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Vendredi 2 mars 1917

Louis Guédet

Vendredi 2 mars 1917

902ème et 900ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Je suis éreinté. Temps de giboulées de mars, neige fondue, etc… Bombardement la nuit. Conseil de famille au Palais ce matin. Déjeuné au Cercle rue Noël, invité par Charles Heidsieck. Il y avait Charles Demaison, Lelarge, docteur Simon, Robinet, Farré, de Bruignac et moi. Causé d’un tas de choses, affaire Goulden, de Mumm, Langlet, etc…  potinages de Cercles, ce n’est pas cela qui me convertira à cette vie de Cercles !! En rentrant lettre désolée de ma pauvre femme pour Robert qui va bientôt partir au front. J’écris à Labitte pour lui demander conseil. Lettre de Madame Gambart m’annonçant que René Mareschal (fils de Maurice Mareschal, industriel (1898-1967)) va partir au front, il y a 2 mois 1/2 qu’il s’est engagé, cela ne me parait guère possible ! Nous verrons. Travaillé en rentrant à mes dossiers d’appels d’allocations militaires. Causé avec Jacques sur nos départs et absences, et d’Adèle qui est une grosse patraque quia le cafard. Je suis de cet avis, bref je vais demain déclencher mon voyage, après avoir vu Dondaine au sujet du Président et de mes Procureurs Bossu et Osmont de Courtisigny (Charles-Alfred (1861-1930)). Impossible d’avoir de l’essence minérale, j’ai pu arracher à Raïssac 5 litres pour ma pauvre femme. Avec tous mes travaux, ennuis, soucis, embêtements…  je suis absolument assommé de fatigue et d’abrutissement. Quelle vie de misère et puis les forces s’en vont.

10h  Je reprends mes notes pour donner le menu de Guerre du Cercle, rue Noël, en l’an du Seigneur sous les Boches 1917, 2ème du mois de Mars, le Dieu de la Guerre : Bouchées à la Reine, ______, Filet purée de marrons haricots verts, salade chicorée, fromage, mandarines, biscuits de Reims Tarpin (de l’ancienne biscuiterie de Reims Ch. Tarpin), café, liqueurs (Chartreuse, Bénédictine, Cognac), Champagne Charles Heidsieck, etc…

Bref, sans le manque de pétrole, essence minérale de houille, etc…  la vie Rémoise sous les bombes est encore…  supportable, mais malgré tout, ce confortable me froisse quand je songe à ceux qui souffrent, et à ma chère femme qui aurait été si heureuse d’avoir pareil menu, et à mes petits et mes pauvres 2 grands aussi qui vont aller au front !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

2 mars 1917 – Hier, à 20 h, certaines de nos pièces du 4e canton ont commencé à tirer, ainsi que chaque soir. La riposte est venue, comme depuis plusieurs jours, où les pièces allemandes avaient l’air de chercher les batteries en action.

Le quartier du haut de l’avenue de Laon a dû être fortement éprouvé ces jours-ci.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Vendredi 2 – Nuit tranquille sauf quelques coups de canon et mitrailleu­ses. 0°. Temps couvert. Prières à la Cathédrale. N’ai pu faire le Via Crucis parce que accès impossible. Sol jonché de débris des voûtes, enduits et pierres. Visite de M. Schmidt vicaire de Mézières, croix de guerre et fourragère. Visite d’un lieutenant envoyé par Colonel Nieger. Reçu photo­graphies et images. A 4 h. flocons de neige. Visite de M. Heidsieck et de M. Demaison de la visite de Courcelles {supra).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 2 mars

En Champagne, un coup de main effectué par nous sur une tranchée allemande, dans la région de Tahure, nous a permis de ramener des prisonniers. Action d’artillerie assez violente sur le front les Chambrettes-Bezonvaux.
Sur le front belge, violente lutte d’artillerie dans la région de Ramscapelle, Dixmude, Steenstraete, Hetsas. Le chiffre des prisonniers faits par les Anglais s’élève à 2133 pour février, dont 36 officiers.
Les Allemands ont continué à se retirer sur l’Ancre. Nos alliés ont encore progressé au nord de Miraumont de 540 mètres sur un front de 2400 mètres.
Un raid exécuté à la suite d’une émission de gaz, au sud de Souchez, leur a permis de faire un certain nombre de prisonniers. Un de leurs détachements a également pénétré dans les tranchées allemandes, au nord-est de Givenchy et la Bassée et ramené 9 prisonniers. Des détachements ennemis étaient parvenus, à la faveur d’un violent bombardement, à atteindre les positions britanniques vers Ablaincourt et Haucourt. I1s en ont été rejetés par des contre-attaques.
Les Russes ont repris une partie des positions qu’ils avaient perdues sur la chaussée Jacobeni-Kampolung.
L’Associated Press américaine publie un document prouvant que l’Allemagne voulait pousser le Mexique contre les Etats-Unis.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Tahure

Tahure

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Jeudi 8 février 1917

Louis Guédet

Dimanche 11 février 1917

883ème et 881ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  Toujours le même temps, peut-être plus froid qu’hier. Pas encore sorti, traîné pour me lever et m’habiller, cela pour le temps, que faire ? J’attends la messe de 11h1/4 à St Jacques. Il n’y fera pas chaud, elle est à tous vents. Dehors 4° au-dessous et dans ma chambre 4° au-dessus…  par ce soleil et avec du feu. J’ai froid. J’ai froid. J’ai froid au cœur et à l’âme. Misérable vie, triste vie, souffrir toujours…  toujours, c’est trop !

5h soir  Vers deux heures le temps magnifique m’incite à sortir porter mes lettres rue de Vesle, puis désœuvré je vaque, j’erre par la Ville, avenue de Paris, chemin Passe-Demoiselles, rue de Courlancy, rue du Pont-Neuf (rue Léo Lagrange depuis 1946), les allées des Tilleuls en revenant sur le Pont de Vesle. Je pousse jusqu’au pont de bois militaire de l’avenue Brébant pour retomber à la Brasserie du XXème siècle (lieu de détente détruit quelques temps après et reconstruit à l’identique en 1920, actuellement locaux d’une entreprise de transports), où dans un terrain vague jouent au football des enfants de 12 à 15 ans. Des obus se mettent à siffler, ces gamins continuent à jouer et l’un d’eux de dire au 1er obus : « T’en fait pas, on les aura !!! » puis de courir après leur ballon sans plus. Je reprends le canal, passe boulevard Louis Roederer, Drouet d’Erlon et chez Michaud pour un journal. Au débouché de la rue du Clou dans le Fer, face au théâtre, je me heurte à Pierre Lelarge et mon Auguste Goulden !! Ils s’arrêtent et nous causons un instant comme si de rien n’était. Nulle allusion à son affaire ! Je demande des nouvelles des siens, etc…  Nous nous quittons et je rentre chez moi. Auguste Goulden reste ici maintenant. Singulière aventure. L’avenir dira peut-être la vérité sur tout cela, et sur les pressions qu’on aura faites pour obtenir presque son acquittement. Néanmoins, pour moi, il restera coupable. Ceci ne me regarde pas. Je n’ai qu’à être correct tout en restant fort réservé avec lui. J’en sais trop sur cette affaire.

Vu quelques patineurs sur la patinoire St Charles…  Cela m’a rappelé les temps heureux où je patinais avec passion à Châlons. Tout cela est passé, fini pour moi. Aurais-je jamais d’heureux jours ?! Je ne le crois pas. Tout est fini pour moi. J’ai trop souffert, je souffre trop. Je n’ai plus qu’à mourir…

Absence du feuillet 429.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 8 – 29ème anniversaire de ma Consécration. – 9°. Nuit tranquille ; visite d’un Capitaine attaché au Service du Prince de Monaco(1). Duel entre artilleries. Bombes sur batteries et tranchées. Aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Le futur prince Louis II de Monaco qui montera sur le trône en 1922, fit ses études à St Cyr et servit comme général de brigade dans l’Armée française.

Jeudi 8 février

Rencontre de patrouilles au sud de la Somme, dans la région de Deniécourt, et à l’est de Soissons, près de Vailly.

En Argonne, un coup de main allemand sur une de nos tranchées vers Bourémelles n’a rapporté que des pertes à l’ennemi.

En Lorraine, après un vif bombardement de la région d’Emberménil-Voho, les Allemands ont attaqué en fin de journée, un saillant de nos lignes vers Emberménil. Contre-attaqué aussitôt, l’ennemi a été chassé des éléments avancés où il avait pris pied. Notre ligne est intégralement rétablie; nous avons fait des prisonniers.

En Haute-Alsace, une tentative de l’ennemi dans la région de Seppois a été arrêtée net par nos feux.

Sur le front belge, canonnade autour de Dixmude et de Steenstraete.

Combats sur le front russe, le long de la Bérézina et sur le front roumain, le long du Sereth.

L’armée anglaise a occupé le village de Grandcourt qu’elle a forcé les Allemands à évacuer.

La Suisse a accepté de représenter les intérêts allemands à Paris, en remplacement de l’Amérique.

L’Espagne publie le texte de la protestation très digne qu’elle a remise au gouvernement de Berlin et qui mentionne en même temps son désir de coopérer à la paix future.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Deniécourt

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Mardi 6 février 1917

Kut-el-Amara

Louis Guédet

Mardi 6 février 1917

878ème et 876ème jours de bataille et de bombardement

6h1/4 soir  Toujours froid terrible, pour la première fois mes brocs ont gelé contre mon poêle. Temps brumeux le matin, beau soleil chaud l’après-midi, à croire une détente, mais vers 5h1/2 le froid reprend de plus belle. Mon vieil expéditionnaire n’est pas venu ce matin, il a craint le froid sans doute, car hier il ne pouvait travailler à cause du froid. Travaillé un peu, fait des courses. Après-midi sorti pour des courses aussi. A 4h1/2 des obus un peu partout à long intervalles, 5/7 minutes, rien dans mon quartier. Je suis rentré à 5h1/4 quand çà a cessé. A l’instant une volée des nôtres, 8/10 coups sans arrêter, et le silence. Reçu lettre de ma pauvre petite femme toujours bien courageuse, mais ce qu’elle doit souffrir du froid !! et Marie-Louise et Maurice !! J’en ai les larmes aux yeux. (Rayé) pour (rayé)!!

Rencontré un employé d’octroi que je connais depuis 25 ans qui est ami du Capitaine Théobald. Il m’a raconté comment mes attendus étaient passés, c’était bien comme on me l’avait déjà dit une farce faite par lui à la Bande Colas, Girardot et Lallier. Il m’a affirmé que (rayé) était franc-maçon, alors cela explique bien des choses…  et cela me confirme que cet imbécile-là a été de connivence avec les 2 autres aliborons !! Je suis donc bien fixé maintenant. Voilà ma journée. Demain Caisse d’Épargne où je suis de service de 9h1/2 à 11h1/2.

Nous sommes toujours sans eau, il faut aller en chercher chez les voisins. C’est bien gênant. J’ai à peine 5° au-dessus dans ma chambre et mon poêle brûle. Il est vrai que je ménage mon bois. Quelle vie de misère, toujours sur les mêmes !!

8h soir  Il fait très froid, il gèle déjà dans ma chambre. Avant de me coucher pour avoir chaud, il faut pourtant que je note qu’on m’a appris au Greffe Civil qu’Auguste Goulden était aujourd’hui à Reims !!! après son affaire ! c’est revenir bien vite ! et bien facilement. J’apprends cela aussi dans la Ville !! Bref cette réapparition prématurée fait plutôt mauvais effet, et a une mauvaise presse !! De différents côtés j’ai entendu me dire : « Oui on laisse rentrer Goulden et on refuse à des femmes et à des enfants l’autorisation de rentrer à Reims pour se soigner et même assister aux obsèques de leur père ou de leur mère ou de leur mari !!

Ce qui est exact.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 6 – – 9°. Nuit tranquille en ville ; canons au loin ; mitraillade autour de Reims entre batteries. A 1 h. lourde canonnade française, les vitres tremblent. De 4 h. à 5 h. duel d’artillerie, bombes sifflantes. Deux femmes tuées à Saint-Remi et un enfant blessé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 6 février

Un coup de main sur les tranchées allemandes du Reichackerkopf (ouest de Munster) nous a permis de faire 16 prisonniers et de capturer une mitrailleuse.

Dans la nuit du 2 au 3 février et dans la nuit du 4 au 5, nos escadrilles ont bombardé le champ d’aviation de Colmar (Alsace), les usines militaires de Rombach, les gares de Chauny, Ham et Appilly. Un incendie a été constaté dans les bâtiments de cette dernière gare.

Sur le front belge, les Belges ont fait sauter un petit poste ennemi au nord de la Maison-du-Passeur. Activité d’artillerie soutenue.

Sur le front italien, activité moyenne d’artillerie dans le Trentin. Sur le haut Degano, un détachement ennemi a tenté de faire irruption sur les positions de nos alliés : il a été promptement repoussé.

Les Allemands ont éprouvé de nouveaux échecs sur le front russe, près de Kolncem et au nord-ouest de Friedrichstadt. Un avion allemand a atterri près de Postawy.

Avance anglaise dans les alentours de Kut-el-Amara. La cavalerie britannique a atteint sur la rive droite du Tigre un point situé à 25 milles à l’ouest de cette localité. A l’ouest de la jonction du Hai et du Tigre, nos alliés ont pris trois lignes successives de tranchées sur une étendue de 650 mètres et une profondeur de 400. Les pertes des Turcs ont été très lourdes.

La presse allemande réclame la guerre contre l’Amérique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Kut-el-Amara

Kut-el-Amara

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Lundi 22 janvier 1917

Louis Guédet

Lundi 22 janvier 1917

863ème et 861ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Ce matin la neige tombe fine et drue et parait vouloir tenir. Il fait froid. Je fais quelques courses au Greffe et vais à l’Hôtel de Ville, à la Chambre des notaires, c’est énorme le temps que l’on perd et ces allées et venues. Vers 11h la température s’adoucit, la neige nouvelle fond. Vers 2h1/2, après mes lettres écrites, je retourne à l’Hôtel de Ville voir aux allocations s’il n’y a rien d’important pour mercredi. Nous en aurons pour une demi-heure, 3/4 d’heure. Causé avec Houlon. Rencontré Charbonneaux qui me dit ses impressions sur les membres du Conseil de Guerre d’Orléans dans l’affaire Goulden. Tous ces officiers paraissaient s’en moquer, et leur opinion faite avant d’entendre qui que ce soit. Le président Colonel Gille a plutôt dédaigné les témoins, déchargé le Maire, Émile Charbonneaux, Raoul de Bary, Georget, que les écoutant pas, même considérant le Dr Langlet comme une personne négligeable. Il ne comptait pas plus qu’un boucher ou un charcutier qui serait venu déposer… Ce Colonel en a eu une bonne avec Goulden, comme celui-ci lui déclarait que sa succursale de Vienne est française : « Si votre maison de Vienne est française, dit le colonel Gille, vous me concéderez donc que votre maison de Reims est allemande !! »

Et voilà la logique de ces gens.

Bref Émile Charbonneaux est revenu avec une triste opinion de nos conseils de Guerre et surtout de ses membres !! Dire que j’en suis fâché ? Non ! Cela montre à nos riches négociants qu’ils ne sont pas des dieux, ni des aigles hors des limites de Reims. Cela ne peut que leur faire du bien.

Rentré à la maison, il fait plutôt doux. Je suis fatigué, je ne suis plus guère fort. Vais-je tomber ? Je vais, je marche en automate, mais que cette existence m’est lourde. Repassé à l’archevêché, rue du Cardinal de lorraine. Vu l’abbé Lecomte, secrétaire et vicaire Général, causé et survenant Mgr Neveux qui rentrait avec le Cardinal de faire quelques visites, notamment chez moi. Je me suis excusé. Causé assez longuement ensemble du procureur, de notre triste existence, etc…  Mgr Neveux a été plutôt cordial avec moi. J’irai dans quelques jours leur rendre visite. L’abbé Lecomte toujours affectueux avec moi. Vu aussi Lesage, parlé de mon état de santé, c’est le surmenage, et il me conseille de me reposer 1h dans la journée, et de surveiller mes insomnies, il m’a donné du bromure. Je suis bien las, bien triste.

Nos canons ont pas mal tiré cet après-midi et les allemands nous ont envoyé de gros obus vers le champ de foire, des avions, il y a bien longtemps que nous n’en n’avions vus. Le ciel était un peu éclairé et élevé, c’était fatal.

Rentrant ce soir de chez Ravaud à nuit close, les rues étaient sinistres, bordées de leurs maisons, ruinées ou non, sous leurs manteaux de neige, pas un bruit, le silence d’une tombe, quelques rares passants marchant d’un pas hâtif, furtif vers leurs logis, de crainte de réveiller un obus toujours possible. Cela émotionne, et serre le cœur. On aurait presque peur dans cette nuit sans lumière au milieu des ruines. Une seule note un peu humaine, je ne puis dire gaie, rompt de temps à autre ce lugubre silence que nos pas feutrés sur la neige semblent grandir, ce sont les voiturettes de nos laitières tintinnabulant, trimbalant ou brinquebalant, cahotant tandis que les femmes jasent entre elles ou devisent entre elles sans s’inquiéter du bruit du canon, des mitrailleuses qui claquent ou des minenwerfers ou crapouillots. Cependant que de fois je les ai maudites avec leur ferraille qui m’empêchait d’entendre les obus siffler, ou l’éclatement du schrapnel lançant sa gerbe de balles à quelques pas de nous !!! Ces femmes ont été héroïques, par tous les temps et par quelque bombardement que ce soit, au risque d’être tuées elles ont toujours fait leur distribution aux ménagères qui les attendaient patiemment sur le pas de leurs portes ou au coin des rues par groupes de 3/4 si les voiturettes ne passaient pas dans leur rue. Oui, elles ont été héroïques sans emphase, tout en jacassant, plaisantant même lorsqu’un obus sifflait un peu trop près, elles se blottissaient contre leurs voiturettes, comme si celles-ci pouvaient les protéger !! et l’obus éclaté les voilà à rire de leur peur !! Que de fois m’ont elles répondu quand je leur recommandais la prudence : « Que voulez-vous, M. le juge, on ne peut tout de même pas laisser ces pauvres femmes et ces p’tiots sans lait, et puis toutes (les bombes) ne tuent pas… » Il est vrai qu’aucune n’a été touchée depuis 30 mois !!…

Ces rentrées tardives me remémorent les scènes que j’ai lues naguère sur les tristesses et les épouvantes du choléra en 1852, ou 1831, mais au lieu des voiturettes des laitières, c’étaient les charrettes et les tombereaux dont les sonnettes appelaient en hâte leur chargement funèbre !

La ville sous son linceul de neige sommeille et le grand silence des canons la gueule ouverte s’appesantit sur elle, tandis que je me hâte vers le toit hospitalier que l’on a bien voulu m’accorder. C’est lugubre, angoissant, tragique. Les réflecteurs sillonnent le ciel, les fusils crépitent, les mitrailleuses déchirent, le canon gronde et grogne…  et les arrivées vous secouent, et tous les soirs, c’est à peu près toujours la même chose, et cela…  depuis bientôt trente mois !…  Non ! Vous ne saurez jamais ce que nous avons souffert…  ce que j’ai souffert. En verrai-je la fin ?

Si par le passé (dans l’avenir…) ces notes sont lues et même divulguées, tous auront cette impression continue de lassitude, de passivité, de tristesse, et d’aucuns diront peut-être que nous étions bien peu courageux, et ne comprendront même pas que nous soyons restés. Eh bien ! que ceux-là vivent les jours et les jours, les semaines et les semaines, les mois et les mois, les années et les années (comme celles) que nous avons vécues, passées, écoutées au son des palpitations de notre cœur angoissé, broyé, serré, saignant de douleur et de souffrance, et ils me comprendront !!  Chaque palpitation, chaque seconde de mon cœur a vécu un Drame. Le comprendrez-vous ? Vous qui me lirez, peut-être dans 100 ans, dans 50 ans, dans 10 ans, demain même ??!!!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 22 – Température : 0° ; Neige ; nuit tranquille en ville ; au loin canonnade. Aéroplanes français et allemands ; tir violent contre eux par canons et mitraillades. Violente canonnade entre batteries adverses. Chute de neige peu abondante dans la matinée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 22 janvier

Dans la région de Lassigny, une tentative allemande sur une de nos tranchées, vers Cauny-sur-Matz, a été aisément repoussée. L’ennemi a laissé des prisonniers entre nos mains.
Sur la rive droite de la Meuse, activité intermittente des deux artilleries.
Combats de patrouilles dans le bois des Caurières.
Sur le front italien, canonnades sans attaques.
Les Russes ont opéré un bombardement prolongé dans la région de Kovel.
Sur le front roumain, aucun événement n’est signalé.
Le tsar a adressé un rescrit au nouveau président du Conseil, prince Galitzine, pour affirmer sa volonté de poursuivre la guerre jusqu’à la victoire décisive et recommander une collaboration bienveillante entre le gouvernement et les assemblées. Il insiste aussi sur la nécessité de remédier à la crise alimentaire.
La Turquie proteste contre la note de l’Entente à M. Wilson, en invoquant le principe des nationalités.
La présence d’un corsaire allemand dans les eaux de l’Atlantique irrite non seulement les États-Unis, mais encore le Brésil.
Un laboratoire de munitions a sauté à , près de Berlin. Il y a des morts et des blessés.
Les Alliés ont signifié à la Grèce qu’elle avait jusqu’au 4 février pour transférer ses troupes du continent en Morée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Spandau

 

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Dimanche 21 janvier 1917

Rue Lesage

Louis Guédet

Dimanche 21 janvier 1917

862ème et 860ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Toujours le même temps, froid mais paraissant fléchir, la neige fond un peu. Il fait froid quand même. Ciel gris, vole la neige, vole toujours au-dessus de nos têtes ! Silence sur toute la ligne, c’est vraiment impressionnant ! Que se prépare-t-il ? Ce n’est pas sans m’inquiéter ! On jase, ragote, rapporte un tas de nouvelles plus ou moins vraies ! à force on n’y prête plus attention, on annonçait la prise de Soissons ! Des troupes formidables se rassemblent autour de Reims, on va évacuer…  tout cela est énervant, quoique je n’y crois pas je ne suis pas sans être impressionné. Dans la rue je suis arrêté 20 fois pour me demander ce qui peut être exact sur ces faux bruits. Je rassurer le mieux que je puis…  mais beaucoup restent incrédules. Les faux bruits sont toujours plus crus que les vraies nouvelles.

On cause toujours beaucoup de l’affaire Goulden ! En général on dit qu’il a de la chance de s’en être tiré avec la seule amende ! En tout cas tout a été bien préparé, machiné et de Truchsess a servit de « tête de turc ». Il en sera quitte pour émarger d’un x % sur les bénéfices de la Maison Heidsieck-Monopole et tout le monde sera content.

Non. Auguste Goulden n’a pas ignoré la loi du 4 avril 1915 ! A telle enseigne qu’à ce moment-là il m’a causé de sa société et de Brinck (à vérifier) son associé allemand, me demandant s’il y avait un moyen de le supprimer, et je le vois encore sur le péristyle de l’escalier de l’Hôtel de Ville causant avec moi. Et comme ma réponse était négative, et que je lui conseillais d’aller voir le Procureur de la République pour lui exposer son affaire en toute simplicité, il me répondit avec sa morgue habituelle de riche négociant : « Je ne vais pas voir ces gens-là !! » Je lui répondis : « Vous avez tort, réfléchissez ! » Et quand Dondaine, nommé séquestre est allé au siège de la société rue de Sedan pour prendre les renseignements avec le Commissaire de Police du 2ème canton, j’étais encore là : « Réponse négative ! Refus ! » – « Nous n’avons pas d’ordres !! » Toujours la porte fermée…

Tout cela ne pouvait qu’indisposer le Parquet !! auprès duquel j’ai défendu de mon mieux Auguste Goulden qui ne le saura jamais, et si le rapport de M. Bossu a été moins violent et moins dur, c’est grâce à cela, et à mes instances. Le Procureur me l’a avoué après. J’avais tout de même ébranlé sa conviction que Goulden était un pro-Boches. Mais il était très remonté contre lui au début : Je le vois encore brandissant son ordre de saisie des vins achetés par Guillaume II à la Maison Heidsieck-Monopole, et me disant : « Je saisis Guillaume en attendant la torpille que je prépare à Goulden, qui, vous avez beau dire M. Guédet, est un allemand ! » Je protestais…  je défendais ce pauvre Auguste Goulden, j’allais même jusqu’à plaider du manque d’intelligence de sa part : « Soit de la bêtise si vous voulez, M. le Procureur, mais allemand non ! » Enfin l’avenir nous dira le reste. Tout le monde complote en Champagne. (Rayé) …intéressante.

Que voulez-vous donc aussi, que le Dr Langlet, Émile Charbonneaux, Raoul de Bary, Georget disent et déposent au sujet de Goulden !! Ils ne pouvaient pas le charger et mon Dieu dire le fond de leur vraie pensée !!…

Enfin l’affaire est jugée. Il échappe à la prison, tant mieux pour lui, et surtout pour sa charmante jeune femme et son enfant. Mais l’opinion restera toujours fort incrédule sur son innocence !…  et le premier verdict sera toujours pour beaucoup le seul reconnu juste, le vrai.

Une bien bonne que Croquet mon greffier militaire pour les réquisitions me comptait hier. Il me disait qu’il n’était pas sûr que le sous-Intendant Payen viendrait à l’audience de jeudi prochain, parce qu’on avait défendu aux automobiles militaires de circuler à cause de la neige, et donc la crainte d’accidents !! Alors Payen cherchait un civil ayant automobile qui pourrait l’amener ici jeudi !! C’est le comble !!…  et bien militaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 21 janvier 1917 – Par un beau temps sec et un calme relatif assez engageant, l’idée me vient de tenter une promenade matinale en direction du Petit-Bétheny, sans savoir quel pourra en être le terminus, puisque c’est la première fois que j’essaierai de me rendre compte jusqu’où les habitants de Reims sont autorisés à circuler de ce côté. Je m’aperçois, en suivant la rue de Bétheny que la limite de circulation est fixée à hauteur de l’établissement des Petites Sœurs des Pauvres, la zone militaire commençant à cet endroit.

Ne pouvant aller au-delà, j’effectue mon retour par la rue de Sébastopol, le faubourg Cérès et la rue Jacquart que je n’ai qu’à longer jusqu’au bout pour rentrer place Amélie-Doublié par la rue Lesage.

Tandis que je m’approche du pont Huet et que les sifflements se font entendre maintenant et de mieux en mieux, je vois parfaitement les explosions des obus se succédant les uns aux autres, rue de Brimontel, à droite, vers le dépôt des machines de la Cie de l’Est. C’est là, que « ça » tombe aujourd’hui sans arrêt.

La pensée me vient seulement, en apercevant nos pièces en batterie à la gare du CBR, puisqu’elles se sont mises à claquer au moment de mon passage devant elles — ce qui m’a fait comprendre une fois de plus, qu’à si peu de distance et lorsqu’on ne s’y attend pas, il faut bien se tenir au départ d’un 75 — que je me trouve peut-être par ici, dans une zone interdite. Je l’ignore totalement, n’ayant vu personne depuis le faubourg Cérès, et, d’ailleurs, je suis trop près du but maintenant ; je continue donc en traversant les voies du chemin de fer sur le pont Huet, pour regagner mon domicile provisoire, dans le quartier, par la partie haute de la rue Lesage, où il n’y a plus guère que des cantonnements.

Et tout en terminant ma tournée, je pense que les canonniers qui m’ont révélé leur présence doivent s’amuser, de temps en temps, quand ils voient venir quelque passant à qui ils ne peuvent faire une surprise ; il est vrai que l’occasion doit être très rare dans ces parages.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue Lesage


Cardinal Luçon

Dimanche 21 – – 2°. Nuit tranquille ; journée tranquille en ville ; au loin canonnade.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 21 janvier

Dans la région du sud de Lassigny, la lutte d’artillerie a continué avec une certaine violence. Un coup de main ennemi, dirigé sur une de nos tranchées, a échoué.
Au nord-ouest de Soissons, une incursion dans les lignes adverses du secteur de Vingré, nous a permis de ramener des prisonniers.
En Alsace, rencontre de patrouilles dans le secteur de Burnhaupt. Une forte reconnaissance allemande qui tentait d’aborder nos lignes dans la région au sud-ouest d’Altkirch a été repoussée par nos feux. Canonnade intermittente sur le reste du front.
Sur le front belge, bombardement réciproque dans le secteur de Ramscapelle. Les pièces belges ont contre-battu les batteries allemandes dans la région de Dixmude, où de violents duels d’artillerie out eu lieu au cours de la journée. Vives actions d’artillerie de campagne et de tranchée vers Steenstraete et Hetsas.
Sur le front d’Orient, canonnade dans la région de Magarevo-Tirnova, sur le Vardar et vers Djoran.
Les Russes ont exécuté un raid heureux dans la zone de Sparavina. Rencontres de patrouilles au sud de Vetrenik et sur la Strouma, vers Hornoudos.
Les Russo-Roumains ont cédé du terrain aux Austro-Allemands à l’un des passages du Sereth.
Canonnade sur le front italien.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 19 janvier 1917

Louis Guédet

Vendredi 19 janvier 1917

Le froid persiste et la neige aussi, avec verglas. Je suis assez grippé. Pas sorti ce matin, travaillé. Après-midi, été assister à l’ouverture d’un coffre-fort, le 55ème !!!

Depuis le retour de Paris, le texte a été recopié par Madeleine. Il manque le feuillet 408.

La ville parait être un tombeau.

Au sujet d’Heidsieck-Monopole 4 journaux parlent du jugement du conseil de Guerre d’Orléans, devant lequel le procès en révision d’Auguste Goulden avait été renvoyé. L’Écho de Paris résume les griefs et les dépositions, etc…  résultat condamnation sur le 3ème et dernier chef, seulement pour défaut de déclaration de créances et conventions existant avec l’Ennemi, à 20 000 F le maximum. On ajoute que le défaut de déclaration vient de ce que le fondé de pouvoir M. de Truchsess n’aurait pas fait le nécessaire comme c’était son devoir, etc…  Oui ! mais c’est tout le contraire qui a eu lieu, chaque fois que le Procureur de la République a envoyé quelqu’un pour faire prendre des renseignements, on a toujours répondu par ces mots : « Impossible, nous n’avons pas reçu d’ordres ! » Réponse faite par Ballon de Truchsess lui-même, le fondé de Pouvoir. Bref je reviendrai sur cette histoire scandaleuse après que j’en aurai causé à Dondaine, qui comme moi a été au courant de ce qui s’est passé.

En tout cas l’Écho de Paris ne parait pas très convaincu de l’innocence d’Auguste Goulden, et de la justesse du verdict !!!  et moi aussi. Tout cela, mystères, compromissions, combinaisons (Charbonneaux, Langlet, Raoul de Bary, Georget, appelés à la rescousse, et tous assez embêtés de cela du reste)… (rayé)

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 19 – – 3°. Nuit tranquille à Reims. Neige et gelée, temps couvert. Je n’ai pas pu ouvrir la porte de la palissade de la Cathédrale, à cause sans doute que la serrure était collée par la glace au chambranle. Via Crucis in Cathedrali à 2 h. Étrennes. Forte canonnade réciproque entre batteries adverses dans la matinée. Canons allemands faisant un bruit énorme.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 19 janvier

Duels d’artillerie assez sérieux dans les Vosges, en Lorraine, et dans la région de Soissons. Calme sur le reste du front.
Sur le front belge, canonnade dans les secteurs de , de Dixmude et d’Hetsas. Lutte à coups de bombes vers Steenstraete. Les Anglais ont réalisé de nouveaux progrès au nord de Beaucourt-sur-Ancre, à la suite de l’opération qu’ils avaient exécutée dans ce secteur. Ils ont bombardé les positions ennemies à l’est du bois Grenier et de Ploeghteert. L’artillerie allemande a montré de l’activité au sud de Sailly-Saillisel et à l’est de Béthune.
Les Russes, au sud de Smorgon, ont pénétré dans les retranchements allemands; en même temps, ils faisaient jouer trois galeries-mines. Dans la région à l’ouest de Semerinka, leur artillerie a détruit les abris ennemis. Sur la Bistrytsa, les éclaireurs ennemis ont été repoussés et ont abandonné des armes et des munitions.
Dans les Carpathes boisées, les Austro-Allemands ont subi un échec au sud du mont Puévi.
Sur le front roumain, échec de l’ennemi au sud de l’Oltuz et au sud de Monastirka. Succès roumain au sud-ouest de Proléa : nos alliés ont capturé de nombreux prisonniers et 7 mitrailleuses.
Le général Chouvaïef, ministre de la Guerre russe a démissionné; il est remplacé par le général Bielaef.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

ramscapelle

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Mercredi 13 décembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 13 décembre 1916 

823ème et 821ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps gris brumeux, très froid. Je rattrape mon retard. Je pense en avoir terminé demain. De Paris je suis revenu découragé, écœuré de la veulerie de tous ces gens qui tremblent. Ces Parisiens accepteraient la paix avec des coups de pieds au derrière. C’est honteux et dégoûtant. Ils sont si malheureux !! Cette crainte trouble leurs petites habitudes et leurs amusements ou futilités !…  Causé avec divers de l’affaire Goulden, on m’a donné une plaquette de Mt Bonnet, avocat d’Auguste Goulden, cherchant à l’innocenter : c’est faiblard, très faiblard…  S’il n’a que cela comme argumentation devant le 2ème Conseil de Guerre chargé de la révision du premier jugement pour obtenir un acquittement. J‘estime que ce n’est guère probable. Mais quelle campagne !! Après tout il a fait une bêtise par lucre. Eh ! bien ! qu’il paie !

Sorti un peu l’après-midi pour des courses, rien appris. Reçu ce matin visite du Général Cadou, commandant de Place, pour donner un constat d’attestation de perte de valeurs en pays envahis. Causé de choses et d’autres, puis de mon affaire de simple Police du 3 octobre 1916, qui a fait tant de tapage. Il m’approuve entièrement et lui-même m’a dit : « Vous avez parfaitement agi. Colas et Girardot sont 2 brutes !! » Me voilà fixé. En haut lieu on a compris mon geste. C’est tout ce que je désire. Ce que je lui ai dit en ajoutant que je regrettais que ces 2 imbéciles faisaient courir le bruit que j’étais antimilitariste !! avec 2 enfants soldats engagés !!  Volontaires !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

13 décembre 1916 – L’Allemagne déclare faire des offres de paix — mais ne parle pas de conditions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 13 – + 4°. Nuit tranquille. 9 h. bombes sifflent ; 6 tombent quartier S. Remi, dans des maisons, sans victimes. On pense que les Allemands cherchent à repérer notre pièce de marine. Item 2 à 2 h. 1/2 échange de coups entre les deux artilleries. Reçu visite de M. Renaud Gautier (ou Gaucher) de l’avenue de Laon, teinturier, réfugié à Angers. Visite au Fourneau de S. Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 13 décembre

Dans la région au nord de Lassigny, après un vif bombardement, les Allemands ont attaqué nos tranchées à la lisière est du bois des Loges. Nos tirs de barrage ont disloqué l’attaque. Quelques fractions ennemies, qui avaient pris pied dans nos éléments avancés, en ont été chassées après un combat à la grenade. Notre ligne est entièrement rétablie.

Combat d’artillerie au sud de la Somme, dans les secteurs de Biaches et de la Maisonnette.

Les Anglais ont exécuté avec succès des travaux de mines au sud d’Ypres, aux abords de la redoute Bluff. Activité de l’artillerie et des mortiers de tranchées ennemis en face de Festubert et de Neuve-Chapelle. Un incendie a été observé dans un dépôt de munitions allemand, vers Vimy.

Au nord de l’Ancre, en réponse à des tirs d’artillerie, les Anglais ont bombardé les tranchées de soutien et la zone arrière ennemies.

Sur le front roumain, l’ennemi a attaqué sans succès dans la vallée du Buzeu, au nord de Torislaou, sur la rivière Cricol et à l’ouest de Mizil.

Sur le front russe, l’ennemi a pris l’offensive dans les Carpates boisées. Il a été refoulé. Les Russes se sont emparés d’une hauteur dans la vallée de la Sloueta.

Le chancelier allemand a remis une note aux représentants américain, espagnol et helvétique, en les priant de transmettre aux puissances de l’Entente une offre de paix. Cette offre est partout considérée comme une simple manœuvre.

Le cabinet Briand reconstitué et resserré s’est présenté devant la Chambre des Députés. Il a formé dans son sein un comité de guerre de 5 membres.

MM. Briand et Lloyd George échangent des télégrammes attestant leur volonté de poursuivre la guerre jusqu’à la fin victorieuse.

Des troubles sanglants auraient éclaté à Hambourg.

Le roi de Grèce adresse ses regrets à la France pour le guet-apens d’Athènes.

Source : La guerre au jour le jour

lassigny

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Mardi 12 décembre 1916

Louis Guédet

Au mardi 12 décembre 1916 – 822ème et 820ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Temps froid, tempête de vent. Je rentre de Paris, fatigué, exténué. Appris pas mal de choses, que je noterai ces jours-ci, en venant. Goulden, Thomas (Albert Thomas, Ministre de l’Armement (1878-1932)), Panhard, etc…

Voyage fatiguant à tous titres. Chaque jour je partais le matin à 7h du matin et ne rentrais à l’Hôtel qu’à 10/11h du soir…  Ici le calme, on parle d’attaque, de gaz asphyxiants, etc…  enfin, je suis rentré en Enfer !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 12 – + 4°. Nuit tranquille. 9 h. bombes sifflent, 6 tombent quartier S. Remi, dans des maisons ; sans victimes. Combat violent, très très au loin. Départ de Mgr Neveux pour rentrée de l’Institut Catholique.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

st-remi


Mardi 12 décembre

Luttes d’artillerie violentes dans la région de la Ville-aux-Bois (nord-ouest de Reims) et dans le secteur de Douaumont.

Un coup de main exécuté par nous sur les tranchées adverses au bois Le Prêtre (ouest de Pont-à-Mousson) a donné de bons résultats.

En Macédoine, les attaques des troupes alliées dans le secteur au nord de Monastir ont été gênées par le mauvais temps. Les Germano-Bulgares ont opposé une résistance acharnée. La lutte a été particulièrement vive au nord de la cote 1050 où une hauteur attaquée par les Russes a passé de mains en mains. Vers le village de Vlaklov, nos troupes ont progressé d’environ 800 mètres. Sur le reste du front, la pluie et le brouillard ont suspendu les opérations.

Sur le front belge au nord de Dixmude comme dans la région de Steenstraete, ont eu lieu des bombardements réciproques.

Plusieurs attaques autrichiennes ont été repoussées sur le front italien.

Les Roumains, après avoir subi un échec entre Ploesti et Buzeu, ont rétabli leur front.

M Lloyd George a adressé une lettre à chacun des membres de la Chambre des Communes pour affirmer sa volonté de continuer la guerre jusqu’à une conclusion victorieuse.

Source : La guerre au jour le jour

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Dimanche 3 décembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 3 décembre 1916

813ème et 811ème jours de bataille et de bombardement

6h du soir  Brouillard le matin, gelée, il fait fort froid. Beau soleil dans la journée. Le brouillard s’élève à la chute du jour. Été messe de 8h1/2 (grand-messe) à la Chapelle Cathédrale de la rue du Couchant. Le Cardinal Luçon y assistait. Rentré ensuite à la maison pour travailler, ranger, etc…  Après-midi porté mes lettres à la Poste rue de Vesle avant 3h. Passé au Petit rémois (le journal) et causé des événements, donné une consultation sur un cas d’allocation de réfugié. Bienvenu me dit que Goulden est allé en révision, et qu’il lui a dit et fait dire que ce sera l’acquittement sur toute la ligne ! Attendons. Écoutons. Passé à l’Hôtel de Ville, causé avec le secrétaire de la sous-préfecture M. Martin, qui me donne des affiches de l’Emprunt, causé et rentré chez moi après avoir acheté des journaux qui, hélas, n’annoncent rien de bon du côté de Buchavo (Bukovo, actuellement Bitola en Macédoine), non plus que du côté de la Grèce où on a tiré sur nos troupes à Athènes ! Qu’on l’arrête, qu’on destitue donc cet allemand de roi Constantin (qui avait épousé Sophie de Prusse, fille de l’Empereur Frédéric III d’Allemagne), et qu’on ait la paix avec toute la clique.

Le bas de page a été découpé, les trois derniers mots ont été recopiés par Madeleine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 3 – – 2°. Nuit tranquille. A 10 h. un aéroplane malgré le froid. Journée paisible.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 3 décembre

L’activité de l’artillerie a été faible sur tout le front sauf sur la rive droite de la Meuse, où l’ennemi a bombardé violemment la région de Vaux.

Une pièce allemande à longue portée a tiré plusieurs coups dans la direction de Nancy.

Lutte d’artillerie dans la région de Dixmude. Un violent combat à l’aide de lance-bombes s’est déroulé au nord de cette ville.

Sur le front britannique, bombardement intermittent de part et d’autre de l’Ancre. Un petit détachement ennemi qui avait réussi à pénétrer dans les tranchées anglaises au nord de le Sars, en a été rejeté aussitôt.

Activité réciproque de mortiers de tranchées vers Ypres, Armentières et la redoute Hohenzollern.

Canonnade sur le front italien.

Les Russes poursuivent une âpre offensive dans les Carpates boisées.

Les Roumains ont reculé au sud de Potesti, sur l’Argès et sur la Dambovitza, qui est la rivière de Bucarest. Au sud de cette ville, ils ont repris Comana et Gostinari. Les Russes se sont emparés de la partie est du pont de Cernavoda.

Les troupes régulières grecques, aidées de démobilisés, ont attaqué nos marins dans Athènes. Nous demandons réparation.

Source : La guerre au jour le jour

diksmuide stadhuis

 

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Mardi 28 novembre 1916

Louis Guédet

Mardi 28 novembre 1916

808ème et 806ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux, surtout la neige, froid glacial. Déjeuné chez les Abelé dans leurs caves, avec Charles Heidsieck. Marcel Heidsieck et M. (en blanc, non cité), parlé de choses et d’autres, des événements, de la Roumanie, de la crise ministérielle. Marcel Heidsieck disait que Poincaré avait été très mal reçu par les soldats aux tranchées qui lui envoyaient des pierres, résidus, etc…  et réclamant Briand, alors que l’on voudrait déboulonner Briand. On dit…  qu’est-ce qu’on ne dit pas. Tout cela est fort triste, de plus les anglais prépareraient une grande attaque dans le nord pour soulager la Roumanie. Attendons, mais quand verrons-nous la fin de tout cela.

A deux heures simple police, rien de saillant, sauf que mon brave Commissaire Speneux dit qu’il a été malmené par le Procureur, chose que j’ai difficile à croire, et que maintenant il ne dira plus rien à l’audience, et qu’il ne demandera plus que l’application de la loi. Il fera bien et s’il croit m’embarrasser il se trompe, sa mauvaise humeur et celle de Palliet (né en 1859 et décédé à Nice en 1939) se passeront. En tout cas je suis débarrassé des procès honteux que l’on m’envoyait. On me dit que Colas et Girardot partiraient, suite de l’affaire Goulden et de la mienne. Bon voyage si cela est vrai.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 28 – Nuit silencieuse. + 2°. Journée silencieuse sauf quelques coups de canons.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

AMardi 28 novembre

Canonnade habituelle sur divers points du front de la Somme et du secteur Douaumont-Vaux. Un groupe de nos avions a bombardé dans la nuit du 26 au 27 novembre les terrains d’aviation de Guizancourt et de Marigny. Les projectiles ont porté au but. Le front britannique est relativement calme, hormis une certaine activité d’artillerie de la part de nos alliés, vers la Bassée. Sur le front de la Cerna, une contre-attaque bulgare, lancée sur les positions serbes, dans la nuit du 26 au 27, a été repoussée avec des pertes sanglantes pour l’ennemi. Au nord de Monastir, la lutte d’artillerie se poursuit, violente, de part et d’autre. Les zouaves ont pris la cote 1050, à l’est de la route de Prilep. A notre aile gauche, les troupes italiennes continuent à progresser dans la région montagneuse de Dchovo. Les Roumains ont perdu une partie de la vallée de Wede, affluent du Danube. Mackensen a occupé Alexandria, à 80 kilomètres au sud-ouest de Bucarest, tandis que Falkenhayn s’avance de Rymnik sur Curtea de Arges, en franchissant la vallée du Polog. La lutte a repris, assez violente, en Dobroudja. Canonnade sur le front italien, dans les secteurs du Trentin et du Carso.

Source : La guerre au jour le jour

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Dimanche 26 novembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 26 novembre 1916

806ème et 804ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Temps nuageux, brume, mais assez élevé. Messe à 7h et mis à mon travail sur l’Incendie de l’Hôtel-Dieu. J’ai fini mon brouillon. Je n’ai plus qu’à le recopier. J’ai travaillé sans désemparer jusqu’à 3h. Je suis fatigué. Sorti pour acheter un journal et rentré. Triste journée. Que ces dimanches sont pénibles pour moi, et puis cette tombée du jour est si triste…  chaque jour. Quand donc ce martyr cessera. Reçu pas mal de lettres. Encore des valeurs à emporter à Paris. Quelle vie ! Quelle corvée. Je suis bien las, las, las…  Heidsieck me quitte, causé surtout de l’affaire Goulden, il a été obligé de faire paraître une note dans les grands journaux à cause de la confusion de la marque « Heidsieck-Monopole » et du nom « Charles Heidsieck ».

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Nuit tranquille. +5°. Journée silencieuse. Retraite du mois.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 26 novembre

Grande activité des deux artilleries dans la région du fort de Vaux. Sur le front britannique, l’artillerie et les mortiers de tranchée ennemis ont tonné au sud de l’Ancre et vers la redoute Hohenzollern. L’artillerie lourde anglaise a canonné plusieurs positions importantes en arrière des lignes allemandes. Le mauvais temps continue. Les aviateurs anglais ont exécuté des reconnaissances et travaillé en liaison avec l’artillerie. Un des appareils n’est pas rentré. Le brouillard et la pluie ont ralenti les opérations sur le front de Macédoine. Les Serbes ont repoussé une contre-attaque bulgare dans la région de Grunista. A l’ouest de Monastir, les troupes italiennes continuent à progresser. Les Anglais ont chassé des détachements ennemis sur le front de la Strouma. Les Russes ont livré quelques escarmouches vers Riga et Smorgone. Les Roumains ont dû se replier sur la rive gauche de l’Oltu, du côté de Slatina, à 130 kilomètres de Bucarest. Les Austro-Allemands ont franchi le Danube sur deux points, en amont et en aval de l’embouchure de l’Oltu. Les opérations se sont ralenties en Dobroudja. Sur le front italien, activité d’artillerie au plateau d’Asiago.

Source : La guerre au jour le jour

 

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Mardi 21 novembre 1916

Louis Guédet

Mardi 21 novembre 1916

801ème et 799ème jours de bataille et de bombardement

8h1/4 soir  Temps brumeux, froid. Le calme. Journée fort occupée à rattraper le courant de ma correspondance qui, hélas ! ne tarit pas à chaque courrier, et il n’y en a qu’un par jour ! Je vois les lettres en retard s’accumuler. J’en abats, j’en abats et cela ne diminue pas. Pas sorti ce matin. Après-midi fait des courses, Ravaud, Lesage à qui j’ai appuyé son admission comme chimiste expert du Tribunal sur ma recommandation à M. Delaunay, juge d’instruction. Le brave Lesage en était tout réjoui. C’est un bon enfant ! Son frère était là, décoré de la Légion d’Honneur et Croix de Guerre à 22 ou 23 ans, sous-lieutenant. Vu et passé à la Ville, rien de particulier. J’ai causé à Raïssac de mon greffier militaire Croquet, on lui accordera le supplément qu’il désire pour vivre, en sus de sa solde de subsistance qui est de 1,41 ½ + 0,25 solde = 1,66 ½ par jour, ce qui est insuffisant ici. Vu ensuite M. Bossu, Procureur de la République, pour l’aviser de mon retour. Toujours fort aimable, il m’aime bien. Causé de choses et d’autres, il me dit avoir vu le fameux Capitaine de Gendarmerie Girardot. Son exclamation : « C’est une brute, doublée d’un gendarme ! » Je suis de son avis. Il parait que le citoyen a voulu lui parler de mon Affaire avec un grand A, mais çà n’a pas pris !!…

Il paraitrait que le G.Q.G. (Grand Quartier Général), ferait une enquête sévère sur Colas de (rayé) ma foi ! ce ne serait que « pain bénit ». Je ne m’en plaindrais pas. (Rayé) serait ainsi (rayé) de cette société peu enviable ni recommandable. Il me disait que lui-même n’en (rayé) pas fâché. Il est absolument de mon avis sur la moralité et l’amoralité du (rayé) qu’il juge à sa juste valeur. Il m’a appris que (rayé) avait été aussi (rayé) comme (rayé) dans cette affaire. Cela me confirme et me fait comprendre la lacune que je trouvais dans cette affaire Goulden. En effet les associés ayant tous la signature sociale, j’étais très surpris que seul Goulden fut inculpé. Or voilà les faits rétablis exactement, ce que m’a dit le Procureur. Lewthwaite a été inculpé avec Goulden, qui était le principal coupable et Eugène Walbaum nécessairement mis hors de cause parce que sur le front, ou tout au moins mobilisé. L’affaire est nette maintenant, en clair, en résumé c’est la Maison Heidsieck-Monopole qui a bel et bien été impliquée de commerce avec des ennemis en la personne de ses associés non mobilisés et gérant réellement l’affaire commerciale en l’absence d’Eugène Walbaum (1872-1929). Goulden comme principal inculpé et Lewthwaite comme associé responsable. C’est du droit pur. Donc le jugement du conseil de Guerre condamne non seulement Goulden, mais aussi la Maison Heidsieck-Monopole. Robert Lewthwaite a été acquitté personnellement. Causé aussi des légalisations pour Reims et des difficultés pour Reims d’envoyer des pièces à légaliser à Épernay. M. Bossu est comme moi d’avis qu’on devrait me déléguer pour ces législations et me considérer comme Juge de Paix de Canton hors tribunal civil. Nous devons y recourir du reste.

Journée bien remplie. Demain messe anniversaire à 7h du matin pour mon pauvre Maurice ! 2 ans déjà !! J’en soufre comme au premier jour. C’était mon seul et vrai ami. Je suis bien seul maintenant. Et il me faut songer à ses petits comme ceux des miens, c’était promis, du reste !! Mon cher Maurice prie pour moi et protège-moi, dirige-moi pour l’Honneur, pour ta chère femme et tes enfants, et pour Louis mes aimés, ma chère femme et nos chers petits. J’en ai 2 soldats, mon cher Maurice, et ton René va aussi entrer dans la fournaise. Protège-le, protège-les, protège-nous, protège-moi, Dirige-moi, conseille-moi, que tous soient dignes dans le Droit et le Devoir. Et que j’ai la joie de voir les tiens et les miens heureux et prospères… !!…  Alors je pourrais te dire que j’ai rempli ma promesse, mon devoir envers toi et ta bonne amitié.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 21 – Nuit tranquille. + 2° ; brouillard. Rénovation des Promesses Cléricales, à 4 h, chapelle du Couchant. Allocution par moi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 21 novembre

Assez grande activité de l’artillerie ennemie au nord de la Somme et dans le secteur de Douaumont. Sur le front belge, lutte d’artillerie dans la région de Dixmude et de Boesinghe et combats à coups de bombes. Sur le front britannique, l’ennemi a bombardé Beaumont-Hamel et les environs de Gueudecourt, 80 nouveaux prisonniers sont tombés entre les mains de nos alliés. Les Roumains ont arrêté l’ennemi dans la vallée de l’Olt, mais continué leur repli dans celle du Jiul. Les Italiens signalent des actions d’artillerie sur le front du Trentin ; les travaux de l’ennemi sont entravés par leur tir. Dans le Haut-Bul, les Autrichiens ont bombardé les positions du Pal Piccolo et de Freikofel. Sur le Carso, ils ont attaqué avec de gros contingents la cote 126, et réussi à occuper un des retranchements italiens. Partout ailleurs, ils ont été repoussés avec de grosses pertes. C’est une victoire complète que les troupes alliées ont remportée en Macédoine. La cavalerie française est entrée la première dans Monastir, suivie d’une colonne d’infanterie franco-russe. Nos troupes ont passé immédiatement au nord, prenant la cote 821, le village de Karkhura et arrivant aux abords de Karannes et d’Orizani. Nous avons fait 622 prisonniers et capturé un nombreux matériel.

Source : La guerre au jour le jour

Gueudecourt

Gueudecourt

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Dimanche 18 juin 1916

Louis Guédet

Dimanche 18 juin 1916

645ème et 643ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Temps couvert, mais qui s’est éclairci à la fin de l’après-midi. Rien de saillant. En ce moment des avions. Messe de 8h rue du Couchant. Vu Dargent, Curt, parlé de l’affaire Goulden, on ne sait lequel croire, heureusement que je suis fixé là-dessus. Henri Abelé vers 9h1/2 m’a invité à déjeuner pour jeudi. Son fils Joseph est à Verdun. Curt m’a dit que M. Lorin était inquiet pour son fils Marcel qui était aussi à Verdun et dont il n’a pas de nouvelles depuis 8 jours. Il parait que cette 52ème Division a été écharpée, on parle de 50% de pertes. Pourvu qu’il ne soit rien arrivé à cet enfant. M. Abelé me disait qu’il n’était revenu du 291ème de ligne que 900 hommes. Le colonel est fou, à la suite de l’ébranlement survenu. On dit que la 52ème Division aurait été engagée trop tôt. Été me promener vers 4h et rentré une heure après. Voilà encore une triste journée passée. Écrit pas mal de lettres.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 18 – + 10°. Nuit tranquille. Confirmation aux Caves Chaumet, St-André. Aéroplanes français de 5 à 7 h. 1/2, tir contre eux. Mgr Neveux confirme à Ste-Geneviève.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 18 juin

En Belgique, duel d’artillerie assez intense au cours de la nuit dans le secteur de Lombaertzyde.
Sur la rive gauche de la Meuse, bombardement continu de nos premières lignes à la cote 304 et de nos deuxièmes lignes dans la région de Chattancourt. Une attaque à la grenade sur la redoute d’Avocourt et sur nos postes avancés à l’ouest de la cote 304 a été repoussée.
Sur la rive droite, une attaque de nos troupes sur les positions allemandes au nord de la cote 321, nous a permis d’enlever quelques éléments de tranchées et de faire une trentaine de prisonniers. Violente lutte d’artillerie dans le secteur sud du fort de Vaux.
Combat de grenades en forêt d’Apremont. Nous bombardons les camps et organisations des Allemands à Montsec (est de Saint-Mihiel). Une de nos pièces à longue portée a tiré sur la gare de Vigneulles-lès-Hattonchâtel, où un incendie s’est déclaré.
Dans les Vosges, un coup de main à l’est de Thann nous a permis de ramener des prisonniers, sans pertes pour nous.
Bar-le-Duc a été bombardé à deux reprises par des avions ennemis : 4 morts et des blessés. Des avions ont bombardé aussi Pont-à-Mousson, mais sans résultat. Nous avons jeté 33 obus sur les gares de Longuyon, Montmédy, Audun-le-Roman.
Les Russes ont fait 1300 prisonniers et enlevé Radsivillof, près de la frontière galicienne.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Lundi 15 mai 1916

Louis Guédet

Lundi 15 mai 1916

611ème et 609ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Pluie diluvienne qui a cessé vers 3h de l’après-midi. Travaillé le matin. Après-midi fait quelques courses, vu quelques personnes, Houlon, Robert Lewthwaite, Auguste Goulden qui rentrait de voyage. Été au cimetière du Nord qui est assez abîmé par les derniers bombardements, monuments brisés, tombes ouvertes. Rentré travailler. Journée monotone. Je dois sans doute aller à St Thierry faire une description de mobilier au Château.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 15 – Nuit tranquille, Confirmation à Ay (moi) et à Magenta, Mgr Neveux. Coups de canon vers 8 h. 1/2 ou 9 h. soir ; item à 4 heures du matin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 15 mai

Au sud de Roye, nous avons repoussé un coup de main sur une de nos tranchées du bois des Loges.
En Argonne, à la Fille-Morte, nous avons fait sauter deux mines qui ont détruit une tranchée allemande.
Dans la région de Verdun, canonnade intermittente dans les différents secteurs. Aucune action d’infanterie.
Sur le front belge, la lutte d’artillerie a repris avec une grande intensité dans la région de Dixmude et au nord de cette ville.
Autour de Salonique, les orages violents qui se succèdent gênent les opérations militaires. Nos avions ont bombardé les campements de Guevgheli.
Dans la région d’Erzindjan, les Russes se sont emparés, à la suite d’une impétueuse attaque de nuit, d’un haut massif montagneux; ils ont capturé 50 officiers et 365 soldats turcs. A l’aile gauche, ils ont battu l’armée ottomane et pris 2000 fusils.
Sur le front russe d’Europe, les Allemands ont bombardé un secteur dans la région du canal d’Oginski; ils ont attaqué au sud de la Pripet. Il est avéré que la disette de viande s’est encore accrue à Berlin où la ration quotidienne va être diminuée.
Des émeutes ont eu lieu à Mannheim.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 21 décembre 1915

Angle rue de Cernay et rue Croix St-Marc

Louis Guédet

Mardi 21 décembre 1915

465ème et 463ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 soir  Journée exténuante. Y suffirai-je. Pluie glaciale. Signifié au sous-inspecteur Magny de l’enregistrement qu’il aurait dû me prévenir pour vérifier mes minutes. Charles Heidsieck est venu me conter son aventure Schülz qui se greffe sur l’affaire Goulden Lelarge et Cie par le Parquet général !!! Quelle histoire pour rien. Louis Leclerc, mon liquidateur est venu me voir en permission. Au 120ème de ligne, il est toujours aux Éparges. Dieu quelle vie pareille, et il raconte cela avec un calme inouï. Quand nous chargeons à la baïonnette, çà entre comme dans un sac de son, c’est mou !! Voilà son impression ! Pauvre garçon ! Il a déjà été cité 2 fois à l’ordre du jour et attend la Croix de Guerre.

Je prépare mon voyage à St Martin, mais y arriverai-je !! Je n’ai plus la force de causer avec mes notes. J’aurais cependant tant de choses à leur confier !! à ce cahier de Guerre !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 21 – Nuit tranquille, sauf canonnade assez active jusque vers 10 h du soir. Le reste paisible. Matinée tranquille sauf vers 11 h quelques gros coups de canons. Messe des morts pour les fondations. rénovation des promesses cléricales ; allocution à Chapelle du Couchant ; à l’Est dans la soirée, violente canonnade ; les batteries de la ville tirent activement jusqu’à 11 h soir.

Annoncé à la grand’messe, la nomination de Mgr Landrieux à l’épiscopat.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mardi 21 Décembre 1915.  Encore une déception. J’étais partie de bon matin pour arriver à l’ouverture des bureaux. En effet il n’y avait encore personne. Tout le long du chemin j’avais fait des rêves, encore une fois écroulés. Bref, quand on me remet ma correspondance il y avait tout d’un coup une carte de Marcel Thomassin. Je ne sais pourquoi il a eu l’idée de m’écrire. Datée du mois d’août. Et comme lettre du Ministère, c’était un avis de dépôt m’avisant de donner mon adresse par retour du courrier (il y avait un mois de cela) pour qu’ils puissent me renvoyer tes habits civils avec lesquels tu étais parti lors de la mobilisation. Cela m’a fait plaisir quand même ; je ne comptais jamais les ravoir. C’est le costume dans lequel je t’ai vu la dernière fois. Je ne le reverrai pas sans serrement de cœur. Je te vois encore descendre la rue Croix Saint Marc ; dans mes oreilles j’ai encore le bruit de tes pas. Comme c’est loin …

Je quittai la Poste et en repartant j’entrai dire bonjour à Mme Dreyer. Toujours sans nouvelles, elle aussi. Sa petite fille qui a un mois de plus que notre Blanchette court toute seule, tandis que la nôtre marche à la main. Elle s’appelle Geneviève ; elle n’est pas vilaine mais notre fille, mon Charles, est plus fine, plus belle. On cause un peu ; elle s’ennuie.

Je pars remercier Mme Forgeât et lui dire ce qu’il résulte des lettres. M. Biset vient de revenir en permission. Pour lui faire une surprise ils avaient mis leur petit garçon en culotte. Tout cela me navre mais j’ai pu établir la comparaison avec notre coco. Le petit Biset est aussi grand mais il est loin de parler franchement comme André. J’ai causé un peu et je suis repartie. Voilà encore une journée pas plus gaie que les autres.

Mais je veux toujours espérer. Je t’aime.

Ta petite femme qui t’aime toujours.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL
De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Mardi 21 décembre

Actions d’artillerie violentes en Artois (Loos, Bully, Givenchy).
Entre Soissons et Reims, nos obus ont démoli une passerelle à Vailly. Notre artillerie a déterminé trois explosions dans les ouvrages allemands de la Ville-au-Bois.
Nous avons canonné et dispersé une troupe ennemie en marche près d’Auberive, en Champagne. Nous avons endommagé une voie ferrée près de Gratreuil, en y paralysant toute activité.
En Argonne, nous avons bombardé des tranchées allemandes de la Fille-Morte. Aux Courtes-Chausses, nous avons fait sauter un dépôt de munitions.
Près de Saint-Mihiel, nous avons exécuté un tir efficace sur le bois de Lamorville, en atteignant un blockhaus de mitrailleuses.
Quatre de nos avions de bombardement et sept appareils mitrailleurs ont opéré sur la gare de marchandises de Mulhouse.
A Salonique, nos troupes complètent leur organisation défensive. Les Grecs ont fait des démarches à Vienne, Berlin et Sofia pour obtenir que ni les Bulgares ni les Turcs ne passent leur frontière.
Les troupes anglaises qui avaient débarqué au cap Suvla (Dardanelles) se sont rembarquées sans difficulté. Elles seront affectées à un autre service.
Les Italiens ont progressé dans plusieurs val
lées alpestres.

Source la Grande Guerre au jour le jour


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Samedi 11 septembre 1915

Louis Guédet

Samedi 11 septembre 1915

364ème et 362ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Nuit assez calme, du canon et surtout des mitrailleuses. Ce matin journée splendide. Du canon et du canon vers Mourmelon et Souain, Aubérive. C’est toujours la bataille qui continue. Je vais faire mes courses.

Fait pas mal de courses. Vu M. Auguste Goulden (1877 – 1958), très allant, causé assez longuement de la situation de la Ville, dont il craint le désastre financier pour beaucoup. Tout cela est fort triste et peu encourageant pour l’avenir.

La journée a été calme. Soleil splendide. Quel malheur de se sentir sous les bombes par un temps pareil !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 11 – tranquille, sauf violentes canonnades de temps en temps, à 4 intervalles différents, comme les nuits précédentes. Matinée, violente canonnade au loin, constamment.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Samedi 11 Septembre 1915. Charlotte m’avait demandé si je voulais lui faire parvenir la dernière de tes cartes que tu m’avais envoyée pour aller consulter une grande diseuse. Et voici la réponse qu’elle m’envoie :

« Votre mari est un grand brun avec les yeux marron foncé. Il parle beaucoup et quand il vous cause il frise ses moustaches ou il met les mains dans les poches de son pantalon. Il est gai en société et soyez sans crainte : il est prisonnier en Allemagne ; il s’ennuie beaucoup et surtout il pense à son petit garçon. Ce qui le comble de joie, c’est qu’il est inscrit sur un convoi de grands blessés. Mais avant de revenir il vous enverra une lettre dans laquelle il vous dira qu’il a un œil et une jambe en moins. En attendant il trompe son ennui en amusant ses camarades et en collectionnant des sujets boches pour rapporter à la famille. Il gagne un peu d’argent. A son retour tout le monde l’attendra à la gare et après le guerre il y aura une réunion de famille ou vous sablerez le champagne à un point que vous en aurez tous assez. Vous aurez encore un petit garçon ».

Voilà tout ce qu’elle m’a écrit. Cela m’a remis le cœur car j’ai pensé tout de suite qu’il y avait un convoi de grands blessés pour le 20. Que m’importe que tu aies un œil en moins, du moment que tu puisses nous voir et contempler tes petits.

Je te trouverai encore plus beau et puis je t’aurai, c’est tout ce que je demande.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Samedi 11 septembre

Lutte d’artillerie en Belgique (Nieuport, Streenstraete); autour d’Arras, devant Roye et en Champagne (d’Auberive à Souains).
En Argonne, combats de grenades et fusillades de tranchée à tranchée devant La Harazée. L’ennemi bombarde la Fontaine-aux-Charmes et prononce une attaque entre Saint-Hubert et La Harazée. Il est refoulé.
Action d’artillerie dans les régions de Flirey et de Saint-Dié.
Dans les Vosges, attaques allemandes, à l’aide de gaz suffocants, du Linge au Barrenkopf. Violents combats au Schratzmaennele. Plusieurs offensives ennemies ont échoué à l’Hartmannswillerkopf.
Deux avions allemands ont bombardé Compiègne sans atteindre personne. Un autre a été capturé dans le Santerre; six autres ont essayé de survoler Ste-Menehould, mais ont dû rebrousser chemin devant le feu de nos batteries.
Le communiqué du maréchal French annonce que deux taubes ont été descendus dans le secteur anglais.
Les Russes ont remporté un nouveau succès en Galicie, élevant à 17.000 le total de leurs prisonniers.
Le gouvernement américain a réclamé du cabinet de Vienne le rappel de l’ambassadeur Dumba, qui avait commis dans les affaires intérieures de l’Union des intrusions illi
cites.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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