Louis Guédet

Dimanche 27 août 1916

715ème et 713ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps couvert avec grands nuages et rayées de soleil. Du vent frais mais température lourde quand même. Journée triste…  trainée misérablement, autant être dans un tombeau. Messe à 7h, rentré écrire quelques lettres, répondu à celles reçues à 11h, été les porter à la Poste vers 2h1/2, esquissé une pointe vers les Promenades (Cirque), quand une ondée arrive, je me mets à l’abri contre une porte, puis l’averse passée, je continue jusqu’à la Gare et par la place d’Erlon je rentre chez moi, me trainant de fatigue et de langueur. Rencontré M. Gennesseaux dont un des fils est maréchal des logis de Jean au 25ème qui m’apprend leurs angoisses, leur autre fils a été blessé il y a quelques jours vers Verdun à la face. Ses camarades obligés de reculer l’ont vu tomber, puis ayant repris la tranchée abandonnée précédemment, retrouvèrent de leurs camarades, mais quant au jeune Gennesseaux plus de trace, il aurait été enlevé par les allemands suppose-t-on. Mais le pauvre Monsieur est bien affecté. J’en frissonne, quand je songe que peut-être je passerais par de semblables angoisses. J’ai si peu de chance !! Je crois que ce serait le coup de grâce et que je n’y résisterais pas !

Rentré à la maison. J’écris pour tuer le temps et l’ennui qui m’accable. Non, ceux qui n’auront pas vécu cette vie, ma vie ne sauront jamais ce que c’est de souffrir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 27 août 1916 – Des obus tombent vers 8 h, du côté du Pont-Huet.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Pont-huet


 Cardinal Luçon

Dimanche 27 – Nuit tranquille. Matinée : 11 h. bombes sur batteries. 9 h. un a. passe sur la ville. Visite pastorale et confirmations à Fismes par moi ; à Courville par Mgr Neveux. Visite aux ambulances de l’école et de l’hôpital à Fismes par moi, à l’ambulance de Courville par Mgr Neveux. Visite aux ambulances de l’école et de l’hôpital à Fismes par moi ; à l’ambulance de Courville par Mgr Neveux. Orage et déluge au départ du presbytère de Fismes ; rues de Reims transformées en ruisseaux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 27 août

Sur le front de la Somme, luttes d’artillerie très vives au nord de Maurepas et à l’ouest de Cléry.
Canonnade intermittente sur le reste du front.
Les Allemands, sur le front belge, ont essayé de franchir le canal près de Hetsas. Les Belges les ont repoussés avec de lourdes pertes. L’ennemi a bombardé les premières lignes anglaises sur tout le front de l’Ancre.
Il a attaqué les positions britanniques à l’ouest de Guillemont, entre les carrières et la route Montauban-Guillemont. Il a été refoulé avec lourdes pertes. Nos alliés ont accentué leur avance près de la ferme du Moquet et ont pris 400 mètres de tranchées.
Les forces allemandes ont déclenché une attaque au sud de Thiepval. Elle a été exécutée par la garde prussienne dont l’assaut a été brisé. Les pertes de l’ennemi sont élevées.
En Macédoine, l’artillerie anglaise a bombardé les positions adverses de la rive gauche de la Strouma. Au nord-ouest de Kukurus, les Bulgares ont attaqué six fois vers Vetrenik. Ils ont subi un sanglant échec. Ils en ont subi un autre au nord de la route d’Ostrovo. Nous avons progressé à l’ouest du lac d’Ostrovo. Des engagements partiels au sud du lac se sont terminés à l’avantage des Serbes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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