la Haubette, photographier quelques campements de rémois. Il y avait quelques promeneurs, mais le grand nombre de ces groupes qui ont allumé ici un feu, là établi une tente, ailleurs une maison de paille, sont de pauvres gens des quartiers éprouvés qui sont venus chercher là le droit à l’existence.

Le sol est parsemé de débris de toutes sortes ; chiffons, paille boîtes de conserves vides etc… Tout à proximité des tranchées creusées par les allemands pendant leur retraite, personne ne s’y établit ; ce sont des foyers de malédiction.

Le temps est superbe, le soleil si doux !

Le Courrier a reparu hier et il a continué aujourd’hui aussi nul et insignifiant que Jamais.

  1. le Curéétait ici quand est arrivé le facteur, oui le petit facteur que j’avais rencontré hier déjà et qui m’avait remis la carte d’un vicaire d’Abondance.

« II faut que je descende, dit M. Landrieux, voir comment c’est fait, un facteur »

Et j’ai en mains un paquet de lettres… condoléances d’amis à l’endroit de notre chère cathédrale, nouvelles de la chère Savoie… mais si anciennes ! On commence seulement à trier les paquets fin août, début septembre. Est-il vrai que nous allons sortir de notre sépulcre? Remonter sur la terre des vivants? Deo gratias.. !

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à ReimsAvant en 2017 pour numérisation et diffusion par Gilles Carré.

 Louis Guédet

Jeudi 1er octobre 1914

20ème et 18ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Combat très violent cette nuit vers 2h1/2 du matin, quelques coups de canon seulement. Cette matinée est d’un calme absolu ! Le Courrier de la Champagne reparait et donne espoir. Quelle vie !

11h  On me dit que la Division Marocaine aurait pris les bois de Berru, si c’est exact ce serait un vrai succès et un nouveau retour d’un bombardement de Reims plus problématique. Nous verrons, en tout cas en ce moment, depuis 4h du matin nous jouissons d’un calme que nous ne connaissions plus depuis longtemps. Que Diable peuvent-ils mijoter nos Prussiens ? Encore quelque tour du Diable, ou de l’Enfer, c’est tout comme.

5h50  Été déjeuner chez Charles Heidsieck avec Mareschal, et revenu chez moi vers 2h fumer un cigare, notre hôte ayant oublié les siens à sa maison de commerce rue de la Justice. Notre ami habite chez son fils Robert 8, rue St Hilaire, depuis que sa maison rue Andrieux a été éventrée par 2 obus. J’enverrai Adèle poster mes 2 lettres, une pour ma femme Madeleine et une pour mon Père à la Poste de la rue Libergier. Maurice Mareschal qui nous avait quittés en route pour voir son médecin-chef, arrive avec M. Van Cassel, commandant d’État-major, associé de la Maison Deutz et Geldermann d’Ay, on bavarde sur notre situation qui n’a pas changée. Van Cassel et Maurice nous quittent vers 3h1/2, puis survient M. Raoul de Bary qui venait cause à M. Heidsieck d’une combinaison et d’avances sur les signatures de 8 négociants en vins de Champagne avec la Banque de France et les banques locales Chapuis et Cie, etc… (800 000 francs) pour pouvoir faire des avances aux vignerons, payer leurs vins en hiver et payer leurs ouvriers et me demander de leur rédiger un projet s.s.p. (sous seing privé) relatant cet emprunt et constatant la solidarité entre eux pour le renouvellement, l’aval ou le remboursement de la somme empruntée. C’est fait. Ils me quittent à 4h.

Je vais faire un tour, entré causer chez Michaud avec les 3 braves filles qui gardent la maison. Je lie conversation avec un capitaine du 27ème d’artillerie et un soldat du même régiment qui l’accompagnait. Nous nous connaissons des amis communs. Le capitaine est un M. Delattre, de Roubaix, cousin de Mme Louis Abelé, dont j’ai reçu le contrat de mariage à Roubaix en mars dernier !! et le jeune soldat se nomme Adolphe Vandesmet, de Watten près de St Omer, dont les parents étaient des amis de Maurice Lengaigne. Je lui dis que je suis même allé chez ses parents il y a quelques années avec les Lengaigne, et que j’ai visité leur maison de jute (filature de jute) et la fabrique de bâches et de cordages !!

Alors nous avons causé un bon moment, rappelant nos souvenirs et les noms de diverses personnes que nous connaissions. Ils paraissaient enchantés d’avoir pu causer de leur pays avec moi. Ils sont en batterie du côté de Concevreux.

7h3/4  Toujours rien. Pas un coup de fusil, pas un coup de canon depuis 11h où 7 ou 8 obus sont tombés sur le quartier Cérès. Et enfin un obus tombe d’un aéroplane allemand rue de Vesle vers 5h1/2. C’est tout. Est-ce que comme le bruit court que déjà les allemands se seraient retirés sans combat ?!!! Attendons la nuit et demain nous dira ce qu’il en est.

8H05  Toujours le calme plat !! Est-ce que vraiment nous serons délivrés de ces oiseaux-là ??!! Alors ! ce serait la délivrance ??!!… la… Victoire !!! Mon Dieu ! serait-ce possible ??!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

A partir de 2 h 1/2 du matin, canonnade et fusillade. Cependant, personne ne quitte le lit ; on commence à s’habituer à ces sortes de réveils, – les enfants eux-mêmes ne s’inquiètent plus véritablement que lorsqu’ils discernent, parmi les sifflements, ceux plus stridents annonçant aussi tôt des arrivées peu éloignées.

Nous apprenons que le bruit épouvantable qui nous avait fait croire, hier, à une grande bataille très proche, provenait de l’explosion des munitions du parc d’artillerie, provoquée par des obus envoyés par les Allemands?

– Le Courrier de la Champagne reparaît ce jour. Il a installé provisoirement ses bureaux à l’imprimerie Bienaimé, 23 bis, route de Paris, à la Haubette, où se fait également le tirage du journal.

Dans le numéro d’aujourd’hui, nous lisons que le faubourg Sainte-Anne a été éprouvé le mardi 22 septembre, vers midi, alors qu’un bataillon d’infanterie stationnait sur la place Sainte-Clotilde et dans la rue de Louvois Bientôt après que cette troupe eut été signalée par un aéroplane allemand, les obus tombaient, faisant des victimes, brisant une partie des vitraux de l’église et endommageant plusieurs immeubles.

– nous y voyons également cet article :

« Nos établissements industriels détruits. Place Barrée – Maison Pouillot et Cie, tout est détruit ; ces Messieurs estiment à deux millions, les pertes qu’ils ont subies.

L’usine rue Saint-Thierry est intacte ; on ne peut encore fixer sa réouverture, vue le manque de matières premières.

Rue des Filles-Dieu – Maison Nouvion-Jacquet et Principaux ; rien ne subsite de l’immeuble et des marchandises qu’il abritait.

Rue des Trois-Raisinets – Établissements Lelarge anéantis ; à peine quelques pièces de tissus ont pu être dégagées.

Le tissage du boulevard Saint-Marceaux, où avaient été installées nos batteries d’artillerie, est ruiné.

Rue Courmeaux, – Établissements Ed. Benoist & Cie, un obus tombé sur les magasins ; les éclats ont déchiqueté toutes les pièces de tissus. L’Usine du Mont-Dieu est intacte ; malheureusement, les matières premières font défaut.

Rue Eugène Desteuque – Le conditionnement municipal des laines et tissus, déjà si éprouvé antérieurement, dévasté par l’incendie.

L’établissement des « Vieux-Anglais » n pourra être remis en marche avant un mois

Rue de Bétheny – Usine Clément, complètement détruite.

C’est aussi la même désolation que présente l’usine de MM. Collet frères, rue Ponsardin et impasse du Levant.

Rue Saint-André – Maison Alex. Leclère, laines, détruite.

MM. Gaudefoid, commissionnaires en tissus, Satabin, Flon et Osouf, dégâts aux immeubles ; mobiliers et marchandises très sérieusement endommagés.

Il donne encore cet avis, du plus haut intérêt pour les habitants demeurés à Reims, privés de nouvelles depuis le 1er septembre au soir, c’est-à-dire depuis un mois, puisque le service des Postes évacuait de notre ville le lendemain 2 septembre, à la première heure :

Service des Postes. Le Service des Postes est provisoirement rétabli. Il est installé au local de l’École maternelle, rue Libergier 32.

Une seule levée est faite à 15 heures (3 heures du soir).

Quant à la distribution des lettres, elle aura lieu une fois le jour, à des heures encore indéterminées, le nombre des facteurs étant des plus restreint.

Nous allons donc enfin pouvoir envoyer de nos nouvelles et en recevoir de l’extérieur de notre ville, après avoir été si longtemps privés de toute communication postale. Aussi, cette mesure devenue possible, est-elle unanimement appréciée.

– Le même journal d’aujourd’hui, publie encore cet entrefilet :

Le témoignage du Général Joffre. Bordeaux, 27 septembre. Le gouvernement allemand ayant déclaré officiellement à divers gouvernements, que le bombardement de la cathédrale de Reims n’avait eu lieu qu’en raison de l’établissement d’un poste d’observation sur la basilique, le gouvernement français en a informé le général commandant en chef des armées d’opérations.

Le Général Joffre a immédiatement répondu au ministre d la guerre dans les termes les pus nets. Le Commandant militaire à Reims n’a fait place, en aucun moment, un poste d’observation dans la cathédrale. Le bombardement systématique commença le 19 septembre, à 3 heures de l’après-midi.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Fête de Saint-Remi ! les solennités habituelles ne peuvent avoir lieu. Vers 3 h. canonnade de grosses pièces. Depuis 5 heures au moins tranquillité complète. On n’entend rie. Visite à l’Ambulance de Courlancy chez les Frères.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Gaston Dorigny

De toute la journée on a entendu que quelques coups de canon au loin. L’après midi nous profitons de l’accalmie pour faire un tour chez Thierry * . A part quelques obus dans le Port-sec la journée a été calme, nous avons rejeté les allemands sur Nogent l’Abesse. A quatre heures du soir un aéroplane allemand passe au dessus des promenades où stationne de la troupe, lance une bombe qui ne fait aucune victime. Nous nous couchons le soir dans le même silence. Vers deux heures du matin on entend encore les mitrailleuses et quelques coups de canon assez lointain, puis le jour ramène le silence.

 Gaston Dorigny

* Il ne peut s’agir que du grand père Léon Thierry – 28 mai 1847 – 8 décembre 1914 – ou de Charles Thierry alors âgé de 26 ans. Charles est le père de la cousine Madeleine Wernli vivant en Suisse alémanique – Weinfelden-, veuve de Werner Wernli, citoyen Suisse


Paul Dupuis

Dès 7 heures, et lesté comme demandé, je pars à bicyclette.

Le plaisir de tous est grand lorsque j’apprends qu’à Reims la nuit passée a été d’un calme inconnu depuis 3 semaines ; nous voulons tous croire à une bienheureuse intervention de St Remi, dégageant la ville, et nos bons amis, ainsi réconfortés, décident de surseoir à leur projet le départ vers des contrées moins exposées.

Content moi-même de les laisser en de meilleures dispositions, je poursuis jusque Sacy, porteur du traditionnel pain qui me fera doublement bien accueillir des miens.

Mais, par exemple, il n’en est pas de même du Colonel du 25e Dragons qui, lui, posté à l’entrée du village me reçoit plutôt fraichement.

En exécution d’ordres formels, il prétend ne pouvoir me laisser pénétrer dans la localité, ou s’il m’y admet devoir m’en refuser la sortie.

L’exhibition d’un vieux laissez-passer lui prouve mon identité, tandis que mes explications le convainquent qu’il n’y a pas lieu de me retenir comme suspect ; aussi, finit-il par autoriser entrée et sortie, mais à condition que je laisse là ma bicyclette dont l’usage est interdit aux civils sur le parcours Sacy-Reims.

Là, il se montre absolument intransigeant, et après avoir embrassé les miens et être convenu avec eux que leur retour s’effectuera le samedi 3 8bre, c’est forcément à pieds que je reviens.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires


Jeudi 1er octobre

La situation est proclamée satisfaisante. Les contre-offensives ennemies ont été partout brisées, entre Oise et Aisne, comme dans la Woëvre et les Hauts-de-Meuse. L’armée russe du gouvernement de Souwalki reconduit vigoureusement vers la frontière les forces allemandes qui l’avaient franchie.
Le gouvernement austro-hongrois est obligé de reconnaitre, en des communiqués diplomatiques, que les troupes du tsar descendent la vallée de la Theiss dans 1a grande plaine hongroise. Budapest, d’une part, et Debreczin de l’autre, seraient de la sorte menacés.
Les Serbes qui avaient pris une première fois Sem1in, en Esclavonie, sur la rive hongroise du Danube, et qui en avaient été chassés, ont réoccupé la ville dont ils vont faire une base d’opérations.
Un incident s’est produit entre l’Italie et l’Autriche, des barques italiennes ayant sauté sur des mines austro-hongroises dans l’Adriatique.
En Belgique, Lierre, au sud-est d’Anvers, a été bombardée, Malines en partie détruite, et Alost complètement évacuée par sa population.

 

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