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Jeudi 31 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 31 août 1916

719ème et 717ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  La tempête a cessé cette nuit, beau temps chaud avec brise. Le calme. Journée monotone. Déjeuné en cave chez M. Henry Abelé, 48, rue de la Justice, avec l’abbé Pierre Abelé en civil, actuellement aux armées, à (?!), de Bruignac adjoint au maire, Abbé Camu Vicaire Général, M. Lartilleux et Marcel Heidsieck. Rien d’intéressant. Rentré chez moi après avoir passé à la Ville, sur mon chemin tout triste tout désemparé, de plus en plus. Il y a 2 ans je prenais le chemin de ce calvaire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Mitrailleuses au loin. Journée tranquille. Bombes dans la matinée sur batteries. Visite aux Frères à Courlancy et à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Jeudi 31 août

Sur le front de la Somme, activité moyenne d’artillerie. Le mauvais temps continue.
En Lorraine, dans le secteur de Reillon, des détachements ennemis ont, par deux fois, tenté d’approcher nos lignes; nos tirs de barrage les ont repoussés.
L’artillerie tonne sans discontinuer sur tout le front de Macédoine où l’on ne signale, toutefois, aucune opération importante.
les Italiens, au cours d’avances partielles sur le Haut-Boite et dans les Alpes de Fassa, ont capturé un certain nombre de prisonniers.
Les Russes ont progressé dans les Carpates boisées, à la frontière hongroise, et fait plusieurs centaines de prisonniers en Asie Mineure.
L’avance roumaine est générale à l’ouest des Alpes transylvaines et sur le bas Danube.
Les ministres de l’Entente ont fait une démarche à Athènes, auprès de M. Zaïmis.
Un meeting sur l’entrée en guerre de la Grèce a eu lieu à Salonique.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 30 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 30 août 1916

718ème et 716ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Tempête de vent et de pluie toute cette nuit dernière et cette journée, cela devient fatiguant même, par contre pas un coup de canon, à moins qu’on ne l’entende pas, le vent venant de ouest à est ! Travaillé toute ma matinée à mon rapport au Procureur de la République au sujet de nos greffiers, et remisé celui-ci au Parquet. Été à la Ville, et rentré chez moi. Voilà toute ma journée, triste et sombre. Je suis d’une tristesse, d’une désolation. Non, s’il faut passer encore un hiver je mourrai…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 30 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Journée tranquille. Écrit à Meaux (pour fête du 8 septembre). Visite au Bon Pasteur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 30 août

Le mauvais temps gêne les opérations sur notre front.
Sur le front britannique, on ne signale qu’une action d’infanterie au cours de laquelle un détachement ennemi s’est approché des tranchées de nos alliés, près du moulin de Pozières et en a été aussitôt rejeté.
Les Allemands ont bombardé violemment le bois Delville, les abords du moulin de Pozières, les bois d’Authuille et de Thiepval. Activité d’artillerie de part et d’autre près de la redoute de Hohenzollern en face de Guinchy et de Givenchy et dans le saillant d’Ypres.
En Orient, activité d’artillerie dans la région du lac Doiran et sur les rives du Vardar, où nous avons détruit le parc d’aviation d’Argenci. Nous progressons vers Lomnica, tandis que l’armée serbe continuait son avance sur Vetrenik.
Le maréchal von Hindenburg est nommé chef de l’état-major général allemand en remplacement du général von Falkenhayn.
La Turquie a déclaré la guerre à la Roumanie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 29 août 1916

Louis Guédet

Mardi 29 août 1916

717ème et 715ème jours de bataille et de bombardement

6H soir  Beau temps, lourd, nuageux, de l’orage en ce moment. Été voir le Président du Tribunal Hù ce matin pour savoir ce qui avait été dit au ministère de la Justice et au Parquet Général à propos de mes greffiers. C’est conforme à la communication d’une lettre du Procureur Général qui demande un rapport, ce que je vais faire. En allant à La Haubette où demeure le Président un obus allemand lancé sur un de nos avions est venu tomber près de l’Hôtel des Trois-Poissons (L’auberge des Trois-Poissons se trouvait le long du canal, entre le Palais des Congrès et le pont de Vesle) tandis que je traversais le Pont Neuf au bout de la rue Libergier. Vraiment c’est à désespérer de rester dans les rues et de vaquer à ses occupations. Président toujours nerveux, braillard, etc…  Quel type ! (rayé).

Cet après-midi audiences pour les réquisitions militaires, beaucoup de conciliations. Rentré pour travailler un peu vers 5h du soir.

La Roumanie a déclaré la Guerre à l’Autriche. L’Allemagne vient de la déclarer à la Roumanie !! La Raquette quoi !! Cela nous donnera-t-il un résultat ? Je n’ose plus rien espérer ni supposer, nous sommes ici si malheureux ! Trente et une déclarations de Guerre, treize états d’Europe en Guerre et un en Asie, le Japon ! En Europe il ne reste plus que la Suisse, l’Espagne, la Hollande, la Suède et la Norvège en état de Paix. C’est formidable. Que sortira-t-il de tout cela. Je ne sais, mais on est bien las…  las…  découragé…  2 ans sous les bombes, c’est trop long, jamais je ne me remettrais de cela…  quelle mort lente, quel martyr.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29 août 1916 – Bombardement à 7 h 1/2 du matin.

Les communiqués parlent encore un peu d’attaques ou de bombardements autour de Verdun, mais les efforts des Allemands paraissent avoir diminué considérablement d’intensité.

L’action commencée sur cette place vers le 20 février, a déjà duré plus de six mois.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mardi 29 – Nuit tranquille. + 15°. 8 h. bombes sifflantes tombant pas loin d’ici ; tir des gros canons français. Orage.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 29 août

La Roumanie a déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie, et les premiers combats sont engagés à la frontière.
Sur le front de la Somme, vive activité d’artillerie dans la région d’Estrées, de Belloy-en-Santerre et de Lihons.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont dirigé sur nos positions à l’est de Fleury, une attaque qui n’a obtenu aucun résultat. L’artillerie allemande, contrebattue par la nôtre, a bombardé nos tranchées du bois de Vaux-Chapitre.
L’artillerie anglaise à longue portée a pris sous son feu les troupes et les convois allemands entre Bapeaume et Miréavucourt. Elle s’est montrée également très active en face de Calonne et de Neufchâtel, entre Auchy et la redoute de Hohenzollern. Nos alliés ont fait 137 prisonniers.
Sur le front d’Orient, combat d’artillerie de la Strouma à Lionnica. A l’est de la Cerna, les Serbes ont réalisé de sérieux progrès du côté de Vetrenik.
Trois attaques bulgares sur la route de Banica à Ostrovo ont été repoussées avec des pertes importantes pour l’ennemi.
L’Allemagne a déclaré la guerre à la Roumanie où le roi a proclamé la mobilisation générale.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Lundi 28 août 1916

Louis Guédet

Lundi 28 août 1916

716ème et 714ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Pluie torrentielle hier soir à partir de 6h, et toute la nuit. Aujourd’hui beau temps mais toujours lourd et orageux. Traîné ma journée, j’ai vraiment souffert. Deux soldats qui allaient porter la communication à la Ville me l’ont montré : elle annonçait que la Roumanie avait déclaré la Guerre à l’Autriche. Si cela pouvait nous délivrer ! mais je n’y crois plus guère.

Reçu lettre de Robert pour ma fête, pauvre petit, triste fête. Je suis bien découragé, d’autant que ma situation ne s’améliore pas, au contraire, aussi peu m’importe que Reims soit dégagé ou non. Après ce sera l’étranglement (rayé) de la part de mon beau-Père (rayé). Alors comme tout (rayé). Peu m’importe. Je ne puis qu’être toujours (rayé).

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 août 1916 – Bombardement assez serré, commencé à 18 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 28 – Nuit tranquille ; pluie continuelle ; projections allemandes. Vers 9 h. 1/2 quelques bombes sifflent. Visite au Général Lanquetot (non trouvé) ; au Colonel Colas (non trouvé). Visite de M. Abelé pour projet Cathédrale. 5 h. 1/2 à 6 h. gros canon français. Riposte des obus allemands. 1 ° L’Italie déclare la guerre à l’Allemagne (1) La Roumanie entre en guerre avec nous (2).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

(1) L’Italie avait déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie le 23 mai1915
(2) La Roumanie ne déclare la guerre qu’à l’Autriche-Hongrie. La révolution russe de 1917 la contraignit à une défaite inévitable jusqu’à son retour dans le camp des vainqueurs en 1918. (Toutes les notes sont du Colonel Marc Neuville)

 

Lundi 28 août

Sur le front de la Somme, le mauvais temps persistant gêne les opérations.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont dirigé trois attaques successives sur nos positions du bois de Vaux-Chapitre. Arrêté chaque fois par nos tirs, l’ennemi a dû regagner ses tranchées de départ après avoir subi des pertes sensibles.
En Lorraine, plusieurs coups de main ennemis sur nos petits postes entre Arracourt et Embermesnil ont été aisément repoussés.
En forêt d’Apremont, nos grenadiers ont livré des combats assez vifs contre des patrouilles ennemies qu’ils ont dispersées. Les Allemands ont attaqué sur un front de 800 mètres nos tranchées vers la croix Saint-Jean. Ils ont subi un échec complet.
Les Anglais ont réalisé des progrès au nord-ouest de Ginchy. Bombardement ennemi intense près de Longueval. Nos alliés ont fait 59 prisonniers au sud de l’Aisne.
En Macédoine, notre artillerie a dispersé un bataillon bulgare. L’ennemi a renouvelé sans succès ses tentatives contre Vetrenik. Deux monitors et un croiseur anglais ont bombardé les forts de Cavalla, occupés, sauf un, par les Bulgares.
L’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne par l’intermédiaire de la Suisse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


57e RI de Rochefort

57e RI de Rochefort

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Dimanche 27 août 1916

Louis Guédet

Dimanche 27 août 1916

715ème et 713ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps couvert avec grands nuages et rayées de soleil. Du vent frais mais température lourde quand même. Journée triste…  trainée misérablement, autant être dans un tombeau. Messe à 7h, rentré écrire quelques lettres, répondu à celles reçues à 11h, été les porter à la Poste vers 2h1/2, esquissé une pointe vers les Promenades (Cirque), quand une ondée arrive, je me mets à l’abri contre une porte, puis l’averse passée, je continue jusqu’à la Gare et par la place d’Erlon je rentre chez moi, me trainant de fatigue et de langueur. Rencontré M. Gennesseaux dont un des fils est maréchal des logis de Jean au 25ème qui m’apprend leurs angoisses, leur autre fils a été blessé il y a quelques jours vers Verdun à la face. Ses camarades obligés de reculer l’ont vu tomber, puis ayant repris la tranchée abandonnée précédemment, retrouvèrent de leurs camarades, mais quant au jeune Gennesseaux plus de trace, il aurait été enlevé par les allemands suppose-t-on. Mais le pauvre Monsieur est bien affecté. J’en frissonne, quand je songe que peut-être je passerais par de semblables angoisses. J’ai si peu de chance !! Je crois que ce serait le coup de grâce et que je n’y résisterais pas !

Rentré à la maison. J’écris pour tuer le temps et l’ennui qui m’accable. Non, ceux qui n’auront pas vécu cette vie, ma vie ne sauront jamais ce que c’est de souffrir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 27 août 1916 – Des obus tombent vers 8 h, du côté du Pont-Huet.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Pont-huet


 Cardinal Luçon

Dimanche 27 – Nuit tranquille. Matinée : 11 h. bombes sur batteries. 9 h. un a. passe sur la ville. Visite pastorale et confirmations à Fismes par moi ; à Courville par Mgr Neveux. Visite aux ambulances de l’école et de l’hôpital à Fismes par moi, à l’ambulance de Courville par Mgr Neveux. Visite aux ambulances de l’école et de l’hôpital à Fismes par moi ; à l’ambulance de Courville par Mgr Neveux. Orage et déluge au départ du presbytère de Fismes ; rues de Reims transformées en ruisseaux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 27 août

Sur le front de la Somme, luttes d’artillerie très vives au nord de Maurepas et à l’ouest de Cléry.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Les Allemands, sur le front belge, ont essayé de franchir le canal près de Hetsas. Les Belges les ont repoussés avec de lourdes pertes. L’ennemi a bombardé les premières lignes anglaises sur tout le front de l’Ancre.
Il a attaqué les positions britanniques à l’ouest de Guillemont, entre les carrières et la route Montauban-Guillemont. Il a été refoulé avec lourdes pertes. Nos alliés ont accentué leur avance près de la ferme du Moquet et ont pris 400 mètres de tranchées.
Les forces allemandes ont déclenché une attaque au sud de Thiepval. Elle a été exécutée par la garde prussienne dont l’assaut a été brisé. Les pertes de l’ennemi sont élevées.
En Macédoine, l’artillerie anglaise a bombardé les positions adverses de la rive gauche de la Strouma. Au nord-ouest de Kukurus, les Bulgares ont attaqué six fois vers Vetrenik. Ils ont subi un sanglant échec. Ils en ont subi un autre au nord de la route d’Ostrovo. Nous avons progressé à l’ouest du lac d’Ostrovo. Des engagements partiels au sud du lac se sont terminés à l’avantage des Serbes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 26 août 1916

Louis Guédet

Samedi 26 août 1916

714ème et 712ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Orage toute la nuit dernière, temps orageux avec ondées. Aujourd’hui du soleil, la température s’est un peu rafraîchie. Rien. Caisse d’Épargne ce matin, ouverture de mon 53ème coffre-fort, cette fois au Crédit Lyonnais, et il…  n’y avait rien dedans !!!

Têtes des héritiers et du clerc de Mt Faupin avoué qui avait fait une vraie procédure pour arriver à ce résultat. C’est plutôt amusant.

Lundi je recommence sur le 54ème cambriolage de coffre, encore au Crédit Lyonnais. Espérons que cette fois nous trouverons quelque chose dedans ! Après-midi écrit et fait quelques courses. Quelques obus vers 4/5 h du soir. Vu le Commandant Lallier qui est convaincu que nous passerons encore l’hiver sous les bombes !! Que le Diable l’emporte ce prophète de malheur, on dirait vraiment que cela leur ferait plaisir… !!…

Tout à l’heure je causais au Greffe civil avec Jonval, secrétaire du juge d’Instruction attaché au Parquet, il était d’avis que tous les Rémois qui avaient une situation prépondérante ou officielle auraient dû rester à Reims. En cela j’étais nécessairement de son avis puisque j’avais agis en conséquence et je lui ajoutais, après avoir parlé des dangers que j’avais courus et notamment comme otage. « Peu importe qu’un homme, une individualité disparaisse ou soit fusillée. Du jour où cet Homme ou cette individualité a rendu service à la collectivité ou l’a sauvé d’un malheur ou d’un désastre, il a rempli son devoir et a payé sa dette à la Patrie. Ceux qui ne pensent et n’agissent pas ainsi manquent à tous leurs devoirs et commettent une lâcheté, une trahison, une félonerie ! Alors de me répondre : « Oui, vous avez fait cela, mais eux…  ils n’ont pensé qu’à sauver leur peau ! » – « J’aime mieux ma place devant l’opinion publique que la leur » lui ai-je répondu. Nous nous sommes quittés sur ces mots en nous serrant la main. Il m’avait compris. Nous nous comprenons…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 26 – Nuit tranquille à Reims ; canonnade lourde très au loin. Projections allemandes toute la nuit. A 8 h. canon français extraordinairement puissant. Visite du Général de la Division. Gros canons français vers 6 h. 1/2, pas de réponse allemande.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 26 août

Sur le front de la Somme, nous avons poursuivi nos tirs d’artillerie sur les organisations allemandes. Le chiffre de nos prisonniers atteint maintenant 600. Huit nouvelles mitrailleuses ont été retrouvées dans la partie de Maurepas que nous avons enlevée.
Au sud-est de Saint-Mihiel, une tentative allemande sur la croix Saint-Jean, a été arrêtée par nos feux. Une autre attaque sur nos positions du bois d’Ailly a également échoué.
Les troupes anglaises sont arrivées à la hauteur de celles des nôtres qui ont réalisé l’avance sur le village de Maurepas. A la suite d’un violent combat, elles ont progressé de part et d’autre de la route de Longueval-Flers. Cette opération leur a valu 187 prisonniers dont 8 officiers. Elles ont également avancé dans le secteur de Thiepval, faisant 105 prisonniers. Elles ont réussi des coups de main heureux au nord de Neuville-Saint-Vaast, près d’Hulluch et d’Aubers.
Sur le front d’Orient, des détachements anglais ont remonté la rivière Augista et fait sauter des ponts. Cavalla et Doiran n’ont pas été attaquées par les Bulgares.
Fusillade sur la Strouma. Les troupes serbes ont progressé dans la région de Kukurus. Elles ont fait plusieurs centaines de prisonniers au nord-ouest du lac d’Ostrovo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Vendredi 25 août 1916

Louis Guédet

Vendredi 25 août 1916  Saint Louis

713ème et 711ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Triste fête, la tristesse au cœur. Les soucis présents et à venir. J’aurais pleuré toute la journée si j’avais osé. Seul, abandonné, que c’est dur ! loin des siens. Quel calvaire ! Reçu lettre de Marie-Louise, répondu à la pauvre petite. Reçu lettre de Labitte qui me donne la marche à suivre pour les 2 grands afin qu’ils passent leur examen d’aspirant, et ils auront ainsi chance de se retrouver à Fontainebleau. Je l’envoie à leur Mère pour qu’elle leur en envoie une copie. Je n’en n’ai plus le temps.

Audience civile ce matin, peu d’affaires. Demain matin : Caisse d’Épargne. Après-midi écrit nombreuses lettres, fait des courses, été aux allocations militaires pour signer une lettre au Maire pour signaler trois malheureuses femmes qui touchent des allocations et les emploient à boire et à se mal conduire avec des militaires, voire même des officiers. Je demande leur expulsion et j’ai fait suspendre leurs allocations : elles ont déjà été condamnées en simple police.

Reçu visite de M. Albert Benoist, causé d’affaires et des événements. Il a bon espoir pour que la France soit dégagée à la fin de l’automne. La Roumanie va marcher, ce sera un apport de 4/500 milliers d’hommes, et la porte de Constantinople ouverte à la Russie. Qu’il dise vrai.

Rentré travailler. Il va faire de l’orage, il fait une lourdeur pénible.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 25 – Nuit tranquille. Aéro dès le matin. Visite à M. Prévoteau. Via Crucis in cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 25 août

Au nord de la Somme, nos troupes ont attaqué hier les positions allemandes de la région de Maurepas, et, après avoir enlevé d’un seul élan, la partie du village que l’ennemi occupait encore et les tranchées avoisinantes, ont porté leur ligne à 200 mètres au-delà sur un front de 2 kilomètres, de la voie ferrée au nord du village jusqu’à la croupe 121 au sud-est. Nous avons capturé 200 hommes et 10 mitrailleuses.
Sur la rive droite de la Meuse, l’ennemi a contre-attaqué notre nouveau front, entre Thiaumont et Fleury. Il a été arrêté par nos feux.
Les Anglais ont repoussé une puissante attaque allemande entre la gare de Guillemont et la Carrière. Cette attaque a été suivie d’un bombardement intense. Un coup de main allemand a échoué près de la redoute Hohenzollern. Un coup de main anglais a réussi a la Bassée.
Les Russes ont arrêté une attaque austro-allemande sur le Stokhod. Dans la direction de Mossoul, ils ont détruit une division turque.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Mossoul

Mossoul

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Jeudi 24 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 24 août 1916

712ème et 710ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps d’automne brumeux clair lourd orageux. Calme. Quelques avions à midi mitraillant, que des repérages !! Été faire l’inventaire à la ferme de l’Écaille sur la route de Pargny. Tout le monde était là cette fois-ci. Rentré à 5h fatigué. Vu Melle Payart (à vérifier) pour son testament, et rentré me reposer un peu. Je suis las, triste. Ma femme et mes petits m’ont souhaité ma fête, St Louis. Triste fête…  en tristesse ?!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 24 – Nuit tranquille. Aéroplane allemand ; tir contre lui. Visite du P. Chéruy.(*voir le commentaire d’Armand en bas de page)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 24 août

Violente lutte d’artillerie au nord et au sud de la Somme (secteurs de Belloy et d’Estrées).
Sur la rive droite de la Meuse, une attaque brillamment menée par nos troupes contre les positions allemandes entre Fleury et l’ouvrage de Thiaumont, nous a permis de réaliser un sensible progrès. Nous avons fait environ 200 prisonniers dont 2 officiers.
Deux avions ont été abattus, l’un par l’adjudant Dorme, au nord-est de Chaulnes, l’autre dans la région de Roye.
Les Anglais ont repoussé deux contre-attaques contre leurs nouvelles tranchées, au sud de Thiepval. Ils ont exécuté avec succès un petit coup de main près de Lens. Ils ont gagné 200 mètres de tranchées dans la région de la Somme et abattu six avions allemands.
Sur le front d’Orient, les armées alliées ont, au centre, maintenu et consolidé toutes les positions conquises entre la Moglenica et le massif du Belès. Les Serbes ont progressé au nord de Strupino, et nous avons repoussé une attaque à Palui. Aux deux ailes, l’offensive bulgare a été enrayée.
Les Italiens ont conquis des cimes dans les Dolomites.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mercredi 23 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 23 août 1916

711ème et 709ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps gris clair d’automne, lourd et chaud. Heureusement que les nuits sont fraîches. Le calme, sauf vers 11h du matin quelques obus faubourg de Laon tandis que j’étais à l’Hôtel de Ville présider des Allocations militaires qui m’ont tenu jusqu’à midi 1/2. J’y étais depuis 9h1/2 et depuis 9h j’étais à la Caisse d’Épargne de service (et samedi). Je suis obligé de me dédoubler. Déjeuné à la hâte et parti à 1h pour un inventaire pour Jolivet sur la route de Pargny, « à la Carcanerie » (mot du patois régional, lieu où on abat les chevaux hors service), voyage de boucher (voyage apparemment pénible), tous les clients n’étant pas venus, ce sera pour demain probablement. Il y a des gens qui ne se gênent pas. Vu là un maréchal des logis du 25ème d’artillerie (le régiment de Jean) qui me disait qu’il y avait 10% de tués dans leur arme contre 90% dans l’Infanterie à égalité de risques…

En rentrant ici été à la Ville pour m’entendre avec le Maire et le secrétaire général afin de m’assurer d’un greffier pour les litiges des réquisitions militaires. Faupin,  m’ayant signifié qu’il avait donné l’ordre à son clerc Landréat qui me servait de greffier de Paix des 2ème, 3ème et 4ème cantons et m’assurait le service des réquisitions, de se refuser à construire ce service…  En toute éventualité je me suis assuré de quelqu’un à l’Hôtel de Ville. Valot greffier des prudhommes et de simple police, probablement. De là passé prévenir le parquet.

Reçu lettre du Président du Tribunal Hù qui en a parlé au Parquet Général : on vient de mettre en demeure Jésus, greffier des 2ème et 4ème cantons, qui pour se sauver des bombes n’avait pas trouvé mieux que de s’engager et de se…  faire embarquer dans un bureau militaire de l‘intérieur !! Çà ce n’est pas banal, s’engager pour se sauver des bombes !! à avoir à assurer son service. Je vais avoir incessamment mon adjoint militaire…  bref tout le monde m’aidant, j’arriverai envers et contre tous à mener la justice de Paix, malgré tous les pleutres qui sont jaloux de me voir conduire des services écrasants et qui seraient enchantés de me voir n’aboutir à rien…  J’y succomberai probablement…  mais en tout cas j’aurais le droit de leur clouer le bec si jamais ils veulent me discréditer…  J’aurai le droit de leur dire leur fait…  qu’ils sont des lâches.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

23 août 1916 – Bombardement dans la matinée, vers 10 h, quartier du Champ-de-Mars.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 23 – Projections allemandes. Dons et circulaire pour Prisonniers de guerre. Vers 9 h. 1/2 et 9 à 11 h. sifflent. Visite au Fourneau Économique de Porte Paris. Bombes à l’Hôtel-Dieu, rue Gambetta. Visite du Général Mazel de Jonchery, 5e Armée ; du Colonel Papillon-Bourrot, du P. d’Herlugon Jésuite avec le Père auteur au sujet des Otages. Lettre du Cardinal Gasparri répondant à une lettre de moi au sujet des otages (Recueil,).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 23 août

Lutte d’artillerie sur les deux rives de la Somme et à Verdun (région de Fleury).
Grâce à un coup de main heureux, près de Maurepas, nous avons fait quelques prisonniers. Nous avons repoussé des attaques à la grenade sur un de nos ouvrages dans le bois de Vaux-Chapitre.
Les Anglais ont marqué une avance sensible, sur un front de 800 mètres, dans le voisinage de Pozières, s’établissant à la croisée des chemins en bordure de la ferme de Moquet. Ils ont ensuite progressé sur la droite de la route Pozières-Miraumont. Ils ont gagné 100 mètres de tranchées entre Martinpuich et Bazentin et ont fait un coup de main heureux au sud de Guillemont, ramenant une mitrailleuse. Au saillant de Leipzig, ils ont accentué leurs gains et ont porté leurs positions à un kilomètre de Thiepval. Ils ont capturé 164 ennemis.
Sur le front d’Orient, la lutte est acharnée. Les Franco-Anglais ont bombardé les positions bulgares du lac Doiran et occupe les contreforts méridionaux des monts Belès. Sur la droite du Vardar, les troupes françaises se sont installées sur une ligne de hauteurs près de Ljumnica; l’armée serbe a progressé entre Cerna et Moglenica. L’infanterie a partout atteint ses objectifs.
Aux deux ailes, à l’ouest de Sérès, et sur le lac d’Ostrovo, l’ennemi a refoulé nos détachements avancés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Mardi 22 août 1916

Louis Guédet

Mardi 22 août 1916

710ème et 708ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Le calme général. Pluie diluvienne ce matin et ensuite rayée de soleil avec des nuages lourds et orageux. Journée monotone comme beaucoup d’autres. Rien appris de saillant dans mes courses. Reçu des nouvelles des miens, les 2 grands vont bien. Jean est toujours en route pour Carentan et trouve sa randonnée intéressante. Robert s’est fait vacciner contre la typhoïde. Sorti pour une heure, mais arrêté par l’un par l’autre, je suis rentré 3 heures après. Mes fins de journées sont toujours fort tristes. J’en souffre vraiment.

La Roumanie va-t-elle enfin marcher ? On me l’affirme, mais on nous l’a dit tant de fois et puis pourvu que ce ne soit pas comme la Bulgarie…  contre nous. Cependant je ne le crois pas, si elle se met en guerre ce sera à nos côtés. Je le souhaite le plus tôt possible afin que nous soyons enfin vainqueurs et que nous puissions chasser les allemands de France. Repasser un autre hiver comme les 2 précédents ce serait trop dur, ce serait trop demander à nos forces…  à nos volontés !!

Lettre à M. Jadart, secrétaire de l’Académie de Reims
Reims 22 août 1916

Mon cher Collègue,

inclus copie de la communication que j’avais faite à l’Académie sur le pillage du château de St Thierry.

Saviez-vous que l’incendie de notre Hôtel-Dieu incombe en partie à nos aviateurs qui n’étaient pas à leur poste ? Ces Messieurs s’amusaient à Épernay tandis que les Allemands survolaient en toute sécurité notre Ville. Je fusillerai ces gens-là ! Mais au contraire on semble plutôt les excuser, les protéger. Et combien d’exemples de ce genre se sont produits ici au grand dam de notre pauvre Reims ! C’est navrant !!

Veuillez agréer, mon vrai Confrère, l’assurance de mon bien cordial souvenir.

Signé : L. Guédet

Jadart 58, avenue de Marigny (avenue Foch aujourd’hui) Fontenay-sous-Bois (Seine)

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 22 – Nuit tranquille. Visite de M. Desramons, aumônier… Visite du Colonel Rollin ; du Père Pothier SJ.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Photo : Louis Corré, collection Gérard Corré

Photo : Louis Corré, collection Gérard Corré


Mardi 22 août

Au nord de la Somme, dans le bois enlevé par nos troupes, entre Maurepas et Guillemont, nous avons capturé six canons de 77. Nos batteries ont exécuté de nombreux tirs sur les organisations allemandes au nord et au sud de la rivière. ll n’y a eu aucune action d’infanterie.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont prononcé une forte attaque accompagnée de jets de liquides enflammés sur le village de Fleury; nos tirs de barrage et nos tirs d’infanterie ont arrêté net l’adversaire, qui a subi des pertes sérieuses.
Nos avions de chasse ont livré de nombreux combats: deux appareils ennemis ont été abattus, l’un dans la region de Denicourt, l’autre près de Berny.
Vive lutte à coups de bombes sur le front belge, près de Dixmude.
Canonnade sur le front italien.
Les Russes ont progressé sur le Stokhod, en faisant 1400 prisonniers, et dans les Carpates.
Un engagement naval a eu lieu en mer du Nord. Les Anglais ont coulé deux sous-marins et ont perdu deux croiseurs légers.
Les forces alliées de Salonique ont pris l’offensive sur tout le front; le contingent italien ayant débarqué. A l’aile droite, les Franco-Anglais ont franchi la Strouma, au nord-ouest de Sérès. Au centre, vive action d’artillerie sur le Vardar. A la gauche, entre la Cerna et la Moglenica, les Serbes ont enlevé des tranchées bulgares, à l’extrême gauche, ils ont évacué Banica.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 21 août 1915

Louis Guédet

Lundi 21 août 1916

709ème et 707ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps, mais temps d’automne, voilà l’hiver !! Le calme. Assez occupé, pas sorti le matin. Ensuite pas mal de lettres. Nouvelles des deux artilleurs…  et de Jean par Henri Houbart  qui l’a rencontré à Avranches, et qui m’écrivait pour la mutation de son frère, c’est gentil à lui. Après-midi visite au Cardinal, qui allait sortir, causé quelques instants seulement. Causé longuement avec l’abbé Leconte et Mgr Neveux. Rencontré l’abbé Camu. Tous trouvent le temps long comme moi. Reçu lettre fort aimable de mon Procureur de la République. Je lui ai répondu. Et voilà ma journée. Quand donc cette vie monotone et solitaire finira-t-elle pour moi !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 21 – Nuit tranquille. Journée calme. Expédié épreuve de la lettre aux Cardinaux. Visite à Clairmarais aux sinistrés de la Cour Ste-Claire (baraque qui ne valait pas la peine qu’on en parlât).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Lundi 21 août

Au nord de la Somme, violentes attaques ennemies. Les Allemands avaient réussi à prendre un élément de tranchée au nord de Maurepas; nous les en avons débusqués. 50 prisonniers ont été faits par nous. Lutte très vive d’artillerie au sud de la Somme (Belloy, Estrées).
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont dirigé deux attaques à la grenade sur un saillant au nord-est du réduit d’Avocourt et sur nos tranchées de la cote 304. Ils ont été partout refoulés avec de grosses pertes.
Sur la rive droite, de vifs combats se sont poursuivis. Nos troupes ont conquis pied à pied l’îlot de maisons en ruines que l’ennemi occupait encore à la lisière de Fleury. Tout le village est en notre possession, en dépit de vives contre-attaques allemandes. Lutte à la grenade dans le secteur Vaux-Chapitre. Le chiffre de nos prisonniers dans la région excède 300.
Les Anglais ont poursuivi leur avance vers Guillemont et Guinchy.
Les Russes ont progressé dans la région du Stokhod, en faisant 600 prisonniers.
Le contact s’accentue sur le front de Salonique. Dans la région de Doiran, les Anglais ont pris une hauteur et nous avons capturé une série de villages.
Les Serbes ont contre-attaqué les Bulgares débouchant du village de Florina.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 20 août 1916

Louis Guédet

Dimanche 20 août 1916

708ème et 706ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Temps gris brumeux ce matin. Déjà l’automne, aussi ai-je l’âme triste comme tous les ans à pareille saison, je n’ai jamais pu résister à cette mélancolie poignante que l’automne produit en moi, et c’est la saison que je préfère. J’en souffre et je la désire.

Après-midi le temps s’est ensoleillé, pâlement. Cela m’attriste et dire que voilà l’hiver ! L’hiver ! serai-je condamné à le passer comme les 2 précédents, en aurai-je la force ? N’y succomberai-je pas ?… !! J’en tremble. J’en frissonne d’angoisse d’avance.

Messe de 7h. Travaillé, écrit, reçu au courrier lettre de Labitte à qui je réponds pour lui demander de voir à la mutation de Jean au 61ème pour se retrouver avec Robert. Le pauvre grand serait si heureux ! Mais cependant je ne veux pas que cela nuise à son avancement. Enfin attendons. Sorti après-midi pour mon courrier et quelques courses. M. Charles Heidsieck est parti retrouver Mme Heidsieck. J’enverrai un message pour la Mère supérieure de Roederer qui aurait bien voulu le voir au sujet du projet des Hospices de faire une clinique de cet hospice. Ce n’est ni dans l’idée de la fondatrice Mme Roederer, ni dans celle de la Supérieure. Enfin je vais en écrire à M. Charles Heidsieck. Rentré pour écrire quelques lettres et voilà ma journée finie. Que vais-je faire jusqu’à 7h1/2 ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 20 – Nuit tranquille ; matinée item. + 13° à 6 h. ; temps couvert. Confirmation à Trigny par Mgr Neveu, à Jonchery par moi. Le général Mazel était absent17. Visite à l’ambulance.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 20 août

Au nord de la Somme, nos feux ont brisé plusieurs tentatives de contre-attaques ennemies; nous avons fait des prisonniers. Après quoi, nous avons enlevé, au cours d’un brillant assaut, une notable partie du village de Maurepas, ainsi que le calvaire situé au sud-est. Nous avons, durant cette opération, capturé 200 Allemands valides. Entre Maurepas et la Somme, nous avons élargi nos positions à l’est de la route de Maurepas à Cléry.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent combat, nous avons chassé les Allemands de la partie du village de Fleury qu’ils occupaient. Quelques fractions ennemies se maintiennent encore à la lisière est, dans un pâté de ruines. Nous avons fait 50 prisonniers dont un officier. Nous avons ensuite continué notre offensive en chassant l’ennemi de deux redoutes fortifiées au nord-ouest de l’ouvrage de Thiaumont. Ici, nous avons fait 100 prisonniers parmi lesquels 5 officiers. Nous avons progressé aux abords de la route du fort de Vaux, à l’est du bois de Vaux-Chapitre.
Les Anglais ont continué leur avance dans la direction de Guinchy et de Guillemont. Ils ont fait plus de 200 prisonniers dont un certain nombre d’officiers.
Les Italiens ont repoussé une attaque dans la zone du Tonali et deux autres offensives sur le Fredo et le Cedro. Ils ont bombardé la gare de Sillian, dans le Pusterthal.
Les Russes ont refoulé avec de grosses pertes pour l’ennemi une attaque autrichienne sur la Zlota-Lipa. Ils ont progressé sur le Bistrica.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 19 août 1916

Louis Guédet

Samedi 19 août 1916

707ème et 705ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps lourd, brumeux, maussade, de la pluie par ondées orageuses. Rien d’intéressant. Reçu deux lettres de ma femme qui parait décidée à aller voir Jean et peut-être Robert. Je l’y incite. Pendant son absence j’irai à St Martin garder les petits. Dans l’une de ces lettres la photographie de Jean en artilleur. Pauvre enfant. Je ne puis le regarder sans larmes. Cet après-midi été à l’Hôtel de Ville. Tout le monde en agitation, Léon Bourgeois, sénateur de la Marne, allait arriver pour visiter l’Hôtel-Dieu !! Toute la bande des lécheurs de bottes était là ! Hier c’était le sénateur Vallé (Ernest Vallé, ancien Ministre de la Justice de 1902 à 1905 (1845-1920)), aujourd’hui Léon Bourgeois, ils ne doivent plus avoir de peau sur la langue. Comme toujours ce sont les purs qui sont là. Quant aux autres qui ont fait leur devoir et parfois plus que ceux-là on a…  oublié de les prévenir et de les convoquer ! C’est dans l’ordre.

Lettre à son épouse Madeleine
Reims 19 août 1916
4h1/2

Ma chère Madeleine,

J’ai trouvé chez Lefèvre libraire les petits livres du mois que tu désirais : il en avait de défraîchis qu’il m’a cédé à 0,30. Je t’en envoie donc 2.

Je viens de voir pour Léon Bourgeois qui va visiter l’Hôtel-Dieu. Si tu voyais tous nos…  fonctionnaires courir, sauter, danser, frétiller !…  et se mettre à plat ventre !…  C’en est grotesque…  Il vaut mieux en rire qu’en pleurer, mais bien entendu n’a été prévenu que les…  purs…  Quant à ceux qui ont réellement agis et se sont dévoués…  on les laisse dans la coulisse…  on a oublié de les prévenir et surtout de les convoquer…  Bref rien n’est changé d’avant la Guerre…  au contraire. Hier c’était Vallé…  ce qu’ils lui léchaient les bottes !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 19 – Nuit tranquille ; Visite de M. Baragnon (N…), de l’abbé Desgranges (qui est à Trépail). Départ de M. Delasalle. Visite de M. Abelé.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 19 août

Sur le front de la Somme, l’ennemi n’a tenté aucune réaction. Nos troupes organisent les positions conquises. Au cours des dernières opérations, elles ont capturé 200 hommes et 5 mitrailleuses.
Violent combat d’artillerie dans la région au nord de Maurepas et dans le secteur de Belloy-en-Santerre.
Sur le front anglais, la lutte d’artillerie s’est poursuivie avec activité, spécialement à l’aile droite. L’ennemi a lancé sur l’ouvrage de Pozières de terribles et violentes contre-attaques qui se sont déployées sur un large espace et ont mis en jeu des forces considérables. Six vagues successives ont été refoulées avec de très grandes pertes. L’artillerie et les mitrailleuses britanniques ont exécuté des tirs meurtriers, Nulle part, les Allemands n’ont réussi à aborder les lignes de nos alliés.
Au nord-est de Bazentin, une centaine de mètres de tranchées ennemies sont tombées aux mains des Anglais. Ils ont fait quelques prisonniers, en repoussant une contre-offensive descendue de Martinpuich. Ils ont abattu un avion allemand près de Pozières.
Les Italiens ont brisé une contre-offensive sur le Carso et fait 100 prisonniers. Leurs escadrilles ont bombardé la voie ferrée de Gorizia à Trieste.
Le général russe Pezobrazoff a fait, au cours de ses récentes opérations, 7500 prisonniers dont 108 officiers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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Vendredi 18 août 1916

Louis Guédet

Vendredi 18 août 1916

706ème et 704ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Temps couvert gris, temps d’automne, déjà !…  Hier soir vers 9h alerte, des obus sifflent, je fais descendre mes livres, dossiers courants…  J’attends à moitié habillé jusqu’à 10h du soir. Ce n’a été qu’une alerte. Ce matin le calme. Cet après-midi audience de réquisitions militaires à 2h.

6h soir  Réquisitions militaires au Palais de 2h à 6h du soir. Il y avait beaucoup de prestataires qui cette fois sont venus. Pas mal de conciliations, mais toujours des non-conciliations pour de gros chiffres. Les prestataires refusent par principe et ne réfléchissent pas que c’est une conciliation, par conséquent le chiffre offert leur paraissant trop minime, peut être modifié en causant avec le sous-intendant militaire Payen, qui certes fait tout ce qu’il peut pour satisfaire de justes réclamations. Mais ces Messieurs les gros prestataires ne daignent pas se déranger et envoient des mandataires qui ont peu ou point d’instructions…  conciliatrices… !! C’est se moquer du monde de la Belle façon !! Payen en est révolté !! Quant à moi cela me laisse indifférent…  je les connais tellement bien. Lettre à ma pauvre femme qui s’inquiète sur Jean qui se plaint de son foie, pourvu qu’il ne lui arrive rien ! J’ai déjà bien assez de soucis et d’épreuves.

Payen pense m’envoyer mon adjoint militaire d’ici lundi. Je le souhaite, je le désire. Cela devient trop écrasant pour mon dévoué Landréat. Ensuite j’entamerai la question appointements à la Ville pour lui. Il ne les aura pas volés.

Lettre de M. Jadart, secrétaire de l’Académie, qui me remercie de mes renseignements sur l’incendie de l’Hôtel-Dieu. Je vais lui envoyer des photographies que Lesage m’a données pour l’Académie. De plus il me demande de mettre de côté ma communication sur le pillage du château de St Thierry. Enfin ils se rendent à l’évidence !! Ce n’est pas trop tôt ! Je lui en enverrai une copie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Vendredi 18 – Nuit et journée tranquilles. Visite du Lieutenant Colonel Clanat… Expédié Mandement sur vœu. Via Crucis in cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Vendredi 18 août

Sur le front de la Somme, après une intense préparation d’artillerie, nous avons prononcé des actions offensives qui nous ont valu des gains importants.
Au nord de Maurepas, nos troupes, en liaison avec l’armée britannique, ont enlevé toute une ligne de tranchées allemandes sur un front de 1500 mètres environ et ont atteint, sur certains points, la route de Guillemont à Maurepas. Au sud de ce village, sur un front de 300 à 500 mètres, toutes les positions de l’ennemi à l’est de la route de Maurepas à Cléry ont été également occupées par notre infanterie après un vif combat qui a coûté des pertes importantes à l’ennemi.
Au sud de la Somme, nos troupes se sont emparées d’un seul élan d’un système de tranchées allemandes sur une longueur de 1200 mètres au sud de Belloy-en-Santerre : 60 prisonniers ont été capturés.
Le passage des troupes russes a continué sur la Zlota-Lipa, sous le feu de l’ennemi qui s’efforce d’empêcher la construction des ponts. Nos alliés ont capturé 7 officiers, 413 soldats et 3 mitrailleuses. Ils ont occupé dans les Carpathes Jablonika que l’ennemi avait dû évacuer. Au sud de ce point, sur le Pruth, à Vovokla-Argoliouj, ils ont pris 32 officiers et 1006 soldats en poursuivant leur offensive.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 17 août 1916

Louis Guédet

Jeudi 17 août 1916

705ème et 703ème jours de bataille et de bombardement

6h1/2 soir  Temps couvert, lourd, de la pluie orageuse vers 9h1/2. Rien de saillant. Le calme. Reçu pas mal de monde ce matin. Georget (Directeur des Docks Rémois (1852-1927)) pour réquisitions militaires, Potoine (Edmond Potoine, négociant en charbons (1865-1919)), 2 gendarmes pour enquêter sur l’opportunité de me donner un adjoint à mon greffier pour assurer le service de ces susdites réquisitions. Cette après-midi fait quelques courses, rencontré l’abbé Frézet, curé de St Jacques et son vicaire l’abbé Debout. Causé assez longuement sur les événements et surtout sur la tenue et l’attitude et la conduite de nos officiers de l’arrière. Ils m’ont appris que les postes téléphoniques avaient prévenu le parc d’aviation que les avions allemands survolaient Reims dimanche dernier, 13, jour de l’incendie de l’Hôtel-Dieu, mais que ces Messieurs n’avaient pas daigné se déranger. Voilà comment l’Hôtel-Dieu a été laissé incendier et comment tous ces pécores-là protègent notre ville. Ils préfèrent faire la Noce. Reçu lettre de ma pauvre femme qui s’inquiète de Jean qui est très fatigué et elle craint (rayé) qu’il ne se nourrisse pas suffisamment. Encore une inquiétude à ajouter à toutes les autres, quand donc en verrai-je la fin !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

17 août 1916 – Bombardement, vers 20 h. Les éclats des six ou sept premiers obus, faisant explosion en direction du Port-sec, arrivent jusque sur la place Amélie-Doublié — puis le tir s’allonge beaucoup.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Jeudi 17 – Nuit tranquille ; journée de même. Visite à l’ambulance… Reçu visite du Lieutenant-Colonel Villier (Donné Mandement sur vœu national) (non).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 17 août

Sur le front de la Somme, grande activité de notre artillerie, au nord de la rivière et dans la région au sud de Belloy, d’Estrées et au nord de Lihons.
Au nord de l’Aisne, un détachement ennemi a pénétré, après un vif bombardement, dans un petit saillant de notre ligne au nord-ouest de Beaulne : il en a été chassé par notre contre-attaque.
Sur la rive droite de la Meuse, une série d’actions de détail nous a permis d’enlever des éléments de tranchées allemandes sur un front de 300 mètres et une profondeur de 100. Les contre-attaques ennemies ont été enrayées par nos feux de barrage.
Progrès russes sur le Sereth. Sur la Zlota-Lipa, nos alliés se sont approchés de son affluent, la Stani-Tesemouve et ont passé sur la rive occidentale. Dans la région du Dniester, ils ont pris le village de Toustobaba, qui était entouré de rangées ininterrompues de tranchées avec de nombreux boyaux de communication.
Les Anglais ont réoccupé la presque totalité des tranchées où l’ennemi s’était installé au nord-ouest de Pozières. Ils ont pénétré dans les tranchées allemandes près de la ferme du Mouquet. Un coup de main dirigé par eux au sud d’Armentières, a provoqué dans les lignes ennemies un désordre que leur artillerie a mis à profit.
Le général Cadorna a fait de nouveaux Progrès dans le Calso et à l’ouest de Gorizia. Il a capturé 1700 Autrichiens.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 16 août 1916

Louis Guédet

Mercredi 16 août 1916

704ème et 702ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps, de la canonnade la nuit vers 10h, j’ai crains un moment que nous ne recevions quelque chose. Travaillé toute la matinée, fait un rapport au Procureur de la République pour répondre à une demande d’enquête formulée par l’autorité militaire aux fins de m’accorder un soldat comme greffier adjoint pour le service litigieux des réquisitions militaires. Sans cela mon greffier n’y pourrait suffire. J’ai vu M. Mathieu substitut qui appréciera mon rapport.

Mangé ce matin un demi-pigeon, il y a bien 3 ans que je n’en avais mangé, cela m’a paru délicieux, d’autant plus que c’est un peu…  de contrebande et ensuite j’ai un léger remord de conscience d’avoir couvert par ma gourmandise le…  crime (?) commis par mon brave Jacques qui a rompu une idylle sous les bombes. Voici : Jacques est chargé de surveiller quelques maisons de Reims, notamment la maison du Docteur Barillet et du Docteur Chémery, rue du Petit-Four, 5, au coin de la rue Thiers. Cette maison a reçu une bombe et est un peu ouverte à tous les vents, quoique obstruée avec des planches. Or comme mon brave Jacques n’y était pas allé faire un tour depuis assez longtemps, la velléité le prit hier d’y voir. Il entre et dans la salle à manger sur le buffet il trouve…  toute une famille de pigeons « s’aimant d’un amour tendre » qui avait fait leur nid sur une tablette du buffet, le père, la mère et les petits. Bref l’instinct de chasseur de mon Jacques reprit le dessus et fit main-basse sur deux pauvrets ! Les autres s’étant réfugié dans un trou d’obus il ne put mettre la main, mais il se promet d’y retourner et de capturer les autres… !! Je le regretterai car n’est-ce pas charmant cette nichée faisant son nid dans un trou de bombe sous les bombes !! Une idylle que j’aurais aimé voir laisser se continuer. Mais le mal était fait !! N’empêche que je me souviendrai de ces pigeons.

Sorti faire 2 ou 3 courses après-midi. Vu Helluy du courrier, causé de son article sur l’incendie de l’Hôtel-Dieu massacré par la censure. Je lui ai proposé d’envoyer aux membres de ce bureau un sécateur pour remplacer les ciseaux d’Aspasie (confusion possible avec Anastasie, mais Aspasie ayant été une courtisane influente, la confusion est peut-être volontaire). Car ce n’est plus du taillage, c’est de l’élagage ! Idiot. Rentré et voilà ma journée. Tout est calme en ce moment. On dit que les allemands préparent une offensive quelque part sur notre front, on dit que c’est nous au contraire, on dit…  on dit bien des choses de choses qui ne vont pas vite…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

16 août 1916 – Parti en congé, à Épernay, le 12 courant, j’apprends à mon retour, aujourd’hui, que des avions allemands volant très haut, à la faveur d’un temps à moitié couvert, le dimanche 13, ont lancé des bombes incendiaires sur la ville.

Plusieurs sinistres se sont déclarés — le plus important dans les locaux de l’hôtel-Dieu, rue Simon, qui a été en partie détruit.

Trois personnes auraient été carbonisées chez elles, rue Soussillon et trois autres tuées avenue de Paris, devant l’auberge « Au Soleil d’or », parmi lesquelles un cocher, M. Rozière, qui ramenait en ville, dans sa voiture, M. le Dr Hoel, lequel a été blessé.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 16 – Nuit tranquille sauf le dialogue de 9 à 10 h. (ci-dessus). Journée silencieuse ; ni canons, ni avions. Visite à Rœderer.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 16 août

Au nord de la Somme, canonnade assez vive dans la région de Maurepas. Nuit calme sur les autres secteurs.
Au sud de la Somme, nous avons élargi nos positions au sud-ouest d’Estrées, en enlevant plusieurs éléments de tranchées à gauche du chemin de Fay à Deniécourt. Nous avons fait des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, on signale quelques escarmouches à la grenade aux abords du réduit d’Avocourt. Une tentative des Allemands sur nos tranchées à l’est de la cote 304 a été enrayée par nos mitrailleuses.
Sur la rive droite, nos grenadiers ont repoussé deux attaques, l’une dans le village de Fleury, l’autre sur nos positions au sud-est.
Reims a été bombardée par avions: 6 civils ont été tués.
Sur le front britannique, un coup de main a réussi à l’ouest de Pozières.
Les Russes ont infligé un échec a l’ennemi sur la rive occidentale du Stokhod. Ils ont refoulé les Autrichiens sur le Sereth supérieur. Dans la région de la Strypa moyenne et de la Koropietz, ils ont progressé, puis ils ont atteint la rive nord du Dniester, près de Mariampol. Ils dénombrent leurs prisonniers : 83.000 depuis le 4 août dernier.
L’offensive turque continue près d’Hamadan, en Perse.
Les Italiens ont défoncé une nouvelle ligne de retranchements sur le Carso, en faisant 800 prisonniers.
Les Autrichiens ont bombardé Monfalcone par avions sans y faire d’ailleurs ni victimes, ni dégâts.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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