• Monthly Archives: juin 2015

Mercredi 30 juin 1915

Paul Hess

Sifflements à 15 h 1/2?

Le Courrier a donné aujourd’hui cette nouvelle :

Monseigneur Neveux.

Hier, à 9 heures, en l’église Notre-Dame d’Epernay, se sont déroulées, en présence d’une foule de prêtres et de fidèles, les cérémonies de la consécration épiscopale de Mgr Neveux, élu en juillet 1914, évêque auxiliaire de Reims.

Nous publierons demain un compte-rendu complet de cette cérémonie.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mercredi 30 – Nuit tranquille ; matinée silencieuse. 3 h 1/2 soir, bombes. Reçu le Drapeau du Sacré-cœur pour la cathédrale, envoyé par le Général Delaunay, confectionné par la Visitation d’Autun, comme un acte de Prière pour la France. Il fut placé près de la statue de Jeanne d’Arc, dans le sanctuaire. Lettre à Mgr l’Évêque d’Angers pour le remercier d’une offrande et d’être venu à Épernay au sacre de Mgr Neveux (recueil, p. 95)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 30 juin

Dans le secteur d’Arras, canonnade au nord de Souchez et au nord de Neuville. Une action d’infanterie nous a permis de progresser dans le chemin creux d’Angres à Ablain. A Bagatelle dans l’Argonne, la lutte à coups de torpilles et de grenades est incessante.
Dans les Vosges, une attaque allemande avait rejeté momentanément nos avant-postes des pentes à l’est de Metzeral, mais le terrain perdu a été reconquis par une contre-attaque immédiate.
M. Poincaré s’est rendu sur le front et a décoré les drapeaux de six régiments.
Les Russes ont rejeté avec de grosses pertes les Allemands qui les attaquaient sur la rive gauche de la Vistule, vers Opatow. Par contre, la poussée ennemie continue dans la région de Rawa-Ruska. Avant de commencer leur retraite sur la Gnila-Lipa, nos alliés ont refoulé avec succès des attaques acharnées de grandes forces allemandes. En même temps que le général Soukhomlinoff était remplacé, au ministère de la Guerre, à Pétrograd, par le général Polivanoff, le général Wynander, adjoint à ce ministère, demandait sa mise à la retraite.
M. Asquith, premier ministre anglais, a prononcé un éloquent discours au Guildhall, pour demander aux financiers et hommes d’affaires qu’il avait réunis, de contribuer largement à l’emprunt britannique.
Les Italiens ont infligé un échec aux Autrichiens dans le Valugana. En Carni, ils ont bombardé fructueusement plusieurs positions. Plusieurs attaques autrichiennes ont été arrêtées sur l’Isonzo. On mande de Rome que l’état-major italien se prépare à une campagne d’hiver.


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Mardi 29 juin 1915

Paul Hess

Bombardement le soir.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

29 juin – Fête de Saint Pierre et Saint Paul. Sacre de Mgr Neveux à Épernay, dans l’église Notre-Dame. Les quatre sœurs y sont venues. Parmi les assistants, il y avait Mgr Rumeau, Évêque d’Angers et Mgr Sevin, Archevêque de Lyon, qui tous deux m’ont laissé une offrande. A peine rentré d’Épernay, à 7 h 1/2 des obus sont lancés sur la ville. on les entendait passer en sifflant et tomber pas très loin. J’eus grand’peur pour les Sœurs qui étaient encore sur la route. Elles n’eurent pas de mal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 29 Juin 1915.

L’année dernière à ce jour-ci tu as fait la Saint Jean avec papa. On était loin de penser à la guerre et pourtant on en était tout près. Si on avait su, que de plaisirs on se serait donnés. Et cette année, quels changements ! Encore aujourd’hui nous avons reçu des bombes. On avait été quinze jours tranquilles. Quelle vie mon Charles ! Et il y en a, malgré la guerre, que la misère n’atteint pas. Nous en avons notre grande part.

J’espère toujours mon bon tit Lou. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Le 29 juin le lieut. MUGNIER vient au matin, il revient à 2 heures, il part à Reims le 30 juin ……. il vient nous faire ses petits adieux ; il compte revenir le 2 juillet, mais personne et pas de nouvelles, départ de Mr FRÈRE pour Cormontreuil à la brigade il revient le 4 juillet, toujours se succèdent les compagnies au camp

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mardi 29 juin

La journée de la veille a été relativement calme sur tout le front.
Lutte d’artillerie à Souchez, Neuville et Roclincourt (en Artois); bombardement d’Arras par des pièces de gros calibre. Duel d’artillerie entre l’Oise et l’Aisne; ce duel s’est poursuivi à notre avantage. Dans l’Argonne et les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, les Allemands, après avoir subi leur échec, n’ont plus renouvélé leurs attaques.
Un de nos avions a jeté avec succès huit obus sur les hangars à zeppelins de Friedrischafen. Une palme de moteur, au retour, l’a forcé à atterrir en Suisse, à Rheinfelden.
Les Russes continuent à maintenir les Austro-Allemands sur la plupart des points de leur front. Ils ont reculé en arrière de Zurawno, sur le Dniester. Le général Polivanoff remplace décidément le général Soukhomlinoff au ministère de la guerre.
On annonce que l’Italie va participer par terre et par mer à l’action des Dardanelles et que l’ambassadeur ottoman se prépare à quitter Rome. L’Italie a à se plaindre vivement de la propagande que la Porte a faite contre elle en Libye.
L’un des chefs du parti francophile en Roumanie, M. jean Lahovary, est mort.


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Lundi 28 juin 1915

Paul Hess

Le travail que m’avait demandé M. le maire le 13 juin étant terminé, je vais le soumettre à M. Raïssac, secrétaire en chef, en le priant de vouloir bien remettre à M. le Dr Langlet cette situation générale du mont-de-piété, établie le plus clairement possible au 2 septembre 1914, date de la cessation des opérations, afin de donner quant aux écritures et en dehors de la perte de l’immeuble, de l’agencement et du matériel, des précisions sur celle résultant de la destruction totale de l’établissement, pour les services de la caisse et des magasins.

M. Raïssac était au courant. Il me retient pour me demander quelques explications, tout en parcourant l mémoire d’une vingtaine de pages, où se trouve résumé l’état des comptes généraux résultant de l’anéantissement du 19 septembre 1914, suivi, pour chacun, d’un commentaire succinct, puis après avoir pris connaissance de l’ensemble il dit :

« Cela me paraît bien ; venez avec moi, nous allons voir tout de suite M. le maire. »

Il me conduit dans le cabinet de l’administration municipale où M. le Dr Langlet, absorbé dans le dépouillement d’un volumineux courrier, me remercie ajoutant qu’il examinera attentivement et sans retard ce que M. Raïssac dépose sur son bureau.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Le mont-de-piété, rue Eugène Desteuque


 Cardinal Luçon

Lundi 28 – Nuit tranquille (au sous-sol). Départ à 2 h pour Épernay, pour le sacre de Mgr Neveux. J’étais logé chez M. Gallice, le « Bourru bienfaisant » où je couchais.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Lundi 28 Juin 1915.

Ce matin je n’étais pas décidée à aller voir tes parents. Dès six heures et demie ils ont bombardé et c’étaient de grosses bombes qui tombaient dans le milieu de la ville. Enfin vers neuf heures c’était tranquille et je me suis décidée à partir. La journée s’est passée tranquillement et le retour, pareil. Gaston a encore photographié les petits puisque la dernière fois ils n’étaient pas réussis.

Le dimanche, vois-tu mon Charles, me semble toujours plus triste. Je m’ennuie davantage. Bons baisers.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Le 28 juin, nous avons la visite aller et retour du lieut. MUGNIER, du cap. KACHIER et de l’ord. ………….. l’après midi nous allons à Taissy, le lieut. nous reconduit jusqu’aux palmiers tout devrait se passer encore mieux que cela, mais on parle de la visite à POINCARRE et JOFFRE alors, tout le monde est au poste je suis contente tout de même de ma sortie

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Lundi 28 juin

Les Allemands ont réussi à prendre pied dans le chemin creux d’Ablain à Angres, au nord de Souchez, sur un front de 200 mètres. Bombardement entre Neuville et Angres. Combat de grenades près de Quennevières; une violente attaque allemande est repoussée à Bagatelle dans l’Argonne. Il se confirme que les corps à corps dans les tranchées de Calonne ont été très rudes. Les Allemands ont été rejetés avec de lourdes pertes, et nous avons conservé partout le terrain conquis. Nous avons repris en presque totalité l’élément de tranchées que nous avions perdu au ravin de Sonvaux. L’ennemi a attaqué sans succés Arracourt en Lorraine, après y avoir jeté des obus incendiaires. Il a lancé des bombes sur St-Dié, où une femme a été tuée. Nous avons bombardé plusieurs gares du Nord.
Les Allemands ont été battus par les Russes sur la Nareff, laissant 150 prisonniers et de très nombreux cadavres. Dans la vallée de l’Orjitz, les Russes ont repris un ouvrage qu’ils avaient perdu et capturé cinq mitrailleuses. Violent combat à Prasnysch. Un bataillon allemand a été anéanti à Zavikhost (rive gauche de la Vistule). Entre Jolkef et Lvoff, les Russes se sont emparés de 2000 hommes et de 18 mitrailleuses. Ils continuent à repousser les Austro-allemands sur le Dniester, en faisant 100 prisonniers.
Le gouvernement de Berlin a interdit le Vorwaerts, organe officiel du parti socialiste, pour avoir inséré un article favorable à la paix.

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Dimanche 27 juin 1915

Paul Hess

Vers 6 h 1/2 du matin, des obus de fort calibre arrivent brusquement sur le centre de la ville. Il en tombe plusieurs rue du Cloître, derrière la cathédrale ; place Royale, dans les ruines ; rue des Filles-Dieu, où il y a des blessés ; rue de Contrai, etc. Après une quinzaine d’explosions, le calme revient.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 27 – Nuit silencieuse. A 6 h 1/2, bombardement de 20 minutes. Bombes dans la journée sur l’ancien Archevêché ; porte détruite ; chez Madame Pommery ; éclats dans notre cour. Je n’avais pas encore commencé la messe ; mais j’avais tous les ornements. J’envoie les Sœurs à la cave ; je dépose la chasuble et je reste dans l couloir où était mon lit, m’abritant quand les obus arrivaient le long du mur. Je suis descendu 2 fois, entre le coups, ramasser des petits éclats tout brûlants encore. Petits éclats, au bas de l’escalier de mon bureau sur le jardin.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 27 le capitaine passe, il va reconnaître son emplacement à Bétheny

Nous allons à la messe aux gourbis près du pont de Vrilly

L’après midi dimanche Mr FRÈRE nous conduit en canot jusque la ferme à GOBRON avec Noémie et Yvonne, il pleuvotte, nous passons sous les ponts ; il y a de quoi rire,nous cueillons du cresson en revenant, nous avons vu passer le major PLANTIER et le nouveau téléph. DESTINÉE arrive ; nous regardons ses photos

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Dimanche 27 juin

Peu de faits importants sur le front occidental. Dans le secteur au nord d’Arras, des actions d’infanterie ont en lieu entre la sucrerie de Souchez et la route de Béthune à Arras; elles ont été accompagnées de très vives canonnades. Mais l’ennemi n’a pas réussi à entamer nos lignes. De notre côté, nous n’avons pu progresser à cause de l’état du terrain défoncé par les orages.
Sur les Hauts-de-Meuse et dans l’Argonne, combat de mines.
Les Russes, au front oriental, ont repoussé une attaque à l’ouest du Niémen moyen, près des marais d’Amalva. Sur l’Omouleff et sur l’Orjitz, l’offensive allemande a été presque partout enrayée. Au sud de la Pilitza, trois autres tentatives ont été déjouées. Sur le Dniester, succès russe important, à Kosary. A Martinoff, nos alliés ont fait encore 700 prisonniers. Les Allemands ont réussi à franchir le fleuve pendant la nuit à Rousdviany.
Les Italiens ont infligé de nouveaux échecs aux Autrichiens en Carnie. Sur l’Isonzo, malgré la difficulté des lieux, ils avancent régulièrement.
Le roi de Bavière a prononcé un nouveau discours, mais s’est dispensé cette fois de parler d’annexion.

 

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Samedi 26 juin 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf canonnade autour. Journée silencieuse, Aéroplane français sur lesquels on n’a pas tiré.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 26 nous ne voyons ni entendons rien, si ce n’est recul des Russes

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Samedi 26 juin

Nouveaux progrès de nos troupes dans le secteur au nord d’Arras, entre Angres et Souchez. Une contre-attaque allemande est repoussée au Labyrinthe. Près de Reims et près de Perthes, l’ennemi a fait sauter deux fourneaux de mines sans résultat: il n’a même pas pu occuper les entonnoirs.
A l’ouest de l’Argonne, nous avons progressé légèrement à la suite de quelques combats à la grenade. Dans l’Argonne et à Vauquois la lutte de mines se poursuit : elle a donné lieu à des actions toutes locales.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, les Allemands ont lancé sur tout notre front une attaque très violente accompagnée du jet de bombes asphyxiantes et de liquides enflammés. Après avoir pénétré dans une partie de leur ancienne deuxième ligne, que nous tenons, ils ont été rejetés. A minuit, ayant tenté un nouveau retour offensif, ils ont été pris sous notre feu et dispersés.
Les Allemands ont subi deux échecs à Leintrey (Lorraine), un autre au Ban-de-Sapt, – et trois autres au Reichackerkopf et au Hilgensfirst, dans les Vosges d’Alsace.
Dans la région de Chavli (Lituanie), les Russes ont barré la route aux Allemands. Sur le Dniester, ils les ont acculés au fleuve et leur ont infligé des pertes énormes dans la région de Jourovno; près de Martynovo, ils ont fait 1700 prisonniers; au sud-est de Nijnioff, ils ont anéanti des troupes austro-allemandes et pris une ligne de tranchées.
Les Italiens ont enfoncé une des coupoles d’un des forts de Malborghetto; ils ont occupé deux points importants sur l’Isonzo moyen et sur l’Isonzo inférieur.

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Vendredi 25 juin 1915

Louis Guédet

Vendredi 25 juin 1915

286ème et 284ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 matin  Nuit calme. Tempe sombre, un peu de pluie qui passera. Toujours le silence. Je vais à la messe de 7h à St Jacques et ensuite départ. Pourvu qu’il n’arrive rien à mes miens pendant mon absence. Et je n’ose espérer que quand je rentrerai ce sera pour la délivrance, la fin de mon martyre, et la prospérité pour les miens et moi. Je n’ose croire à pareil bonheur, surtout avec la dureté de mon Beau-père. Quel cœur sec !

Adieu Reims où j’ai tant souffert. C’est me plaire que je reste avec tous les espoirs et toutes les joies et qu’enfin l’avenir ne soit plus sombre pour moi et que je me vois vivre plus que bonheur pour tous mes aimés et un peu pour moi. Dieu nous protège !

Période suivante en Suisse (rien jusqu’au 14 juillet)

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit et journée tranquilles. Visite à la Laiterie, au Patronage des Garçons, rue Brûlée, au Patronage des filles chez Madame Potoine, rue Chanzy, Madame Potoine et sa fille dont la classe ; aux heures de danger, les enfants descendent dans la cave.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Renée Muller

le 25 le lieut. MUGNIER vient vers 11 h. avec le lieut. de détail j’oublie de dire que pendant ce temps là se succèdent la cuisine du comm. et du serg. De COURCIVAL ainsi que celles des capitaines

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Vendredi 25 juin

Canonnade dans le secteur au nord d’Arras, vers Souchez. Arras a été de nouveau bombardé par l’ennemi: des religieuses et des infirmières y ont été mortellement frappées. Bombardement de nos tranchées devant Dompierre, à l’ouest de Péronne: une attaque de l’ennemi, avec de faibles effectifs, est aussitôt enrayée. Les Allemands bombardent encore Berry-au-Bac et le village voisin de Sapigneul, où ils ne nous causent que des pertes insignifiantes.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, nous nous maintenons dans une partie de la seconde ligne allemande.
En Lorraine, près de Leintrey, nous repoussons une violente contre-attaque.
Nous progressons à nouveau, malgré une vive canonnade, sur les lisières de Metzeral. Depuis le 14, nous avons fait, dans la vallée de la Fecht, plus de 700 prisonniers.
Les Russes ont quelque peu progressé en Lithuanie; ils ont repoussé les Allemands sur la Tanew et dans la région de Rawa-Rousska. Ils ont évacué Lemberg pour reformer un nouveau front, et fait 1000 prisonniers dans une boucle du Dniester.
Les Italiens ont brisé une nouvelle attaque autrichienne à Freikopel, dans les Alpes, à la frontière de Carinthie. Ils ont arrêté diverses tentatives ennemies dans la région d’Ampezzo.
Les milieux officiels allemands sont de plus en plus divisés en ce qui touche l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Amérique.
Le croiseur anglais Roxbourg, torpillé, n’a subi qu’une légère avarie et a pu continuer sa route.

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Jeudi 24 juin 1915

Louis Guédet

Jeudi 24 juin 1915

285ème et 283ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pas un coup de canon. Chaleur lourde, orageuse, pas de pluie. Mis tout au point, fais quantité de courses. Vu Procureur de la République, M. Bossu, fort découragé en disant qu’on ne reconnaitra jamais ce que nous avons fait et que du reste à Paris on s’en moque ! Cela ne m’étonne pas.Du reste tout le monde ici est de cet avis et envisage de plus en plus un nouvel hivernage devant Reims !! Alors, que faire ? Je ne pourrai guère rester dans mes ruines !! Chercher un nouveau logement ? Où ? Mon Dieu quel problème !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf vers 9 h 1/2, une grosse détonation qu’on prétend être française. Journée tranquille ; visite de M. le Curé de Perthes qui me raconte les cruautés des Allemands dans sa paroisse.

Visite à l’ambulance russe (1) ; thé, photographies.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Jeudi 24 Juin 1915. Aujourd’hui sur Le petit Parisien on reparle du jeune homme du 44e. C’est un dénommé Joseph Bernard. Ses parents habitent rue du faubourg Saint-Cosne à Chalon-sur-Saône. Ils expliquent que s’ils ont eu des nouvelles de leur fils, c’est par hasard. Ils lui avaient envoyé une lettre à son nom et adressée au bureau de poste N°24 à Berlin. C’est de là qu’ils ont eu des nouvelles. Il leur dit qu’il est en bonne santé mais il réclame des aliments. J’ai écrit à Berlin et aux parents du jeune homme. Si seulement j’avais des nouvelles, que je serais heureuse de t’envoyer des petites friandises.

Ton coco fait sa bourse. Il garde ses petits sous pour acheter du chocolat à son papa Charles. Il te réclame toujours. Je lui ai dit que les boches t’avaient enfermé dans une maison et que tu ne pouvais sortir. « J’irai ouvrir la porte, me dit-il ; mon papa Charles pleure ; il s’ennuie après son coco ». Il comprend déjà bien.

Mais que c’est long ! Jusqu’ici ils avançaient vite dans le Nord , mais voilà les opérations qui retardent encore une fois. Pourtant Mme de Thèbes prédit la fin de la guerre pour le 6 Octobre et j’ai du mal à croire qu’elle sera terminée. J’aurais plus de patience si je te savais vivant.

Je te quitte mon bon tit Lou. J’espère toujours…

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Renée Muller

le 24 il vient avec S/lieut. et le 49 nous avons fait le salon

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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près de la place de la République

près de la place de la République


 

Jeudi 24 juin

Quelques actions d’infanterie dans le secteur au nord d’Arras : nous avons progressé au nord de Souchez. D’Angres à Ecurie, canonnade violente.
Près de Berry-au-Bac, nous avons fait exploser une mine et endommagé les tranchées allemandes.
Canonnade violente en Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour.
Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, l’ennemi a prononcé une violente contre-attaque qui lui a permis de reprendre sa deuxième ligne, mais une nouvelle contre-attaque de notre part l’a, à son tour, refoulé.
Bombardement aux lisières du bois Le Prêtre.
En Lorraine, nous avons enlevé deux ouvrages près de Leintrey : nous avons fait des prisonniers.
Dans les Vosges, l’orage a contrarié les opérations.
Aux Dardanelles, nous avons pris plusieurs lignes de tranchées turques, et les troupes ottomanes ont subi des pertes très sensibles.
L’armée russe a remporté des avantages marqués aux deux ailes du front oriental. Elle a fait au total plus de 5000 prisonniers.

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Mercredi 23 juin 1915

Louis Guédet

Mercredi 23 juin 1915 

284ème et 282ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Calme. Temps lourd et orageux, pluies par ondées. J’ai enfin mon passeport. J’ai présidé la Commission d’allocation de matin, rien de saillant. Je vais donc partir vendredi 25 à 8h1/2 matin pour arriver le soir à 6h. Je ne puis prendre Jacques Wagener parce que luxembourgeois et que s’il sortait il ne pourrait revenir à Reims !!

Reçu les nôtres de M. Hochet sur l’occupation prussienne de Reims comme interprète. En dehors de la phrase sur les 2 parlementaires il y en a une autre dite sur le parvis de l’Hôtel de Ville par un capitaine prussien en voyant tout le peuple rassemblé sur la place en présence de M. Hochet et de M. Arnold, alsacien d’origine et concierge de la maison Bellevue, rue du Marc au coin de la rue de la Prison (le beau plafond) (rue de la Prison du Baillage depuis 1924)  « Ach was, ich verstehe nicht ihr französischer Quatsch ! Das alles ist Dreck ! Wir schiessen das Lumpensvolk nieder. Wissen Sie überhaupt nicht dass ein einziger unserer Soldaten mehr wert ist als ihr ganzes Gesindel !!

Tous les officiers prussiens avaient, dit-il, une attitude arrogante, brutale, lâche !! Les saxons étaient plus corrects !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit très tranquille. Visite à Saint-Benoit (codex) ; à la laiterie de la rue des Capucins ; rue du Jard. A 1 h 1/2 orage, peu violent et lointain ; pluie. Visite de M. Goloubef et un Colonel russe, chef de l’Ambulance, dans la fabrique de bougies, à la Haubette.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mercredi 23 Juin 1915. Neuf mois aujourd’hui. C’est navrant. Où es-tu mon pauvre Lou ? Ce que tu dois souffrir aussi, encore plus que nous ! Car peut-être as-tu faim, toi qui avais si bon appétit. Quel courage mon dieu faut-il avoir.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Renée Muller

Le 23 passe le lieut. en vélo, très pressé mais qui vient nous tenir compagnie toute l’après midi, pendant quelques jours aucun coup de canon mais de l’orage mais hier attaque côte de Perthes et avant-hier 3 obus sur Taissy il revient même au soir avec le lieut.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Collection Gallica-BNF

Collection Gallica-BNF


 

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Mercredi 23 juin

Dunkerque a été bombardée par une pièce d’artillerie à longue portée qui a fait des morts dans la population civile et qui a été prise à partie par notre artillerie lourde. Les troupes belges ont progressé prés de Saint-Georges. Au nord d’Arras, les contre-attaques allemandes ont pris fin, après que l’ennemi eut subi de lourdes pertes dans la région du « Labyrinthe ». Une offensive allemande a été enrayée par nous à l’est de la ferme de Quennevières. Nos adversaires y ont fait usage de bombes asphyxiantes. Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, ils ont prononcé une violente attaque pour reprendre les positions qu’ils avaient perdues: ils ne sont parvenus à occuper qu’une partie de leur ancienne deuxième ligne, qui est aussitôt presque entièrement retombée entre nos mains. Près de Marchéville-en-Woevre, une demi-compagnie allemande, qui prenait l’offensive, a été dispersée par notre feu. Nos progrès se sont accentués en Lorraine (région de Gondrexon-Leintrey). En Alsace, dans la vallée de la Fecht, nous avons dépassé Metzeral vers Sondernach. Les Russes ont repoussé leurs ennemis sur la Narew, sur la rive gauche de la Vistule et le Dniester. Ils se sont retirés, par contre, des lacs de Grodek sur les positions de Lemberg.

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Mardi 22 juin 1915

Louis Guédet

Mardi 22 juin 1915 

283ème et 281ème jours de bataille et de bombardement

10h1/2 matin  Canonnade la nuit de 2h à 4h. Puis calme plat. Temps lourd et orageux. Dans l’Echo de Paris (voir aussi Louis Latapie du journal « La Liberté » (Article de louis Latapie (1891-1972) dans La Liberté du 21 juin 1915)) je vois dans une interview du Pape Benoit XV, qui ose ajouter foi à ce que les allemands affirment que s’ils ont bombardé la Cathédrale de Reims c’est parce qu’il y avait un observatoire. C’est faux – archifaux – Il est parfaitement regrettable que Benoit XV accorde crédit à ce mensonge. Attendons ! Quand nous pourrons causer écrire et nous défendre librement.

5h  Terminé mon audience de simple police. Les 70 affaires sont réglées, rien de saillant. Je suis rentré vers 4h fatigué, las, et de plus en plus triste. Vais-je tomber malade !! Je n’en puis plus.

7h  Voici la pluie. Quelle tristesse de plus pour moi. Ne verrai-je donc pas la fin de cette vie de prisonnier, d’emmuré dans mes ruines, devant nos ruines toujours, toujours !!

L’audience a eu lieu comme la dernière fois dans la crypte du Palais de Justice ! Il y faisait juste chaud, je ne vois pas pourquoi on ne l’a pas tenue dans la salle ordinaire, nous aurions été mieux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit troublée par fusillade continue, et par bombes. Vers 2 heures, jusqu’à 3 h 1/2. Visite du Général de Mondésir et de M. Abelé. Visite de M. de Marcheville ; projet de visite à Louvois. Visite de M. Malbois, vicaire de Saint-Sulpice.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 22 juin 1915, projet de visite à Louvois

Mardi 22 juin 1915, projet de visite à Louvois


Mardi 22 juin

La situation n’a pas changé au nord d’Arras, il n’y a eu que des actions locales. Nos escadrilles bombardant les parcs d’aviation de l’ennemi, ont détruit quatre hangars, deux avions et un ballon captif. Attaque allemande à l’ouest de l’Argonne, sur la route de Binarville à Vienne-le-Château. Après avoir fléchi, nous reprenons la presque totalité de nos positions initiales. Sur les Hauts-de-Meuse, dans la région de Calonne, nous avons occupé et conservé de nouvelles tranchées. En Lorraine, l’ennemi, évacuant les ouvrages à l’ouest de Gondrexon, s’est replié au sud de Leintrey. Ses pertes ont été sensibles dans la région de Reillon. En Alsace, nous avons pris le cimetière, puis la gare, puis le village de MetzeraL. L’ennemi a été repoussé au Reichakerkopf. Nous avons atteint, plus au nord, le village du Bonhomme. Les Russes ont reculé dans les secteurs nord et ouest de Lemberg, mais ils gardent l’avantage sur le Dniester, où ils infligent de grosses pertes aux Austro-allemands. Guillaume II est venu prendre le commandement en chef des troupes de Galicie. Un nouveau projet d’emprunt a été soumis au Parlement anglais. Le gouvernement autrichien ne pouvant obtenir l’argent voulu des souscriptions libres, va recourir à l’emprunt forcé. Les Italiens ont élargi les positions conquises par eux sur le haut Isonzo.

 

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Lundi 21 juin 1915

Louis Guédet

Lundi 21 juin 1915 

282ème et 280ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Toujours le calme. Le temps est orageux, lourd. Gare la pluie et l’inondation pour moi.

Ce matin j’ai été voir à la Mairie (sous-préfecture) si mon passeport pour le train était arrivé. On me dit que ma demande avait été retournée pour me prier d’y joindre un mandat poste de 0,60 Fr pour le timbre dudit passeport ! que j’avais omis d’envoyer, et que du reste on ne m‘avait pas signalé comme nécessaire. Beauté de l’administration !! et de la paperasserie !! Maintenant quand le recevrai-je ? Obligeamment M. Martin me rendit le tout avec une enveloppe et sans refermer pour me permettre de prendre mon mandat et de l’y joindre et de faire porter le tout avant 16h.

Hors de cela rien, ou peu de choses. Été chez M. G. Hochet pour prendre ses notes sur l’occupation allemande. Rien, rien trouvé ou les chercher. Reçu une lettre de ma pauvre femme qui me dit que St Martin a encore de la troupe.

Reçu le dossier de 70 affaires de simple police à juger demain à 1h, après-demain, Allocations. Pourvu que j’ai un passeport jeudi matin.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

A 9h matin, aéroplanes français. Visite à Saint-Remi, avec M. Dage, rue dieu-Lumière avec M. le Doyen et M. Dage. A toutes les portes et cours à droite et à gauche.

Visite à l’Orphelinat Rœderer, Sainte-Geneviève ; au Fourneau Économique qui fonctionne activement à la grande satisfaction des clients qui m’ont remercié, Sœur Marie-Joseph, qui est très sourde, le tient. J’ai adressé quelques paroles aux braves gens attablés.

Reçu la visite de l’Abbé Hennequin, infirmier militaire.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

/ le 21 passe le commandant

nous allons nous 2 Maman à Taissy ; nous rencontrons le petit lieutenant et le major PLANTIER ami de Mr NOQUIES le lieut. MUGNIER nous accompagne jusqu’au palmier hier au soir, nous avons eu à dîner Mr BELVAL.

Hier 20 j’ai oublié de dire que Mr CRÉMIEUX nous a fait à tous des contes,

Le 21 passe le lieut. et le cap. je leur offre 1 rose –après-midi le lieut. d’Épinal vient avec un adjud. Nous buvons le champagne sous la véranda

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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château de Vrilly ; à droite le palmier dont parle Renée Muller

château de Vrilly ; à droite le palmier dont parle Renée Muller


Lundi 21 juin

En Artois, après avoir pris le fond de Buval, nous avons prononcé une attaque vers l’est, dans la direction de Souchez, et progressé d’un kilomètre. A l’ouest de l’Argonne, nous avons repoussé une violente attaque et fait des prisonniers. Sur les Hauts-de-Meuse, nous avons attaqué dans le secteur de la tranchée de Calonne, enlevé deux lignes ennemies et fait 70 prisonniers. En Lorraine, près de Reillon, nous avons enlevé un centre de résistance ennemi et repoussé trois contre-attaques. Nous avons fait une cinquantaine de prisonniers. Nous avons encore progressé sur la Fecht, et fait des prisonniers. Les Italiens ont remporté une victoire à Plava, sur l’Isonzo. Les Russes contiennent énergiquement les Austro-Allemands en avant de Lemberg. Ils ont progressé à la frontière de la Bessarabie et de la Bukovine. Un contre-torpilleur français a capturé, à bord d’un voilier, une mission turque qui se rendait en Lybie, probablement pour aller soulever les tribus contre l’Italie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 20 juin 1915

Louis Guédet

Dimanche 20 juin 1915 

281ème et 279ème jours de bataille et de bombardement

9h1/2 matin  Nuit calme, temps magnifique. Je pars avec M. Charles Heidsieck pour passer la journée aux environs de Pargny, Ville-Dommange, ce sera un Dimanche passé… !

8h soir  Eté à Pargny. Déjeuné dans le bois sur un banc en face de Mary femme de Paul Heidsieck. Revenu à Pargny, vu l’abbé Midoux (Suc successeur de Thinot), revu Touzet mon brave clerc, Bouchette que j’ai secoué, tout officier gestionnaire de 3ème classe qu’il soit, pour son attitude dans mon affaire avec ma propriétaire au sujet de mon incendie, vu Legros lieutenant, muet, impossible de savoir pour demain (sauf-conduit).

Vu M. Misset en revenir de son hôpital écossais de l’autre jour. Puis couru reprendre une voiture à la gare de Pargny, il était temps.

Charles Heidsieck m’a répondu de l’offense de Cent-Mille têtes (100 000 têtes) de cochons de rémois dont je m’occupe de consigner pour mes nôtres. Il sait que la phrase historique a été prononcée à l’Hôtel de Ville par un officier d’artillerie de la garde prussienne en présence de nombreux témoins et que ce n’est pas : 100 000 têtes de cochons (en allemand) de rémois (en français) « Ein Hundert Tauzent schweinkopf de Rémois » qu’il a dit, mais bien : « Ihre hundert taiger duck koppffler de rémois etc… » c’est-à-dire « vos 100 000 têtes de merde de rémois ne valent pas nos parlementaires !! » Peu importe l’expression : elle est toujours aussi vile, grossière, brutale et pas étonnante de cette race là.

Il tenait cela d’Emile Charbonneaux adjoint au Maire qui a assisté à toutes ces scènes. Or en rentrant j’ai trouvé une lettre de G. Hochet, actuellement au 6ème train des équipages, État-major à Fougères (Ille et Vilaine) qui servait d’interprète durant l’occupation et il a entendu la scène, et il précise que ‘était le 4 septembre 1914 un peu après 14 heures (2h après-midi) après le bombardement par erreur, en présence de M. Alexandre Henriot, et d’un nombreux public entre mon alsacien dont je retrouverai le nom en présence du général Zimmer, de son officier d’ordonnance (l’intendant militaire général de Mestre (à vérifier), avocat à la Cour d’appel) et l’officier qui l’a dit était un officier de l’État-major de von Bülow, capitaine d’artillerie d’un régiment de la Garde Prussienne. Voilà le point d’histoire qui se précise de plus en plus. Je reverrai Charbonneaux et je prendrai demain les notes de ce brave Hochet que je mettrai en sûreté.

Voir en annexe le témoignage de G. Hochet.

Pas de nouvelle de ma pauvre femme depuis avant-hier, pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé. Que je suis triste. Et encore plus quand je songe à ce que j’ai vu cet après-midi des hauteurs de Pargny et Coulommes des travaux et des tranchées allemande ! Moi qui connais tous les coins et recoins de ces terres. Coins de Courcy, La Neuvillette, Bourgogne, Bétheny, Fresne, Witry-les-Reims, Courcy, Nogent, Pompelle etc…  parce que j’ai chassé depuis 20 ans. Je ne les reconnaissais plus, je ne m’y reconnaissais plus. Oh ! que c’était triste, je m’ire (me mettais en colère) de voir cela et de se dire : c’est l’Allemagne ! La Prusse !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. journée tranquille

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Dimanche 20 Juin 1915. Le mariage de Georgette, la sœur de Charlotte, a cassé. C’était à douter. Il est marié et père de deux enfants. Je ne comprends pas les jeunes filles qui se laissent entraîner en ce moment. C’est honteux, ce qui se passe en ce moment à Reims. Les femmes ne se respectent pas et Bons bécots. Je ne t’oublie pas.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Hier 20 j’ai oublié de dire que Mr CRÉMIEUX nous a fait à tous des contes,

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Le carnet de Renée Muller

Le carnet de Renée Muller


Dimanche 20 juin

Succès dans l’Artois. Nous prenons, après une lutte acharnée, le fond de Buval, que nous avions entouré de toutes parts. Sur les pentes de Notre-Dame-de-Lorette, nous faisons 300 prisonniers, dont 10 officiers; nous tenons les pentes de la côte 119 (vers Vimy). Dans le Labyrinthe, après avoir perdu un boyau, nous le reprenons. En Lorraine, l’ennemi qui avait tenté de déboucher au bois Le Prêtre a été arrêté.
A Emberménil, un bataillon ennemi est repoussé par des forces françaises numériquement inférieures. En Alsace, nous continuons à avancer sur les deux rives de la Fecht, en conquérant les pentes du petit ballon de Guebwiller. Nous bombardons la gare de Munster, où les dépôts de munitions ont sauté, et investissons complètement Metzeral.
Les Italiens ont réduit au silence les forts de Malborghetto, entre Pontebba et Tarvis, et entamé une grande action à Plava, sur l’lsonzo. Ils ont bombardé avec succès une fabrique de munitions près de Trieste.
Les Russes ont chassé les Austro-Allemands de Bessarabie en Bukovine; mais ils ont abandonné plusieurs points importants en avant de Lemberg. Le prince Henri de Prusse déclare que les Allemands défendront Libau jusqu’au bout contre tout retour offensif des armées du tsar.

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Samedi 19 juin 1915

Louis Guédet

Samedi 19 juin 1915 

280ème et 278ème jours de bataille et de bombardement

9h1/4 matin  Canonnade toute la nuit et bombardement assez loin de chez moi. Il va encore faire très chaud aujourd’hui. Bref situation toujours latente. Quelle vie ! Nos progrès (?) vers Arras ne semblent avoir donné aucun résultat, alors ? Serons-nous enfin dégagés ici ? Je n’y crois plus. Je vais tout à l’heure retirer les valeurs du lieutenant d’artillerie René Martin-Guelliot de la succursale du Comptoir d’Escompte de Paris et les confier à M. Alard, architecte à Reims qui les remettra demain au Docteur Guelliot, 95, boulevard Raspail, Paris, ou à M. Martin, Père, 7, rue de Villersexel, Paris. Ce n’a pas été sans mal !! Dieu que ces banques telles que Crédit Lyonnais, Comptoir d’Escompte de Paris, Société Générale, se sont montrées désagréables, difficultueuses, malhonnêtes, moins raides pour la remise des titres et valeurs en dépôt à leurs clients, même pour l’ouverture des coffres-forts loués !! Il n’y a pas de mesquines difficultés qu’ils n’aient soulevées, employées. La raison je l’ignore ! Mais je suppose cependant que c’est la crainte de ne plus revoir ces clients qui font des retards. En tout cas ce n’est pas en les embêtant comme ils le font qu’ils les conserveront. Chose assez curieuse c’est la Banque de France qui durant toute cette période tourmentée qui se sera montré la plus courtoise, la plus large !! Et Dieu sait cependant si la Banque de France est habituellement difficultueuse et tatillonne, au contraire elle a été d’une largesse, d’une amplitude qui m’a même étonné. Bref comme toujours il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’aux saints !

9h soir  Rien de saillant. Journée (comme toutes) monotone, morne. L’herbe pousse partout dans les rues. Reims devient une Ville morte, bien morte.

Charles Heidsieck est venu me demander d’aller nous promener à Pargny ou à Ville-Dommange demain pour jouir de notre dimanche. Cette fois nous emporterons notre déjeuner !! Départ 9h, le temps de passer à la Kommandantur pour nos laissez-passer et filer. J’ai l’intention de grimper jusqu’à St lié où nous déjeunerons avec un panorama splendide, sous les ormes. Lui aussi trouve que c’est long et que cela ne va pas assez vite !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf bombardement sur quartiers lointains de 1 h 1/2 à 2 du matin. Bombes sifflent.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

Le 19 nous pouvons (sic) le champagne avec des madeleines sous la véranda avec le 58ème chasseur qui loge à Taissy

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Samedi 19 juin

Violent combat d’artillerie dans le secteur au nord d’Arras. Le front ne s’est pas modifié; nous gardons tout le terrain gagné. En Alsace, nous consolidons les positions conquises et nous continuons à progresser. Nos patrouilles ont atteint les lisières de Metzeral. Nous avons gagné du terrain sur les deux rives de la Fecht et nous tenons sous le feu de notre artillerie les communications entre Munster et Metzeral. Nous avons fait de nouveaux prisonniers et capturé des mitrailleuses. Les Russes ont repoussé des attaques allemandes sur le Niémen moyen et sur la Bzoura. Les combats violents continuent en Galicie, entre le San et Lubaczow. Sur le front du Dniester, l’ennemi a été rejeté en désordre entre la Tysmenica et le Stryj. Sur le Dniester, en amont de Jurawno, les Russes ont capturé, les 14 et 15 juin, 202 officiers et 8514 soldats. Les éléments austro-allemands qui avaient franchi le fleuve de Nizniow ont été anéantis. Dans la région de Chotin, entre Pruth et Dniester, des éléments ennemis ont été vigoureusement pressés. Les pertes totales des Austro-Allemands dans cette région sont évalués depuis le 29 mai, à 120.000 ou 150.000 hommes. Les Italiens ont consolidé leurs positions dans le Cadore et sur l’Isonzo. Ils ont démoli la gare de Goritz par le feu de leur artillerie. Une escadrille autrichienne a bombardé Pesaro et Rimini. Le kaiser a manifesté une grande colère au sujet du bombardement de Karlsruhe, qui a fait finalement 84 victimes.

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Vendredi 18 juin 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Aéroplane français ; tir allemand.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Juliette Breyer

Vendredi 18 Juin 1915. Mon Charles, aujourd’hui je reprends encore espoir. J’ai vu sur Le petit Parisien un soldat du 44e de ligne qui était porté disparu depuis le 17 septembre après le combat d’Autrèches. Il vient d’écrire pour la première fois à ses parents. Il est prisonnier en Allemagne à Weinberg. Alors encore une fois je vais essayer. Je lui ai écrit pour savoir s’il pouvait me donner un petit renseignement sur toi et s’il ne pouvait pas me répondre, qu’il l’écrive à ses parents qui me le transmettrait.

Charlotte avait écrit à Berlin au bureau des renseignements il y a deux mois. La lettre est revenue. Ils ont fait des recherches dans trois camps et Paul n’y est pas. Nous n’avons vraiment pas de chance. Enfin espérons jusqu’au bout.

Ton coco te demande toujours maintenant. Je lui ai dit que les boches t’avaient enfermé dans une maison et que tu ne pouvais pas sortir. « Coco tuera les boches, répond-il, et j’aurai mon papa Charles ».

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Vendredi 18 juin

Très vifs combats au nord d’Arras : les Allemands y ont engagé onze divisions. Nous avons réalisé de sérieux progrès qui, presque tous, ont été maintenus, malgré de violentes contre-attaques de l’ennemi. Nous avons enlevé plusieurs lignes de tranchées des deux côtés de la route Aix-Noulette-Souchez. Les Allemands ont été presque complètement entourés dans le fond de Buval, nous nous sommes avancés vers Souchez d’une façon presque ininterrompue. Plus au sud, nous avons pris le parc de Carleul et le cimetière de Souchez; aux abords de Neuville, nous nous sommes rendus maîtres de la première, et sur certains points de la seconde ligne ennemie. C’est ici surtout que nous avons eu à faire face à des contre-offensives réitérées : nous avons tiré près de 300.000 obus. Les pertes allemandes sont très élevées; les nôtres, sérieuses. Nos escadrilles de bombardement ont dispersé des formations ennemies. Nous avons fait 600 prisonniers. Une pièce a longue portée a bombardé Villers-Cotterets. Reims a été aussi bombardée. En Alsace, nous continuons à progresser sur les deux rives de la Fecht, près de Metzeral: nous avons fait 500 prisonniers. Les Italiens ont bombardé la voie ferrée de Trieste à Laybach : ils ont perdu d’autre part un sous-marin. Les Russes résistent énergiquement sur le Niémen et sur le Dniester. L’offensive austro-allemande (71 corps d’armée en tout) a été brisée sur plusieurs points. Les deux objectifs des forces ennemies semblent toujours être Riga au nord et Lemberg au sud. Les forces anglaises ont progressé aux Dardanelles. Les pertes turques sont très considérables.

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Jeudi 17 juin 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Visite. Départ à 10 h 1/2 pour Fourneau Économique, rue des Moulins brûlés ; mais le bombardement qui s’abattait sur ce quartier nous a empêché d’y aller. Nous sommes allés, Mgr Neveux et moi, jusqu’à l’École professionnelle seulement, rue Libergier.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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A droite, l’École professionnelle, actuel Lycée Libergier


Juliette Breyer

Jeudi 17 Juin 1915. Ton papa est venu nous voir. Les photographies ne sont pas réussies ; ce sera pour une autre fois. Mais je serais si heureuse si je pouvais te les envoyer. J’aurai peut-être ce bonheur là. Nous serions si heureux nous quatre. Je t’aime.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Renée Muller

Le 17 j’entends par téléphone que le général de division invite le commandant de BAUCOURT à dîner avec lui plus de doute, il va sans doute passer colonel.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Jeudi 17 juin 1915. Nuit tranquille

Jeudi 17 juin

Les troupes britanniques se sont emparées d’une ligne de tranchées au nord d’Ypres, mais n’ont pu garder les tranchées qu’elles avaient prises à l’ouest de la Bassée. Nous avons gagné du terrain et fait 300 Prisonniers près de Souchez; les Allemands ont bombardé la région de la ferme Toutvent. Près d’Hébuterne, nous avons étendu nos gains et fait 100 prisonniers. Reims a été à nouveau criblé d’obus : dix d’entre eux sont tombés sur la cathédrale. Dans les Vosges, nous avons progressé sur les deux rives de la Fecht. Nous avons pris 340 hommes et 500.000 cartouches. Des avions allemands ont opéré au-dessus de Nancy, Saint-Dié et Lunéville. Les Italiens ont remporté un sérieux succès sur les Autrichiens dans les Alpes de Carinthie. Les Austro-Allemands ont repris l’offensive en Galicie sur toute la ligne du San. Les Russes qui manœuvraient en Bukovine se sont repliés sur la Bessarabie. Un zeppelin a jeté des bombes sur la côte orientale de l’Angleterre, faisant une quinzaine de morts. Toute une série d’incendies suspects ont éclaté dans la Grande-Bretagne et aussi au Canada. Des mesures sont prises à Londres pour hâter l’internement des sujets autrichiens et allemands.

 

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Mercredi 16 juin 1915

Louis Guédet

Mercredi 16 juin 1915 

277ème et 276ème jours de bataille et de bombardement

Cette nuit à 11h bombardement tout proche de chez moi, il faut descendre à la cave. A 11h1/4 les bombes ont cessé de siffler. J’estime à 30 ou 40 les projectiles lancés un peu partout, et particulièrement sur la Cathédrale. Été à 10h à La Haubette pour une prestation de serment de suppléant à la justice de Paix des 2ème et 4ème canton de Reims. J’ai donc maintenant sous ma juridiction toutes les 4 justices de Paix de Reims et communes environnantes. Je vais déblayer le plus possible pour pouvoir aller à Paris et de là à Vevey pour rechercher Jean. Je tâcherai en outre d’aller voir à Genève les de Vroïl et Mme E. Schoen.

Lettre de M. G. Hochet

Franchise militaire

Asp. Hochet  Bies R.A.T. – 6ème Esc du Train Etat Major à Fougères (Ille-et-Vilaine)

Tampon de la Poste à Fougères du 18 juin 1915

Tampon rouge  service postal 6ème escadron du train des équipages militaires – dépôt –

Monsieur L. Guédet notaire

Rue de Talleyrand 37 Reims (Marne)

Fougères, le 17 juin 1915

Cher Monsieur,

De mon côté je pense bien souvent à vous et j’ai lu avec joie votre bonne lettre. Quelle triste situation est la vôtre cher Monsieur et comme avec tous nos amis j’attends avec impatience la fin de nos épreuves. Permettez-moi d’admirer votre courage et votre endurance. J’ai dû quitter précipitamment ce qui reste de notre pauvre ville et je n’ai même pu serrer la main à tous nos amis car je devais rejoindre sans délai mon dépôt. Matériellement nous ne sommes pas malheureux, je supporte bien les fatigues et les privations et je me dis bien souvent qu’il y a de plus malheureux que moi. Mais quelles souffrances morales j’endure parfois, je n’ai pas besoin de vous le dire surtout qu’aucune lueur d’espoir ne point encore à ce triste horizon ! C’est avec plaisir que nous avons parlé de vous avec l’ami Archambault. Bien souvent nous échangeons nos impressions cherchant à nous donner mutuellement courage.

Voici quelques détails que vous me demandez : j’ai laissé mes notes à notes à Reims et beaucoup de ces détails m’échappent, mais j’espère pouvoir vous satisfaire superficiellement pour l’instant. 1° L’entrevue orageuse eu lieu le 4 septembre un peu après 14 heures. L’épouvantable menace fut proférée sur le pas de porte extérieur de l’Hôtel de Ville en présence de M. Alexandre Henriot, des appariteurs de l’Hôtel de Ville et de nombreux gardes civils : parmi eux un alsacien (dont le nom m’échappe) comprenant parfaitement l’Allemand, ce témoin gardait rue du Marc la maison dont le plafond en bois sculpté était d’une grande valeur, l’ami Metzger le connait certainement. Les menaces furent proférées en présence du général Zimmer et de son officier d’ordonnance. De nombreux citoyens, plus d’une centaine, ont assisté sur la place à la scène. Malheureusement nous n’avons pu connaitre le nom de l’officier, un jeune capitaine faisant partie de l’État-Major de l’Armée de Bülow. Ce capitaine faisait partie d’un régiment de la Garde. Des discussions à ce sujet avaient déjà eu lieu dans la matinée dans le bureau de Monsieur le Docteur Langlet en présence de celui-ci, de M.M. le Docteur Jacquin, M. Lelarge, M. Emile Charbonneaux, M. Mignot, M. Georget, M. Bataille, M. Gosset, M. Gobeau (vétérinaire), M. Raïssac secrétaire de Monsieur le Docteur Langlet.

Je regrette de ne pas avoir sous les yeux mes notes me permettant de vous donner tous les détails. Ces notes sont restées sur la table de ma petite salle à manger rue Brûlée 3, au 1er étage et les clefs sont entre les mains de ma bonne Melle Georgette Siméon 46, rue Brûlée, qui pourrait vous ouvrir la porte de mon appartement. Vous trouverez ainsi tous ces détails avec d’autres qui peut-être vous intéresseront aussi. Ne craignez pas de me gêner, cher Monsieur, au contraire vous me ferez plaisir.

Le petit cercle d’amis à Reims doit être maintenant bien rétréci et je sens d’ici le grand vide qui s’est formé autour de vous. J’espère que votre cher beau-père M. Bataille est toujours en bonne santé et que vous avez des nouvelles satisfaisantes de toute votre chère famille. Veuillez je vous prie, présenter mes sincères amitiés à tous ceux qui voudront bien se souvenir de moi. A Monsieur Metzger lorsque vous aurez l’occasion de le voir. Je vous serre bien cordialement la main.

Sincèrement à vous.

Signé : G. Hochet

6ème Esc. du Train – Etat Major à Fougères (Ille-et-Vilaine)

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Du 16 au 26 juin 1915
Période de calme, coupée par des sifflements et des explosions le 19, pendant midi.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 16

Nuit troublée. A 11 h soir, bombardement d’une demi-heure, mais violent. Cathédrale touchée tour nord au petit chapiteau d’un faisceau de colonnettes. Un pinacle décapité au sud. Une partie de la galerie brisée à l’angle de la tour et de la nef sud. Deux obus chez le Cordonnier (rue des Fusilliers), un devant le « Lion d’Or » ; 1 au « Lion d’Or » ; 1 sur la place du Parvis, devant l’imprimerie Jeanne d’Arc ; maison bleue, à côté de l’imprimerie Jeanne d’Arc, démolie.

Visite au Palais Archiépiscopal : un gros obus a démoli le mur à l’angle de l’Archevêché et du Palais Royal. Pas d’accidents de personnes.

Visite, avec Mgr Neveux et M. Compant, autour  de la Cathédrale, rue des Fusilliers, à l’Archevêché avec le gardien Huart

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

A gauche, les restes de l’Hôtel du Lion d’Or


 Renée Muller

le 16 très mauvaises nouvelles ; Mr FRÈRE reçoit la nouvelle que son beau-frère est mort.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mercredi 16 juin

Actions locales d’infanterie autour de Notre-Dame-de-Lorette, de Neuville et d’Hébuterne. Les Allemands sont partout repoussés. Près de Neuville, nous avons enlevé plusieurs postes d’écoute. De violents combats d’artillerie se sont engagés sur tout ce front : nous avons canonné les tranchées ennemies.
Les pertes ennemies, de l’aveu des prisonniers, ont été très graves à Tracy-le-Mont.
Deux projectiles ont été lancés sans résultat sur Compiègne par un canon allemand à longue portée.
Vingt-trois de nos avions, à titre de représailles, ont été bombarder Karlsruhe, capitale du grand-duché de Bade. Ils y ont allumé des incendies aux objectifs qui leur avaient été indiqués: le château, la fabrique d’armes et la gare, et déchaîné la panique.
Les Italiens ont constaté que le bombardement de Malborghetto par leur artillerie donnait d’excellents résultats.
Les Russes ont remporté des avantages en Pologne; sur le front entier de Galicie, la bataille a repris avec une intensité nouvelle.
Les élections grecques ont décidément assuré une majorité importante aux partisans de M. Venizélos. La santé du roi demeure précaire. Le kronprinz de Bavière est tombé sérieusement malade.

Source : La Grand Guerre au jour le jour

 

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Mardi 15 juin 1915

Paul Hess

Violent bombardement, commencé à 23 heures ; il dure environ une demi-heure. Une centaine d’obus sont envoyés en ville. La cathédrale est touchée plusieurs fois ; sa tour nord est de nouveau fortement ébréchée.

– un quatrième obus a pénétré par la façade, dans une chambre du deuxième étage chez mon beau-frère, P. Simon, rue du Cloître 10 et causé encore des dégâts dans la maison .

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Mardi 15 – Nuit tranquille. 10 h matin, aéroplane français. Les Allemands tirent dessus. Les éclats tombent avec bruit sur les toits des maisons Miltat et voisine. 11 h soir, Bombes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

– le 15 arrivent les cuisines du commandant et du capitaine

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mardi 15 juin

Nous avons repoussé plusieurs attaques contre nos tranchées de la route Aix-Noulette-Souchez. Nous avons de plus consolidé les positions conquises à l’est de Lorette, gagné à droite de ces positions et progressé dans le Labyrinthe. Le feu d’artillerie est ici incessant.
L’ennemi a subi un grave échec au sud d’Hébuterne, où il a pris l’offensive.
Près de la ferme Quennevières, nous avons gagné du terrain et décimé des reconnaissances allemandes.
En Lorraine, notre ligne s’est portée en avant dans la région d’Emberménil et de la forêt de Parroy.
Sur le front oriental, les Allemands renonçant, semble-t-il, à viser la reprise de Lemberg, attaquent à nouveau sur la Bzoura, en Pologne. Von Mackensen a perdu 2o.ooo hommes dans l’affaire de jouravno. Sur le Dniester, à la frontière de Bessarabie, les Russes ont sabré les Autrichiens.
L’armée italienne bombarde Malborghetto, forteresse importante qui domine la voie ferrée de Pontebba au col de Tarvis. Elle a réalisé aussi quelques succès dans le Cadore.
Le gouvernement britannique a demandé 6.250.000.000 de crédits supplémentaires aux Communes.

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