Cardinal Luçon

Nuit et journée tranquilles, sauf quelques coups de canons. Visite du Comte d’Arpazon, qui dîna avec nous (midi). Il raconte que le Général de Castelnau s’attristait en disant : le Ciel est contre nous ; parce que la bataille de Champagne qui avait fait concevoir l’espoir d’une percée propre à Vouziers, avait finalement échoué : l’aviation ne pouvait remplir sa mission à cause de la pluie. Mort de M. Mimil, à Villedommange.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Mardi 5 octobre

La lutte s’est poursuivie en Artois. A la cote 119, nous occupons le carrefour des Cinq-Chemins, puis l’ennemi y reprend pied. Partout ailleurs, les Allemands sont repoussés, malgré la violence de leurs contre-attaques réitérées.
Lutte d’engins de tranchées au sud de la Somme, dans le secteur de Lihons et de Chaulnes, ainsi qu’au nord de l’Aisne, dans la vallée de la Miette et aux environs de Sapigneul.
Nous avons abattu un taube et capturé les deux aviateurs.
En Champagne, bombardement réciproque près de la ferme Navarin. L’ennemi dirige des obus suffocants sur notre arrière-front. Deux contre-attaques ont été par nous dispersées près de Mesnil.
Dans l’Argonne orientale, nos batteries lourdes ont pris sous leur feu une colonne ennemie en marche de Baulny sur Apremont.
Une attaque allemande a été refoulée à Celles-sur-Plaine, dans les Vosges. Bombardement à l’Hartmannswillerkopf.
Une escadrille de nos avions a jeté 400 obus sur la gare des Sablons, à Metz.
Les Anglais, attaqués par les Allemands, près d’Hulluch, ont tenu ferme. Mais plus au nord, ils ont reperdu la plus grande partie de la redoute Hohenzollern.
La situation des Russes se consolide sur tout le front oriental. Ils ont détruit des canons et capturé des prisonniers.
La Russie a adressé au cabinet de Sofia une note très énergique à laquelle les autres puissances de la Quadruple Entente se sont associées et qui laisse prévoir le rappel des agen
ts diplomatiques.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


 

Mardi 5 octobre 1915, la bataille de Champagne qui avait fait concevoir l’espoir d’une percée propre à Vouziers, avait finalement échoué
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