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Mardi 30 avril 1918

Louis Guédet

Mardi 30 avril 1918

1327ème et 1325ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Temps gris triste. Toute la nuit Marie-Louise a eu de la fièvre. Elle va un peu mieux ce matin. Le docteur sort d’ici et nous a rassuré, c’est une pharyngite comme je le supposais. Rien de saillant.

4h soir  Été à Cheppes prendre quelques médicaments pour Marie-Louise qui va assez bien. Courrier insignifiant.

Cet après-midi fait mon rapport au Procureur de la République pour demander la Médaille de la Reconnaissance française pour Dondaine et Landréat, mes 2 greffiers de Paix, qui ne l’auront pas volée !! Je serais heureux qu’ils l’aient venant de mon initiative.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 30 – Arrivée du premier camion de Reims. Visite de M. le Curé de Dizy. Écrit au Cardinal Gasparri et à Madame Havard de la Montagne, au sujet du pèlerinage des Veuves françaises de la Guerre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mardi 30 avril

Actions d’artillerie violentes au nord de l’Avre et dans la région entre Lassigny et Noyon. Au nord du Chemin des Dames, nous avons réussi deux coups de main sur les lignes allemandes, qui nous ont permis de ramener vingt-cinq prisonniers. Nous avons repoussé des tentatives, ennemies précédées de vifs bombardements au nord-ouest de Reims, dans les secteurs de Saint-Mihiel, de Lunéville et du bois Le Prêtre. Des prisonniers sont restés entre nos mains. Les artilleurs belges ont exercé des tirs de représailles sur les communications ennemies. L’artillerie allemande a bombardé le front belge au sud du lac Blankaert. Elle a été contre-battue efficacement. Des raids ennemis ont échoué. Sur le front britannique, l’ennemi a tenté d’exploiter les avantages qu’il avait déjà tenus. Après de longues heures de lutte, ses attaques ont été enrayées sur tous les Points, avec de lourdes pertes pour lui. Les assauts ont été particulièrement violents contre les positions de Locre à la Clytte. L’ennemi a réussi à enlever Locre, mais les alliés contre-attaquèrent, refoulèrent les Allemands et reprirent le village. Combat acharné au nord de Kemmel et près de Woormezeele. L’ennemi a été repoussé, perdant plusieurs centaines de prisonniers. Au sud de la Somme, les troupes alliées ont eu l’avantage. Notre ligne a été avancée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 29 avril 1918

Louis Guédet

Lundi 29 avril 1918                                                        

1326ème et 1324ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Toujours le même temps, la pluie. On vit dans l’eau. Marie-Louise parait un peu mieux, ce n’est pas cela qui va la remettre d’aplomb. Elle est bien délicate. Il lui faudrait une vie plus agréable, hélas ! Écrit à Bossu une longue lettre pour le mettre au courant d’un tas de mesures faites sur Reims et ses habitants (une manière de parler !) qui l’intéressent toujours.

6h soir  Été à Cheppes demander de la potion pour Marie-Louise, chez M. Tollin. Elle va bien doucement.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils.

Cardinal Luçon

Lundi 29 – Voyage de Mgr Neveux et de M. Comptant à Reims dans un camion fourni par le Général Gourand, qui n’a pas voulu que je sois du voyage, à cause du danger, et du bruit que ferait un accident qui m’arriverait. Il m’offre des camions pour amener à Hautvillers mon mobilier resté à Reims. J’accepte avec reconnaissance. Les soldats ont dit qu’ils voulaient me rapporter tout le mobilier de mon Cabinet de travail. Visite d’un Médecin (élève) roumain. Retour de Mgr Neveux et de M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 29 avril

Au cours de la nuit, le bombardement s’est poursuivi de part et d’autre sur le front Villers-Bretonneux-Hangard. Nos troupes ont contre-attaqué de Villers-Bretonneux au sud de la Luce et repris une portion sensible de terrain. Une attaque allemande sur nos organisations du chemin de fer à l’ouest de Thennes n’a pu aborder nos lignes. Nous avons réussi des coups de main dans la région du canal de l’Oise, vers Loivre et au front du Cornillet, et fait un certain nombre, de prisonniers. Lutte d’artillerie assez active, sur la rive droite de la Meuse. Au nord de la Lys, la bataille continue à faire rage sur tout le front, depuis les abords de Dranoutre jusqu’au canal d’Ypres-Comines. L’ennemi s’est emparé de Dranoutre, du mont Kemmel et du village. Les troupes françaises ont contre-attaqué. Elles ont d’abord réussi à faire quelques progrès et à capturer un certain nombre de prisonniers. L’ennemi a renouvelé son attaque et dirigé son assaut avec une violence particulière contre les positions alliées qui s’étendent de Locre à la Clytte et contre celles qui sont à cheval sur le canal Ypres-Comines. Dans le voisinage de la Clytte et de Scherpenberg, toutes les attaques de l’ennemi ont été contenues. Après un dur combat au cours duquel une série d’attaques résolues ont été repoussées avec de lourdes pertes pour ses troupes, l’ennemi est parvenu à faire reculer la ligne alliée dans la direction de Locre. Des deux côtés du canal Ypres-Comines, l’ennemi a également fait quelques progrès. Les aviateurs britanniques ont bombardé Menin, Roulers, Armentières et les cantonnements allemands.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Château de Scherpenberg

 

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Dimanche 28 avril 1918

Louis Guédet

Dimanche 28 avril 1918

1325ème et 1323ème jours de bataille et de bombardement

2h  Temps gris, lourd, de gros nuages orageux annonçant des ondées. Courrier assez chargé. Marie-Louise au lit avec un fort mal de gorge. Journée triste, et je n’ai nulle envie de travailler. Été messe seul avec André et Maurice. Madeleine est restée près de Marie-Louise. Il pleut.

7h soir Journée fastidieuse. Travaillé, rangé, organisé. Pluie battante et pénétrante. Quelle triste et lugubre journée. Le Docteur Tollin est venu voir Marie-Louise et lui a ordonné une potion pour calmer cette toux incessante. Pas sorti.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 28 – Assisté à la Grand’Messe et prêché, aux Vêpres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 28 avril

Sur notre front, au sud de la Somme, luttes d’artillerie violentes. Nous avons exécuté de nombreux coups de main en divers points du front, notamment dans la région à l’est de Lassigny, entre la Miette et L’Aisne, vers Bezonvaux, aux Eparges, en Lorraine et dans les Vosges. En Woëvre, à la suite d’un violent bombardement, les Allemands ont prononcé une attaque dans le secteur de Regniéville. Nos troupes ont rejeté l’ennemi de quelques éléments avancés où il avait pris pied et rétabli complètement leurs lignes. Des prisonniers sont restés entre nos mains. En Flandre, le front a été violemment attaqué depuis le nord de Bailleul jusqu’à l’est de Wytschaete. Après un dur combat qui s’est livré contre des forces grandement supérieures, les troupes alliées ont dû céder du terrain et l’ennemi a pris pied sur la colline de Kemmel. La bataille continue dans les environs de Dranoutre, Kemmel et Vierstraat. Au sud de la Somme, les troupes australiennes et anglaises ont déclenché des contre-attaques heureuses; elles ont repris Villers-Bretonneux, rétabli la ligne et fait six cents prisonniers. Nos alliés ont réussi une opération de moindre importance à l’ouest de Merville où ils ont capturé cinquante-huit Allemands et trois mitrailleuses. Ils ont pris des postes ennemis au sud-est de Villers-Bretonneux. Ils ont abattu treize avions ennemis.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Bezonvaux

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Samedi 27 avril 1918

Louis Guédet

Samedi 27 avril 1918

1324ème et 1322ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie toute la journée, temps triste. Travaillé toute la journée au détachement de coupons de leurs valeurs en dépôt et à leur classement. Pas sorti.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Sadedi 27 – Visite du Major du Cantonnement (Maire du Cantonnement).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 27 avril

Le bombardement intense des positions franco-anglaises au sud de la Somme et sur l’Avre a été suivi par une attaque allemande menée sur tout le front par des forces considérables. Les efforts de l’ennemi se sont portés sur Hangard-en-Santerre, la région d’Hailles et sur le bois Sénécat au sud de l’Avre. La bataille a été particulièrement acharnée dans la région de Hangard. Après une série d’assauts furieux, l’ennemi a réussi à prendre dans les bois au nord de Hangard, ainsi que sur la lisière est du village, que nos troupes défendaient avec acharnement. La lutte a été non moins violente dans la région d’Hailles. Plusieurs assauts ennemis, dirigés sur la croupe à l’est du village, ont été brisés par nos feux et nos contre-attaques. Plus tard, l’ennemi a pris, reperdu et repris Hangard. Nous en tenons les débouchés immédiats. Les Allemands ont également attaqué sur tout le front britannique, au sud de la Somme. Ils ont pu progresser Villers-Bretonneux et entrer dans le village. D’autres attaques, poussées par l’ennemi sur la rive nord de la Somme et au nord d’Albert, ont été repoussées. Nos alliés ont fait quelques prisonniers. A la suite d’une opération locale exécutée avec succès au nord-ouest de Festubert, les troupes britanniques ont repris les positions qui leur avaient été enlevées le 22. Elles ont fait quatre-vingt-quatre prisonniers à l’est de Robecq.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

 

 

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Vendredi 26 avril 1918

Louis Guédet

Vendredi 26 avril 1918

1323ème et 1321ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps, lourd, chaud, avec une pluie d’orage en ce moment. Le temps tente à vouloir se mettre au beau.

Pas ou peu dormi cette nuit, des insomnies et des cauchemars comme toujours !

Parti avec André à 5h1/2 du matin, pris le train à Vitry-la-Ville à 6h18. Voyagé avec M. Guérin, Procureur de la République de Châlons-sur-Marne. Charmant, on voit que le Docteur Langlet lui a parlé de moi, ce qu’il m’a dit du reste. Je lui ai conté un peu toutes les tristesses de notre vie à Reims. Il m’avoua qu’il s’en rendait bien compte maintenant qu’il était à Châlons, et que l’autorité militaire ne comptait plus ses maladresses et se rendait odieuse ! Il paraissait enchanté de ce que je lui contais à ce sujet, ce qui le confirmait dans son opinion là-dessus.

A Châlons M. Guérin me quitte, ainsi que M. Viéville de St Léonard qui est à Dormans ! L’officier Raux qui représente l’État pour les Réquisitions de Reims monte avec moi. Nous bavardons et il me conte de biens bonnes sur les gendarmes ! Qu’il taxe de parfait imbéciles !… Il me disait que Racine, avec qui j’ai débuté à Reims pour les Réquisitions, était un brave homme mais aussi un hurluberlu ! Il m’a demandé de m’enquérir auprès du Président Hù sur les raisons que celui-ci, alors Procureur de la République à Langres, en Haute-Marne, avait eu pour obliger ce brave Racine à démissionner de sa charge d’avoué de cette ville.

A Épernay je fais quelques courses. Remets mes valeurs à la Banque de France où je m’entends avec le Directeur pour l’évacuation de toutes mes valeurs dans une succursale de la Banque de France du Centre, telle que Moulins, Châteauroux, Potiers ou Orléans… Mesure de Prudence ! rien de plus. Car je crois que ces braves sparnaciens ont tous la « tremblote » ! J’ouvre mon audience à 9h1/2 jusqu’à 1h1/4. Je vois le Président qui m’invite à déjeuner au Parquet, causé de différentes affaires. Il a en profonde estime M. Legrand, juge de Paix à Ville-en-Tardenois, qu’il apprécie comme moi-même je l’estime. Il va le faire nommer à la classe supérieure. Il estime aussi Bruneteau mon collègue notaire à Fismes. J’en suis heureux pour mon aimable confrère.

Causé de Landréat et de Dondaine pour leur citation à l’ordre civil de la Reconnaissance Française. Il l’a déjà demandé pour Mérat le greffier du Tribunal de Commerce qui a eu une très belle attitude durant ces 43 mois. Si les archives du Tribunal de Commerce sont sauvées, c’est grâce à lui. Quant à son pleutre de Patron : Marche ! Le Procureur m’a avoué qu’il le dégoutait. Il m’a demandé de lui faire un rapport sur Dondaine et Landréat comme étant leur juge de Paix et de demander cette citation et cette médaille pour eux. Je le lui ai promis. Il doit l’appuyer très chaudement avec M. Hù.

J’en suis enchanté pour ces 2 braves garçons qui m’ont été si précieux durant les bombardements de Reims. Et s’ils ont cette médaille, je serai plus fier de porter mon ruban.

Déjeuné ensuite très aimablement ensemble. Le bon Président est toujours effarant !!… Quel type ! mais la bonté même. Il m’a remis ma croix de la Chancellerie.

Quittés pour reprendre mon train à 2h11, où j’ai retrouvé Raux. Rentré ici assez fatigué, et surtout chargé avec mes ballots de valeurs pour en détacher les coupons. Pris André en passant à Châlons. A Vitry-la-Ville vu Mme Abelé, Brimont, très aimable, et M. et Mme de Riocour qui ont beaucoup insisté pour que j’aille leur rendre visite un jour. C’est ce que je ferai.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Vendredi 26 – Ecrit à Mgr l’Evêque de Poitiers. Via Crucis in Ecclesia. Visite aux concierges et jardiniers. Reçu lettre du Cardinal Gasparri ajournant le pélerinage à Rome des Veuves de Guerre, datée du 21 avril.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 26 avril

Entre la Somme et l’Avre, le bombardement ennemi a pris un caractère d’extrême violence sur le front franco-anglais, notamment dans la région Villers-Bretonneux- Hangard-en-Santerre. Notre artillerie a contrebattu énergiquement les batteries ennemies. Dans la région de l’Ailette et du bois d’ Avocourt, nos patrouilles ont ramené des prisonnbiers. Canonnade intermittente sur le reste du front. Nos alliés anglais ont exécuté d’heureuses opérations locales au nord d’Albert. Ils ont amélioré leurs positions et capturé soixante prisonniers. Ils en ont fait cent vingt dans un combat local à l’est de Robecq, tout en enlevant un certain nombre de mitrailleuses. Ils ont remporté un autre avantage à proximité de Meteren. Dans le voisinage de Fampoux, un détachement anglais est entré dans les tranchées ennemies, et a pénétré dans la ligne de soutien. Les aéroplanes alliés ont travaillé utilement. Plusieurs reconnaissances à longue distance ont été effectuées. Les avions de bombardement ont jeté dix-neuf tonnes de bombes sur plusieurs buts : gare de Thourout, dépôts de munitions d’Engel, Warneton, Armentières et Roulers. Sept avions ennemis ont été abattus, six autres contraints d’atterrir, désemparés. En outre, un avion ennemi a été abattu par les canons antiaériens. Nous avons forcé un avion triplace allemand à atterir près de Nogent-l’Artaud, à l’est de Meaux. Les forces franco-anglaises ont exécuté un raid naval contre les bases allemandes d’Ostende et de Zeebrugge. On a fait échouer cinq vieux croiseurs pour boucher les issues. Des troupes ont été débarquées sur le môle de Zeebrugge pour occuper temporairement l’attention de l’ennemi.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 25 avril 1918

Louis Guédet

Jeudi 25 avril 1918

1322ème et 1320ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  La pluie toute la nuit. Ce matin de même, encore une bien vilaine journée à passer. Je vais travailler et préparer mon voyage d’Épernay de demain. Journaux insignifiants, en résumé, rassurants, mais pas pour la terminaison de la Guerre ! qui je le crains bien ne sera pas finie cette année. Quelle existence vais-je mener ! Je mourrai de tristesse et d’ennui ! Je me brise au travail, travail ingrat et sans résultat. Toujours créer pour voir ensuite cela démoli, détruit. A quoi bon !

5h soir  Temps gris maussade, rien de saillant. Je me prépare pour demain, journée fatigante, et je ne crois pas pouvoir faire à Épernay tout ce que j’ai à y faire.

Courrier posté le 18 avril 1918 à Dijon et adressé à « Monsieur Guédet (de Reims) St Martin aux Champs par Vitry-la-Ville (Marne) »

L’Évêque de Dijon

Cordial merci pour le souci que vous prenez à mon sujet. Si le Dr Langlet et vous, avec vos notes personnelles, arrivez à me donner un chiffre depuis le 6 décembre 1916, cela me suffira. Je joins mes vœux aux vôtres pour les examens de nos chers jeunes qui mûrissent sous le feu et sur lesquels nous comptons.

Et bien cordialement,

Signé      † Mgr Landrieux

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 25 – Visite de Madame de Coucy et sa fille. Mgr Neveux va à Ay. Visite de M. Pierre Loti, de M. Miltat. Reçu lettre du Cardinal Gasparri (infra)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Voir nos articles sur Pierre Loti


Jeudi 25 avril

Quatre avions allemands et deux ballons captifs ont été détruits par nos pilotes. Un cinquième avion a été abattu par le tir de l’infanterie. En outre, seize appareils ennemis sont tombés dans leurs lignes, fortement endommagés à la suite de combats aériens. Notre aviation de bombardement, au cours des deux dernières journées a effectué de nombreuses sorties. 49.000 kilos de projectiles ont été jeté sur les gares, cantonnements, terrains d’aviation ennemis, dans les régions de Saint-Quentin, Jussy Chaulnes, Royes, Ham, Guiscard et Asfeld. Deux incendies ont éclaté en gare de Chaulnes et en gare d’Asfeld. Un dépôt de munitions à l’est de Guiscard a fait explosion. Sur le front britannique, l’ennemi a déclenché, après un violent bombardement, une action locale contre les positions à l’est d’Albert ; il a été repoussé. Nos alliés ont légèrement amélioré leurs positions dans les secteurs de Villers-Bretoneux, Albert et Robecq. Ils ont exécuté de nombreux raids au sud et au nord de Lens, capturé des prisonniers et des mitrailleuses. En Macédoine, les troupes allemandes ont effectué des coups de mains au sud de Doiran et dans la région de Vetrenik.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 24 avril 1918

Louis Guédet

Mercredi 24 avril 1918                                                

1321ème et 1319ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  La pluie toute la nuit et jusqu’à maintenant. En voilà pour toute la journée. André est parti ce matin avec le fils Thibaut qui, lui, part avec ses camarades du Petit Séminaire qui était à St Etienne, les uns pour Blois et les autres pour Moulins…  avec quelques professeurs. Il restera donc à St Etienne 35 élèves au plus. En tout cas le professeur de 2de C d’André reste avec un bon professeur de mathématiques.

Quelle triste journée à passer, avec cela que j’ai les idées plus qu’en noir. Je suis effrayé de l’avenir !… Que faire ? que devenir ?…

De la pluie toute la journée. Travaillé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 24 – Visite de M./ Camu et de M. Lecomte, qui étaient réfugiés à Binson. Visite du Commandant et des Officiers du Bataillon Colonial. Orage le 3 à 4 h. Télégramme du Cardinal Gasparri demandant si j’ai reçu la lettre qu’il m’a écrite.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cardinal Gasparri


Mercredi 24 avril

Un coup de main ennemi a été repoussé à l’est de l’Avre, dans la région de Thennes. Nous avons fait des prisonniers. Activité réciproque de l’artillerie en divers points du front de la Somme, de l’Avre et de l’Oise, ainsi que sur la rive droite de la Meuse. Au nord de Seicheprey, il ne reste plus un Allemand dans nos tranchées. L’ennemi a bombardé Reims où plusieurs incendies se sont déclarés. Sur le front britannique, des combats locaux avantageux pour nos alliés ont eu lieu dans le voisinage de Robecq, où les troupes ennemies ont été rejetées de quelques-uns de leurs postes avancés. En Macédoine, l’ennemi a violemment bombardé les villages dont les troupes britanniques et grecques s’étaient antérieurement emparées. Action d’artillerie dans le secteur de Doiran, et de part et d’autre du Vardar. Dans le Trentin, les Italiens ont attaqué et détruit des postes ennemis aux environs de Mori. Ils ont recueilli des prisonniers. Tirs de concentration dans la conque d’Asiago.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mardi 23 avril 1918

Louis Guédet

Mardi 23 avril 1918

1320ème et 1318ème jours de bataille et de bombardement

10h matin  Beau temps, le baromètre remonte, nous allons avoir du beau temps.

Ma femme et Marie-Louise sont parties ce matin à 6h40 à Songy pour Vitry-le-François faire quelques courses et acquisitions. J’ai levé Maurice, qui est en ce moment en classe. Elles reviendront à 5h40. Je suis heureux qu’elles aient beau temps.

6h  Été rechercher ma femme et Marie-Louise à Songy avec Maurice. Rien appris d’intéressant. Travaillé toute la journée à la terminaison du partage Lepitre qui est prêt.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 23 – Visite de M. Abelé, de l’Aumônier militaire de Cumière. Visite à M. le Sous-Préfet, au Maire, à M. le Curé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mardi 23 avril

Activité d’artillerie particulièrement à l’ouest de l’Avre et sur les deux rives de la Meuse.
L’ennemi ayant prononcé une attaque sur un front d’un kilomètre à l’est de Saint-Mihiel, vers Seicheprey, avait pris pied dans quelques-unes de nos tranchées avancées. Des contre-attaques immédiates l’en avaient en partie rejeté. D’autres contre-attaques nous ont rendu la presque totalité de ces tranchées. Des unités américaines, combattant auprès des nôtres, ont repoussé une vive attaque allemande dans le même secteur. Plusieurs coups de main ont été effectués par nos troupes en Lorraine et dans les Vosges. Nos avions ont jeté quatre tonnes de projectiles sur le terrain d’atterrissage de Charpien et sur des bivouacs de la région Ham-Guiscard-Noyon. 1860 kilos ont été jetés dans la région de Roye et de Moreuil; soixante-dix appareils ont bombardé efficacement la gare de Saint-Quentin et les voies ferrées de Jussy. Les troupes anglaises ont exécuté avec succès des entreprises de détail au sud d’Hébuterne. Elles ont légèrement avancé leurs lignes, capturé trente-sept prisonniers et trois mitrailleuses. L’ennemi a attaqué un poste britannique au sud de la Scarpe. Il a été repoussé après un assez vif combat. Il a été également repoussé par l’artillerie au nord-est d’Ypres. Il a subi des pertes et laissé des prisonniers près de Robecq. Les Belges ont brisé une attaque entre le canal de Passchendaele et le grand Peverdyk.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Lundi 22 avril 1918

Louis Guédet

Lundi 22 avril 1918

1319ème et 1317ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps gris avec tension au beau. Travaillé toute la journée à un partage Lepitre. Pas sorti, même dans le jardin. Lettre de Mgr Landrieux qui m’envoie son sermon de Pâques sur la Paix. Très bien ! Il flagelle les égoïste et ceux qui ne sont pas sur le front. Mgr Neveux m’a adressé également sa conférence sur Reims et ses habitants durant les bombardements. Il rappelle l’incendie de la Cathédrale du 19 septembre 1914 et fixé la scène qui s’est déroulée devant la Cathédrale en feu où les habitants, principalement des ouvriers, voulaient égorger à coups de couteaux les blessés allemands qu’on faisait sortir de la Basilique pour les sauver des flammes, et l’attitude énergique de Mgr Landrieux qui les a protégés.

Il fixe cette scène devant le portail Nord. Monseigneur Neveux se trompe, la scène a eu lieu juste sur la place du Parvis, alors que le groupe des blessés était entouré des infirmiers et des dames de la Croix-Rouge, Mgr Landrieux et le maréchal des logis d’artillerie qui venait d’apporter l’ordre de les évacuer sur le Musée, rue Chanzy, sortait par la vieille porte de planches qui donnait accès au chantier de pierre de la Cathédrale, les ouvriers, une 20aine (vingtaine) environ, couteaux en main, se précipitèrent sur le groupe qui était alors à hauteur de la statue de Jeanne d’Arc, entre celle-ci et le Lion d’Or (l’hôtel). Ils criaient, gesticulaient tout en marchant et quelques 10 pas en venant sur la rue Libergier le groupe s’arrêta, et c’est à ce moment que Mgr Landrieux, en couvrant de son corps les blessés allemands qui levaient les bras en criant piteusement « Kamarad ! », ils croyaient leur dernière heure arrivée, s’écria : « Il ne sera pas dit que la France aura répondu par un crime au crime allemand ! » On parlementa longuement, puis le cortège se dirigea vers le Musée par la rue Libergier et la rue Chanzy, accompagné par les ouvriers qui criaient : « A mort ! les sauvages !

C’est au moment où le groupe était arrêté sur la place, devant la lanterne réverbère qui est là, près du chalet du photographe Rothier, et parlementait, que je relevais de ma canne le fusil d’un fantassin qui était de garde au coin de la pharmacie Boncourt (rue Libergier) et qui couchait en joue tout le groupe. Je relevais vivement de ma canne son fusil en lui disant : « Arrêtez donc ! vous voyez bien que vous risquez de tuer des infirmiers et des Français en même temps que ces sauvages-là !! »

Quand je verrai Mgr Neveux, je lui signalerai cette légère erreur de topographie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Lundi 22 –  Ecrit au Cardinal Gasparri pour la réception des Veuves de la guerre au Vatican. Audience, et Messe du Pape le 4 mai, fête de sainte Monique. Reçu visite de M. Belleney, du Curé de Cumière. Visite de M. le Curé d’A…

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 22 avril

L’ennemi a tenté un coup de main dans la région de Hangard-en-Santerre. Des prisonniers dont un officier sont restés entre nos mains.
L’activité des deux artilleries s’est maintenue très vive entre Lassigny et Noyon.
Nos détachements ont effectué de nombreux coups de main sur divers points du front ennemi, notamment au nord-ouest et à l’est de Reims, en Champagne, dans le secteur de Juvincourt et vers les côtes de Meuse.
Nous avons fait un certain nombre de prisonniers. De son côté, l’ennemi a dirigé plusieurs tentatives, toutes repoussées, à l’ouest de la butte du Mesnil et en Woëvre.
L’artillerie ennemie s’est montrée active sur différents points du front et a entrepris, dès l’aube, sur les positions de nos alliés, à Caudescure, au nord de Merville, un bombardement violent qui n’a été suivi d’aucune attaque d’infanterie.
L’artillerie britannique a bombardé efficacement des troupes ennemies et des transports le long des routes en arrière du secteur de la Lys.
M. Sonnino a fait une déclaration au Parlement italien au sujet des maneuvres de paix de l’Autriche-Hongrie. L’Italie à cet égard, n’a cessé de demeurer en parfait accord avec ses alliés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 21 avril 1918

Louis Guédet

Dimanche 21 avril 1918
1319ème et 1317ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps gris couvert mais beau. Quelques lettres, j’ai répondu, de Mgr Neveux qui m’apprend que le cardinal, lui et M. Compant se sont réfugiés à Hautvillers dans la Propriété de M. Chandon, tout au moins pour l’été. Il m’invite à y aller un jour, et même d’accepter à déjeuner avec S.E. (Son Eminence). Je verrai si je ne pourrais pas le faire un jour que mon audience ne sera pas trop chargée. Lettre de M. Millet, mon expéditionnaire, qui est toujours à Dinan. Il s’amuse beaucoup de la fuite éperdue des Parisiens qui arrivent en masse. Il ajoute philosophiquement : « Qu’est-ce que ce serait si cela avait été à Paris comme à Reims !! »

Été à Togny, vu le Docteur Langlet qui m’a confirmé les incendies que les journaux ont signalés. Tout le centre du vieux Reims est incendié. Il en paraissait très affecté. Et comme moi cette fois il désespère de voir Reims se reconstruire et encore bien moins revenir à sa splendeur d’antan. Vu là le nouveau Procureur de la République de Châlons-sur-Marne, M. Guérin, un Procureur de la République, rien de plus, qui n’écoute rien et ne comprend pas. Rentré fatigué et fort attristé de ce que j’ai appris sur Reims. Que ferai-je ? Que dois-je faire ? Quand y retournerai-je ? Qu’irai-je faire ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 21 – Répondu ä Mgr Baudrillart que je ne veux à aucun prix retarder son entrée à l’académie où il est si digne de siéger. Répondu à M. Mithouard, à M. de Talode pour l’Académie, où Ton me presse de poser ma candidature. Fête militaire des vainqueurs à Lassigny1. Le Général Gouraud vient les féliciter. Visite du Général Gouraud et du Général de Salins2, Commandant la 38e Division, et du Colonel Régnier, venus pour la fête militaire dans la cour de l’Abbaye d’Hautvillers, partisans ardents de mon entrée à l’Académie, afin que cette admission récompense le Clergé, comme l’entrée du Maréchal Joffre récompensait l’Armée. C’est navrant que je n’aie pas accepte, disent-ils. Effet produit sur les neutres. Répondre à Mgr Baudrillart.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
1 A Lassigny, les 24 et 26 mars, la contre-attaque française du groupement Robillot avait bloqué l’avance allemande au Sud de la poche creusée dans les secteur britannique
2 Général Guyot de Salins. A l’automne 1916, il commande la prestigieuse 38e Division (4e Zouavez, 4e mixte de Zouaves et de Tirailleurs, 8e Tirailleurs) qui reprend à Verdun les secteurs de Douaumont et de Vaux. En octobre 1917, il remporte la victoire de la Malmaison sur le Chemin des Dames (le Fort étant pris par le commandant et futur général Giraud).

Dimanche 21 avril

Aucune action d’infanterie sur notre front.
La lutte d’artillerie a été très active dans la région Castel-Grivesnes et sur la rive droite de la Meuse.
Sur le front britannique, les attaques ennemies au sud du mont Kemmel ont été repoussées complètement. D’autres assauts, lancés par les Allemands dans ce secteur, ont été brisés par les canons et les mitrailleuses de nos alliés.
Ceux-ci, au cours d’opérations de détail, ont fait quelques prisonniers et capturé des mitrailleuses.
Il a été établi que des régiments appartenant à six divisions différentes ont été engagés dans les attaques infructueuses déclenchées par les Allemands dans la région Givenchy-Saint-Venant. Le combat, à Givenchy et ailleurs, s’est terminé par l’échec complet de l’ennemi qui, après des assauts coûteux et poussés à fond avec une extrême énergie, n’est parvenu à prendre pied que sur un ou deux points limités dans les défenses les plus avancées. Il est certain que les Allemands, avant l’assaut, ont été extrêmement éprouvés par le feu de l’artillerie et que leurs pertes, pendant le combat, n’ont pas été moins lourdes.
Sur le front d’Asiago, des détachements italiens ont exécuté des coups de main heureux contre des positions avancées, infligeant des pertes sensibles et contrôlées à l’adversaire auquel vingt-trois prisonniers ont été capturés.
Un avion autrichien a été abattu près de Rotgo par une batterie anglaise contre avions.
En Macédoine, nous avons bombardé les campements ennemis au nord de Serès.
Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 20 avril 1918

Louis Guédet

Samedi 20 avril 1918                                                    

1318ème et 1316ème jours de bataille et de bombardement

3h soir  Gelée, beau temps qui se stabilise. Travaillé jusqu’à maintenant à mes valeurs, enfin ce que j’avais à faire est terminé, je suis abruti par ce travail, et je n’en ai fait que la moitié. Il faut que je rapporte le reste des dossiers à Épernay vendredi prochain. Lettre de Jean qui est au repos, de Robert qui ne parait pas fort satisfait de son examen. Pauvre petit, pourvu qu’il le réussisse cependant. Je vais sortir car je n’en puis plus d’être enfermé depuis 2 jours ainsi. J’en ai vraiment assez. Les journaux parlent toujours des incendies de Reims… En résumé c’est tout le centre qui est incendié, autour de la Cathédrale… J’espère que la rue des Capucins n’a rien…  et qu’elle sortira indemne non seulement de l’incendie mais aussi du pillage.

Demain j’irai à Togny voir le Docteur Langlet qui me donnera des précisions.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Samedi 20 – Départ de Paris pour Hautvillers ; arrivée à Épernay. Visite à M. Chaudron. Arrivée à Hautvillers vers 4 h. Visite à l’église, à la maison.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 20 avril

Dans la région de Corbeny, nous avons pris sous nos feux et dispersé avec pertes un fort détachement ennemi qui tentait d’aborder nos lignes après une préparation d’artillerie.
L’ennemi a lancé plusieurs coups de main en Champagne et sur la rive droite de la Meuse, à l’est du bois des Caurières et vers Damloup, notamment. Toutes les tentatives ont été repoussées.
De notre côté, nous avons réussi, au nord-ouest de Reims et en Lorraine plusieurs incursions dans les lignes ennemies et fait un certain nombre de prisonniers.
Aucun changement sur le front britannique.
Au cours de la nuit, l’artillerie allemande a déployé une grande activité dans le secteur sud du front de la Lys, entre Givenchy et la lisière est de Robecq. Un violent bombardement des lignes entre Locon et Robecq a continué jusqu’au delà du lever du jour.
Les troupes anglaises ont repoussé des attaques locales dans le secteur de Merris.
Les pertes allemandes ont été très sensibles entre la forêt de Nieppe et Wytschaete.
L’infanterie ennemie attaqua en trois vagues au sud-est du mont Kemmel et, sur un point, refoula légèrement la ligne anglaise. La situation se rétablit par une contre-attaque.
Trois assauts, déclenchés par l’adversaire dans le secteur de Bailleul ont été chaque fois complètement brisés.
Lord Milner remplace lord Derby au ministère anglais de la Guerre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Vendredi 19 avril 1918

Louis Guédet

Vendredi 19 avril 1918                                                

1316ème et 1314ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps qui tourne au beau quoique gris. Il a gelé. Rien de saillant. Travaillé toute la journée à revoir toutes mes valeurs en dépôt, avec les coupons, etc… Je ne suis pas sorti, et je suis passablement assommé par ce travail fastidieux.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 19 – Incendie de Reims ! Visite de M. Abelé, de Mgr Baudrillart, qui vient me demander si j’ai l’intention de me présenter à l’Académie : il se retirerait devant ma candidature. Visite de M. le Capitaine de Talode du Grait, Capitaine de Cavalerie, 63 rue de Chaillot. Visite d’adieu à la Rev. Mère. Retour de M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 19 avril

Pas d’action d’infanterie sur notre front.
L’ennemi a bombardé violemment nos premières lignes et quelques villages de la région au nord de Montdidier. Nos batteries ont efficacement contrebattu l’artillerie ennemie et exécuté des concentrations de feux sur les positions allemandes.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Quatre avions allemands ont été abattus par nos pilotes.
Sur le front belge, les Allemands se sont livrés à une attaque en force contre le système des avant-postes entre l’étang Blanckaert et le chemin de fer d’Ypres à Thourout.
Ils ont réussi à prendre pied dans plusieurs des postes belges, mais d’énergiques contre-attaques de nos alliés les en ont complètement chassés. Six cents prisonniers environ sont restés entre nos mains.
L’ennemi a déclenché sur presque tout le front de bataille anglais de la Lys de violents bombardements, qui, de la forêt de Nieppe jusqu’à Wytschaete, ont été suivis d’attaques d’infanterie. Toutes ces attaques ont été repoussées et des pertes considérables infligées à l’ennemi.
Les troupes britanniques, qui avaient réussi à pénétrer dans les villages de Meteren et de Wytschaete, n’ont pas pu s’y maintenir.
Des troupes françaises coopèrent avec les forces anglaises sur ce front.
En Italie, les patrouilles anglaises sur le plateau d’Asiago et les patrouilles italiennes dans la région du mont Tomba ont capturé des prisonniers et du matériel.
En Afrique orientale, la colonne britannique du général Edwards, venant du littoral, et la colonne du général Northey, venant du lac Nyassa, exécutent un mouvement convergent contre les Allemands. La colonne du général Northey a occupé Magna.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 18 avril 1918

Louis Guédet

Jeudi 18 avril 1918                                                        

1315ème et 1313ème jours de bataille et de bombardement

3h soir  Temps gris, du brouillard et du soleil, il tente à se remettre au beau. Du courrier auquel je réponds. Des nouvelles de Lise qui s’ennuie à mourir à Saumur, d’Adèle qui parait enchantée de pouvoir revenir à Cumières. Nouvelles de plus en plus navrantes sur Reims ! Pauvre Ville !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Jeudi 18 – Nuit tranquille. Journée tranquille. Visite de Madame la Comtesse de Barral, pour Veuves de la guerre.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 18 avril

Sur le front de la Somme et de l’Oise, assez grande activité des deux artilleries et rencontres de patrouilles.
Nous avons exécuté plusieurs coups de main dans les lignes ennemies, notamment au sud-ouest de la butte du Mesnil, dans la région de Tahure et au nord de Flirey. Nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Sur la rive droite de la Meuse, une tentative ennemie, à l’est de Samogneux, a échoué.
Les Anglais avaient perdu Wytschaete, Saint-Eloi et Meteren. Ils ont contre-attaqué avec succès près de Wytschaete. A Meteren, leur contre-attaque a également rétabli la situation et ils ont repris le village.
L’ennemi a lancé des assauts répétés an nord de Bailleul. Il a été repoussé et a subi des pertes. Des éléments ennemis, pris sous le feu de nos alliés, ont été décimés: des prisonniers ont été faits.
Les Allemands ont tenté de progresser à l’est de Robecq; ils ont été arrêtés par le feu de l’artillerie.
A la suite des progrès effectués par l’ennemi sur le front de la Lys, les troupes britanniques qui occupaient des positions avancées à l’est d’Ypres, ont été retirés, et occupent une nouvelle ligne. Le repli a été exécuté méthodiquement sans que l’ennemi intervînt.
L’artillerie allemande a fortement augmenté son feu devant le front britannique au sud de la Somme.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 17 avril 1918

Louis Guédet

Mercredi 17 avril 1918                                                

1314ème et 1312ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps gris, moins froid, pas de pluie. Je suis parti avec André à 5h du matin d’ici, il m’a quitté à Châlons pour aller au Collège. J’ai continué sur Épernay où je suis arrivé vers 8h. Dans la cour de la Gare un ou 2 bataillon du 1er Tirailleur, musique et nouba en tête. Pas gais les malheureux. Ils montaient vers Reims.

Vu au Tribunal juste Payen. Le Procureur de la République était justement à Reims pour constater les dégâts au Palais de Justice. Brûlées ou incendiées les rues Colbert, Carnot, Vesle jusqu’à la rue des Poissonniers, St Jacques et l’église, la rue de Talleyrand jusqu’à chez Lhoste et l’École Industrielle, rue de l’Étape, Clou dans le Fer, 2 Anges, la rue Chanzy, le Théâtre, le Musée jusqu’aux Loges Coquault et la rue des Fuseliers, le Bon Pasteur, St Marcoul (Noël-Caqué), la rue du Barbâtre et cela continue !!

Revenu à Châlons par le train de 11h. Fait quelques courses, rencontré Hémard qui se réfugie à Troyes St Julien. Raux mon officier défendeur dans mes litiges de réquisitions, qui me disait que St Omer était assez bombardé. Nous tiendrons audiences les vendredis à Épernay jusqu’à complet apurement du retard, et ensuite de 15 jours en 15 jours ou de moins en moins selon le besoin. Rentré à 5h du soir avec André après avoir vu le Supérieur de St Etienne avec lequel je me suis mis d’accord pour qu’André suive les cours de manière à pouvoir revenir ici le soir et rester à St Martin le jeudi et le dimanche.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Mercredi 17 – Nuit tranquille. Journee paisible.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 17 avril
Dans la région au nord de Montdidier, assez grande activité de l’artillerie.
Dans le secteur de Noyon, nous avons réalisé quelques progrès au cours d’une opération de détail.
Nos reconnaissances se sont montrées très actives, notamment dans la région du canal de l’Oise: un de nos détachements a franchi le canal à l’ouest de Pierremande et ramené dix prisonniers et une mitrailleuse.
Nos patrouilles ont fait également des prisonniers dans le secteur de Corbeny, en Champagne, dans la région de Seicheprey et dans les Vosges.
Un coup de main ennemi au Téton a échoué.
Sur le front anglais, l’ennemi a déclenché une très puissante attaque contre les positions entre Bailleul et Neuve-Eglise. L’assaut a été donné par trois divisions de choc, qui ont réussi, après une lutte acharnée, à enlever les hauteurs à l’est et au sud-est de Bailleul, le mont de Lille et le Ravensberg. Les troupes britanniques se sont retirées sur de nouvelles positions au nord de Bailleul et de Wulverghem, en abandonnant Bailleul.
Une attaque allemande s’est dessinée près de Wytschaete, une autre près de Vieux-Berquin : cette dernière a été immédiatement brisée. Nos alliés ont fait un certain nombre de prisonniers près de Robecq.
Dix chalutiers allemands ont été coulés dans le Cattégat par la flotte anglaise.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 16 avril 1918

Louis Guédet

Mardi 16 avril 1918                                                       

1313ème et 1311ème jours de bataille et de bombardement

2h soir  Temps gris, maussade. Courrier assez volumineux. Lettre du Président Hù m’envoyant le procès-verbal de ma nomination de Chevalier avec le reçu de la croix. Signé et renvoyé. Il me dit dans sa lettre que Reims est fortement saccagé ! Rue Carnot, des 2 Anges, Talleyrand, Palais de Justice, etc… Tout cela serait brûlé, Porte de Paris, le haut de La Haubette et une partie de Courlancy, Mencière seraient démolis. Tout cela me tue. Reims n’existera plus et ne se relèvera jamais de ses ruines. Demain je vais probablement conduite André à St Etienne et pousser jusqu’à Épernay prendre différents dossiers de valeurs à mettre en ordre et pour toucher les coupons.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 16 – Dit messe. Arrivée des Sœurs ; de Mgr Neveux, de M. Compant, pour parier d’Hautvillers. Dans la nuit de 12 h. 30 ä 2 h, 4 bom­bes du canon à longue portée. Visite de Madame la Comtesse de Barral. A 5 h. ou 6 h., un obus allemand fait exploser à Paris une fabrique de… 13 morts, 45 blesses. Nuit tranquille. Relu télégramme. Prolongation obtenue ; auparavant écrit au Cardinal Gasparri.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cardinal Gasparri


Mardi 16 avril

Dans la région de Hangard, nous avons effectué une opération de détail qui a parfaitement réussi et nous a ramené une dizaine de prisonniers.
Le nombre des prisonniers que nous avons faits dans ce secteur depuis quatre jours est de cent cinquante.
Entre Montdidier et Noyon et en Champagne, au sud du mont Têtu, plusieurs coups le main nous ont permis également de ramener des prisonniers.
Sur le front britannique, le combat a continué avec acharnement autour de Neuve-Eglise. Après avoir rejeté de nombreux assauts, nos alliés ont dû se replier en arrière du village.
L’ennemi a déclenché de vigoureuses attaques sur de nombreux points du front de bataille, de la Lys, au nord-ouest de Merville.
L’infanterie allemande a été rejetée avec de lourdes pertes. Des éléments avancés, sur la berge nord du canal de la Lys, ont été pris sous le feu anglais. Sept attaques ont été lancées infructueusement dans le secteur de Merville. La ligne britannique, qui avait légèrement fléchi, a été rétablie.
A l’est de Robecq, nos alliés ont fait cent cinquante prisonniers.
Le comte Czernin, ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, a donné sa démission.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 15 avril 1918

Louis Guédet

Lundi 15 avril 1918                                                       

Je n’ai de goût à rien aujourd’hui. Tout cela me décourage. Et puis mes nuits sont toujours hantées par les scènes d’horreurs que j’ai vécues depuis 43 mois. Quels cauchemars ! sans l’ombre d’espoir de les voir changer en instants de joie, de bonheur et de prospérité.

7h soir  Été à La Chaussée pour voir les Soudant et les de Vaucresson. Je n’ai vu que Cécile, Jeanne et Suzanne sont retournées à Paris. Vu les Hennequin. Visité les 2 églises de La Chaussée que je n’avais jamais examinées en détail. Celle de Mutigny est insignifiante, du commencement du Roman. Celle de Coulmiers est mieux, purement romane, mais fort détériorée. La porte droite sud a un linteau à feuillages et salamandres assez bien conservé. A l’intérieur juste une pierre de fondation qui porte les armes du Chapitre de Reims, une croix pattée avec une plus petite croix dans entre chaque croisillon. Je n’ai pu lire ce qui était gravé sur cette pierre noire, ni le nom du fondateur. Un jour qu’il fera plus beau j’irai le lire, ou le déchiffrer. Fait le tour de La Chaussée où j’ai vu de nombreux vestiges d’anciennes dépendances seigneuriales du XVIIIe siècle aux frontons longeant le bas des toitures bien caractéristiques avec leurs crénelures en damier.

Il faisait un triste temps de brume assez douce.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Lundi 15 – Pas dit messe. Premier jour d’amélioration de ma santé. Re­tour des Sœurs à Paris à 8 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 15 avril

Actions d’artillerie assez vives entre Montdidier et Noyon. Nos reconnaissances opérant dans cette région ont ramené des prisonniers.
An nord de Saint-Mihiel et en Lorraine, dans les secteurs d’Emberménil et de Bures, nous avons pénétré dans les lignes ennemies et fait une dizaine de prisonniers.
Nous avons repoussé des coups de main allemands ,au nord de la cote 304, dans la région de Saint-Mihiel, en Woëvre et au col du Bonhomme.
Nos alliés britanniques, après une lutte violente qui a duré toute une soirée, ont repoussé les assauts lancés par l’ennemi entre Meteren et Wulverghem. Les Allemands ont attaqué Neuve-Eglise pour la quatrième fois et ont été repoussés.
Près de Festubert, les efforts ennemis ont été également brisés, ainsi qu’au nord-ouest de Locon.
De nombreux détachements allemands ont été pris sous le feu de l’artillerie et dispersés.
Malgré une lutte incessante, toute la ligne britannique du front de la Lys a été maintenue intacte. Les pertes allemandes ont été extrêmement élevées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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