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Mercredi 13 décembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 13 décembre 1916 

823ème et 821ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps gris brumeux, très froid. Je rattrape mon retard. Je pense en avoir terminé demain. De Paris je suis revenu découragé, écœuré de la veulerie de tous ces gens qui tremblent. Ces Parisiens accepteraient la paix avec des coups de pieds au derrière. C’est honteux et dégoûtant. Ils sont si malheureux !! Cette crainte trouble leurs petites habitudes et leurs amusements ou futilités !…  Causé avec divers de l’affaire Goulden, on m’a donné une plaquette de Mt Bonnet, avocat d’Auguste Goulden, cherchant à l’innocenter : c’est faiblard, très faiblard…  S’il n’a que cela comme argumentation devant le 2ème Conseil de Guerre chargé de la révision du premier jugement pour obtenir un acquittement. J‘estime que ce n’est guère probable. Mais quelle campagne !! Après tout il a fait une bêtise par lucre. Eh ! bien ! qu’il paie !

Sorti un peu l’après-midi pour des courses, rien appris. Reçu ce matin visite du Général Cadou, commandant de Place, pour donner un constat d’attestation de perte de valeurs en pays envahis. Causé de choses et d’autres, puis de mon affaire de simple Police du 3 octobre 1916, qui a fait tant de tapage. Il m’approuve entièrement et lui-même m’a dit : « Vous avez parfaitement agi. Colas et Girardot sont 2 brutes !! » Me voilà fixé. En haut lieu on a compris mon geste. C’est tout ce que je désire. Ce que je lui ai dit en ajoutant que je regrettais que ces 2 imbéciles faisaient courir le bruit que j’étais antimilitariste !! avec 2 enfants soldats engagés !!  Volontaires !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

13 décembre 1916 – L’Allemagne déclare faire des offres de paix — mais ne parle pas de conditions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 13 – + 4°. Nuit tranquille. 9 h. bombes sifflent ; 6 tombent quartier S. Remi, dans des maisons, sans victimes. On pense que les Allemands cherchent à repérer notre pièce de marine. Item 2 à 2 h. 1/2 échange de coups entre les deux artilleries. Reçu visite de M. Renaud Gautier (ou Gaucher) de l’avenue de Laon, teinturier, réfugié à Angers. Visite au Fourneau de S. Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 13 décembre

Dans la région au nord de Lassigny, après un vif bombardement, les Allemands ont attaqué nos tranchées à la lisière est du bois des Loges. Nos tirs de barrage ont disloqué l’attaque. Quelques fractions ennemies, qui avaient pris pied dans nos éléments avancés, en ont été chassées après un combat à la grenade. Notre ligne est entièrement rétablie.

Combat d’artillerie au sud de la Somme, dans les secteurs de Biaches et de la Maisonnette.

Les Anglais ont exécuté avec succès des travaux de mines au sud d’Ypres, aux abords de la redoute Bluff. Activité de l’artillerie et des mortiers de tranchées ennemis en face de Festubert et de Neuve-Chapelle. Un incendie a été observé dans un dépôt de munitions allemand, vers Vimy.

Au nord de l’Ancre, en réponse à des tirs d’artillerie, les Anglais ont bombardé les tranchées de soutien et la zone arrière ennemies.

Sur le front roumain, l’ennemi a attaqué sans succès dans la vallée du Buzeu, au nord de Torislaou, sur la rivière Cricol et à l’ouest de Mizil.

Sur le front russe, l’ennemi a pris l’offensive dans les Carpates boisées. Il a été refoulé. Les Russes se sont emparés d’une hauteur dans la vallée de la Sloueta.

Le chancelier allemand a remis une note aux représentants américain, espagnol et helvétique, en les priant de transmettre aux puissances de l’Entente une offre de paix. Cette offre est partout considérée comme une simple manœuvre.

Le cabinet Briand reconstitué et resserré s’est présenté devant la Chambre des Députés. Il a formé dans son sein un comité de guerre de 5 membres.

MM. Briand et Lloyd George échangent des télégrammes attestant leur volonté de poursuivre la guerre jusqu’à la fin victorieuse.

Des troubles sanglants auraient éclaté à Hambourg.

Le roi de Grèce adresse ses regrets à la France pour le guet-apens d’Athènes.

Source : La guerre au jour le jour

lassigny

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Mercredi 29 novembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 29 novembre 1916

809ème et 807ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps gris couvert, glacial, que de la neige. Le calme absolu, le silence qui fait mal. Pas un bruit, pas un coup de canon. C’est lugubre et angoissant. Travaillé comme un nègre. Vu Honoré qui me demandait des renseignements sur M. Lartilleux (marchand de laines (1877-1941)) et ses sœurs (en fait une seule sœur, Alice (1881-1962), épouse de Claude Helluy, rédacteur du « Courrier de la Champagne »). L’une d’elles a eu la…  bêtise d’écrire des lettres…  des épîtres devrais-je dire, qui pour se rendre intéressante disent des choses qu’il ne faut pas dire et encore bien moins écrire à un pays étranger, surtout en Suisse et à Bâle !! encore ! Bref, pour se rendre intéressante, palpitante, elle désigne les points, les places, les situations des pièces d’artillerie, batteries, cantonnements, etc…  Un général d’armée ne ferait pas mieux ! Mais la Police mobile veille et l’armée aussi. A donc subséquemment, etc…  Voilà une pauvre fille qui réunit toutes les conditions et qualités voulues pour comparaître devant un conseil de Guerre. Je crois avoir détourné l’orage, mais qu’elle n’y revienne plus. Prévenu les intéressés indirectement. Sorti pour cela, fait 2 ou 3 courses et rentré chez moi gelé ! René Mareschal (un des deux fils de Maurice Mareschal) est engagé au 82ème d’artillerie lourde à Noisy-le-Grand (Seine). Le Commandant Barot m’en prévient par un officier de son État-major. Causé de mon affaire !!  Ils en rient là-bas !! Je crois que Colas et Girardot n’en font pas autant…  Je suis ravi…  je vais me coucher…  Mais quel silence !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 29 – Nuit tranquille. + 2°. Voyage de Mgr Neveux à Meaux. Visite de deux membres de l’Ambulance russe, apportant envoi de Caen.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cardinal Luçon, Mgr Neveux

Cardinal Luçon, Mgr Neveux


Mercredi 29 novembre

Combat d’artillerie sur le front de Verdun. Une attaque de nuit sur un de nos petits postes à l’est de Maisons-de-Champagne, a été facilement repoussée. Sur le front britannique, violent bombardement ennemi au nord d’Ypres. Combat à Souchez autour d’un entonnoir. Canonnade sur les deux rives de l’Ancre. Les Anglais ont bombardé le secteur de la Bassée. Leur aviation a fait des reconnaissances avec succès, en liaison avec l’artillerie. Elle a jeté des bombes sur un certain nombre de points d’importance militaire et provoqué une forte explosion. Un appareil allemand a été détruit, un autre avarié. Deux avions anglais ne sont pas rentrés. Deux zeppelins ont été abattus au cours d’un raid sur l’Angleterre. Un avion a survolé Londres où il a fait quelques victimes. Succès britannique sur le front de Doiran. Avance italienne nouvelle à l’ouest de Monastir. Combat près de Riga sur le front russe. Les Austro-Allemands ont occupé Curtea de Arges entre Rymnick et Pitesti, et Giurgevo, sur le Danube, en face de Routschouk. Canonnade sur le Carso. L’amiral Dartige du Fournet a sommé la Grèce de remettre une partie de son matériel de guerre. Le comte Bobrinski, ministre de l’Agriculture russe a démissionné. Guillaume II qui était venu à Vienne pour les obsèques de François-Joseph a dû repartir étant souffrant. Il n’assistera pas aux funérailles. Le Reichstag soulève des difficultés pour la mise en œuvre de la mobilisation civile. Le vice-chancelier Hellferich poursuit ses pourparler à ce sujet. On réclame en Angleterre une politique navale plus énergique. Un vapeur américain, le Chemung, qui naviguait sous le pavillon national, a été torpillé dans les parages de l’Espagne par un sous-marin allemand.

Source : La guerre au jour le jour

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Mardi 28 novembre 1916

Louis Guédet

Mardi 28 novembre 1916

808ème et 806ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps brumeux, surtout la neige, froid glacial. Déjeuné chez les Abelé dans leurs caves, avec Charles Heidsieck. Marcel Heidsieck et M. (en blanc, non cité), parlé de choses et d’autres, des événements, de la Roumanie, de la crise ministérielle. Marcel Heidsieck disait que Poincaré avait été très mal reçu par les soldats aux tranchées qui lui envoyaient des pierres, résidus, etc…  et réclamant Briand, alors que l’on voudrait déboulonner Briand. On dit…  qu’est-ce qu’on ne dit pas. Tout cela est fort triste, de plus les anglais prépareraient une grande attaque dans le nord pour soulager la Roumanie. Attendons, mais quand verrons-nous la fin de tout cela.

A deux heures simple police, rien de saillant, sauf que mon brave Commissaire Speneux dit qu’il a été malmené par le Procureur, chose que j’ai difficile à croire, et que maintenant il ne dira plus rien à l’audience, et qu’il ne demandera plus que l’application de la loi. Il fera bien et s’il croit m’embarrasser il se trompe, sa mauvaise humeur et celle de Palliet (né en 1859 et décédé à Nice en 1939) se passeront. En tout cas je suis débarrassé des procès honteux que l’on m’envoyait. On me dit que Colas et Girardot partiraient, suite de l’affaire Goulden et de la mienne. Bon voyage si cela est vrai.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 28 – Nuit silencieuse. + 2°. Journée silencieuse sauf quelques coups de canons.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

AMardi 28 novembre

Canonnade habituelle sur divers points du front de la Somme et du secteur Douaumont-Vaux. Un groupe de nos avions a bombardé dans la nuit du 26 au 27 novembre les terrains d’aviation de Guizancourt et de Marigny. Les projectiles ont porté au but. Le front britannique est relativement calme, hormis une certaine activité d’artillerie de la part de nos alliés, vers la Bassée. Sur le front de la Cerna, une contre-attaque bulgare, lancée sur les positions serbes, dans la nuit du 26 au 27, a été repoussée avec des pertes sanglantes pour l’ennemi. Au nord de Monastir, la lutte d’artillerie se poursuit, violente, de part et d’autre. Les zouaves ont pris la cote 1050, à l’est de la route de Prilep. A notre aile gauche, les troupes italiennes continuent à progresser dans la région montagneuse de Dchovo. Les Roumains ont perdu une partie de la vallée de Wede, affluent du Danube. Mackensen a occupé Alexandria, à 80 kilomètres au sud-ouest de Bucarest, tandis que Falkenhayn s’avance de Rymnik sur Curtea de Arges, en franchissant la vallée du Polog. La lutte a repris, assez violente, en Dobroudja. Canonnade sur le front italien, dans les secteurs du Trentin et du Carso.

Source : La guerre au jour le jour

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Jeudi 26 octobre 1916

Louis Guédet

Jeudi 26 octobre 1916

775ème et 773ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Assez beau temps, brumeux, pluie, nuages, se refroidissant fin d’après-midi. Le calme auprès d’hier. Beaucoup de victimes hier, et aussi des soldats, une douzaine. Il y a eu des bombes un peu partout.

Après-midi à 2h Réquisitions militaires, quitté à 5h, vu le Procureur M. Mathieu qui s’amuse toujours de mon affaire, et pour lui si les militaires disent vouloir se reporter sur Helluy, c’est tout simplement pour couvrir leur…  retraite…  J’ai prévenu ce dernier de ce qui le menaçait, et lui ai conseillé de se retrancher derrière la censure qui a laissé les mots qui ont choqué, blessé les nobles galonnards. Et même s’ils insistaient, de bien leur dire qu’ils font du chantage, et qu’ayant laissé les mots « qui les y incite », ils ont voulu avoir l’occasion de l’ennuyer. M. Mathieu approuve ma théorie. Landréat, mon greffier, et Croquet mon greffier militaire se tordaient en me racontant tout à l’heure que l’illustre Colonel Colas, commandant de la Place, avait hier demandé l’hospitalité chez Faupin, 59, boulevard de la République où ils travaillent, et qu’il les a forcés à descendre à la cave !!!… Et voilà un homme qu’on a décoré de la Croix de Guerre…  gagnée dans la cave !!!  Croquet m’a dit qu’il l’avait envoyé promener. Mais le Colas est descendu se mettre à l’abri dans la susdite cave !!

Au sujet du procès des pains de fantaisie Émile Charbonneaux en a causé au Colonel Colas et au Général Lanquetot, ceux-ci déclarèrent qu’ils ne savaient ce que cela voulait dire !! Charbonneaux insistant sur ce que le procès était fait par 2 gendarmes. Nous n’avons donné aucun ordre, déclaraient-ils !! Alors ?… Ils n’ont même pas de courage de leur opinion ! Quels pleutres !!… En tout cas me voilà sur du velours, et je les ai bridés, murés !!…  Toisés !…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 26 – Toute la nuit, de quart d’heure en quart d’heure, coups de gros canons français. Pas de riposte allemande. Visite au Bon Pasteur, à l’Enfant-Jésus, à l’Espérance et rue du Barbâtre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 26 octobre

Au nord de Verdun, les Allemands ont lancé deux contre-attaques sur les ailes de notre nouveau front. L’une, dirigée sur les carrières d’Haudromont, a été repoussée. L’autre, prononcée contre la batterie de Damloup, a totalement échoué. Le terrain conquis par nous a été maintenu intégralement. Le commandant du fort de Douaumont a été capturé dans les souterrains.
Nous avons progressé à l’est du bois Fumin et au nord du Chenois. Le chiffre de nos prisonniers est passé à 4500.
Onze avions de bombardement anglais, accompagnés de cinq avions de protection, ont bombardé les haut fourneaux d’Hagondange sur lesquels ils ont jeté 1300 kilos de projectiles. Plusieurs incendies se sont produits.
Sur le front britannique, l’artillerie ennemie a montré de l’activité vers le Sars et Eaucourt-l’Abbaye.
Les Russo-Roumains, en Dobroudja, se sont repliés au nord de Czernavoda. En Valachie, ils ont gagné du terrain dans certains cols des Carpathes, mais ils ont reculé à la passe de Vulkan, entre la vallée du Maros et Craïova.
Les Allemands provoquent une irritation croissante en Norvège par leurs torpillages systématiques de navires scandinaves.
En Albanie, la cavalerie de l’armée de Salonique est entrée en contact avec la cavalerie Italienne d’Albanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 21 octobre 1916

Louis Guédet

Samedi 21 octobre 1916

770ème et 768ème jours de bataille et de bombardement

6h45 soir  Très beau temps, il a gelé et il fait froid. Le matin couru à l’Enregistrement, à la Recette des Finances, au Crédit Lyonnais pour l’ouverture d’un coffre. Après-midi été à l’Hôtel de Ville où on m’a remis le dossier de simple police pour le mardi 24 octobre. Que les temps ont changés, en dehors des 25 anciennes affaires il n’y a que 24 nouvelles !! 24 nouveaux procès !!! Que nous sommes loin des audiences de 100 et 150 procès !!!!

Ils ont compris la leçon ! Il n’est que temps. Bref Colas et Girardot se sont mis une muselière !! Vu le Président Hù et Texier pour un envoi en possession (procédure autorisant certaines personnes désignées par la loi pour leur permettre d’entrer en possession de biens issus de la succession d’un défunt). Causé longuement. Le Président part à Paris mardi et il causera de toute cette affaire mémorable à la Chancellerie. Ils sont convaincus que Colas, Girardot et toute la clique militaire vont rentrer leurs grands sabres…  de bois ! C’est ce qu’ils auraient dû faire dès le début !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 octobre 1916 – Bombardement vers le cimetière du Sud.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Samedi 21 – Nuit un peu bruyante. Coups de fusil et mitrailleuse toute la nuit. A 6 h. 0 degré. A 9 h. grosses bombes allemandes sur les batteries. Violent duel entre les deux artilleries adverses. A 2 h. aéroplanes français ; tir contre eux. Bombes sifflantes ; très violent bombardement… on ne sait sur quoi. Aéroplane français de 4 à 5 h. Un obus contre aéro blesse à la tête la fille du chantre de la Cathédrale.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 21 octobre

Sur le front de la Somme, aucune action d’infanterie.
Lutte d’artillerie intense dans la région du secteur de Sailly-Saillisel et du secteur Belloy-Berny.
En Lorraine, nous avons repoussé facilement des coups de main sur un de nos petits postes près de Bezanges.
Sur le front belge, activité d’artillerie, particulièrement dans le secteur au nord de Dixmude et vers Hetsas.
Les Italiens ont été attaqués sur le mont Pasubio par de gros contingents autrichiens. Ils ont infligé à l’ennemi de lourdes pertes et lui ont fait 107 prisonniers.
Les Roumains ont résisté à de nouvelles attaques des troupes de Falkenhayn, dont les pertes ont été considérables. Ils tiennent tête en Dobroudja, à une nouvelle offensive bulgare.
Succès serbe au nord de Brod dans la direction de Monastir. Nos alliés prennent 4 canons.
Un grand transatlantique anglais, de la ligne Cunard, l’Alaunia, a été coulé par un sous-marin.
Une conférence a eu lieu au grand quartier général allemand entre l’empereur et le chancelier, M. de Jagow et M. Burian, le ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Mont Pasubio

Mont Pasubio

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Samedi 14 octobre 1916

Louis Guédet

Samedi 14 octobre 1916

763ème et 761ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Beau temps, mais toujours couvert. Journée agitée. Vu Honoré, comme il me l’avait promis. Il est chargé de faire des rapports confidentiels au Général de la Ve Armée à l’insu des autorités militaires de Reims, même donc de Colas. Il m’a lu plusieurs de ses rapports parfaitement faits, qui sont fort intéressants et amusants au possible. On voit tous les dessous de ces intrigues, compromissions, le jeu de cette police occulte qui se déchire comme un voile. Il m’a recausé de Colas qui ne décolère pas et qui écrit à qui veut l’entendre que j’ai eu la tête lavée par le Commissaire Central, un peu plus il dirait qu’il m’a donné la fessée comme un bébé pas sage qui a manqué de respect à son papa. Imbécile. C’est entendu qu’Honoré va me donner les noms des personnes à qui il a dit cela, et alors j’écrirai au Général de la Ve Armée une lettre qui ne sera pas dans une musette, et Colas en prendra encore pour son rhume (être réprimandé, recevoir des reproches). Il n’a pas fini avec moi le citoyen.

Honoré m’a lu le rapport qu’il a fait sur « Casque d’or », la maitresse dudit Colas, à qui il donnait tous les soirs le mot d’ordre de la Place !! pour permettre à cette fille de sixième ordre de se promener dans Reims. Elle a été expulsée en 5 sec malgré ses menaces d’en référer au susdit Colonel Colas !! Il m’a lu son rapport fait sur ma fameuse audience du 3 octobre. Il avait vraiment touché juste, et il n’hésitait pas à conclure que si je m’étais élevé ainsi contre les abus des gendarmes, c’était pour en finir une bonne fois, et il concluait à dire que je désignais comme les vrais fautifs Colas et Girardot, ce qui était vrai. Il doit encore faire un rapport sur cette affaire, alors je lui ai donné quelques renseignements et il doit conclure au déplacement simple de ces 2 citoyens. La troupe est aussi exaspérée que la population rémoise.

Vu le maire, Raïssac, de Bruignac et Chézel, à qui j’ai raconté toutes ces histoires. Le brave Docteur Langlet s’amusait beaucoup de ce que je disais, je crois vraiment qu’il m’estime et m’aime. Tous du reste m’approuvent haut la main. Ce n’est (rayé) qui ne sont rien (rayé)!!…  Enfin nous verrons à le (rayé) un de ces jours !

Rentré chez moi. Et après-midi vu le président Hù au Lion d’or où il déjeunait avec le sous-préfet et 2 journalistes. Nous avons mis au point mes considérants généraux, en particulier du procès du Dr Simon que la Place réclame pour être remis au Général de la Ve Armée. En tout cas ils ne peuvent rien faire contre moi et ils ne peuvent même plus aller en cassation. Ils ont ramené une forte bûche déjà. C’est un colonel de Gendarmerie et un officier d’État-major de Châlons qui sont venus voir M. Mathieu, substitut, pour lui demander de me laver la tête, etc…  ce que des galonnards qui n’admettent pas qu’on leur résiste pensent demander et exiger. Ils ont été plutôt reçus fraichement par le brave M. Mathieu qui leur a tout simplement dit, avec son calme imperturbable qu’il n’avait pas d’observations à me faire, et encore bien moins de réprimandes ! Tête des 2 galonnés qui dirent qu’ils allaient alors en référer au Président du Tribunal ! Mathieu bon prince leur a dit qu’ils n’auraient pas plus de succès après du bon papa Hù, et qu’ils feraient mieux de s’abstenir, ce qu’ils ont fait du reste. Le brave Président m’a fait une musique là-dessus ! « Eh bien, je les aurais bien arrangés. J’ai même dit à Mathieu qu’il avait eu tort de les empêcher de venir me voir, ils auraient été bien reçus ! » Bref les pandores et aiguilleteurs ont rentré leurs honneurs dans leurs musettes et sont repartis bredouille à Châlons ! C’était bien la peine de les déranger pour ce joli résultat !!… Mais cela a eu un avantage, c’est qu’ils ont déchargé leur bile et leur colère sur le citoyen capitaine Girardot qui, parait-il, a été arrangé de la belle façon ! C’était déjà cela. En attendant sans doute le reste. Bref, pour une bûche, c’est un vrai bûcher qu’ils ont pris ! Remis à Valot mes attendus, et enfin rentré me reposer un peu. J’en ai besoin. Je suis rompu et fort nerveux. Pourvu que je dorme cette nuit. J’en ai bien besoin. Pas de nouvelles de ma pauvre femme. C’est à peine si j’ai eu le temps de lui écrire 2 mots. Vais-je enfin avoir un peu de bonheur et de réussite ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 14 – Nuit tranquille à Reims ; mais violent combat au loin de 10 h. à minuit. Visite de M. Charlier avec sa fille qui apporte des aquarelles de la Cathédrale en feu. A 11 h. 1/2 des bombes sifflent sur batteries. Visite à M. Camuset ; à Mme Rogelet.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Samedi 14 octobre

Au sud de l’Ancre, violent bombardement ennemi au cours de la journée, particulièrement dans les secteurs de Gueudecourt et de Martinpuich et au nord de Courcelette.
Un détachement ennemi qui tentait un coup de main contre les tranchées anglaises, au nord-est de Wulverghen, a été rejeté. Au nord de la Somme, une attaque allemande avec lance-flammes a repris quelques éléments de tranchées à la lisière du bois Saint-Pierre-Vaast.
Activité d’artillerie intermittente de part et d’autre dans la région de Verdun.
Sur la Strouma, l’ennemi tient le front Sérès-Savgak-Barakli-Djousah-Senimah. Les forces britanniques sont en contact. Duel continu d’artillerie au centre et à gauche.
Les Roumains repoussent une série d’attaques austro-allemandes du nord au sud des Alpes transylvaines.
Les Italiens ont à nouveau progressé sur le Carso. Ils ont fait 400 prisonniers.
M. Venizelos organise le gouvernement de Salonique : il y aura un Triumvirat qui prendra la régence, et à côté de lui un ministère responsable.
40 avions français et anglais ont jeté 1340 kilos de projectiles sur la fabrique de fusils d’Oberndorf (Wurtemberg).

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 13 octobre 1916

Louis Guédet

13 octobre 1916

…Autre son de cloche. Le chauffeur du commissaire Central (?) M. Honoré, comme je repassais tout (rayé) courut après moi place d’Erlon au coin de St Jacques et me dit : Ah ! M. Guédet, vous ne savez pas le raffut que font contre vous Colas et Girardot. Ils écrivent au Chef d’Armée, au ministère de la Guerre, au Ministre de la Justice. Colas ne décolère pas contre vous !! Mais si vous sauf mon avis, çà ne prendra pas et j’espère bien que ce sera ces 2 pierrots là qui seront déboulonnés. Je ne savais pas que j’avais déchainé une telle rage et une telle fureur. Mon Dieu, cela ne m’émotionne guère. J’ai pris cette charge de juge de Paix pour rendre service au Tribunal, si on me demande, on exige, ma démission, je m’exécuterai. Cela me sera dur, mais je n’aurais rien à me reprocher du moins.

De plus il m’a dit que Colas faisait courir le bruit qu’il avait donné l’ordre au Commissaire Central de me laver la tête et de m’attraper en m’éreintant et ils ajoutaient que Palliet m’a arrangé de la belle manière !! On voit ce que cela a été plus haut le 6 octobre, mais je suis enchanté de cela car Palliet m’a menti dans sa lettre en me disant que Colas ne l’avait par chargé de me faire des observations, etc…  Joli Monde ! En tout cas Colas lui a intimé l’ordre.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 13 – Nuit tranquille. + 14°. A 8 h. des bombes sifflent sur batteries. Via Crucis in cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 13 octobre

Les Anglais ont attaqué les hauteurs qui séparent leur front de la route Bapaume-Péronne. L’opération, qui leur a valu de faire un certain nombre de prisonniers, a donné de très bons résultats. L’ennemi a bombardé les positions britanniques de le Sars et du nord de Courcelette. L’aviation anglaise a montré beaucoup d’activité. Des bombes ont été jetées sur les lignes de communication et les aérodromes ennemis, ainsi que sur plusieurs détachements d’infanterie en marche.
Sur le front d’Orient, la cavalerie britannique s’est avancée jusqu’aux abords de Sérès.
Les Russes ont repoussé trois attaques sur le front de la Duna.
Les Italiens ont repoussé une série d’offensives autrichiennes au Pasubio, avec de très grosses pertes pour l’ennemi. D’autres attaques ont été brisées dans les hautes Alpes. L’infanterie italienne a complété ses avantages de la veille du côté de Gorizia et sur le Carso. Elle a fait 1771 prisonniers nouveaux dont 35 officiers.
Le gouvernement grec a accepté toutes les conditions que l’amiral Dartige du Fournet avait réclamées au nom des Alliés : internement de la marine, démantèlement des forts, contrôle des voies ferrées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 10 octobre 1916

Louis Guédet

Mardi 10 octobre 1916

759ème et 757ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Beau temps chaud, du soleil, quelques obus. Ce matin répondu aux nombreuses lettres reçues depuis 6h jusqu’à midi. Écrit à Marie-Louise et à André. Envoyé à celle-ci des timbres de la Côte d’Ivoire reçus de M. Gentil, secrétaire du Gouverneur de Bingerville (Capitale de la Côte d’Ivoire de 1900 à 1934).

Cette après-midi l’affaire de mes procès de simple police du 3 me tracassant et voulant tenir le Président au courant de ce qui se disait et aussi de ce que j’avais écrit pour le transfert de mes justices de Paix à Épernay. J’ai poussé jusqu’au Parc de la Haubette où j’ai rencontré le Président Hù et M. Texier à qui j’ai conté mes on-dit. Quand je leur ai dit que Colas, le Proconsul Gouverneur de la Place, avait intimé l’ordre à Palliet, commissaire central, le mercredi 4 de me faire des observations sur ma manière de juger, le Brave Président en a tellement sursauté qu’il faillit en laisser tomber sa calotte et Texier de même bondit. Comment Palliet a osé vous dire cela à vous magistrat ? Je lui répondis que le Commissaire Central me l’avait dit vendredi dernier 6 octobre vers 9h rue de Vesle, en face de la rue St Jacques, et que Colas lui avait donné un coup de téléphone le mercredi soir même 4 octobre. Ils ne pouvaient en revenir. Alors le Président m’a donné l’ordre d’écrire à Palliet pour qu’il me donne les termes exacts des observations que Colas voulait qu’il me fasse. C’est fait, j’attends la réponse du Commissaire Central. On va s’amuser.

Le Président et M. Texier jubilaient d’avance de la lettre que j’aurais à écrire à ce sujet au Général de la Ve Armée. Ils m’ont remonté très gentiment, très affectueusement. J’en avais les larmes aux yeux.

Il parait que cet âne et cet imbécile de Colas aurait dit qu’il ne comprenait pas que j’ai osé indiquer les motifs pour lesquels j’avais acquitté ou condamné les inculpés de l’autre jour !! C’est phénoménal !!

Un galonné qui veut nous donner des leçons de droit. Ces gens-là ne doutent de rien. Cela les dépeint bien, ils n’admettent aucune critique. Bref me voilà d’aplomb et je suis soutenu et approuvé par mes Pairs. Jusqu’ici la gauche comme on dit (jusqu’à la garde, complètement). J’ai bien fait d’aller là-haut. Le Président Hù me disait que le Procureur Général ne pouvait même pas me faire d’observations sur la manière dont je jugeais et rendais mes jugements. Et il me l’a prouvé, codes et textes de lois en mains. Me voilà donc fixé sur la suite de cette affaire qui aura révolutionné bien du monde ici, et je n’ai qu’à attendre sous l’orme (attendre très longtemps, en vain). J’aime mieux ma place que celle de Colas, Girardot, Lallier et consorts.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

10 octobre 1916 – Trois obus sifflent et vont éclater sur le Port-sec à 14 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mardi 10 – + 14°. Nuit tranquille. Temps couvert. Quelques bombes sifflantes, probablement sur les batteries. Visite de M…, Directeur de la Banque de France à Reims, remerciant pour lettre sur l’emprunt. Bombes longuement sifflantes. Salut au 403e à la chapelle de l’École Professionnelle S.J.B. de la Salle. Allocution.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 10 octobre

Sur la Somme, activité soutenue de notre artillerie et riposte de l’ennemi, particulièrement vive dans la région sud-ouest de Barleux et dans celle de Belloy et de Deniécourt.

A la suite d’une opération secondaire, les Anglais ont progressé au nord de la redoute Stuff, en infligeant des pertes sérieuses à l’adversaire et en lui faisant plus de 200 prisonniers dont 6 officiers.

Les Serbes ont progressé entre Vardar et Cerna, faisant 100 prisonniers. Ils ont pris Skocino sur la rive gauche de la Cerna, capturant encore 200 ennemis.

Trois sous-marins allemands sont venus opérer sur les côtes américaines : ils ont torpillé neuf navires.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 28 août 1916

Louis Guédet

Lundi 28 août 1916

716ème et 714ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Pluie torrentielle hier soir à partir de 6h, et toute la nuit. Aujourd’hui beau temps mais toujours lourd et orageux. Traîné ma journée, j’ai vraiment souffert. Deux soldats qui allaient porter la communication à la Ville me l’ont montré : elle annonçait que la Roumanie avait déclaré la Guerre à l’Autriche. Si cela pouvait nous délivrer ! mais je n’y crois plus guère.

Reçu lettre de Robert pour ma fête, pauvre petit, triste fête. Je suis bien découragé, d’autant que ma situation ne s’améliore pas, au contraire, aussi peu m’importe que Reims soit dégagé ou non. Après ce sera l’étranglement (rayé) de la part de mon beau-Père (rayé). Alors comme tout (rayé). Peu m’importe. Je ne puis qu’être toujours (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 août 1916 – Bombardement assez serré, commencé à 18 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 28 – Nuit tranquille ; pluie continuelle ; projections allemandes. Vers 9 h. 1/2 quelques bombes sifflent. Visite au Général Lanquetot (non trouvé) ; au Colonel Colas (non trouvé). Visite de M. Abelé pour projet Cathédrale. 5 h. 1/2 à 6 h. gros canon français. Riposte des obus allemands. 1 ° L’Italie déclare la guerre à l’Allemagne (1) La Roumanie entre en guerre avec nous (2).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) L’Italie avait déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie le 23 mai1915
(2) La Roumanie ne déclare la guerre qu’à l’Autriche-Hongrie. La révolution russe de 1917 la contraignit à une défaite inévitable jusqu’à son retour dans le camp des vainqueurs en 1918. (Toutes les notes sont du Colonel Marc Neuville)

 

Lundi 28 août

Sur le front de la Somme, le mauvais temps persistant gêne les opérations.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont dirigé trois attaques successives sur nos positions du bois de Vaux-Chapitre. Arrêté chaque fois par nos tirs, l’ennemi a dû regagner ses tranchées de départ après avoir subi des pertes sensibles.
En Lorraine, plusieurs coups de main ennemis sur nos petits postes entre Arracourt et Embermesnil ont été aisément repoussés.
En forêt d’Apremont, nos grenadiers ont livré des combats assez vifs contre des patrouilles ennemies qu’ils ont dispersées. Les Allemands ont attaqué sur un front de 800 mètres nos tranchées vers la croix Saint-Jean. Ils ont subi un échec complet.
Les Anglais ont réalisé des progrès au nord-ouest de Ginchy. Bombardement ennemi intense près de Longueval. Nos alliés ont fait 59 prisonniers au sud de l’Aisne.
En Macédoine, notre artillerie a dispersé un bataillon bulgare. L’ennemi a renouvelé sans succès ses tentatives contre Vetrenik. Deux monitors et un croiseur anglais ont bombardé les forts de Cavalla, occupés, sauf un, par les Bulgares.
L’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne par l’intermédiaire de la Suisse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


57e RI de Rochefort

57e RI de Rochefort

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Mardi 6 juin 1916

Cardinal Luçon

Mardi 6 – Nuit tranquille. 8 h. rafale de 5 ou 6 obus allemands au loin. Visite au Général et aux Colonels, non trouvés. Visite au Colonel Colas. Question de la couverture provisoire de la Cathédrale (intervention deman­dée au Pape Benoît XV, qui s’y prêta).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 6 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, duel d’artillerie intermittent dans le secteur d’Avocourt. A l’est de la Meuse, canonnade très violente dans la région Thiaumont-Douaumont. Les Allemands ont poursuivi leurs attaques sur nos positions de la région Vaux-Damloup.
Au nord-ouest du fort de Vaux, sur les pentes du bois Fumin, les tentatives répétées de l’ennemi ont été complètement arrêtées par nos feux. Tous les assauts dirigés contre le fort et le village de Damloup ont été également brisés.
Une lutte acharnée s’est livrée entre la garnison du fort de Vaux et les éléments ennemis qui tentaient d’y pénétrer. Malgré les jets de liquides enflammés dont l’ennemi a fait un large emploi, nos troupes ont empêché l’adversaire de marquer aucun progrès.
Par un coup de main dans les Vosges, près de Carsparch, l’ennemi avait pris trois éléments de tranchées. Une contre-attaque l’en a chassé.
Les Russes ont pris l’offensive sur leur front de la Volhynie et de Galicie. Ils ont capturé 13000 prisonniers et un grand nombre de canons.
Les Autrichiens renouvellent leur offensive sur tout le front du Trentin. Ils ont légèrement avancé au centre, sur l’Astico.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Thiaumont-Douaumont

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Mercredi 19 janvier 1916

Louis Guédet

Mercredi 19 janvier 1916

494ème et 492ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Temps magnifique, froid assez vif. Calme. Avions, on n’y prête pas plus attention qu’au canon. C’est la vie normale ici, sauf la solitude et le désert des rues. La ville est morte. Révision ce matin des allocations militaires, des armées de mobilisés ! Que d’abus ! Beaucoup de sanctions. Nous n’avons pu finir de 9h à 12h que les 1er et 2ème cantons, il nous reste les 3ème et 4ème cantons : ce sera pour mercredi en huit. Passé à la Caisse d’Épargne pour mon service. J’y retourne samedi.

Vendredi au Cercle, invité par Charles Heidsieck avec Mgr Landrieux, M. et Mme Henri Heidsieck, Henri Abelé, Xavier Heidsieck.

Travaillé toute l’après-midi à mon retard.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 19 – + 8. Nuit tranquille. Visite à M. Debeauvais, aumônier militaire. 2 h. violente canonnade entre batteries adverses.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 19 janvier

Entre Oise et Aisne, nos batteries ont bouleversé les tranchées allemandes de la région de Moulin-sous-Touvent.
En Champagne et en Woëvre, activité de notre artillerie sur divers points sensibles du front ennemi.
Nos avions ont fortement endommagé une batterie ennemie dans les Vosges, près de Metzeral.
Canonnade habituelle partout ailleurs.
Les Russes ont largement progressé autour de Pinsk; ils tiennent toutes les collines qui couronnent la ville à l’est.
Le mystère plane sur les conditions et les circonstances de la capitulation monténégrine. On se montre très sévère à Rome pour le roi Nicolas ler.
On annonce que le kaiser, après avoir visité un hôpital de blessés, serait parti pour l’Allemagne du sud, où il devrait subir une opération.
Le gouvernement serbe a quitté Brindisi pour se rendre à Corfou auprès de l’armée.
Les Autrichiens ont subi de lourdes pertes sous Goritz.
Des manifestations populaires importantes ont eu lieu dans la Suisse romande à propos des faits délictueux imputés aux colonels Egli et de Wattenwyl. Le public se montre de plus en plus irrité contre eux.
Des avions autrichiens ont jeté des bombes sur Ancône.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Gros canons français en batterie [soldats autour des canons] : [photographie de presse] / [Agence Rol] :

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Mercredi 25 août 1915

Louis Guédet

Du Mercredi 25 août 1915, 346ème et 344ème jours de bataille et de bombardement

Au Mercredi 8 septembre 1915, 361ème et 359ème jours de bataille et de bombardement

St Martin aux Champs

Et le Jeudi 9 septembre 1915, 362ème et 360ème jours de bataille et de bombardement

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

Dans le courant de l’après-midi, vers 17 heures, un aéroplane jette trois bombes sur Reims et quelques instants après, deux rafales d’obus s’abattent encore sur le centre de la ville.

– A 18 h 1/2, une démonstration de notre artillerie, qui acquiert de suite la pleine intensité, avec le bruit dominant des gros calibre, commence. C’est un vacarme assourdissant un très court moment d’accalmie se produit, les Boches ripostent instantanément ; leur tir aussi est rapide et durant trois heures quart d’heure, ce ne sont que claquements des 75, détonations de départ des 120 ou des 155, sifflements et explosions d’arrivées. Il y aurait de quoi affoler absolument quiconque ne serait pas accoutumé à entendre pareille cacophonies de coups de canon.

Au cours de ce véritable duel, les obus sont tombés nombreux en bien des endroits du centre, notamment aux environs de la place Royale

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 25 – Nuit tranquille avec grosses canonnades à 9 h. 1/2. Visite de M. de Vogué, de l’Académie Française, accompagné de neuf ou dix per­sonnages. Je leur explique mes vues sur l’intérêt qu’il y aurait pour le bon renom de la France, devant les Étrangers qui viennent déjà visiter Reims, à rendre à l’archevêque après la guerre, la demeure traditionnelle des successeurs de S. Remi. Bombes à 5 h. 1/2. M. Fernand Laudet m’a apporté le titre de «Président d’Honneur de la Croix-Rouge», offert à moi par le Comité. Il était accompagné par M. le Marquis de Vogué, de MM. Delan, Houlon, Farre et un autre. Premier numéro de la Revue rémo-ardennaise, dont M. Camu fut l’initiateur et fut le rédacteur.

A 5 h. 3/4, visite du Colonel Colas m’avertissant d’une canonnade pour 4 h. 1/2-6 h. 1/2. Canonnade française très violente ; riposte des Allemands : tout fait à 7 h. 5 m.. Un homme est tué sur son bateau, au Canal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Actions d’artillerie en Belgique (Boesinghe); en Artois (nord d’Arras), entre Somme et Oise.
L’ennemi a lancé quelques obus sur Montdidier, mais notre artillerie a fait cesser son tir.
En Champagne (Perthes-Beauséjour) et en Argonne, lutte continuelle à coups de grenades et de bombes avec intervention des artilleries de divers calibres.
Une escadrille de sept avions a bombardé, dans la nuit du 23 au 24, les gares de Tergnier et de Noyon, lançant plus de 80 projectiles. Plusieurs incendies ont éclaté dans la gare de Tergnier. Tous les avions sont rentrés.
Le nombre des navires que les Allemands ont perdus en Baltique monte maintenant à douze : à la liste précédente s’ajoute un croiseur auxiliaire.
Sur le front oriental, la bataille continue à faire rage.
Les Italiens ont repoussé une série d’attaques ennemies sur le Cordevole et autour de Tolinino.
Une flotte anglaise a bombardé Zeebrugge.
La Chambre serbe a décidé, après avoir délibéré en séance secrète, d’approuver la politique de M.Pachitch, en ce qui concerne les négociations avec la Quadruple Entente et les concessions à faire à la Bulgarie.
Le comte Bernstorf, ambassadeur d’Allemagne, demande aux États-Unis de surseoir à toute décision au sujet de l
‘Arabic.

Source : La guerre au jour le jour

Soldat à Perthes

Soldat à Perthes

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Dimanche 8 août 1915

Louis Guédet

Dimanche 8 août 1915

330ème et 328ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Nuit assez tranquille, le temps à l’air de se remettre au beau. Je suis malade. Je ne sais ce que j’ai mais pas d’appétit et lassitude telle que je suis resté au lit jusqu’à maintenant. Je fais un effort pour me lever et écrire ces quelques lignes. L’ennui, la lassitude, le découragement, tout enfin. L’épreuve est trop longue et trop dure.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Paul Hess

La nouvelle que j’attendais impatiemment, d’une naissance augmentant ma famille, venant de ma parvenir, je fais l’impossible pour partir immédiatement à Épernay, car j’ai naturellement hâte d’aller embrasser notre petite Antoinette Jeanne, née le 4 et passer quelques instants, si courts soient-ils, auprès de sa mère et de ses frères et sœur.

Arrivé le 8, vers midi, par Dormans, je suis de retour le 9, à 19h 1/2, après être descendu du CBR à Pargny.

Voyage beaucoup trop court, que j’espère être à même de recommencer bientôt avec un séjour plus prolongé, cette fois.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Dimanche 8 – Nuit tranquille, canonnade sourde, très lointaine toute la nuit. Canon toute la journée vers Brimont. Quelques bombes sur la ville. Visite à Villedommange, aux prêtres-soldats, au presbytère et à tous les fidèles, à l’église avec M. Camu. Rencontre en route du Colonel Colas. Entré chez M. le curé des Mesneux et chez M. l’abbé Philippart.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Et pendant ce temps là, les poilus pendant une permission à Château-Thierry: Photographie : Louis Corré - Source : Gérard Corré

Et pendant ce temps là, les poilus pendant une permission à Château-Thierry: Photographie : Louis Corré – Source : Gérard Corré


Dimanche 8 août

Actions d’artillerie en Artois, autour de Souchez et de Roclincourt; entre Somme et Oise, entre Oise et Aisne, au plateau de Nouvion.
En Argonne, combat à la côte 213. Les Allemands sont deux fois repoussés; ils sont également chassés d’une tranchée où ils avaient pris pied.
Dans la forêt d’Apremont, bombardement intense.
Dans les Vosges, l’ennemi canonne le Linge et le Schratzmaennele. Sur ce dernier point, il a prononcé une attaque que nos tirs de barrage ont arrêtée. Une autre offensive a été rejetée à la baïonnette.
Les Italiens avancent autour de Goritz, que les Autrichiens évacuent progressivement.
Les Russes continuent à se battre avec vaillance autour de Varsovie.
On annonce que les Allemands envoient des quantités de troupes vers le front occidental.
L’Italie a adressé une nouvelle demande d’explications à la Tu
rquie.

Source : La guerre au jour le jour

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Mercredi 4 août 1915

Cardinal Luçon

Mercredi 4 – Nuit et matinée tranquilles.

Visite du Colonel Colas. Visite du Dr Henrich. Vers 5 h. 1/2, bombes sifflantes, 5 ou 6. Les hirondelles nous quittent comme l’an dernier dès les premiers jours d’août.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 4 août

En Artois et en Argonne, luttes très vives à coups de pétards et de grenades. Dans le secteur Saint-Hubert, Marie-Thérèse, Fontaine-aux-Charmes, les attaques allemands n’ont pu déboucher.
M. Poincaré a parcouru le front nord et remis des drapeaux et des décorations aux troupes. A l’occasion de l’anniversaire de l’ultimatum remis par l’Allemagne à la Belgique, le Président de la République a tenu à rendre visite aux souverains belges. Il a décerné la croix de guerre au roi Albert.
Les Russes opposent une résistance très vive aux Allemands devant Varsovie. On croit que la ville tiendra plus longtemps qu’on ne l’avait pensé tout d’abord.
Dans la mer Noire, les torpilleurs russes ont incendié un dépôt de houille et détruit dix voiliers chargés de charbon. Sur les côtes d’Anatolie, ils ont coulé plus de 200 voiliers.
Aux Dardanelles, le corps australien et néo-zélandais a enlevé un important réseau de tranché
es.

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Jusqu’ici, les alliés n’avaient progressé que lentement à Gallipoli. Placés entre les défenses de l’ennemi et la mer, ils ne pouvaient augmenter sensiblement leur effectifs à cause de la limitation des surfaces. Le débarquement de forces importantes, à l’ouest de la péninsule, donne aux opérations une impulsion nouvelle. Nos photos représentent un tas de cartouches pour fusils et mitrailleuses, où les hommes vont venir se ravitailler avant de partir aux tranchées, et des gargousses d’obus de 75, après un combat.

Source : La guerre au jour le jour


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Mercredi 21 juillet 1915

Louis Guédet

Du mercredi 21 juillet 1915 312ème et 310ème jours de bataille et de bombardement au mercredi 4 août 1915 326ème et 324me jours de bataille et de bombardement :

Voyage à Paris et repos auprès de mes chers aimés à St Martin. J’en reviens plus triste, plus endolori, mais plus déterminé à faire mon devoir jusqu’au bout, quoique bien découragé.

Ne sachant que faire que décider pour mon déménagement d’ici. Dois-je le faire et quitter enfin mes Ruines qui m’accablent et m’attristent à chaque jour, à chaque instant. Je ne sais quelle résolution prendre. En avons-nous pour quelques semaines avant d’être délivrés et respirer, ou dois-je envisager un second hivernage…  sur le front ?? Quelle angoisse ? Que faire ? Que décider ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

L’Éclaireur de l’Est, parlant du bombardement d’hier, dit qu’il a été envoyé en ville, de 500 à 600 obus.

Au cours de la tournée que j’ai l’habitude de faire, en pareil cas, on m’apprend, rue du Cloître, qu’un projectile, le cinquième, est tombé hier chez mon beau-frère P. Simon-Concé ; j’en vois en effet les dégâts dans le vestibule d’entrée du n° 10, où il a éclaté après avoir traversé une fenêtre et le plancher d’un appartement au 1er étage.

Il est tombé un obus, – ce n’est pas le premier non plus – sur la maison 96 rue Ponsardin, appartenant à mon beau-père et habitée, avant la guerre, par M. Gossiôme, commissaire-priseur.

Toute la rue du Barbâtre a été fort éprouvée. La boulangerie Cocain-Courty, au 41 a reçu, elle aussi, un obus, le second, qui y a fait de nouveaux dégâts. En face, la maison de vins de Champagne Quenardel, où est installé un cantonnement du 291e d’Infanterie, a eu son toit entièrement défoncé, etc.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Mercredi 21 – Nuit tranquille. Écrit (fait écrire) à la machine la Lettre aux Cardinaux, pour Prière publique n°80.

Visite à M. le Lieutenant-Colonel Colas. Dans l’après-midi, 4 aéroplanes français.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

21 rien le 21 le poulain est …(?) vive discussion avec ceux du moulin

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mercredi 21 juillet

Violent bombardement, en Artois, autour de Souchez et de Neuville-Saint-Vaast. Combat à la grenade à proximité du château de Carleul.
Canonnade dans la vallée de l’Aisne. Soissons a été bombardée. Reims a subi le même sort et plusieurs victimes sont tombées, dans la population civile.
Sur les Hauts-de-Meuse, deux attaques allemandes ont été repoussées aux Eparges. Canonnade à Fay-en-Haye et au bois Le Prêtre.
Quatre de nos avions ont jeté en tout quarante-huit obus sur la gare de Challerange, au sud de Vouziers. Six avions ont bombardé la gare de Colmar, atteignant les bâtiments, les voies et les trains. La ville n’a pas été touchée. Nos appareils sont rentrés indemnes; un dirigeable français a lancé 23 obus sur la gare militaire et le dépôt de munitions de Vigneulles-les-Hattonchâtel.
Les Allemands avancent en Courlande, dans le secteur Riga-Chavli. Les Russes ont pris une nouvelle ligne de défense sur la Narew, tout en faisant de brillantes contre-attaques. Ils ont cédé à l’ennemi certains passages entre Wieprz et Bug, et repoussé de furieux assauts à Grabovietz. On calcule que les Austro-Allemands ont maintenant quatorze corps d’armée près de Lublin et disposent de forces beaucoup plus grandes encore dans la Pologne septentriona
le.

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Mercredi 9 juin

Louis Guédet

Mercredi 9 juin 1915 

270ème et 268ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 matin  Calme complet…  pluie chaude et lourde ce matin.

Séance ce matin à 9h1/2 pour les allocations aux…

Le bas de page a été découpé.

…enfants me firent remarquer un arc-en-ciel. Ce n’était pas un arc-en-ciel mais un cercle rond aux couleurs de l’arc-en-ciel qu’il entourait entièrement le soleil couchant, c’était très beau en même temps que singulier. Je n’ai jamais vu cela. Est-ce un signe des temps ? Que sais-je ? Eté voir Mlle Marie Monce vers 5h pour diriger et conseiller le sauvetage des vieilles choses de valeur de sa maison. Encore toute émotionnée elle m’a conté les tentatives malpropres et audacieuses du commandant, officier d’État-major du général Cassagnade, associé de la Maison Deutz et Geldermann d’Ay. Un joli Monsieur ! ma foi ! Je lui ai conseillé de se barricader chez elle avec son frère et je dois aller la revoir demain à 5h, heure à laquelle ce saligaud là lui a dit qu’il reviendrait pour voir si elle serait mieux disposée à satisfaire son sadisme !…  Et dire que tous ces galonnés là embusqués sont tous les mêmes !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit très tranquille ; journée calme. Aéroplanes allemands ; les Français tirent sur eux.
Visite au Général de Mondésir, maison Erhard et au Lieutenant-Colonel Colas, maison Mathieu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Renée Muller

9 – 10 je vais à Taissy – 11 – 12 – 13 – messe près du pont du canal

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

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Mercredi 9 juin

Très vives actions d’artillerie dans la région de Notre-Dame-de-Lorette. Plusieurs attaques d’infanterie ennemie ont été repoussées : après quoi, nous avons réalisé de nouvelles avances.
A Neuville-Saint-Vaast, nous avons enlevé des maisons dans la rue principale et la totalité de l’îlot ouest du village.
Dans le Labyrinthe, après avoir refoulé une offensive, nous avons accompli de légers progrès.
A Hébuterne, les tentatives faites par les Allemands pour ressaisir leurs positions ont échoué. Nous leur avons enlevé plusieurs lignes de tranchées sur un front de 1200 mètres en capturant environ 150 hommes. Un combat d’artillerie s’est développé au nord de l’Aisne.
Les Russes ont reculé en arrière de Przemysl, mais ont affirmé leur supériorité dans la région du San inférieur.
Les Italiens se sont fortement cantonnés sur les deux rives de l’Isonzo, où leurs effectifs augmentent de jour en jour.
Le bruit de la mobilisation générale court à Sofia.
La presse allemande marque des craintes au sujet de l’attitude de la Roumanie.
M Bryan, secrétaire d’État de l’Union, a donné sa démission.

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