Louis Guédet

Lundi 28 décembre 1914 (recopié sur feuillet 21x13cm)

107ème et 105ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Journée monotone. Vent et pluie de tempête qui ne permettent pas de distinguer le bruit de la bataille et du bombardement. Vu Procureur de la République pour les Études, rendu compte de mon entrevue avec M. Herteaux, Procureur Général à Paris. Qu’en sortira-t-il ? Rien et moi, le seul resté comme notaire à Reims je serai traité d’imbécile ! Voilà ce qui m’attend. J’aurai souffert, peiné pour les flancheurs et on se moquera de moi comme récompense et conclusion !

Je suis bien las – écœuré – en attendant peut-être d’être tué ; je n’aurai même pas la consolation de voir que j’ai souffert pour les miens utilement.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Obus la nuit et dans la matinée. Aux docks, il y aurait eu des victimes.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 28 décembre – Nuit tranquille. Donné 50 F à M. le Curé de S. Maurice ; 100 F à M. le Curé de St Remi, ; 50 F à M. le Curé de Ste Clotilde. Visite à St. Maurice, à St. Remi, à Ste Clotilde.

Visite à l’Ambulance Ste Geneviève, aux Gendarmes, logés auprès de la maison des Sœurs de St Vincent de Paul, rue Cazin.

Demandé à la Sainte-Famille de Troyes dont je suis Cardinal-Protecteur, si la Supérieure pourrait faire parvenir des lettres à Burnot en Belgique, ou par l’Allemagne.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

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Eugène Chausson

28 Lundi – Temps affreux, grand vent et pluie. Canonnade légère et quelques obus en ville. A 5 h du soir, calme complet de part et d’autre. Très mauvais temps toute la nuit.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Lundi 28 décembre

Les faits militaires importants ont eu lieu :
1- à Perthes-les-Hurlus, où l’ennemi a contre-attaqué vainement pour reprendre les tranchées qu’il avait perdues.
2- A Saint-Hubert, en Argonne où les Allemands, sous le feu de notre artillerie, ont dû évacuer plusieurs tranchées.
3- A l’est de Saint-Mihiel entre Meuse et Moselle, où nous avons refoulé des attaques.
Nos avions ont bombardé, à Metz, les hangars d’aviation de Frascati, la gare et les casernes de Saint-Privat.
Nous continuons à avancer en Haute-Alsace, sur les hauteurs qui dominent Cernay.
Saint-Dié a été encore une fois bombardée, à longue portée.
Les Russes ont rejeté de nouvelles attaques allemandes, en Pologne, sur la Bzoura et la Rawka; ils ont battu les Autrichiens sur la Nida; ils les ont battus encore et forcés à une retraite précipitée au col de Doukla, dans les Carpates. Au total, i1s ont capturé dans les trois derniers jours 10.000 ennemis environ.
Le gouvernement italien a envoyé à Valona un régiment de bersagliers pour remplacer les fusiliers marins qui y avaient d’abord débarqué.
Des avions anglais ont survolé le port militaire allemand de Cuxhaven: des avions français ont paru au-dessus du port militaire de Pola, le grand arsenal de l’Autriche-Hongrie dans l’adriatique.
Conrad de Wied, ex-roi d’Albanie, qui s’était enfui devant la sédition de ses sujets et qui avait repris du service dans l’armée allemande, fait savoir qu’il n’a nullement abandonné ses prétentions au trône de Durazzo.

 

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