La revue du 214e au Casino de Reims (Août 1916)

Voici une série de cartes-photos faites en 1916 au Casino qui se trouvait rue de l’Etape. On y voit des soldats faisant eux-mêmes le spectacle.

Avant la première guerre mondiale, Maurice Chevalier fit ses débuts dans ce casino, et en 1896 on y vit les 1ères séances du cinématographe Lumière. (J-C Thuret : Reims Rues et lieux)

Photos : collection Vincent Piniarski

ob_b51bc9_casino-vp

Voici deux cartes postales de Pierre Fréville (Amicarte 51) montrant la rue de l’Etape et le Casino au début du XXe siècle :

ob_f15774_p-freville-3-03

ob_e25e91_p-freville-3-02

Voici une autre photo de la rue de l’Etape en décembre 1918, la vue et prise dans l’autre sens, vers la place d’Erlon

Photo : Gallica.BNF.fr

ob_2eb35f_etape-copie

Share Button

Pierre Loti et Reims – 3 – avril et mai 1918

Son article dans L’Illustration du samedi 4 mai 1918 :
« Ça, c’est Reims qui brûle ! »

Loti s’est installé à Avize auprès du quartier général de Franchet d’Esperey (GAN : Groupe d’Armées du Nord) d’où il voit les fumées de la ville de Reims bombardée (grande offensive de la dernière chance allemande depuis mars 18, avant celle du Freidensturm de juillet et la 2e bataille de la Marne…) voir, entre autres, le site Batmarn 2

D’Avize il va, le 25 avril en auto, « interviewer l’archevêque de Reims ». On sait, par le journal du cardinal Luçon, que c’est à Hautvillers ; Loti a rédigé ses notes d’audience dans son propre journal, pp. 325-330 de la nouvelle édition de poche de « La Table Ronde » cf. nos articles précédents du 15 janvier 2014 (octobre 1914) et aussi du 1 février 2014 (août 1915)

1 – Loti à Avize en 1918 mais aussi en 1915-16

Il y arrive le dimanche 14 avril 1918, via la gare d’Épernay et Paris ; il vient de chez lui à Rochefort où il a passé Pâques (jeudi 11). Loti ne va pas bien. Grâce à Louis Barthou, à Clemenceau, etc.!… il a réussi à revenir aux Armées et au GAN, grâce à Franchet, cf. pp. 322-3. Il s’inquiète pour son fils Samuel et pour la « grande bataille de France ». Mauvaise santé, angoisses et souvenirs : « l’affreux petit Avize par temps d’hiver », qui n’est ni Rochefort ni la côte basque. Mais il retrouve sa logeuse, son officier d’ordonnance, que son grade de colonel de la Marine lui autorise, et ses habitudes. Il connait bien Avize où il a séjourné longtemps en 1915-16, auprès du général de Castelnau, à partir du 21 octobre, dans « cette maison précédée d’un jardinet » cf. p.120 ; où il avait passé la fête de la Toussaint et des morts avant de chercher Samuel sur le front de Champagne, pp. 126-7 et notes 75 et 76 ; où en février 1916, le village subit une attaque d’un zeppelin « admirablement renseigné » qui démolit, entre autres, la « maison du général »… réalité de l’espionnage et/ou hantise d’Allemands cachés en pays du Champagne… Avec le « soleil de mars » 1916, Loti s’était habitué à Avize. Après son départ du Q.G., il y repasse même de retour de Rochefort, en mai, pour voir Madame Rollain et « mon cher petit chat ». Il était en route vers son nouveau Q.G. à Bar-le-Duc où l’attend Pétain, qui n’a pas besoin de marins pour défendre Verdun et ça se passe mal entre eux. pp. 160-161 et note 88…

En 1918, il retrouve aussi ses promenades d' »autrefois sur la montagne » vers le plateau de la propriété Vix-Bara.

Pour Loti, Avize, c'est un paysage du nord et du froid. Les mélèzes qu'il y a bien vus en 1915-16 et en 1918 sont toujours là, 100 ans après ! sur le plateau, au bord de la route d'Avize à Gionges et, juste en dessous, dans le parc de la famille Vix-Bara, récemment réaménagé par la commune et l'ONF. Les deux mélèzes du parc, et par extension ceux de la route du plateau, sont datés par l'ONF en dendrochronologie (nombre de cercles de croissance annuelle) des années 1870. Une hypothèse serait que Henri Vix (1832-1897), venu d'Alsace à Châlons-sur-Marne pour devenir négociant en champagne puis installé en 1863 après son mariage avec Pauline Bara à Avize, ait fait réaliser un grand chalet, au milieu d'un parc avec une belle vue sur le village et la plaine comme dans les Vosges, et peut-être embellir la R.D. 19 construite dans les années 1850-60...
Avize en 1887 (planches 6-7 des Vues Panoramiques des vignobles du Champagne - 2 : Montagne d'Avize ; édition originale par Bonnedame à Épernay ; album de Ch. Sarrazin, à la BMReims, cote RM 295-2). On devine le chalet Vix au dessus du village. Sur la photo (JJV, mai 2014) : la route oblique, D. 19, monte au-dessus des vignes et du cimetière en longeant le parc, c'est la "Rue de la Montagne" qui sort d'Avize ; dans l'épingle à cheveux avant d'arriver au plateau, se trouve le point de vue vers la plaine et l'entrée du parc Vix rénové.
la R.D. 19 sur le plateau, coté Avize et coté Grauves : l'allée des mélèzes très hauts mais de faible diamètre et croissance ; détail du panneau d'Avize et de l'ONF sur le parking. Trois vues du village depuis le nouveau parc Vix. Sur la photo de droite en bordure sud des vignes : un des deux mélèzes qui a été daté de 1873. Merci à l'ONF Marne pour ces précisions. Le point de vue depuis le parking supérieur du parc dans l'épingle : à gauche, la butte de Saran ; au centre en bas, la route de Cramant et Épernay, et derrière, la zone industrielle et les tours de la verrerie et des silos de Oiry, avant la vallée de la Marne peu visible (mais falaise crayeuse de Bisseuil) ; à l'horizon la Montagne de Reims jusqu'au rebord Est à droite, vers Trépail.

Deux cartes postales anciennes d’Avize : Le chalet Vix dont Loti ne dit rien et la « Grande Rue » avec à gauche derrière les arbres, la maison où Pierre Loti passa 8 mois en 1914-15 et en 1918 chez madame Rollain. Au centre, cette maison aujourd’hui, à l’angle de la rue Gambetta à gauche et de la Grande Rue devenue Pasteur. Merci à la Mairie d’Avize et aux passants rencontrés début mai 2014.

En avril 1918, dans la page de son journal ci-dessus, Loti ne note pas avoir vu Reims brûler quand il va « errer comme autrefois sur la montagne » ; ce qui est sûr, c’est que, de la R.D. 19 montant au Parc Vix, la direction de Reims est bien dans l’axe de la butte de Saran (petits nuages sombres sur la photo, JJV. début mai 2014). Dans son journal, le 1er décembre 1915 (p. 137) Loti notait : « Tous les soirs… même promenade… nos peaux de bêtes sur le dos, toujours sur cette même route de Reims [par Cramant] où le canon n’a pas de cesse, et où la bataille met l’horizon en feu et tout va plus mal pour la France !… »

2 – L’article dans L’Illustration du 4 mai comparé aux notes dans le journal de Loti du 25 avril

Parmi les similitudes et différences à découvrir en lisant les deux textes : – Dans le journal de 1918, pas horizon en feu mais une courte et bien venue description du passage par Épernay, avant les détails de l’arrivée à Hautvillers « …un petit coin du passé… » mais en guerre. Par contre, l’introduction de l’article (sur fond rouge ci-dessous) est soigneusement recomposée : gravir un colline survolée d’avions [français] bourdonnant (on est en 18… l’aviation est « l’armée d’en haut »), horizon du nord enténébré, bûcheron aux branches de mélèze… et Reims au « nom… évocateur » d’un merveilleux passé anéanti, à cause de Guillaume II, devenu la cible de la propagande, « vieux démoniaque… en rage sénile…« . La conclusion de l’article de Loti après sa visite à l’archevêque sera : « misérable Kaiser« , objet de « l’anathème de tous les chrétiens« .

Le reste de l’article est assez conforme aux notes du journal (et d’abord la description d’Hautvillers, sur la route de Reims… voir les passages soulignés en bleu). Loti commence, procédé littéraire évoquant ses anciens articles sur Reims, par rappeler sa visite de la cathédrale en novembre 1914 grâce à un vieux serviteur de l’archevêque. Voir article : Loti, première visite à Reims, sur ce blog. Ensuite domine, dans les notes comme dans l’article, la figure du Cardinal Luçon : « …le blanc et le rouge… d’un saint de vitrail…« , sa cathédrale, la statue de Jeanne d’Arc…

Une différence à noter, ci-dessous : dans le journal, rien sur l’éventuelle candidature symbolique de Luçon à l’Académie Française mais Loti note sa discussion postérieure avec le général Gouraud, partisan d’une candidature de Luçon, puis l’élection de son ami et candidat Louis Barthou à Paris (27 avril – 2 mai). Ensuite Loti revient à Avize chez  » La bonne vielle madame Rollain », voir pages 330-331 et note 179. Pour L’Illustration, Loti donne une version exemplaire (voir sur fond rouge) de ces tractations car Luçon, qui ne veut pas candidater, insiste sur le rôle diplomatique de l’Église contre l’Allemagne et les mérites d’un collègue, monseigneur Baudrillart. Le cardinal Luçon, dans son propre Journal de la guerre (Travaux de l’Académie de Reims vol. 173, 1998, p. 190, éd. Jean Goy), note seulement, parmi ses nombreux rendez-vous et réceptions : « visite de M. Pierre Loti » au 25 avril… mais, pour les jours précédents, il fait de nombreuses allusions aux personnalité qui souhaitent son entrée à l’Académie, dont Gouraud…

Au sujet de la cathédrale que Loti voyait, en 1914 et 15, s’écrouler bientôt dans sa logique romantique des ruines et son souci de propagande anti-allemande, il note encore dans son journal qu’elle va peut-être « crouler ce printemps » (voir sur fond rouge) mais pour le cardinal Luçon, c’est une dentelle très solide et Loti le transcrit et dans le journal et dans l’article. Elle devient un symbole de la résistance à la barbarie et Loti détaille bien l’effort patrimonial « la pieuse sollicitude » pour protéger les vitraux, leurs plombs : on dirait parfois des « buisson d’épine« … Au sujet de la statue de Jeanne d’Arc, qui n’est pas évoquée au même moment de l’interview dans les notes et dans l’article, c’est un miracle qu’elle soit toujours intacte… mais jusqu’à quand ? car Loti et le cardinal savent bien qu’ils sont en pleine offensive allemande : »et Reims brûle toujours » (voir la fin de l’article avant l’anathème final contre Guillaume II) et ne savent pas si « la ruée des barbares » va être endiguée. Le titre de l’article et l’introduction mettant en scène son séjour à Avize viennent vraisemblablement de ce « Reims brûle toujours » que Loti fait dire à l’archevêque.

Cet article de Loti est suivi d'un autre article : "Par en haut" d'un journaliste régulier de L'Illustration, Henri Lavedan (cliquer sur la vignette) qui explique bien le rôle déterminant que joue maintenant l'aviation en 1918 et prédit des bombardements massifs sur l'Allemagne (pas ceux de la deuxième guerre mondiale). On sait que Loti s'intéressait à l'aviation et qu'il a volé pendant la guerre ; il a été aussi chargé, en tant qu'ancien officier de marine, de s'intéresser à la Défense Contre Avion naissante. Mais le rôle de Pierre Loti, cet épisode et ces écrits d'avril-mai 1918 le montrent bien, était d'être, à des fins patriotiques, un remarquable promeneur et cueilleur d'images, qu'il sait composer et transmettre. C'est ce que confiait le général de Castelnau à Poincaré qui le note dans ses Mémoires, le 7/11/1915, quand Loti logeait à Avize (voir p. 362, note 76 de la nouvelle édition du Journal).

Pour cette 3ème présentation au sujet de Loti et de Reims et en particulier pour ses séjours à Avize d’où il voit Reims qui brûle, voir la documentation suivante :

  • Le livre « Avize dans la tourmente de la Grande Guerre » par D. Hannequin, H. Jacq et un collectif associatif, en 2003, chez Guéniot, avec des annexes de Georges Devouge, adjoint de Jules Lucotte en 1912-19 puis maire d’Avize jusqu’en 1925. Ce livre ne cite pas beaucoup le journal de Loti mais est un tableau prenant de la vie du village (voir aussi un étrange plan en relief du front, p. 48).
  • Dans le catalogue en ligne de la BMReims l’interrogation floue « chercher partout : Avize » permet d’identifier une soixantaine d’ouvrages et documents. Les collections de L’Illustration sont consultables à la BMReims Carnegie. L’image de nombreuses cartes postales anciennes d’Avize est accessible en ligne, en particulier sur le site : Delcampe.net.. Voir aussi, bien sûr, le Géoportail de l’IGN pour la localisation et la topographie. Merci encore à l’Office National des Forêts – Marne et à la Mairie d’Avize. Merci aussi aux Éditions La Table Ronde.

Share Button

Un article dans L’Union : Lucien Laby veut sauver ou périr…

Armand nous a signalé cet article, merci à lui

30/4/2014 ; Journal L’Union

Rémois de naissance et Picard d’adoption, cet étudiant qui se destine à être praticien militaire explique son rappel sous les drapeaux et les étapes de sa mobilisation.

Avant de rejoindre la zone des combats, il y a tout un tas d’étapes à franchir que le jeune santard résume à merveille.

Le père de Lucien Laby a été pharmacien rue de Cernay à Reims, adjoint au maire avant de quitter la Marne pour s’installer à Lignières dans la Somme. C’est dans ce village picard que Lucien, 22 ans, est réveillé le mercredi 29 juillet 1914 à 5 heures par un télégraphiste qui lui remet un télégramme du directeur de l’École du service de santé des armées de Lyon où il achève sa scolarité. Il est rappelé. À force de vouloir dire au revoir à tous les gens qu’il connaît, il rate son premier train à Amiens mais prend le suivant et, après 11 heures de voyage arrive dans le Rhône. Le jeudi 30 juillet, les nouvelles ne sont pas bonnes mais les militaires du service de santé ne sont pas consignés si bien que Lucien Laby se promène sur la célèbre place Bellecour. Le lendemain alors que les rumeurs de guerre sont de plus en plus répétées, une certaine fébrilité gagne enfin l’École. « L’après-midi on fait de la manœuvre du brancard. Mais là ; on s’amuse franchement : les blessés volontaires en voient de cruelles. Popol avait demandé à venir avec moi au camp de Châlons. C’est refusé. Je reste à Lyon. Le samedi 1er août 1914, les préparatifs s’accélèrent, une dernière balade dans le centre-ville jusqu’à ce qu’un vieux monsieur l’aborde et lui dise que la mobilisation générale est décrétée. »

Lucien Laby dessine l'un des postes de secours où il a porté les premiers soins aux blessés du front

Lucien Laby dessine l’un des postes de secours où il a porté les premiers soins aux blessés du front

Curieuse euphorie

Lucien Laby observe alors l’enthousiasme des gens alors que les soldats partent au combat : « Des gens nous serrent la main et crient : vive l’armée. » À l’École la gravité est désormais de mise : « Après dîner, adieux très touchants de notre directeur Hassler, dans le grand amphi. Tous nous crions vive la France. Émotion générale. Combien d’entre nous vont rester sur le terrain ! » Puis le jeune médecin auxiliaire et son ami Popol qui savent la mobilisation générale effective pour eux à minuit se rendent quelques minutes à l’église de la rue de Condé. Le dimanche 2 août, les jeunes médecins sont emmenés au fort Lamotte où on leur remet un revolver et dix-huit cartouches : « On s’en servira. On va à un petit bout de messe et tout le monde touche ensuite son livret et sa médaille d’identité. »

Il touche sa feuille et sait qu’il part bien pour le camp de Châlons. Le lundi, le voyage exige à six reprises un changement de train. Les treize Santards, élèves de l’École de santé forment le 6e corps. « Nous déjeunons à Langres, à Chaumont et dînons à Vitry-le-François. Nous voyageons en première, deuxième, troisième ; de Vitry-le-François à Châlons-sur-Marne nous sommes dans un wagon à bestiaux. » Enfin le mardi 4 août à 11 heures, Laby est au camp de Châlons. « Nous apprenons que la Guerre est déclarée. Nous déjeunons à la gamelle. Le soir les officiers nous disent d’aller au mess avec eux. Nous logeons dans un pavillon d’officiers, mais sur la terre battue, n’ayant qu’une paillasse et une couverture. On dort comme des princes ! » Le mercredi 5 août 1914, Laby apprend son affectation à la 56e division d’infanterie de réserve, au groupe de brancardiers divisionnaires : « C’est un poste d’honneur : nous irons ramasser les blessés sur le champ de bataille. Sommes autorisés, les deux lieutenants d’administration Arreteig et Demarre et moi à aller à Reims jusqu’à demain à 11 heures. »

Prêts pour le front

Il confie qu’il déjeune alors chez sa tante Jeanne puis le soir toujours dans la famille et l’on ne s’en fait guère : « Tous pompettes ! Retour à 2 heures du matin : on fait pipi au milieu de la place Royale. Quelle bonne soirée. Est-ce la dernière ? » Le jeudi 6 août, les choses sérieuses reprennent, avec l’arrivée de deux bleus de l’École puis le vendredi alors qu’il pleut, le personnel reçoit son équipement : « Nous passons la journée à habiller nos cent vingt brancardiers. » Le samedi 8 août il n’y a aucune certitude sur un départ pour le front. On parle du lendemain. Les informations sont imprécises et déformées par une curieuse euphorie collective : « Il paraît qu’on se bat sérieusement en Belgique. On aurait repoussé partout les Prussiens à la frontière. »

Laby sait qu’on colporte tout et n’importe quoi mais il assure : « Je pense qu’ils prendront la pile. » Les préparatifs du départ s’achèvent avec le lieutenant Beaufay d’Asfeld (Ardennes). « Notre ordre est de partir le douzième jour à 8 h 27. Durée du voyage : douze heures. But : environs de Verdun. » Alors que le médecin auxiliaire s’impatiente il note : « Le drapeau français flotte sur Mulhouse. Général d’Amade occupe la ville. Du153e de ligne, il ne reste que trois cents hommes. Le 8e chasseur à pied a perdu plus de 80 % de son effectif. Vingt-cinq drapeaux pris, cent vingt canons, cinquante-deux mille Allemands hors de combat et quinze mille Français. »

Cette semaine, la minute d’Hervé Chabaud est consacrée au lieutenant rémois Henri Herduin, fusillé lors de la Bataille de Verdun par ordre de l’Etat-major français pour avoir du fuir après des bombardements nourris des Allemands.

Share Button

15 juillet 1914

Louise Dény Pierson

15 juillet 1914

Mes souvenirs du début de la guerre se limitent à la lecture des affiches de la mobilisation, à laquelle je n’ai pas compris grand’chose, au départ de mon beau-frère mobilisé à Epernay, au 65ème chasseurs à pied, la tristesse de ma soeur ainée, Emilienne, qui n’a pas pu
le revoir une dernière fois au passage à niveau de la rue Martin-Peller, pendant que je gardais mes deux petites nièces.
Puis la décision de ma soeur d’aller habiter chez nos grands parents à Vrigny, en attendant le retour de son mari …

L’image contient peut-être : texte
Ce texte a été publié dans L'Union L'Ardennais, en accord avec la petite fille de Louise Dény Pierson, ainsi que sur une page Facebook dédiée voir : https://www.facebook.com/louisedenypierson/
Share Button

Armand MICHEL, un Rémois dans la Grande Guerre

Armand Frédéric MICHEL est né le 1er mai 1880 à Beauclair, arrondissement de Montmédy, canton de Stenay dans la Meuse. Beauclair est une petite commune de 200 habitants, limitrophe des Ardennes, à 90 km de Reims.

Peintre décorateur, il a un degré d’instruction générale noté : 3 par le conseil de révision. Une lettre conservée dans la famille en atteste et renvoie indirectement au travail des instituteurs de la Troisième république pour qui l’apprentissage de la lecture et une bonne orthographe étaient des priorités.
Il est donc de la classe 1900, matricule 844 au bureau de recrutement de Reims car il habite Reims, au 129 rue Gambetta, à l’époque de son recensement. Il fera une demande de dispense car il avait dû tiré un numéro pour 3 ans, un mauvais numéro. En effet, son père, disparu, n’habite plus, au moment de la conscription, avec sa femme. En tant que soutien de famille (suivant l’article 22 de la loi de 1889), Armand ne va donc partir pour ne faire qu’un an au lieu de trois.

Il est appelé le 14 novembre 1901 au 161ème régiment d’infanterie de Saint-Mihiel dans la Meuse, et affecté à la 7ème compagnie. Il est placé en disponibilité le 21 septembre 1902 et reçoit son certificat de bonne conduite.

1

Portrait d’Armand réalisé à Saint-Mihiel (sans date).

Le 20 juin 1903, le conseil de révision de la Marne le déchoit de ses droits à dispense pour un motif qui nous restera inconnu, sans doute à cause du remariage de sa mère. Il doit donc achever son service, avec les recrues de la classe 1900 qui ont fait trois ans en tout. Il est donc rappelé au 161ème RI, 7ème compagnie le 1er juillet 1903 et mis en disponibilité le 20 septembre 1904 avec un certificat de bonne conduite (et de 2 !), document de la plus haute importance pour trouver un emploi.

Armand passe dans la réserve de l’armée d’active le 1er novembre 1904. Son registre matricule indique une première affectation au 361ème Régiment d’Infanterie, régiment de réserve du 161ème R.I. qui devait aux termes du journal de mobilisation, se constituer à Reims, lieu de repliement, pour la mobilisation, du régiment actif dont la portion principale était à Saint-Mihiel.
Armand se marie le 4 octobre 1905 avec Camille Victorine Raulet dite Jeanne (6 mars 1880 – 20 février 1964).

Armand et Jeanne eurent quatre enfants : Hélène en 1906, Jean en 1907, Louis appelé Charles en 1912 et Albertine appelée Reine en 1914.

Armand et Jeanne eurent quatre enfants : Hélène en 1906, Jean en 1907, Louis appelé Charles en 1912 et Albertine appelée Reine en 1914.

Le 20 juillet 1906, ils habitent 120 rue Gambetta à Reims, au moment de la naissance du premier enfant Hélène, puis au 129 rue Gambetta, le 10 septembre 1909. Ils y sont encore lors du recensement de 1911. Les mentions « peintre » et « patron » nous indique qu’il est artisan peintre décorateur ; Nous savons aussi que sa femme tient une droguerie, marchand de couleurs comme on disait à l’époque.

Le 4 août 1914, au troisième jour de la mobilisation, Armand rejoint, comme indiqué dans son livret individuel miliaire, le dépôt commun du 94ème et 294ème régiment d’infanterie de Bar-le-Duc, caserne Excelmans dans lequel servaient des Ardennais, des Meusiens du Barrois et beaucoup de Rémois. Il est affecté à la 29ème compagnie de dépôt du 294ème RI avant de partir en campagne.

Armand Michel est ensuite affecté à la 2ème section, 17ème compagnie, 5ème bataillon, du 294ème régiment d’Infanterie de réserve. Formé à deux bataillons, le régiment quitte Bar-le-Duc et entre en campagne le 9 août sous les ordres du Lieutenant Colonel Duperrier. Il fait partie de la 56ème D.I. – 111ème Brigade.

Nous ignorons quand exactement, Armand entre lui en campagne. Son registre matricule ne donne pas l’information. Il est resté à Bar-le-Duc un temps puis rejoint le régiment « en campagne » plus tard pour le renforcer, probablement après les hécatombes d’août. Le 16 août on lui adresse encore du courrier à Bar-le-Duc. L’indication « 29e compagnie, dépôt » est importante : elle confirme qu’il n’est pas parti immédiatement sans quoi il aurait averti sa famille de lui écrire à sa nouvelle compagnie.

3

A-t-il participé aux combats de Senlis dans l’Oise en septembre 1914 ? Sur l’Aisne ? Autour de Beuvraigne ? Le 1er novembre, après l’arrivée de renforts et un peu de repos, le régiment arrive en Artois. La présence en Artois d’Armand est attestée par sa correspondance : A lire ICI

Un an jour pour jour après le début de la mobilisation, Armand écrit à sa mère. il dresse à la fois un court constat et nous montre que sa vie d’avant ne l’a pas quittée :

4

5

Sa mère tenait un magasin « à la poterie du Nord » 138 rue Gambetta à Reims.

Sa mère tenait un magasin « à la poterie du Nord » 138 rue Gambetta à Reims.

«… pour ma permission, c’est probablement…du 15 au 20 courant car je suis remonté dans les tranchées et je n’en redescendrais que vers le 12… » Nous ignorons s’il a eu cette permission. Ce serait sans doute la dernière fois que la famille l’aurait vu.

La photo ci-dessous pourrait avoir été prise à cette occasion :

7

Le 6 septembre 1915, le 294e RI quitte l’Artois et, par étapes, rejoint le front de Champagne où Joffre a préparé une grande offensive pour la fin du mois de septembre. Les hommes s’en doutent, ils en seront : (cliquez sur le lien)

Offensive de Champagne, septembre-octobre 1915

138 000 soldats français tués, blessés et disparus. Parmi ces derniers, Armand Michel.
8 octobre ?
Armand Michel est porté disparu le 8 octobre 1915, selon la plaque familiale apposée dans le monument ossuaire de la ferme de Navarin. Pour qu’un soldat soit déclaré mort, il fallait que de l’attaque, reviennent deux témoins pour l’attester. Faute de quoi il était déclaré disparu.

8 9

Dans le registre matricule, on trouve la mention « signalé sur avis n° GL 1267, émanant du Ministère de la Guerre en date du 11 janvier 1916, comme étant décédé le 25 octobre 1915 à Souain ». Ces avis étaient transmis au maire de la commune qui en avisait personnellement (lui ou son représentant) la famille que le soldat avait demandé de prévenir. L’avis est également signifié aux autorités qui tiennent le registre matricule. A partir de là, la mairie peut établir des « actes de décès ». Ce qui permet à la famille d’ouvrir la succession. Armand est déclaré officiellement Mort pour la France à la date du 25 octobre 1915 par le jugement rendu le 7 mars 1919 par le tribunal de Reims et transcrit le 11 mai 1919 à l’état civil à Reims. Le jugement dit « qu’aucun acte n’a été dressé pour constater son décès ». La date du 25 octobre figure sur trois documents officiels.

10

25 octobre ?
Le régiment était en repos depuis le 10 octobre. Ce qui peut accréditer la thèse d’une blessure ou d’une maladie (crise cardiaque ?) qui lui coûtera la vie plusieurs jours plus tard. Charles un fils d’Armand évoquait le témoignage tardif dans ce sens de Marcel Batreau, né le 28 mars 1895, qui habitait 2 rue de l’Ecaille et fut apprenti chez Armand Michel. Ancien combattant de 14-18 et résistant du quartier Saint-Remi à Reims pendant la Seconde Guerre mondiale, il évoquait une crise cardiaque. Par ailleurs, Marcel Batreau témoigna de la grande guerre dans le documentaire : « Le siècle de Verdun, documentaire de Patrick Barberis, France, 2006, Coproduction : ARTE France, Image et Compagnie ».

Cliquez ICI pour lire la suite.

ob_8c321d_am01a

Article extrait des écrits de Jean HENRI (janvier 2011) Le parcours du combattant de la guerre 14-18

Ce paragraphe est lui-même extrait du site d’Arnaud Carobbi : combattant.14-18.pagesperso-orange.fr/

Les photos et documents proviennent de la famille, du site CNDP/crdp-reims

 

Share Button

La ronce et le coquelicot

ob_5be5c0_la-ronce-et-le-coquelicot-de-jackie-weisspar Jackie Weiss

ISBN 9782953694925, éditions Aristote, 26 rue des Templiers, Reims

Dans l’intimité de la guerre

Il a beaucoup lu. S’est documenté et a longuement arpenté les lieux où les stigmates de la guerre n’ont pas disparu. Libraire à Reims depuis trente-cinq ans, Jackie Weiss en sait beaucoup sur la Première Guerre mondiale. « Les gens d’ici sont imprégnés par ce conflit car il n’y a pas un endroit où l’on ne retrouve un casque, un morceau d’obus, la trace d’une tranchée », dit-il.

En réalité, son intérêt pour les événements de 14-18 s’est intensifié à l’occasion du 80e anniversaire du conflit. « C’est à partir de ce moment que sont sortis des livres abordant toutes sortes de sujets inédits. On parlait enfin des hommes et non des seules batailles. »

Les sentiments humains
à la lo
upe

La ronce et le coquelicot, son roman sorti cet automne aux éditions champardennaises Aristote, est justement intéressant car il ne décrit pas la Grande Guerre de façon froide et distanciée. Le lecteur entre dans l’intimité de deux hommes auxquels il peut s’identifier ou tout du moins se sentir proche. Et qu’importe si Trichet et Travot n’ont pas existé. Devant tant de douleur, les sentiments humains ne sont pas difficiles à imaginer. Jackie Weiss les décortique avec beaucoup de finesse et de réalisme.

« Un tel conflit dépasse l’entendement. Comment ces hommes ont-ils pu survivre ? », s’interroge-t-il encore.

Le libraire a eu l’originalité de ne pas camper son histoire pendant les quatre années de guerre mais après l’Armistice, en 1919. Claude Trichet, fraîchement démobilisé, revient près de Reims, le pays de son enfance.

Passer de l’ombre
à la lumi
ère

Ce vagabond va faire la connaissance de Pierre Travot, un aquarelliste de génie dévasté par sa « gueule cassée ». Meurtris à jamais par l’horreur de la guerre, les deux hommes vont tenter de réapprendre à vivre.

Très bien écrit, dans un style souvent poétique, ce roman passe sans cesse de l’ombre à la lumière. Des flash-back ramènent aux tranchées, le royaume de la boue, de la peur et de la puanteur. Et bien sûr de la mort. En même temps, des scènes mettent en exergue la beauté de la nature, des chants des oiseaux ou des rayons de soleil qui embellissent tout. Une façon de montrer que dans les pires moments de l’existence, la beauté invite à garder espoir. Et peut sauver des vies.

L’Union – Valérie Coulet

Share Button

Comprendre le Monument aux Morts

Ce livre ne concerne pas Reims en particulier, mais il nous a semblé opportun de le citer sur ce blog. En effet, son thème en phase avec les célébrations du Centenaire de la Grande Guerre et sa qualité, font qu’il a toute sa place ici :

« Comprendre le Monument aux Morts – Lieu du souvenir, lieu de mémoire, lieu d’histoire » de Franck David, aux éditions « Codex » :

Le monument aux morts est pour beaucoup de communes la seule trace patrimoniale de la Grande Guerre. Parce qu’il en raconte beaucoup plus sur la commune qu’un simple inventaire de noms, ce livre est une réponse aux sollicitations d’élus et d’enseignants qui ont souhaité disposer d’un outil succinct pour déchiffrer et mettre en valeur ce vestige. Un regard neuf, dégagé des approches globales et généralistes de tel ou tel département, qui suscite çà et là des initiatives heureuses pour faire du monument aux morts un monument historique à part entière, et plus seulement un lieu de mémoire.

Ce livre est construit sur les acquis récents de la recherche mais est destiné à un large public et répond à la curiosité croissante vis à vis de cet édifice mal connu ou souvent mésestimé.
Plusieurs recensions en ont souligné les qualités et de très nombreuses sollicitations ont suivi sa publication : conférences, documentaire du CNRS Images à paraître en septembre, contributions sur le site de la Mission du Centenaire, articles ou collaboration au site de l’université de Lille III dédié au recensement des monuments aux morts.

D’autres sites en parlent :

Monuments de Champagne 14-18

En Envor ; !Comprendre le monument aux morts

ob_ec2ec7_m1

ob_9d6d75_m3

Share Button

Le projet de l’exposition « Poppies blow stories… »

ob_5c4b15_toullecCette exposition s’inscrit dans un contexte européen et mondial, qui est à l’échelle de ce conflit 14-18, mais il a tout de même une spécificité en étant ancré sur le territoire du G10. Ce territoire a été façonné et modelé par cette histoire contemporaine tragique.

L’idée de base étant que les 10 villes du G10 s’associent sur leur territoire pour passer commande à 10 artistes contemporains d’une œuvre originale qui traitera du sujet « poppies Blow Stories…» et donc de la première guerre mondiale, et des traces laissées sur son propre territoire et dans les mémoires de ses habitants…

L’association CHAPITRE # s’engage à réaliser le catalogue de cette exposition commune, catalogue qui retracera l’histoire du projet et détaillera le propos de chaque artiste sélectionné.

L’association CHAPITRE # assumera l’appel à projet auprès d’artistes contemporains issus de ce territoire, mais aussi d’autres artistes.

Un comité de sélection sera mis en place pour effectuer le choix des 10 artistes qui associera chacune des villes.

Share Button

Sur la ligne de front | 14-18 en godasse

godasses60 étudiants de l’École supérieure de journalisme de Lille ont décidé de partir sur les traces de la Première Guerre mondiale. 700 km. Une ligne de front de la mer du Nord à la Suisse. 11 bataillons de futurs journalistes qui rendent chacun hommage à un soldat. Suivez leur périple et leurs reportages du 4 au 9 mars 2014 !

photo3reims

Ils ont rencontré la présidente de ReimsAvant/

23 mars 2015, Reims 14-18 sur « Pourquoi chercher plus loin« 

Reims 14-18 : Renaissance d’une ville martyre – France 3 Bourgogne Pourquoi chercher plus loin vous emmène dans l’histoire il y a 100 ans, en Champagne-Ardenne. Après 1 051 jours de bombardement, Reims, ville du champagne et des sacres des rois de France…

Share Button

1915… et mon sale bourrin !

1915... et mon sale bourrin ! Je suis resté 4 jours. Le régiment partait et j’ai voulu partir aussi.
Ce sont des infirmières anglaises qui étaient en promenade et qui m’ont trouvé étendu à côté de mon sale bourrin.
J’en suis quitte pour une entorse du genoux et contusion de la cuisse et de l’épaule droite.
La tête fut des plus solides bien qu’elle me fasse encore mal.
Enfin, je suis presque guéri. Le genoux sera long à guérir. Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes pare
nts le sachent !

ob_fdd064_courcier-rue-du-cloitre-hd-1915-mt-1200

CPA Coll. Michel THIBAULT

Hélas, on n’en saura pas beaucoup plus de ce courrier… pour une fois, les maux ne semblent pas avoir été causés par la guerre, à moins que le cheval ne se soit emballé à cause de déflagrations ?
Mais l’objet reste toujours le même, informer, donner des nouvelles, et surtout rassurer, comme on peut le lire à la fin de cette petite correspondance : « Ne le dis pas, je ne voudrais pas que mes parents le sachent ! ».
En revanche, pas de nouvelles du cheval…
Quant au recto de la carte, la photographie nous montre une vue prise de la rue du Cloître, barricadée, on aperçoit un policier.
Pas facile de situer précisément le lieu où a été pris ce cliché, mais il semble que le photographe soit placé dos à la rue du Cardinal de Lorraine à l’angle de la rue du Cloître.
En face, c’est la rue des Cordeliers, et la voie perpendiculaire est la rue de l’Université.
Difficile de s’y retrouver aujourd’hui, la topologie des lieux ayant beaucoup changé après guerre lors de la reconstruction de Reims, la rue du Cloître part toujours de la Place Royale, mais s’arrête à la Cathédrale, ensuite c’est la voie élargie du Cours Anatole France qui prend le relai pour rejoindre la rue de l’Université.
De même, la rue des Cordeliers ne commence plus dans le prolongement de la rue du Cardinal de Lorraine, mais à l’angle de la rue St Symphorien, à partir de la « nouvelle » rue Voltaire. Et dans notre dos à droite, c’est la bibliothèque Carnegie.

La photo ci-dessous nous offre une vue approximative de l’emplacement actuel.

ob_137207_cloitre-cordeliers-universite-card-lorraine

Et histoire de s’y perdre un peu plus, voilà une autre vue, prise également en 1915, mais de l’autre côté, à l’angle de la rue de l’Université, vers la rue du Cardinal de Lorraine, en direction de la barricade.

ob_7cc866_h-georges-094-cardinal-de-lorraine-1914-hd-1915

CPA Coll. Laurent ANTOINE

Share Button

Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny

Le 61e Régiment d’Infanterie est dans le secteur de Reims entre novembre 1915 et 15 mars 1916.

En 1914, son casernement ou lieu de regroupement est Aix-en-Provence, Privas. Il fait partie de la 60e brigade d’Infanterie, 30e division d’Infanterie, 15e Corps d’Armée. Constitution en 1914 : 3 bataillons.

1914 Lorraine : Moncourt (15/08), combats de Dieuze, Guébestroff (20/08), Trouée des Charmes (fin août) : Mont-sur-Meurthe

Bataille de la Marne (6-13 sept.) Ferme de Maison Blanche, Andernay

Secteur de Verdun : Avocourt, Bois de Cheppy (fin sept.), nord de Béthincourt, cote 281 et Bois des Forges (oct. à déc).

1915 Verdun (janv-avril) : Béthincourt

Champagne : (mai-août) : Massiges, Ville-sur-Tourbe puis secteur de Reims, La Pompelle, Bois des Zouaves, le Calvaire, le Balcon

1916 Secteur de Reims (nov.-15 mars) : route de Cernay, Butte de Tir, puis en avril-juin : Sillery, Bois des Zouaves

Bataille de Verdun (juin-août) : Côte de Froideterre, Côte du Poivre, puis Aisne (sept.-déc.) : Paissy

1917 Embarquement pour Salonique et l’Armée d’Orient jusqu’à la fin de la guerre.

Source : chtimiste.com

Voici quelques consignes écrites lors de son passage dans le secteur de Bétheny :

Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny
Consignes pour le 61e R.I. dans le secteur de Bétheny

Réseau défensif dans le secteur de Bétheny : en rouge, les tranchées françaises, en bleu, les tranchées allemandes.

Article et photos et documents : Vincent Piniarsky

staticmap

Share Button

Pierre Loti à Reims – 2 – 25 et 26 août 1915

ob_035f77_loti-couv

Un bombardement à Reims dans son Journal
et dans son ar
ticle de L’Illustration du 18 septembre.
En 1915, Loti participe beaucoup à la vie politique et diplomatique : débats contre l’expédition britannico-française dans les Dardanelles, mission auprès du roi et de la reine de Belgique, contacts secrets avec la Turquie qu’il soutient, « tournée en vitesse folle » avec le président Poincaré, son collègue à l’Académie Française, dans les Vosges et « villages d’Alsace reconquise » et « aux avant-postes » d’où il aperçoit les glaciers des Alpes…

Son activité d’écrivain célèbre redevenu militaire-journaliste-propagandiste est aussi très importante en 1915 : voir la liste de ses nombreux écrits dans le chapitre « Les écrits de guerre de Pierre Loti », pp. 410 – 416, de la réédition de son Journal intime. Cette réédition en format de poche, collection la petite vermillon, vient de sortir en librairie (10,20 €, nouvelle édition revue et corrigée : agrandir la couverture à gauche). Merci encore aux Éditions de la Table Ronde pour leur autorisation de mettre en ligne les extraits de ce journal pour Reims 14-18.

Dans son journal : Verzy, Suippes où il retrouve son fils, Reims…

On lit comment Loti arrive à mêler sa préoccupation de chercher son fils Samuel vers Suippes, son rôle de propagandiste en passant par Reims pour revoir la cathédrale, préparer un article et dormir, non pas à l’Hôtel du Lion d’Or mais à l’Hôtel du Nord… aller enfin au quartier général de Jonchery pour sa mission de liaison.

ob_4d52d3_loti-extrait-1b

ob_5ab9e3_loti-extrait-2-2
ob_e92c40_loti-extrait-2-3
ob_db5199_loti-extrait-2-4
ob_b5c943_loti-extrait-2-5

ob_74cab9_p1160848Son fils légitime Samuel est depuis le 28 juillet sur la ligne de feu entre Suippes et Perthes. Ils s’étaient faits photographier tous les deux le 25 octobre 1914, d’après le journal de Loti, et cette photo était parue dans L’Illustration du 28-11-14, n° 3743. Osman Daney est le domestique familial de Loti depuis longtemps et il est devenu son ordonnance ; c’est lui qui retrouve Samuel avec des Saintongeais dans une cabane baptisée « la cagouille », l’escargot en charentais. Plusieurs mois après sa première visite de la cathédrale et son premier article La basilique fantôme du 21 novembre 14 dans L’Illustration, sa description de la cathédrale en ruine est plutôt sobre dans son journal, ce sont les étapes du déclenchement d’un bombardement en ville qu’il note alors en détail. Comme L’Hôtel du Lion d’Or, face à la cathédrale, est détruit  il va dormir à l’Hôtel du Nord, place d’Erlon où le bombardement allemand l’a rattrapé… Il existe très peu de cartes postales anciennes de cet Hôtel du Nord toujours existant entourant l’angle de la place et de la rue de Châtivesle. Configuration parcellaire déjà visible sur le cadastre napoléonien des années 1820 ! En 1914, dans l’annuaire Matot-Braine, le garage de l’hôtel est indiqué rue de Châtivesle où une enseigne est toujours visible. Merci à Michel Thibault d’Amicarte 51 pour ces deux cartes postales avant 14 et après la reconstruction de 1922

ob_60dcab_illustration1

L’article de Loti paru dans L’Illustration du 18 septembre 1915 n° 3785

Loti ne relate pas ici l’épisode de Suippes à la recherche de Samuel mais il développe une description patriotique mais réaliste des nombreux cimetières provisoires qu’il a croisés sur sa route, en particulier un cimetière musulman. Au sujet de la cathédrale, il continue dans le style de son article de novembre 14 : « par quel miracle tient-elle encore ? »… « Ah ! les sauvages ! … …capables de lui donner, d’une heure à l’autre, le coup de grâce »… mais un bombardement commence que Loti va subir et rapporter aux lecteurs de L’Illustration

ob_11d613_1

ob_b96620_2

ob_5ad079_3

ob_f332e4_4
ob_fc8ead_5

Suite : 3 – Pierre Loti à Reims en 1918

Revoir le premier article sur Loti à Reims en janvier 1914

Share Button

Le Fort et le Cran de Brimont

Le fort de Brimont est un ouvrage militaire de la ceinture fortifiée de Reims, pensée par le Général Adolphe Séré de Rivières. Il se situe sur les hauteurs du village de Brimont à seulement 10 km de Reims.

Il faudra 4 années pour réaliser sa construction qui débuta en 1875.

Il faisait partie (avec le Cran de Brimont) d’un ensemble de forts construit en arc de cercle autour de Reims et solidaires les uns des autres : La Pompelle, Witry-lès-Reims, Nogent-l’Abesse et la « Vigie » de Berru, Montbré, Saint-Thierry, le « Réduit » de Chenay, Fresnes-lès-Reims et la Batterie de Loivre.

Voir la liste en détail sur le site Betheny1418.free.fr

Celui de Brimont était le plus important de cet ensemble et il pouvait accueillir 729 hommes.

L’accès au fort se faisait par un pont et un système de herse verticale, comme ceux utilisés dans nos anciens châteaux forts (pont levis). L’ouvrage était entouré de fossés eux même protégés par des caponnières et l’artillerie, quant à elle, était placée au centre du fort. Deux autres ouvrages situés à 1300 m de part et d’autre du fort ont également été construits : la Batterie de Loivre, et la Batterie du Cran de Brimont : leur rôle était de couvrir les « angles morts » pour le fort de Brimont.

Le Fort et le Cran de Brimont

Plan du Fort de Brimont :

1- Entrée

2-Caserne

3-Cave à Mortier

4-Poudrières

5-Caponnières doubles

6-Caponnière simple

7-Traverses de tir

Plan de la Batterie du Cran de Brimont :

Le fort appartient désormais à la commune de Brimont depuis le départ des militaires de la base aérienne 112 qui en ont eu la gestion durant de nombreuses années.

Hormis quelques destructions mineures survenues pendant les Première et Deuxième Guerres Mondiales, le fort de Brimont est resté dans un état de conservation exceptionnelle quand on connait l’intensité des combats qui se sont déroulés dans le secteur. Le fort a subi ses plus grandes mutilations après la guerre. Des pierres de taille prélevées dans certains fossés et les façades des casernements servirent à la reconstruction de Reims !

A l’heure actuelle le fort est encore debout et il est l’excellent témoin de ces années de guerre et de la vie qu’ont pu avoir les soldats. Malheureusement aujourd’hui, peu d’intérêt lui est porté et beaucoup de rémois ignorent même l’existence de ce grand site historique situé à seulement quelques kilomètres de leur ville.

La Batterie de Loivre, quant à elle, a complétement disparu, et le Cran de Brimont situé sur une zone privée, est maintenant inaccessible.

Le système Séré de Rivières :

Alors que la France tourne une page d’histoire douloureuse après la guerre de 1870, nous privant de l’Alsace et de la Lorraine et affaiblissant considérablement notre ligne de défense, le gouvernement français ordonne la construction d’une importante série de fortifications à travers le pays afin de défendre les nouvelles frontières françaises très modifiées avec la perte des places fortifiées de Strasbourg et de Metz.

Dès 1874 le Général Adolphe Séré de Rivières, alors directeur du Génie fut chargé de cette tâche colossale : concevoir la réalisation de plusieurs centaines d’ouvrages à travers la France, devant protéger les frontières terrestres et maritimes.

Portraits d'Eugène Turpin
Portraits d'Eugène Turpin

Portraits d’Eugène Turpin

Le système de fortifications appelé «Séré de Rivières » prévoit la construction d’ouvrages polygonaux, et enterrés ou l’artillerie y est installée à découvert, et simplement protégée par les monticules de terre extrait du sol lors de leurs constructions .

On trouve sur le territoire défendu, différents types d’ouvrages adaptés aux différentes stratégies de défenses pensées par le Général Séré de Rivière. Ils sont construits, selon les endroits, en ceinture fortifiée, c’est à dire plusieurs forts construits en arc de cercle autour des villes à protéger, comme c’est le cas pour Reims.

Ces forts sont appelés fort « de places » ou «de ceintures.»

Les forts pouvaient également être construits côte à côte et de manière linéaire, rejoignant deux places fortes à chaque extrémité. Ces forts sont alors appelés fort « de rideau » ou « de liaison ».

Enfin, certains forts de taille importante pouvaient être construits de manière isolée, et avaient la particularité d’être autonomes en cas de combats. Ces forts était capables de tirer des obus dans 5 directions différentes et était mieux armés que les autres, désignés eux « Forts d’arrêt ». Leur rôle principal était de stopper directement les troupes ennemies présentes aux abords.

Le Fort et le Cran de Brimont

Mais une récente découverte allait compromettre l’avenir de ces édifices en les rendant vulnérables. C’est la mélinite qui est développée en 1885 par le chimiste Eugène Turpin, et qui par ses propriétés nettement plus explosives que la poudre noire, permettait une propulsion des obus avec beaucoup plus de puissance. La mélinite va rendre « perméables » les ouvrages de maçonnerie : elle est capable de percer les voûtes en provocant des éboulements et les murs n’offrent plus une protection suffisante pour l’artillerie qui rappelons le, était installée sur des emplacements de tirs à ciel ouvert.

Dès 1886 Plusieurs expériences visant à tester la puissance de ces nouveaux obus à la mélinite fut menées au fort de la Malmaison dans l’Aisne (Chemin des Dames), qui est aussi un des forts de l’aire Séré de Rivières. Il servit de fort témoin, en recevant 171 projectiles de tous calibres tirés à l’aide d’une batterie située à 300 mètres du fort et spécialement installée pour l’occasion.

Le résultat fut sans appel. Devant les dégâts occasionnés par la puissance des impacts jusqu’alors jamais vue, les forts furent condamnés à l’obsolescence, beaucoup d’entre eux ne verront jamais le jour, les forts construits quelques années seulement auparavant seront démobilisés avant la Première Guerre Mondiale. Il sera seulement question de renforcer les ouvrages aux points les plus stratégiques, par du béton armé, ce qui s’avéra être une bonne solution.

En 1914 pratiquement tous les forts sont désarmés.

Reims n’échappa pas à la règle, et les forts furent eux aussi privés de leurs soldats.

Quand les Allemands pénètrent dans la ville de Reims le 4 septembre 1914, ils s’empareront de ces forts sans aucune résistance ou presque, leur offrant des positions stratégiques de premier choix. Reims en payera, par la suite les conséquences. Dès le 4 septembre 1914 les premiers obus tombe sur la Cathédrale : l’on y installe en hâte un drapeau blanc pour que les bombardements cessent. Le 13 septembre 1914 les troupes françaises reprennent la ville, mais les Allemands toujours retranchés aux alentours accentueront les bombardements de la cathédrale et du quartier des Laines avec des obus incendiaires dès le 14 septembre 1914.

Le Fort et le Cran de Brimont

Carte Postale : Collection T. Geffrelot

Le 16 avril 1917, les soldats russes de la première brigade du corps expéditionnaire envoyé en France par la Russie attaquent à Courcy, en direction de Brimont pour tenter de faire une percée dans les lignes ennemies, mais sans succès.

Le fort restera allemand jusqu’en octobre 1918.

Le Fort et le Cran de Brimont

Superposition « avant-après » : Thomas Geffrelot

Le Général Séré de Rivière laissera à la France un héritage très riche et intéressant, en terme d’architecture militaire. Les forts ne connurent certainement pas les honneurs qu’ils auraient mérités. Beaucoup de ces édifices ont pour diverses raisons montré leur importance capitale durant la Première Guerre Mondiale, bénéficiant tantôt à l’occupé tantôt à l’occupant qui s’y retranchèrent quand ils parvinrent à en prendre possession.

Comme pour tenter de raconter leur histoire,139 ans après, une quantité importantes de ces vestiges reste visible , même si certains de ces ouvrages ont complètement disparu.

Les forts de Vaux, et de Douaumont à coté de Verdun sont visités chaque année par des milliers de touristes du monde entier, montrant l’intérêt porté à ces lieux de mémoire prestigieux, ainsi que la nécessité de maintenir leur mise en valeur et l’aménagement d’accueil pour le public.

Le Fort et le Cran de Brimont

(Vue aérienne du fort de Brimont à la fin de l’année 1918) Collection : T. Geffrelot

Actuellement le fort de la Pompelle est en pleine restauration en vue du Centenaire. Malheureusement tous ces hauts lieux de l’histoire n’ont pas la même sort, ainsi certains sont laissés dans un total abandon, se dégradant chaque année un peu plus, et subissant les actes de vandalisme. Pensons-y, il est important de conserver ce patrimoine menacé par l’oubli. Il fait partie des dernier témoins de cette période de notre histoire locale, et il mérite tout notre intérêt

Les forts Séré de Rivières ont énormément d’histoire à raconter tant d’un point de vue mémoriel que pragmatique : hormis le fort de La Pompelle, les infrastructures datant de la premières guerre autour de Reims sont quasi inexistantes alors que Brimont possède toutes les caractéristiques requises pour offrir à d’éventuels visiteurs l’image réelle de la guerre comme on peut rarement la voir autour de Reims.

A l’heure du centenaire de la guerre 1914-1918, il serait intéressant de le voir mis en lumière pour que les visiteurs puissent en faire la découverte. Cela permettrait également que le fort puisse bénéficier d’une mise en valeur, et pourquoi pas plus Quand on voit ce qui a été fait pour l’emblématique fort de la Pompelle qui est visitable toute l’année et auxquels les gens de la région sont solidement attachés, il me semblerait intéressant de ne pas se désintéresser de ce patrimoine qui est si proche de nous et qui devient très vulnérable à force d’être oublié.

 

Portraits d’Eugène Turpin : Gallica.bnf.fr

Fort de Brimont
Share Button

Inauguration du Monument aux Morts de la Grande Guerre.

Le 1er Juin 1930, la ville de Reims inaugure son monument au Morts en mémoire aux victimes de la Première Guerre Mondiale. Le monument est l’œuvre de l’artiste Henri Royer, et de Paul Lefebvre, statuaire Rémois déjà connu pour son monument du « Poilu » du 132e régiment d’infanterie installé dans un premier temps Cours Langlet en 1925 puis place Léon Bourgeois en 1933.

Le monument se situe dans l’ancien square de la Mission datant de 1821 (entre l’actuelle place de la république, et le cimetière du Nord) . Sa construction fut faite sur une ancienne grotte, déjà présente dans le parc, et le programme de l’inauguration nous apprend que le comité en charge du monument tint à préserver la fameuse grotte. Le monument occupe une place de premier choix dans le centre de Reims, lui permettant une visibilité maximale et bénéficie d’une réelle mise en valeur, grâce à ses parterres fleuris avec originalité par les services des espaces verts de la ville .

84 ans après sa construction, il est toujours bien présent dans l’esprit des Rémois qui sont habitués à sa présence. De nombreuses commémorations s’y déroulent chaque année.

Je vais vous présenter en détail le déroulement de cette journée de cérémonie du 1er juin 1930, qui a très certainement été une journée pleine d’émotions et de souvenirs pour un grand nombre de Rémois présents ce jour là .

Le 1er Juin 1930, la journée d’inauguration débute à 11h30 par la réception des délégations d’anciens militaires, elle est donnée dans la cour de l’Hôtel de Ville de Reims par le ministre de la guerre de l’époque André Maginot et le Maréchal Philippe Pétain.

Puis la journée se poursuit à 14h30 devant le nouveau monument, où l’on joue la Marseillaise avant de respecter une minute de silence.

C’est maintenant au tour d’un grand mutilé de Guerre de venir allumer une symbolique flamme du souvenir, accompagné par deux jeunes pupilles de la nation.

Le Chant du souvenir est ensuite joué.

Le chant terminé, le monument est officiellement remis à la ville de Reims. S’en suit un discours de Paul Marchandeau (Maire de Reims) et du ministre de la guerre .

Un défilé des troupes de la garnison de Reims vient clôturer les cérémonies.

Les invités rejoignent ensuite l’Hôtel de Ville à 15h30 où se déroule une ultime réception en présence des membres du conseil municipal.

Un programme retraçant le déroulement de cette journée fut réalisé par l’imprimerie Rémoise « Le Centaure ». Adrien Sénéchal fut choisi pour réaliser l’illustration de la couverture sur laquelle il présente un blason de la ville de Reims. Le photographe Lucien Loth fournira six photographies du monument pour l’embellissement de la mise en page.

Le programme dresse une liste des différents régiments ayant défendu Reims pendant la Guerre 1914-1918, ainsi qu’une autre liste qui recense les associations d’anciens combattants, de mutilés de Guerre et de prisonniers existants à Reims.

Il donne également des explications sur la signification des différents éléments du monument .

ob_1b6531_monuma ob_66e8bf_monum2 ob_544e02_liste-monum

Texte extrait du programme :

La pensée accomplissant son effort de résurrection :  » Le poète sensible qu’est notre statuaire, a réalisé dans ce bronze rugueux un chef-d’œuvre d’anatomie, de plastique et de lignes; combien était difficile de traduire la pensée du relèvement des ruines de notre cité, sans tomber dans une inspiration provocante par son attitude même?

L’avenir confirmera, espérons-le, l’avis unanime du temps présent, qui place cette statue au premier rang de notre art national.

Notre architecte, dans sa composition d’ensemble, a su tirer un parti grandiose de son architecture, de quelque endroit qu’on l’étudie, comme le prouve cette vue prise sur le coté gauche de l’exèdre, mettant en valeur le déambulatoire aussi mystérieux qu’un entre-colonnement grec de Poestum.  »

ob_335d1b_poestum

Sources : Ville de Reims Monument aux Morts, programme de l’inauguration du 01/06/1930

Collection personnelle : Thomas Geffrelot (réutilisation possible des images)

 

[mappress mapid= »17″]

Share Button

La Guerre 14-18 – un peu de propagande !

La Guerre 14-18 - un peu de propagande ! Nous n’allons pas juger ici l’illustration de cette carte, même si on comprend fort bien le ressenti général. La carte est très explicite !

On peut noter sur cette carte adressée à Raymond, trois écritures différentes… en tête, un petit mot rapide…
Puis un long texte, assez tragique, écrit par Jeanne Campagne (?), sur la gauche de la carte…
… mais aussi et surtout, le commentaire sur la droite du verso qui ne manque pas de piquant ! et qui semble rédigé par une main beaucoup plus jeune, Marcelle ?

ob_15b6fd_chien-vo-480

Mon cher Raymond, je joins un petit mot à la carte de Marcelle pour t’envoyer toutes mes amitiés.
Je suis heureuse que tu sois toujours en bonne santé et je souhaite de tout cœur, ton retour parmi ceux que tu aimes, tu as sans doute appris le malheur qui m’a frappé, par Suzanne, tu ne doutes pas de mon chagrin et je ne puis encore croire à un tel malheur,
si je prends courage, c’est en pensant à mes pauvres parents, j’ai hâte de les retrouver, quelle joie pour moi ce jour-là et quelle douleur pour eux quand ils apprendront.
Enfin, il faut se résigner à tout.
Je suis heureuse d’avoir toujours de bonnes nouvelles de Suzanne, enfin bon courage et bonne santé.
Je t’embrasse, Jeanne C.

Et le fameux commentaire :

Fais en autant que le chien.
Ne prends pas cette carte sur toi dans le cas où tu ferais une rencontre de boche.

ob_aa4563_chien-ro-800

Carte Coll. Pierre Cosnard

Un peu d’humour de la part de cette troisième personne, ce qui ne devait pas être évident quand le malheur venait ainsi frapper ces familles.
Comme on dit, la vie reprend le dessus et on ne peut vivre tout les jours dans la peine !
En tout cas, on essaie quand même de rester prudent, on imagine la réaction d’un soldat allemand mettant la main sur une telle carte !

Laurent Antoine LeMog – Amicarte51

Laurent Antoine LeMog – Amicarte51
Share Button

La Guerre 14-18 – …tué de même !

La Guerre 14-18 - ...tué de même ! Cette carte a été écrite peu après la guerre, mais mérite quand même qu’on s’y intéresse.
Le recto bien sûr, nous montre « encore une fois » le martyre de la ville.
Et le verso, est d’une lecture assez « croustillante ».

Les anciens (et les moins anciens) sont les premiers à critiquer l’orthographe de nos « jeunes »… et argumentent qu’avant, on savait écrire correctement, avec en poche le certificat d’étude.
Partant du principe que « nul n’est prophète en son pays », je retranscris donc ici cette correspondance, « dans son jus » et émaillée de ses « fôtes » d’orthographe qui lui donnent toute sa couleur et son cachet !

Cher Copain,
je tent voi ces quelques mots pour te dire que je suis toujour en bonne santée. J’espère que tué de même.
Je te dirait que jai été fété le 14 juillet à Amiens.
Nous avons tirait 70 cout de canon.
Encore du 220 (?) demain.
Si tu vas à la Cantine du 102 demande au Cantinier si il se con né un permutant pour aller au 17 Artillerie, tu me le dira.
Je termine en te serran cordaillem
ent la main.
Un Ami qui pense toujour à toi.
Albert H.

ob_fee8f7_thuillier-015-ruines-rue-ecole-de-medecine-1200

« Tué de même » ? je pense qu’il s’agit du contre-coup de la guerre encore proche… et en ce qui concerne les « 70 cout de canon », on imagine bien qu’un tel nombre de tirs, soit très onéreux.
Mais ne nous moquons pas… ça peut arriver à tout le monde… ou presque ! c’était juste un peu concentré.

ob_b3bff1_rue-pol-neveux-1200

Cette rue de l’École de Médecine à Reims, est devenue en 1941 la Rue Pol Neveux.
Fini les maisons sur la droite, ce sont maintenant les jardins de la Bibliothèque Carnegie.

ob_c81ff8_rue-pol-neveux-montage-1200

Et une dernière vue de cette rue de l’École de Médecine, centrée sur la voie et la cathédrale… et un cycliste qui slalome entre les décombres…

ob_cc3a4b_nd-reims-rue-ecole-medecine
Share Button