Louis Guédet

Mercredi 23 juin 1915 

284ème et 282ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Calme. Temps lourd et orageux, pluies par ondées. J’ai enfin mon passeport. J’ai présidé la Commission d’allocation de matin, rien de saillant. Je vais donc partir vendredi 25 à 8h1/2 matin pour arriver le soir à 6h. Je ne puis prendre Jacques Wagener parce que luxembourgeois et que s’il sortait il ne pourrait revenir à Reims !!

Reçu les nôtres de M. Hochet sur l’occupation prussienne de Reims comme interprète. En dehors de la phrase sur les 2 parlementaires il y en a une autre dite sur le parvis de l’Hôtel de Ville par un capitaine prussien en voyant tout le peuple rassemblé sur la place en présence de M. Hochet et de M. Arnold, alsacien d’origine et concierge de la maison Bellevue, rue du Marc au coin de la rue de la Prison (le beau plafond) (rue de la Prison du Baillage depuis 1924)  « Ach was, ich verstehe nicht ihr französischer Quatsch ! Das alles ist Dreck ! Wir schiessen das Lumpensvolk nieder. Wissen Sie überhaupt nicht dass ein einziger unserer Soldaten mehr wert ist als ihr ganzes Gesindel !!

Tous les officiers prussiens avaient, dit-il, une attitude arrogante, brutale, lâche !! Les saxons étaient plus corrects !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit très tranquille. Visite à Saint-Benoit (codex) ; à la laiterie de la rue des Capucins ; rue du Jard. A 1 h 1/2 orage, peu violent et lointain ; pluie. Visite de M. Goloubef et un Colonel russe, chef de l’Ambulance, dans la fabrique de bougies, à la Haubette.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mercredi 23 Juin 1915. Neuf mois aujourd’hui. C’est navrant. Où es-tu mon pauvre Lou ? Ce que tu dois souffrir aussi, encore plus que nous ! Car peut-être as-tu faim, toi qui avais si bon appétit. Quel courage mon dieu faut-il avoir.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Renée Muller

Le 23 passe le lieut. en vélo, très pressé mais qui vient nous tenir compagnie toute l’après midi, pendant quelques jours aucun coup de canon mais de l’orage mais hier attaque côte de Perthes et avant-hier 3 obus sur Taissy il revient même au soir avec le lieut.

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Collection Gallica-BNF

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Mercredi 23 juin

Dunkerque a été bombardée par une pièce d’artillerie à longue portée qui a fait des morts dans la population civile et qui a été prise à partie par notre artillerie lourde. Les troupes belges ont progressé prés de Saint-Georges. Au nord d’Arras, les contre-attaques allemandes ont pris fin, après que l’ennemi eut subi de lourdes pertes dans la région du « Labyrinthe ». Une offensive allemande a été enrayée par nous à l’est de la ferme de Quennevières. Nos adversaires y ont fait usage de bombes asphyxiantes. Sur les Hauts-de-Meuse, à la tranchée de Calonne, ils ont prononcé une violente attaque pour reprendre les positions qu’ils avaient perdues: ils ne sont parvenus à occuper qu’une partie de leur ancienne deuxième ligne, qui est aussitôt presque entièrement retombée entre nos mains. Près de Marchéville-en-Woevre, une demi-compagnie allemande, qui prenait l’offensive, a été dispersée par notre feu. Nos progrès se sont accentués en Lorraine (région de Gondrexon-Leintrey). En Alsace, dans la vallée de la Fecht, nous avons dépassé Metzeral vers Sondernach. Les Russes ont repoussé leurs ennemis sur la Narew, sur la rive gauche de la Vistule et le Dniester. Ils se sont retirés, par contre, des lacs de Grodek sur les positions de Lemberg.

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