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Lundi 25 Mars 1918

Louis Guédet

Lundi 25 mars 1918                                                       

1291ème et 1289ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Beau temps. Châlons encore terriblement bombardé. Dans une seule maison 39 victimes (Effondrement de l’immeuble du 3, rue Titon lors du bombardement aérien dans la nuit du 23 au 24 mars 1918, 42 victimes au total). Jean est parti à 6h, le pauvre enfant, que Dieu le garde et le sauve !! Je suis bien triste, bien désolé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess – Paris

25 mars 1918 – Aujourd’hui, la pièce de canon à très longue portée a com­mencé à tirer sur Paris, à partir de 7 h. On sait maintenant que c’est bien d’une distance de 120 à 130 kilomètres qu’elle envoie ses obus.

Ce nouveau genre de bombardement, qui sévit dans la jour­née, depuis le 23, a nécessité, de la part des autorités chargées du maintien de l’ordre public, la création rapide d’une troisième alerte ; celle-ci est donnée par des agents battant le tambour dans les rues. On a distribué des caisses dans les différents postes de police des quartiers et c’est ainsi — par l’alerte n° 3 — que les habitants sont prévenus que la Bertha, car on l’a déjà baptisée de ce nom, est en train d’envoyer ses projectiles.

Nous avons vu ce matin, me Censier, un gardien de la paix, rabotant si mal sur la peau d’âne, qu’on aurait cru entendre un gamin jouant pour la première fois avec ses étrennes. Il n’avait pas l’air très fier de remplir, en public, ce rôle assez grotesque d’apprenti-tapin et, ma foi, je me mettais à sa place.

Un journal humoristique n’a pas attendu longtemps, d’ailleurs, pour blaguer la trouvaille. En première page, cet illustré repré­sente, dans un dessin parfait, deux grosses commères en conver­sation, dans un faubourg, se retournant au passage d’un flic en train de jouer de la clarinette. La légende tient en deux lignes. Sur la première, un seul point d’interrogation « ? », suffisant pour faire deviner la question posée par l’une des deux femmes à sa voisine, c’est-à-dire à peu près : « Qu’est-ce que c’est que cela ? » et dessous, la réponse : « C’est l’alerte n° 32, pour les bombardements par pi­geons voyageurs ! ».

Jusqu’à présent, il n’y a cependant, officiellement, que trois alertes, et cela paraît déjà beaucoup.

Sur la fin de la journée, nous apprenons que l’autorité mili­taire ayant décidé l’évacuation totale de la ville de Reims, a, dans la nuit du 24 au 25, fait donner l’ordre à toute la population civile restante, d’avoir à partir, sans rémission, le 25 mars, pour midi.

A la suite de cette définitive injonction, le maire lui-même et l’administration municipale, après avoir tenu stoïquement, simple­ment, après avoir couru journellement et pendant trois ans et demi de réels dangers pour la sauvegarde des intérêts de leurs adminis­trés, ont dû tout abandonner…

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Lundi 25 – Annonciation – Lundi Saint – Dernière messe à Reims. Obus pleuvent dans la cour, frappent nos persiennes. Ephrem éclate en sanglots en répondant : « Ad Deum qui laetificat juventutem meam. » Fracas tel qu’on est obligé de refermer les persiennes de l’oratoire à cause des éclats et des débris qui pleuvent dans la cour. Mgr Neveux avertit le Bon Pasteur, y dit la dernière messe, enlève le St-Sacrement. M. Compant voulant aller en faire autant chez les Petites Sœurs de l’Assomption en est empêché par le bombardement. A 8 h. un camion vient enlever le mobilier pour (le wagon destiné à) Meaux. Automobile emmène nos effets accompagnés par Ephrem. A 8 h. on vient enlever le mobilier pour le wagon destiné à Meaux. A 9 h. Visite du Capitaine Linzeler. A 10 h. Visite du Général Petit. 11 h. dîner. 11 h. 45 départ des Sœurs. Midi départ de Mgr Neveux et de moi. Maison fermée. Les oiseaux des voisins étaient dans des cages dans la cour, on leur ouvre leurs cages. Le chat est mis à la porte dans la rue, malgré lui ! – Arrivée à Épernay en automobile fournie par le Général Petit. 1 h. Visite à M. le Cte Jean Chandon. Arrivée à Paris à 5 h. 30 environ. Les bonnes Sœurs vers 1 h. dans les autocars municipaux de Reims. Arrivent à Épernay et à Paris vers 8 h. soir sont bien reçues, nourries et hébergées pour la nuit à la Cantine de la gare, avec les Sœurs de l’Enfant J

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

© Archives Municipales de Reims/Bibliothèque Municipale de Reims/Collection privée Marius Poirier/BDIC Fonds Valois /Pathé Gaumont/Gallica BNF


Lundi 25 mars

Sur le front britannique, la lutte continue avec la plus grande intensité tout le long de la Scarpe.
Au sud et à l’ouest de Saint-Quentin, les troupes britanniques établies sur de nouvelles positions, ont été attaquées avec violence par l’ennemi. De puissants assauts ont été repoussés vers Jussy, avec de fortes pertes pour les assaillants.
Dans la partie nord du front de bataille, les Allemands se sont portés à l’attaque avec une extrême énergie et sans tenir compte de leurs pertes. Nos alliés ont conservé leurs positions sur la majeure partie du front, à la suite d’une lutte violente et prolongée. Les troupes ont montré une belle vaillance dans les combats qui se sont livrés sur ce front et immédiatement au sud.
L’armée anglaise est en liaison avec 1’armée française.
Nos alliés ont abattu vingt-sept avions allemands et contraint vingt autres de ceux ci à atterrir, désemparés. Ils ont jeté 14 tonnes d’explosifs sur des cantonnements et dépôts de munitions.
Sur notre front, les Allemands ont échoué dans un coup de main au sud de Juvincourt.
Lutte d’artillerie assez vive dans la région du bois Le Prêtre et dans les Vosges vers la Fontenelle et l’Hartmannswillerkopf.
Nos aviateurs ont jeté 16000 kilos de projectiles sur des établissements, cantonnements et gares de la zone ennemie, où de graves dégâts ont été constatés.
Les Anglais, en Palestine ont traversé le cours du Jourdain.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 14 mars 1918

Louis Guédet

Jeudi 14 mars 1918                                                       

1280ème et 1278ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Toujours un temps magnifique. Le 44e Chasseurs à pied est arrivé ce matin. Nous logeons le Commandant Pasquier, plutôt commun (Gaston Pasquier, terminera sa carrière comme Général (1869-1951)). Il est convaincu de l’attaque des allemands sur Reims. D’autre part il dit qu’on dit, (que n’aura-t-on pas dit durant cette interminable Guerre) que l’Autriche causerait avec les États-Unis. Bref le plus malin ne sait rien, n’y connait plus rien et y perd son latin.

Eté promener dans les prés avec Maurice et Jean. Le pauvre Grand s’ennuie ici à mourir. Je regrette bien que son frère ne soit pas venu en même temps que lui en permission ! Mais ici quelle distraction lui donner. Visite du Capitaine Fremond qui est venu de Courtisols, 25 kilomètres à bicyclette ! C’est réellement fort aimable à lui, il nous est toujours fort reconnaissant de son séjour ici. Que c’est loin déjà !! 2 ans ! Rentré travailler, et songer tristement à tous ces événements, insolubles, insondables.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

14 mars 1918 – Dès 6 h 3/4, je suis place d’Erlon, avec mes colis ; je trouve auprès de l’auto militaire, Cullier et notre excellent cuisinier de la popote, le brigadier Poussant, de la police, qui précisément est de service, ce matin, pour surveiller l’embarquement.

A 7 h 1/2, nous ne sommes encore qu’une demi-douzaine de voyageurs et voyageuses parmi lesquels deux marchandes de la halle, en discussion animée avec le représentant de l’ordre, depuis leur arrivée, car elles se présentaient au départ avec deux cageots assez encombrants, remplis de poules.

« Oh mais ! vous ne pouvez pas emmener cela, leur avait-il déclaré tout de suite ; il n’y aura pas de place pour vos ca­geots dans la voiture, en dehors de vos autres bagages.

Eh bien moi, je vous dis que je partirai avec mes poules, avait répondu avec assurance l’une des deux femmes.

D’abord, ça ne peut gêner personne », ajoutait-elle en envoyant le premier panier dans les jambes des partants déjà installés.

Ceux-ci y mettant visiblement de la complaisance et se bor­nant à sourire, le brigadier, bon enfant, n’insistait pas pour avoir le dernier mot et fermait les yeux… en tournant le dos afin de ne pas voir placer le second panier. Mais, la conversation avait été bien près de tourner à l’aigre.

Le conducteur, pour compléter sa voiture, nous dirige alors sur l’abattoir, autre lieu de rendez-vous des personnes à évacuer et l’auto ne s’y replie que petit à petit, pour démarrer enfin à 10 h 1/2.

Cette fois, nous partons ; nous quittons Reims et allons vivre hors des dangers courus d’une façon permanente depuis septem­bre 1914.

Nous gagnons la route d’Epemay, d’où nous pouvons jeter, de temps en temps un regard d’adieu sur notre malheureuse ville et revivre en quelques instants son long martyre, la destruction suivie jour par jour de tout ce qui faisait sa beauté. Sa merveilleuse cathédrale, que nous avons vue en flamme est toujours devant nos yeux, — pauvre squelette maintenant, dont les affreuses blessures nous sont bien connues. Nous revoyons la dévastation par le feu ou les obus de ses riches quartiers et de ses faubourgs ; l’incendie de son hôtel de ville — les différentes phases de ce désastre sont si profondément gravées dans notre mémoire — et nous perce­vons, pour la dernière fois, la gamme sinistre des sifflements an­nonceurs des explosions dont nous avons depuis longtemps les oreilles rebattues.

De tristes tableaux, parmi toutes ces misères, repassent dans notre souvenir — blessés, morts — et ceci nous ramène à l’esprit combien de fortes émotions, d’angoisses ressenties au milieu des risques courus, mais il y a eu tant de ces moments excessivement menaçants, que la plupart presque tombés dans l’oubli, font place aux périls plus épouvantables encore venus s’y mêler en dernier lieu, les gaz.

Et en voyant, à regret, la cité si cruellement meurtrie disparaî­tre à notre vue, nous nous demandons quand nous la reverrons et comment nous la retrouverons ? Nous appréhendons ce que les événements attendus peuvent encore l’obliger à subir.

Enfin, nous éprouvons l’intime satisfaction d’avoir pu accom­plir à Reims, ce que nous devions y faire et cette satisfaction se double, de celle non moins grande d’en sortir indemnes.

A midi seulement, nous arrivons à Epemay. Nous passons déjeuner au restaurant Triquenot, où, couverts de poussière, nous avons lieu d’être quelque peu dépaysés, puis nous débarquons du train à 18 h, dans le brouhaha de Paris, après trois ans et demi vécus, comme civils, sur le front.

Mon premier soin est de jeter à la boîte aux lettres de la gare de l’Est, une carte postale griffonnée dans le wagon, à l’adresse de ma femme, avec ces mots : « Je quitte les ruines de Reims et roule vers Paris » puis un taxi nous conduit dans les mêmes parages, Cullier se rendant avenue des Gobelins, tandis que je descends au bout de la rue Monge.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 14 – Nuit tranquille à l’est, agitée au nord. + 5°. Visite du Capitaine Vuathier, du Génie, qui fait percer le mur de notre cave afin qu’en cas d’obstruction de l’unique entrée par un incendie ou par un éboulement, nous ayons une autre sortie toute prête. Visite à M. Compant. Visite de la Rév. Mère Supérieure Générale de l’Enfant-Jésus. Visite du Général Beaudemoulin, de M. Pierre Lochet, de M. de Bruignac. Tirade violente de 12 à 15 coups de batteries à 8 h. 30.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 14 mars

Au nord-ouest de Reims, les Allemands ont tenté, dans la région de Loivre, un coup de main qui a complètement échoué.
En Champagne, à la suite d’un bombardement violent de la région des Monts, les Allemands ont dirigé une attaque sur nos positions, à l’est de Vaudesincourt.
Après un vif combat, nos troupes ont rejeté l’ennemi de quelques éléments avancés où il avait pris pied, en lui infligeant des pertes sérieuses.
Assez grande activité des deux artilleries sur la rive gauche de la Meuse.
Un appareil allemand a été abattu. Trois autres, gravement endommagés sont tombés dans leurs lignes.
Sur le front britannique, un détachement ennemi, qui tentait d’aborder les lignes de nos alliés vers la Vacquerie, a été dispersé.
Un coup de main, effectué avec succès au nord de Lens, a permis aux Anglais de ramener des prisonniers.
Au sud d’Armentières, un poste britannique a été attaqué à la suite d’un violent bombardement, par un fort détachement ennemi.
Sur le front italien, canonnade dans la Haute Montagne (Tonale, Cristallo, Stelvio) et dans la plaine du Piave. Combats d’aviation dans la région du littoral.
Les troupes turques sont rentrées dans Erzeroum.
Les Austro-Allemands sont devant Odessa

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Dimanche 10 mars 1918

Louis Guédet

Lundi 11 mars 1918                                                       

1277ème et 1275ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Beau temps. Peu de courrier. Lettre de Robert annonçant son arrivée vers les 8 – 9 – 10, et il n’est pas encore ici, cela inquiète sa mère. Il y a eu un coup de main vers leurs positions. Pourvu qu’il ne leur soit rien arrivé. Après-midi été jusqu’à Vitry-la-Ville porter des lettres, prendre des mandats et cherché à la Gare un paquet de vêtements pour Maurice. Rentré très fatigué avec Madeleine qui m’avait accompagné jusqu’à la sortie de Cheppes et m’y avait attendu. Pas de nouvelles de Reims, ni d’Épernay.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

10 mars 1918 – Même genre de bombardement que les jours précédents. Arri­vées d’obus à gaz par séries, en pleine ville. La place de la Répu­blique reçoit, ce jour, une douzaine de projectiles.

Aujourd’hui, on estime à 1 800 habitants, le chiffre de la population restant à Reims.

Complétant les renseignements donnés déjà dans ses nu­méros des 28 février, 2 et 3 mars, sous le titre « Le ravitaillement », L’Éclaireur ajoute à ses indications :

Cordonniers. Gilbrin ; Charles Goetsch (cordonnerie du Centre).
Blanchisseuses et repasseuses actuellement à Reims, Mmes Lejeune; Geanty ; V* Bach lu ; Thirion ; Ve Peltier, Testulat ; Melle Metillon ; Mme Chœtter.
Demander les adresses à la mairie ou au bureau de L’Éclaireur
.

Le journal publie encore ces avis :

L’évacuation des enfants.

La commission mixte rappelle aux habitants que tous les enfants au-dessous de seize ans, devraient avoir quitté Reims.
Il en est encore rencontré en ville.
Un dernier délai est accordé jusqu’au 11 mars pour que les enfants soient partis.
Ceux qui après cette date seraient vus ou connus en ville, se­ront évacués d’office sur une colonie d’enfants de la ville de Reims.

Le 8 mars 1918, La commission mixte.

Ne ramassez rien.

Nous recommandons instamment à nos concitoyens de ne toucher à aucun objet qui traîne à terre. Des personnes qui ont commis l’imprudence de ramasser des fragments d’obus, ou même des branches d’arbres fauchés par les éclats, ont été sérieusement brûlées sur diverses parties du corps, les gaz exerçant leur effet vésicant à travers les habits.

Nous avons entendu dire, en effet, que des personnes qui, à la suite des derniers bombardements, ramassaient des branches d’arbres, sans se douter que le bois était empoisonné par l’ypérite, avaient été brûlées, à travers leurs vêtements, aux côtés et sous les bras.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 10 – + 2°. Beau temps. Nuit comme les précédentes, un peu moins bruyante. Mais avions. Retraite du mois. Visite de M. B. de Mun qui insiste pour que je quitte la maison et me réfugie dans les caves Walfard. M. Compant semble l’appuyer très formellement. Visite d’adieu de la famille Becker.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 10 mars

Des coups de main ennemis au bois le Prêtre et dans les secteurs du Reillon et de Letiscourt, ont complètement échoué.
Un avion allemand a été abattu par nos canons spéciaux.
Sur le front italien, les patrouilles de nos alliés ont harcelé efficacement l’adversaire et provoqué une vive réaction de feux. Dans le val Riofredo (plateau d’Asiago), de petits groupes ennemis qui tentaient de rejoindre la ligne italienne, ont été accueillis par des rafales de mitrailleuses et mis en fuite.
Des batteries et des aviateurs anglais ont abattu un avion et incendié deux ballons captifs ennemis. Des hydravions de la marine royale ont jeté deux tonnes de bombes sur des baraquements et des bivouacs ennemis dans la Basse Piave.
En Palestine, les troupes britanniques ont à nouveau progressé au nord de Jérusalem, et bombardé les positions ennemies. Les Turcs ont détruit un pont sur le Jourdain.
En Afrique orientale, les opérations se poursuivent avec succès contre les Allemands.
A la suite de la démission du cabinet Garcia Prieto, le roi Alphonse XIII a reçu les chefs de partis.
Trotski annonce qu’il résilierait ses fonctions de commissaire du peuple.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


Plateau d’Asiago, le 17 juin 1918, lors de l’offensive autrichienne. Source : Libre de droit.

En savoir plus sur le plateau d’Asiago 1917-1918

 

 

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Mardi 5 février 1918

Louis Guédet

Mardi 5 février 1918

1243ème et 1241ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps adouci, couvert. Des bombes asphyxiantes ce matin vers 6h sur faubourg de Laon. Je finis ma valise. Courrier plutôt mince, tant mieux. A 2h je file voir ces pauvres Melle Payard et Melle Colin, au 40 de ma rue qui sont un peu remuées. Causé puis à l’Hôtel de Ville où je ne rencontre personne. Je laisse un acte à signer par Houlon, puis de là pousse aux Hospices place St Maurice voir Raïssac. En arrivant j’y trouve Guichard et Gustave Houlon. Je vois Raïssac assez affaibli, puis Guichard me propose de nous ramener à la Ville où Houlon signera ma pièce. Les schrapnels sifflent, tonnent, éclatent en route sur 2 avions. Pourvu que nous ne recevions pas d’éclaboussures.

A la Ville le Capitaine La Montagne me saute dessus en me disant : « Mon auto vous prend pour donner une signature où on vous attend. » Le temps de prendre la signature de Gustave Houlon, serrer la main du Docteur Langlet et je saute dans l’auto de la Place qui me dépose ici où ou les Contributions indirectes m’attendent pour signer une ordonnance de perquisition, requête de la Place chez un nommé Jacques, débitant, rue des Ecrevées, pour dépôt d’alcool frauduleux. Et voilà ma vie de 2h1/2 à 4h1/2. Rien d’autre de saillant. Je classe, range ce qui me reste à ranger ici et je serai paré pour demain matin. Dieu garde cette maison-ci durant mon absence et mes 2 bonnes, et Dieu me protège ainsi que mes chers aimés, femme et enfants, que je vais voir en partie demain.

6h1/2  Jacques Simon, fils de Pol Simon, Maître peintre verrier de la Cathédrale de Reims, vient de m’apporter deux petits losanges des vieux vitraux de la Cathédrale de Reims avec leurs plombs du XIIIe siècle authentiques. Ils proviennent de la Grande Nef de la 2e ou 3e travée Nord, près du chœur. Il m’a assuré que ces plombs et vitraux n’avaient certainement jamais été touchés depuis qu’ils avaient été posés par l’ouvrier du Moyen-âge qui les avait sertis dans les plombs qui les enserraient. Il y en a un bleu et un rouge. Ce dernier, me dit-il très gentiment, en l’honneur de mon ruban rouge. C’est charmant de délicate attention… Je dois taire de qui je les tiens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

5 février 1918 – Réveil par un violent bombardement, commencé à 6 h et qui ne dure que sept ou huit minutes, pendant lesquelles arrivent une cinquantaine d’obus sur le quartier du faubourg de Laon, depuis le dépôt, rue de Brimontel jusque de l’autre côté de l’avenue.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 5 – + 8°. Beau temps. Nuit tranquille. A 6 h. du matin, bombes aux Trois Fontaines et Faubourg de Laon. M. Camu et M. Compant rentrent de Paris où ils ont été s’entretenir avec le… du ravitaillement des Ardennes qui allait dans les Ardennes et pouvait donner de nos nouvelles, et nous en apporter de ce pays.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 5 février

La lutte d’artillerie a pris une certaine intensité sur le front au nord de l’Aisne, dans la région du Cornillet, en Argonne et en Haute-Alsace.
Les Allemands ont tenté sur le secteur de Fresnes (nord-est de Coucy-le-Château), un coup de main que nous avons aisément repoussé.
Du 21 au 31 janvier, vingt-huit avions ont été abattus par nos pilotes.
Les Anglais ont repoussé, en infligeant des pertes à l’ennemi, un coup de main exécuté sur un de leurs petits postes, à l’est du bois du Polygone.
Leurs pilotes ont jeté quatre tonnes d’explosifs sur divers objectifs, y compris la gare et les voies de garage de Valenciennes. Ils ont, en outre, tiré plusieurs milliers de cartouches de mitrailleuses sur des formations ennemies dans les tranchées et zones arrière.
Cinq avions ennemis ont été abattus en combats aériens, et cinq autres forcés d’atterrir.
En Macédoine, les troupes britanniques ont exécuté avec succès un raid sur les tranchées bulgares, près de Sugavo.
A l’ouest du lac d’Okrida, un détachement ennemi, qui tentait d’enlever un de nos postes, a été repoussé.
L’aviation hellénique a bombardé la gare de Milepkovo, dans la vallée du Vardar.
Sur le front italien, on ne signale que des opérations secondaires.
Trévise, Padoue et Mestre, ainsi que Venise ont été bombardées par avions. On annonce des victimes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 24 décembre 1917

Louis Guédet

Lundi 24 décembre 1917

1200ème et 1198ème jours de bataille et de bombardement

1h1/2 soir  Couché en bas, assez bien dormi. Quelques bombes et vers 5h du matin bataille. Temps horriblement froid. Des nuages de neige roulent dans le ciel, il fait glacial, je suis grelottant. Travaillé ! travaillé ! quand même. Courrier assez tard, rien à répondre rapidement, mon retard est rattrapé ou à peu près. Lettre de ma chère femme, bonnes nouvelles. Déjeuné en bas près de mes 2 bonnes, et remonté vite travailler. Je vais partir porter mon courrier et voir le papa Millet pour lui donner le reste de mon travail. Et puis j’attendrai le bon vouloir des jeunes mariés Dor ! Pourvu que le futur arrive bientôt, je pourrai ainsi partir à St Martin. (Mariage de Marie-Thérèse Dor (1895-1971) avec Marcel Ernest Charles Landragin (1896-1965))

Reçu lettre de Narcisse Thomas

6h soir  Journée glaciale, de la neige à demi-fondue mais qui reste tout de même, gare le verglas. Bonnes nouvelles de ma chère femme. Rien d’autre au courrier…  Bref je suis à jour d’aujourd’hui. J’ai donné tout le travail que j’avais à faire faire partir au Papa Millet. Je suis donc parti dès que mes futurs mariés auront signé leur contrat. Je souhaite que cela soit le plus tôt possible. Ecrit presque toutes mes lettres du 1er de l’an. Rien appris. Vu personne. Le Cardinal Luçon aurait eu un éclat d’obus dans son cabinet de travail pendant qu’il lisait. J’irais bien lui rendre visite ces jours-ci, et je saurai ce qu’il en est… Je me suis décidé à prendre mes repas dans le sous-sol près de mes 2 bonnes et de continuer à y coucher. J’y ai moins froid que dans ma chambre, et puis ayant quelqu’un près de moi j’ai une sensation de sécurité que je n’ai pas dans ma chambre, étant assez éloigné d’elles maintenant qu’elles sont au sous-sol. Tant qu’elles étaient dans la cuisine qui touche à la salle à manger où je suis installé cela allait, car je les entendais, je les sentais près de moi. C’est singulier comme ce sentiment de sentir quelqu’un près de soi vous tranquillise et vous donne une sensation de sécurité, tellement il est vrai que l’homme a besoin de société.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 24 – Froid, – 8°. Nuit tranquille, sauf vers 9 h. 1/2, et coups de canons, de fusils, de mitrailleuses fréquents. Vers 6 h. canonnades non loin de Reims. Visite à M. Biaise à Mencière et aux Sœurs de l’Orphelinat Rœderer avec M. Compant. M. Biaise ne sait plus où il est. Il a eu une attaque de congestion dans la rue devant la maison de M. Huart (École Professionnelle) et divague comme un homme en délire ou dément. Nuit tranquille du 24-25.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Lundi 24 décembre

Activité réciproque des deux artilleries sur la rive droite de la Meuse et dans la région du Mort-Homme.
L’ennemi a tenté sans succès un coup de main au bois des Caurières.
Des avions ennemis ont lancé une Quarantaine de bombes sur Dunkerque et sa banlieue. Une personne de la population civile a été tuée, trois autres blessées, dont une femme et un enfant.
Canonnade sur le front belge.
Le général Guillaumat remplace à Salonique le général Sarrail qui recevra une autre affectation.
Sur le front italien, petites rencontres d’importance locale. Au nord de Pedescala, les occupants d’un petit poste ennemi ont été surpris et anéantis.
Sur la rive gauche de l’Assa, à l’ouest de Canove di Sotto, un détachement italien, après une courte mais efficace préparation d’artillerie, et après avoir dépassé avec un mordant magnifique les défenses accessoires adverses, a fait irruption dans un poste avancé et ramené 12 prisonniers avec du matériel.
Dans plusieurs secteurs, des patrouilles ennemies ont été repoussées avec des pertes.
A l’ouest d’Osteria di Lepre, capture de prisonniers.
Échec de tentatives autrichiennes au mont Solarolo et au sommet du val Calemo. Canonnade dans la plaine de la Piave.
Les pourparlers de paix russo-allemands s’ouvrent à Brest-Litowsk.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Samedi 15 décembre 1917

Louis Guédet

Samedi 15 décembre 1917

1191ème et 1189ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Beau temps, des bombes, 2 ou 3, cette nuit devant le Lion d’Or, visant la Cathédrale, ce serait des 210 français que les allemands nous renvoient…  gracieusement, 2 ou 3 rue de Contrai. Mal dormi nécessairement, car c’était bien près. Courrier du matin minime, heureusement. J’ai pu rattraper mon retard. Vu encore pas mal de souscripteurs. Bref, j’ai 111 souscripteurs qui me donnent 5 970 F de rente pour 152 890,50 de capital versé, tant en bons de la Défense Nationale, numéraire et or !… Et moi qui comptais sur une trentaine de milliers de Francs de capital versé !!! J’en suis heureux pour la Banque de France.

Couru voir le Papa Millet pour ses expéditions et actes. J’ai tout, çà va. Je pars demain dimanche à 9h pour Épernay où j’ai un contrat pour Montaudon à la Villa, et le soir Ajon (adjudication) Gardeux pour Jolivet. Je travaillerai toujours pour les autres, pour la Gloire, pour l’Honneur. Voilà 3 jours de calme pour moi en perspective, et j’en profiterai pour voir à bien des choses à mon Tribunal. Je m’arrête, j’ai encore des lettres à écrire et à faire ma valise. J’aurais bien des notes à écrire, mais je n’ai pas le temps.

Encore un gendarme, Maury, force publique de Reims !! saluez !! qui m’a tenu 1h pour souscrire 38 Francs de rente !! (Rayé).

Bonsoir.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

15 décembre 1917 – Bombardement une partie de la journée et avions.

— M. Gustave Houlon, conseiller municipal délégué, qui se plaît à travailler à nos côtés et s’installe souvent, sans façon, à la table de la « comptabilité », pour signer, parfois pendant des après- midi entières, les monceaux de pièces que lui apporte en souriant le secrétaire en chef, placarde aujourd’hui, sur le mur, derrière nous, la petite composition suivante, intitulée :

Ballade des employés de la mairie de Reims

– 1 –
Jour et nuit le canon tonne,
L’obus siffle à tout instant,
Et d’être encore existant,
Le matin chacun s’étonne.

– 2 –
Malgré cela, nos héros,
Depuis le forfait du Boche,
Dans un cellier assez proche,
Ont transféré leurs bureaux,

-3-
Du personnel de la ville,
Ils sont cinquante, à peu près
Qui, sans pose et sans apprêts,
Poursuivent l’œuvre civile.

-4-
Des services, en ce lieu,
On a groupé quelques bribes,
Le long des murs sont les scribes,
La police est au milieu.

-5-
De vaillantes filles d’Eve,
Ont reçu bon accueil,
Quand on peut se rincer l’œil,
L’heure paraît bien plus brève.

-6-
Pourtant, leurs nerfs furent mis
Aux épreuves les plus vives,
Le feu brûlé les archives,
Le fer tua des amis.

-7-
Aux municipes de France,
On citera ces Rémois,
Qui plus de quarante mois,
Ont tenu, pleins de constance.

-8-
Et sans geste solennel,
Malgré toutes les entraves,
Sont demeurés gais et braves,
Sous l’œil du Père Etemel !

(signé : Un édile)

L’auteur de cette fantaisie spirituelle, dont nous sommes à même d’apprécier le courage et le dévouement à la chose publi­que, est complimenté(1) . Son amusante production a du succès par­mi le personnel.

Toutefois, pour sa compréhension totale, il est bon de savoir que M. G. Houlon, quand il parle dans l’intimité du maire, M. le Dr Langlet, dont la physionomie vénérable est celle d’un patriar­che, l’appelle toujours très gravement, « Le Père Etemel ».

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
  (1) Avant de venir remplir ses fonctions à la mairie, M. G. Houlon, en sa qualité de membre de la commission administrative des hospices, se rend chaque jour, pédestrement, dans les bureaux de cette administration, à l’Hôpital général.

Cardinal Luçon

Dimanche 15 – A partir de 10 h. 30 soir, nuit tranquille, sauf quelques rares bombes qui sifflent. + 2°. Beau temps. Quelques bombes sifflent vers 3 h. Visite à Saint-Remi avec M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

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Samedi 8 décembre 1917

Paul Hess

Nuit du 8 au 9 décembre 1917 – Bombardement ininterrompu.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 8 – + 6°. Nuit tranquille sauf quelques obus qui sifflent, et s’en vont tomber au loin. Item pendant la messe. Mgr Neveux va à Villedommange avec M. Camu. Visite à l’Asile des Petites Sœurs des Pauvres avec M. Compant ; maison dévastée. Visite de M. Charles et de M. Mailfait pour Fourneau à installer, si utile et possible, à Clairmarais.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Vendredi 16 novembre 1917

Louis Guédet

Vendredi 16 novembre 1917

1162ème et 1160ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Temps gris brumeux, le calme, sauf quelques obus sifflant au loin. Rien de saillant. Ce matin causé avec Beauvais de Houlon. Je lui disais que j’étais surpris qu’on ne songeât pas à lui pour la Légion d’Honneur. Celui-ci me dit qu’on lui tenait encore rigueur de ce qu’il avait donné au début de la Guerre sa démission qu’il n’avait reprise que 3 semaines après, il m’ajoutait que pour le moment Pierre Lelarge avait plus de chances que lui pour ce ruban, mais néanmoins Beauvais est convaincu qu’Houlon sera décoré. J’en serais bien heureux pour lui, car il l’a mérité plus que tout autres !

Déjeuné au Cercle avec M. Gilbrin et M. Dubosc, Inspecteur Général de la Banque de France, homme fort aimable, mais…  tout à fait dans les Eaux Gouvernementales et plutôt avancées ! Causé de tout et de beaucoup de choses. Nous avons mis au point tout ce qu’il fallait pour l’Emprunt que je suis chargé ici de recevoir pour la Banque de France. Ces messieurs avaient été rendre visite ce matin au Cardinal Luçon pour le prier de faire  un appel au fidèles du diocèse de Reims et des diocèses de ses suffragants par un mandement avec une lettre dont la Banque de France s’emparerait pour faire de la publicité et de la propagande. Ils en ont prévenu du reste le Cardinal. La Banque de France doit du reste faire poser des affiches genre américain avec le Cardinal en pied, fourragère et Légion d’Honneur au côté. Fourragère d’Honneur qui lui a été octroyée par le 152ème de ligne. Après déjeuné nous avons mis au point une lettre adressée au Cardinal par  M. Dubosc et M. Gilbrin, lettre que je remettrai demain à Son Éminence vers 2h. Nous nous sommes quittés très cordialement, et M. Dubosc paraissait enchanté de notre entrevue.

Fait quelques courses, rencontré l’abbé Camu, causé de la mort de son neveu, je lui ai donné quelques détails complémentaires à ce sujet. Le pauvre garçon a été tué aux côtés de Robert avec 3 autres et a eu la tête emportée. Robert reproche à son capitaine d’être la cause indirecte de sa mort. Celui-ci n’a rien fait pour protéger ses hommes durant ces 3 mois devant Verdun. (Rayé). Ensuite rentré chez moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

16 novembre 1917 – Très fort bombardement vers le dépôt du chemin de fer.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Source : Gallica


Cardinal Luçon

Vendredi 16 – Nuit tranquille ; + 6°. Temps doux. Visite du Directeur de la Banque de France, M. Gilbrin, et de l’Inspecteur Général des Finances, pour l’Emprunt. Via Crucis in Cathedrali à 8 h. Visite de M. Abelé. Discus­sion de son projet avec Mgr Neveux, de M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 16 novembre

Nos reconnaissances, opérant dans la région de l’Ailette, ont fait des prisonniers.
Lutte d’artillerie assez violente sur la rive droite de la Meuse (les Caurières).
Sur le front britannique, des reconnaissances ennemies qui tentaient d’aborder les lignes de nos alliés, vers le bois de Polderhoek, au nord de la route de Menin, ont été rejetées en perdant des tués et des prisonniers.
Sur le front italien, les Austro-Allemands ont intensifié leur action depuis la zone de l’Asiago jusqu’à la vallée de la Piave.
Des colonnes qui se glissaient vers le Frigoli, au confluent de la Brenta et du Cismon, ont été arrêtées.
Une nouvelle tentative ennemie pour passer la Piave a été enrayée. Les troupes, qui ont franchi antérieurement le fleuve sont étroitement encerclées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 12 novembre 1917

Cardinal Luçon

Léon-Adolphe Amette

Lundi 12 – Nuit tranquille. + 3°. Visite de Mistress Sartorin et de la Comtesse de Régis de Oliveira, du Comité Américain de reconstruction avec M. Beach, catholiques, recommandés par Ministère des Beaux-Arts. D’accord avec Miss Robinson Smith, se disant patronnés par Cardinal Gib­bons et le Cardinal Amette. Visite de M. Compant, me proposant…

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 12 novembre

Des coups de main ennemis au nord-ouest de Reims et au nord de Samogneux ont échoué sous nos feux.
Sur le front du bois Le Chaume, activité persistante des deux artilleries.
En Woëvre, au nord de Flirey, nous avons réussi une incursion dans les lignes ennemies et ramené un certain nombre de prisonniers. Dans les Vosges, après une vive préparation d’artillerie, les Allemands ont lancé une attaque sur nos tranchées de l’Hartmannswillerkopf. Après un violent corps à corps, nos troupes ont entièrement rejeté l’ennemi qui avait pris pied un instant dans notre ligne de surveillance. Une autre tentative ennemie au Reichacker est restée sans succès.
Les Anglais ont effectué une nouvelle avance à Passchendaele, le long de la crête principale et fait un certain nombre de prisonniers.
De violentes contre-attaques ont été lancées contre le terrain conquis par les bataillons britanniques. L’ennemi a réussi à ressaisir quelques positions avancées.
Les communiqués austro-allemands, tout en annonçant la prise de Bellune, reconnaissent que les Italiens ont renforcé leur résistance sur le plateau des Sept-Communes et sur la Piave inférieure.
M. Venizelos est arrivé à Paris.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Jeudi 28 juin 1917

Louis Guédet

Jeudi 28 juin 1917

1020ème et 1018ème jours de bataille et de bombardement

1h soir  Toute la nuit canon, obus sifflant au-dessus et proches (j’ai dormi quand même) continuant la séance d’hier, et qui a continué jusqu’à 11h1/2. Ce matin temps couvert, lourd, nuageux, pluie à 7/8h/9h et le soleil a repris le dessus, il est en ce moment très lourd et torride. Reçu la visite du R.P. Desbuquois, un fin, très fin, intelligent, vers 9h du matin, et causé jusqu’à 11h. Nous nous comprenons parfaitement bien. Il part pour Paris pendant quelques jours. Plus je cause avec lui, plus je l’étudie, c’est le Père Jenner et le bon abbé Monot mon curé de Perthes réunis. Surtout il me rappelle le physique, le regard sous les lunettes, le son de voix et la finesse du second. Et du 1er il a surtout la bonté, l’élévation d’esprit et aussi (une autre finesse) la finesse un peu rusée. C’est un analyste en même temps qu’un pêcheur d’âme. Sous cette enveloppe frêle, fragile, qui parait timide il y a la flamme d’un zélateur, d’un propagateur d’idées.

Après nous être quittés, reçu mon courrier. 2 lettres de ma pauvre chère femme, (dont nous avons tant causé tout à l’heure) elle ne me dit rien d’important, du moins elle ne me dit rien pour me décourager. J’aime mieux cela. Car (et c’est l’avis du P. Desbuquois) je dois rester ici remplir mon Devoir, (le Devoir que je me suis assigné) jusqu’au bout, ou ce serait tout perdre, du moins moralement.

6h soir  Cet après-midi rien. Eté porter mes lettres à la Poste, lu en route le Petit Rémois d’aujourd’hui, où le « Naïf » a fait un article parfait sur les pillages faits par les militaires, qui en prennent pour « leur rhume ». L’article est parfait, mais je ne comprends pas comment l’Otorité Militaire a laissé passer cet article sans être censuré ! Cela me surprend et me dépasse ! Nous ne sommes plus habitués à cette liberté de la Presse ! Est-ce qu’il y aurait quelque chose de changé dans notre État-major (rayé), ont-ils compris enfin qu’on devait nous donner la paix et cesser de nous molester. Qu’ils laissent donc tranquilles les rémois qui ne demandent qu’à vivre.

Le bas de la page a été découpé.

8h soir  Ce matin, tandis que je causais avec le R.P. Desbuquois entre 9h et 11h, cela tapait ferme, et j’apprends qu’il y a eu des obus encore sur la Cathédrale, le chevet de la tour nord (ils n’en laisseront point !) et aux abattoirs. Carré d’or, place Royale, Société Générale, place du Chapitre chez l’abbé Compant, autour de l’archevêché, etc…

Je ne sais ce que les allemands ont été aussi rageurs. Car c’est de la rage, ils tirent sans but, sans objectif, à tort et à travers, comme des accès de colère. Si c’était le dernier accès de rage sur Reims et qu’ils partent… !! Hélas ! verrons-nous jamais ce jour-là ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

28 juin 1917 – Sifflements, par lesquels on reconnaît des obus de 130, dans la matinée.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 28 – + 15°. Soirée violemment agitée jusqu’à minuit (du 28-29) par les deux artilleries. Reste de la nuit tranquille. De 9 h. à 11 h., bombar­dements par obus autrichiens lourds, on dirait que le globe de la terre éclate ou s’écroule. Orage à 8 h. 30, 5 bombes à l’Enfant Jésus, 5 à la Cathédrale ; 1 chez M. Compant.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 28 juin

Lutte d’artillerie très vive dans la région du monument d’Hurtebise. Les Allemands n’ont fait aucune tentative nouvelle contre les positions que nous leur avons enlevées le 25.

D’après de nouveaux renseignements, parmi les organisations que nous avons conquises ce jour-là se trouve la caverne du Dragon, qui était devenue une véritable forteresse. Un matériel considérable y était accumulé: 9 mitrailleuses en bon état, plus de 300 équipements, de nombreux fusils, des dépôts de munitions, des projecteurs et un poste de secours sont tombés entre nos mains. Le chiffre des prisonniers atteint 340, dont 10 officiers.

En Champagne, Un coup de main ennemi a échoué à l’ouest du mont Cornillet. De notre côté, nous avons exécuté une incursion dans les lignes allemandes vers Maisons-de-Champagne, qui nous a permis de ramener une dizaine de prisonniers.

Les Anglais ont repoussé, avant même qu’elle ne pût se développer, une attaque allemande sur leurs nouvelles positions, au nord-ouest de Fontaine-lès-Croisilles. Ils ont exécuté avec succès un coup de main à l’ouest d’Oppy, en faisant un certain nombre de prisonniers. Ils ont arrêté un raid ennemi près de la Bassée.

Les Italiens ont abandonné quelques positions de première ligne sur le plateau d’Asiago.

Activité d’artillerie sur le front russe.

Venizelos a constitué son cabinet à Athènes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 7 juin 1917

Louis Guédet

Jeudi 7 juin 1917

999ème et 997ème jours de bataille et de bombardement

1h soir  Pluie d’orage hier soir. Nuit à peu près calme, chaleur torride qui tournera nécessairement à l’orage. Vu à l’École Professionnelle (Poste, sous-préfecture, etc…) Beauvais et Houlon qui jugeaient les allocations militaires en commission cantonale. Nous avons causé. Du Dr Simon, de son départ que n’approuve pas Houlon ni Beauvais. Il a eu tort de claquer les portes, car on lui resservira à satiété que s’il était resté à Reims jusque là, ce n’était nullement par devoir, pour la Ville de Reims ses concitoyens, mais uniquement…  pour la décoration. A cela il ne pourra rien répondre. Je le regrette pour lui bien sincèrement, car il s’est réellement dévoué ! sacrifié et exposé ! A sa place, j’aurais eu le « Sourire », j’aurais tenu jusqu’au bout, sauf à la fin de la Guerre d’avoir dit et dire leur fait à nos radins socialistes à Valeurs (rayé) rouges !…  qui eux font fleurir à foison leurs boutonnières. Ils m’ont appris que nos troupes d’infanterie avaient été relevées par la 12ème Division de cavalerie, c’est indiquer que notre secteur de Reims va retomber dans le marasme d’antan. C’est l’ensevelissement définitif de Reims !

Hélas !… Comme conséquence nos galonnards de la Place relèvent la tête, leurs « hannetons » recommencent à s’agiter pour embêter et molester le civil. Maintenant que les allemands ne (rayé). Ce matin a paru dans l’Éclaireur une décision de la Place (tiens, elle se réveille et sort de son abri blindé ou de sa cave de toute sûreté) qui enjoint, à partir du 31 mai 1917, aux Hippomobiles de marcher au pas dans les rues de Reims, aux motos et automobiles une allure de 15 kilomètres à l’heure, et « Ne pas entrer dans le jardin ni laisser stationner le véhicule dans le susdit jardin ! » – « Ne pas sortir quand des avions survolent la ville », etc…  etc… (Rayé). Il devrait également afficher : « Quand çà bombarde, les personnes qui se trouvent dans le bureau de la Place sont priées de ne pas faire dans leurs culottes (rayé), le (rayé) Commandant de place s’en charge pour tout le monde ». (Rayé). Quand donc serons-nous débarrassés de cette (rayé)!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

7 juin 1917

La remise du service du mont-de-piété m’est faite, dans la matinée, par M. Fréville, receveur des Finances, dans ses bureaux, avenue de Paris, 60.

En temps normal, pareille formalité comporte une vérification des écritures et des valeurs, en présence du receveur sortant. Comme en fait, il ne m’est remis que des ruines, sans aucune en­caisse, le tout se borne à la signature d’un procès-verbal en date de ce jour, reproduisant uniquement la balance des écritures arrêtée au dernier jour du fonctionnement des services (3 septembre 1914) sans qu’il ait pu être tenu compte, jusqu’alors, du bouleversement complet apporté dans cette situation par l’incendie du 19 même mois. Et c’est seulement maintenant, après avoir été nommé par arrêté préfectoral du 31 août 1916, que je suis autorisé à faire des opérations, quand le conseil d’administration aura pris les déci­sions qui s’imposent. Mais, dans la situation actuelle de Reims, quand sera-t-il regroupé ?

Je sais cependant que je puis déjà travailler très utilement de mon côté et je me propose de commencer sans tarder.

— Bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 7 – + 19°. Nuit tranquille sauf quelques coups de canons et mi­trailleuses au loin, vers l’est. Dès le matin, aéroplanes allemands, tir contre eux. M. Camu et Mgr Neveux vont à Villedommange. Visite avec M. Compant, rue d’Alsace-Lorraine. Nous descendons de voiture à la Biblio­thèque municipale ; nous allons à pieds par rue Croix Saint-Marc, nous traversons un terrain vague, désert, hérissé de fer barbelés. Rue d’Alsace, nous trouvons la maison où nous allions, inhabitée ; toute la place est cou­verte des vêtements arrachés des armoires par les pillards 25, rue de Metz (?) Un soldat nous indique une maison où il y a trois femmes, nous y allons. Il s’agissait de dire à une femme qui m’avait fait écrire à l’office du Vatican pour renseignements sur les disparus, que sa fille et son gendre habitaient Constantinople, telle rue, tel numéro. Cette pauvre femme avait quitté Reims lors des bombardements d’avril. Nous voulions avoir son adresse. Les fem­mes nous dirent que son frère habitait à la Haubette, et vinrent deux jours après nous apporter l’adresse de cette dame qui était réfugiée en Saône-et-Loire. Je lui écrivis, tout heureux de lui dire que son gendre et sa fille était vivants et de lui donner leur adresse avec la lettre de l’office du Vatican, portant les armes du Saint-Siège. Au retour dans la rue Robert de Coucy, pendant que nous réglons le cocher, un obus éclate au-dessus de nous et tombe sur la corniche de l’hôtel du Commerce ; il projette des pierres entre les jambes du cheval qui s’emballe, le chapeau du cocher est emporté par le vent. Comme nous revenions, un 2e obus tomba pendant que nous étions rue du Cloître (au grand effroi d’une dame pour nous, et qui pourtant cou­rait le même danger que nous) blottis le long du mur d’une maison ; le 3e comme nous entrons au secrétariat. Aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims


Jeudi 7 Juin… début de la bataille de Messines

Durant la dernière nuit, lutte d’artillerie d’une grande intensité à l’est de Vauxaillon, au nord du moulin de Laffaux, et sur toute la région au nord-ouest de Braye-en-Laonnois.

Vers Hurtebise, après un vif bombardement, les Allemands lancèrent deux vagues d’assaut sur nos positions au nord-est du Monument. Les assaillants ont été rejetés dans leurs tranchées de départ, après un combat violent où nos soldats ont infligé de fortes pertes a l’ennemi. Notre ligne a été intégralement maintenue.

Dans la matinée, les Allemands ont prononcé d’autres attaques entre l’Ailette et la route de Laon et au nord-ouest de Braye-en-Laonnois. Deux tentatives sur le bois du Mortier, au nord de Vauxaillon, ont été brisées immédiatement.

Les Allemands ont concentré leurs efforts au nord du chemin des Dames où ils ont attaqué sur le front le Panthéon-ferme la Royère. L’attaque ennemie a été repoussée dans son ensemble et n’a pu aborder nos lignes qu’en un seul point, au sud de Filain, dans notre saillant des Bovettes.

Les Anglais ont effectué une légère avance au sud de la Souchez. Ils ont occupé l’usine électrique de cette région.

Ils ont fait 75 prisonniers près d’Ypres.

Au cours d’un combat naval, une de leurs flottilles, a coulé un destroyer allemand.

Un raid d’avions allemands a eu lieu à l’estuaire de la Tamise. Deux des appareils ont été abattus.

Des bâtiments de guerre américains ont mouillé sur nos côtes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Samedi 7 avril 1917

Louis Guédet

Samedi 7 avril 1917  Samedi Saint

938ème et 936ème jours de bataille et de bombardement

5h3/4 soir  Quelle fin de soirée tragique hier. J’en suis encore atterré. Je me demande si je ne vis pas dans un cauchemar. Hier soir avais-je fini ces lignes précédentes, et mangé ma soupe à la cuisine, que nous fûmes obligés de descendre dans la cave. Bombardement terrible sur notre quartier. Une bombe tombe à 7h35 chez M. Floquet au 56. On n’entend rien. Jacques, le pauvre malheureux, s’inquiète. Il veut aller voir, je tâche de le retenir, il ne m’écoute pas et le voilà parti…

Plusieurs, puis 2 bombes coup sur coup. 5 minutes, 10 minutes se passent, pas de Jacques, on s’inquiète, on monte, on cherche et ma brave Adèle apprend que Jacques est tué, et son corps est au 35 de la rue Hincmar, chez Edouard Benoist. J’y vais et je trouve là la dépouille de ce brave et dévoué serviteur de Maurice. Tué d’un éclat d’obus au foie. C’est l’avant-dernière bombe qui l’a tué, au moment où il se trouvait au coin de la maison avec le gardien de la maison Hébert, 54, rue des Capucins. Je suis atterré, brisé, broyé, anéanti. Je rentre après avoir fait mettre ce cher cadavre à l’abri par le poste de la Croix-Rouge militaire qui est cantonné là. Nuit horrible, monter et descendre de et à la cave. Je suis comme un fou. Melle Payard, Melle Colin et Adèle tâchent de me réconforter, peine inutile. Je ne sais ce que je fais. Ce matin je revois en pensée Jacques pas encore enlevé. Je me traîne à la Ville à travers les décombres de toutes sortes.

L’Hôtel de Ville n’a plus de vitres ni de tuiles, très abîmé. C’est un spectacle lamentable. La statue de la Vigne de Saint-Marceaux qui, au milieu du rondpoint de la cour d’honneur est penchée et tient par miracle d’équilibre. Je vois Raïssac très ému, je m’entends avec lui ainsi qu’avec la police pour qu’on mette en bière ce pauvre garçon, on doit l’inhumer aussitôt avec les autres victimes. On me préviendra si l’on peut, grand ordre est donné d’enterrer les victimes de suite. Je reste délabré. Je mange un peu, et puis la sarabande recommence. A la cave depuis 2h nous y sommes encore. C’est terrible, je crois que je tomberai malade si cela continue. Je m’occupe, j’écris mais je n’ai la tête à rien !! Quel martyr, quelle agonie. Mes 2 bonnes sont courageuses, Adèle et Lise, et une voisine, Melle Marie sont là et m’encouragent. Je ne sais plus, je n’ai plus de courage. Ma femme, mes enfants, les reverrai-je ?? Mon Dieu ! ayez pitié de moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

7 avril 1917 – L’Éclaireur de ce jour, publie une nouvelle information dont voici les termes :

Avis à la population.

En raison de la situation, le gouvernement se voit dans la pénible nécessité d’évacuer ceux des habitants de Reims dont la présence n’est pas absolument indispensable.

Les enfants et les femmes seront envoyés à l’arrière, où ils seront reçus par les comités et où ils recevront tous les soins dé­sirables. La population est donc invitée à faire sans retard ses préparatifs de départ.

Ceux qui n ‘ont pas de lieu de refuge chez des parents ou amis seront placés par les soins de l’administration dans des communes situées en dehors de la zone réservée, où le gouver­nement assurera à tous le nécessaire. Les personnes qui se trouvent dans ce cas sont priées de se faire inscrire au com­missariat de police de leur canton.

Le maire de Reims, J.B. Langlet, Le sous-préfet, Jacques Regner.

— Le bombardement, avec gros calibres est encore très vio­lent ce jour, vers le boulevard de Saint-Marceaux et particulière­ment l’usine des Anglais, dont ce qui subsistait de la grande che­minée est abattu.

Les rues du Barbâtre et de l’Université sont aussi très forte­ment éprouvées. Parmi les victimes, se trouve M. Fourrier, habitant cette dernière rue, qui a été mortellement blessé.

Le Grand Séminaire, installé dans les bâtiments occupés antérieurement par la congrégation de Notre-Dame, prend feu et, en passant, à 18 h 1/2, je vois brûler sa chapelle, rue de l’Université, en face du lycée de garçons.

Le journal Le Courrier de la Champagne a cessé de pa­raître aujourd’hui.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Samedi-Saint – Samedi 7 – + 5°. Visite : Place de l’Hôtel-de-Ville. La statue du Roi aux bas-reliefs de la façade, et le cheval ont la tête brisée ; façade meurtrie ; vitres brisées ; rideaux et lambeaux de papier des tapisse­ries flottent au vent par les fenêtres béantes ; rue des Consuls, incendie de la maison de Tassigny ; boulevard de la République, Clinique de la rue Noël, rue Thiers et autres, caves Werlé. Nous étions partis pour aller porter nos condoléances à Monsieur le Curé de Saint-Benoît ; nous le rencontrons avec M. Baudet vers la Patte d’Oie. Vu l’automobile où Madame Baudet a été tuée, au moment où elle venait de faire monter avec elle un soldat qui portait un blessé (vendredi soir, hier). Tous tués, excepté un civil blessé. Rencontré M. Dupuis et M. Baudet qui viennent voir la voiture tachée de sang. Cette semaine est vraiment la Passion de Reims. A Sainte-Geneviève : 5 personnes tuées au sortir d’une cave. A 10 h. 1/2, bombes sifflent (la matinée avait été très silencieuse jusqu’à 10 h. 1/2).

A 4 h. incendie du Grand Séminaire. M. Compant apporte le saint ci­boire avec les saintes Hosties, en longeant les murailles, sous la rafale, dans notre oratoire. (1 200 obus, dit l’Echo de Paris du 10 avril). Les Alle­mands ont lancé des ballonnets sur la ville, disant : Nous partirons ; mais votre ville sera détruite (1). Le Séminaire brûle toute la nuit ; on m’empêche de sortir pour aller voir à cause du danger ; nuage rouge de feu au-dessus de l’incendie, nuage que je vois de mon lit installé dans mon cabinet de travail. Toute la nuit, tir régulier allemand intermittent sur le séminaire et ailleurs. Les pompiers sont réduits à l’impuissance : pas d’eau, on ne peut éteindre le feu ; les obus tombent 2 ou 3 par minute dans le brasier, impos­sible d’aller faire la part du feu. Les pompiers ont eu dans la nuit du 6 au 7, 2 tués et deux hommes ont eu les jambes cassées, nous dit leur chef pour expliquer son défaut d’activité devant l’incendie.

Cinquante et un (51) incendies dans la nuit du 7 au 8 avril (Éclaireur du 9 et 10 avril).

Obus de 190, 210, 305 millimètres, incendiaires ou asphyxiants (Éclaireur).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) La propagande directe par tracs aériens, panneaux d’affichage, faux journaux, faux communiqués, fausses déclarations de prisonniers ou de déserteurs furent monnaie courante dans les deux camps. A Reims, les Allemands s’attaquaient en même temps au moral de la troupe et de la population, qui constituaient un mélange fragile et détonnant.

Samedi 7 avril

Entre Somme et 0ise et dans la région au nord de Soissons, lutte d’artillerie en divers points du front sans action d’infanterie.

Au nord-ouest de Reims, nous avons continué à progresser à la grenade à l’est de Sapigneul. Les Allemands ont violemment bombardé la ville de Reims.

En Argonne, un coup de main sur les tranchées ennemies de la Fille-Morte nous a permis de faire un certain nombre de prisonniers, dont 3 officiers.

Nos avions ont détruit deux ballons captifs allemands.

Les Anglais, continuant leur attaque vers Roussoy, au nord de Saint-Quentin, ont enlevé le village de Lempire. Un certain nombre de prisonniers et 3 mitrailleuses sont tombés entre leurs mains. Ils ont effectué une avance au nord-est de Noreuil, puis repoussé une contre-attaque. Ils ont réussi un coup de main sur les tranchées allemandes à l’est d’Arras et un autre en face de Wynschaete.

Leurs pilotes ont bombardé d’importants dépôts de munitions, aérodromes et noeuds de chemins de fer.

La Chambre des Représentants des Etats-Unis a voté la déclaration de belligérance par 373 voix contre 50. Le gouvernement américain demande 17 milliards et le service militaire obligatoire.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Jeudi 29 mars 1917

Clinique Mencière

Lois Guédet

Jeudi 29 mars 1917

929ème et 927ème jours de bataille et de bombardement

8h1/2 soir  Temps glacial, pluie, ondées, on souffre du froid humide après le froid sec. Lequel des deux le meilleur ? ni l’un ni l’autre !

Je travaille, j’écris, je déblaie fiévreusement toute la matinée. Y arriverai-je ? J’en ai des moments de découragement !! Plus j’en abats plus j’en ai à faire ! Au courrier d’aujourd’hui lettre de Labitte qui me rassure un peu sur le sort de mon pauvre enfant Robert. J’envoie cette lettre à Madeleine, la pauvre femme en sera peut-être un peu réconfortée. A 2h1/2 Réquisitions militaires, auparavant je vais à l’Hôtel de Ville porter mes 70 dossiers d’Allocations militaires en commission d’appel, réglés hier. Retiré ma carte de sucre pour moi et ma domestique. A l’audience de réquisition je vois le fils Veith qui me raconte le bombardement qu’ils ont subi hier. 150 obus sur son usine, la rue Goïot et l’asile de nuit. Son usine a des dégâts, mais elle peut remarcher. Ils étaient en 2ème caves, la machine a marché durant tout le bombardement et pour cause, c’est que le contremaître a voulu aller arrêter les feux et la marche, mais il n’avait pas compté sur les 150 et les 210 qui pleuvaient par 3 d’un coup.

André Veith (1894-1977) l’a empêché d’y aller à nouveau. L’asile de nuit n’est plus qu’une ruine, la rue Goïot est entièrement défoncée, avec des trous de 6m de diamètre !! Les batteries allemandes cherchent une batterie de nos 75 qui sont chez mon client Pol Leduc (Membre de la Société des amis du vieux Reims), boulevard Henry Vasnier n°90 et ne la trouvent pas, alors ce sont les voisins qui écopent !! Le fils Veith était vraiment courageux, et c’était avec beaucoup de simplicité qu’il me contait ses angoisses, ses impressions et ses craintes pour ses ouvriers toujours aussi courageux, si braves, travaillant sous les bombardements continuels et brassant à la barbe des allemands !! C’est beau tout de même. Et Dieu sait la quantité d’obus qu’ils ont reçus, affrontés…  C’est du courage froid, calme et noble, et il faut une réelle volonté et force de caractère pour qu’André Veith arrive à tenir tout ce monde, et il fait cela très simplement, comme tous les braves et les vaillants !! Je suis heureux d’écrire ces lignes pour l’histoire de Reims, pour ces humbles qui travaillent pour alimenter leurs concitoyens. Je crois que je puis me permettre de faire ce compliment, cet éloge. Je crois en avoir le droit !

Rentré chez moi ensuite, finir mon courrier qui n’est pas terminé, ce sera fini demain, à moins que…

Nos nuits sont blanches ou à peu près, on se bat formidablement de 2h à 4h à peu près régulièrement, et ajoutez à cela les bombardements comme ceux d’hier !! avec victimes à la clef. Aujourd’hui bataille terrible vers Berry-au-Bac, Le Godat. Quelques obus, des gros, assez près d’ici. J’arrête, j’ai encore ma simple police à voir, mais (rayé) et Cie la clique. J’ai juste 7 procès nouveaux avec 5 anciens = 12 !!! Non ! (rayé) et les bruits (rayé) et les hauts galonnés qui les commandent. Je réclame (rayé) !!! Les Gendarmes et les brutes de (rayé) qui (rayé) font grève !! Je crois que je les ai trop bien dressés…  à la grande joie de mes chers justiciables et surtout de leur tranquillité.

9h  Calme ce soir.

9h1/2  Voilà la sarabande qui recommence. Vais-je pouvoir dormir… ?…  Je suis cependant bien fatigué, mais avec ce tintamarre…  on dort mal, on dort comme dans un cauchemar…  toujours en éveil quoique dormant. Singulière impression, on dort mais le moindre bruit d’obus sifflant ou tapant de plus près, on l’entend, on pourrait appeler notre sommeil du sommeil en éveil, ce ne peut être du repos.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29, 30, 31 mars 1917 – Bombardement chaque jour.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 29 – + 2°. Nuit tranquille, sauf vers 3 h. 1/2, violente canonnade française. Voyage de M. Compant à Binson pour les reliquaires du Car­mel. Mgr Neveux confirme à . Visite de M. Abelé pour son discours à l’Assemblée Constitutive de l’Association des Amis de la Cathédrale. Vers minuit, un bombardement a lancé des obus : 2 à Mencière ; 1 près de M. le Chanoine Renaud.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Clinique Mencière


Jeudi 29 mars

Entre Somme et Oise, grande activité des deux artilleries, notamment sur le front Essigny-Benay. Nos tirs ont dispersé des travailleurs ennemis au sud de Saint-Quentin. Aucune action d’infanterie.

Au sud de l’Oise, ainsi que dans la région au nord de Soissons, escarmouches de patrouilles et vives fusillades en de nombreux points du front.

En champagne, à la suite du violent bombardement dirigé sur nos positions a l’ouest de Maisons-de-Champagne, les Allemands ont lancé une forte attaque et ont pu prendre pied dans quelques-uns de nos éléments de première ligne. Toutes les tentatives sur Maisons-de-Champagne ont été brisées par nos feux qui ont infligé des pertes sanglantes à l’ennemi. Deux coups de main sur nos petits postes à l’est de la route de Saint-Hilaire, Saint-Souplet et au nord de Tahure ont complètement échoué.

Sur la rive gauche de la Meuse, tirs de destruction efficace sur les organisations du secteur cote 304-Mort-Homme.

En Macédoine, nous avons brisé une attaque ennemie à l’ouest de Monastir. Le total de de nos prisonniers pour les derniers jours est de 2104.

Des torpilleurs allemands ont tiré une soixantaine de projectiles sur Dunkerque. Le bombardement a fait deux victimes. Les torpilleurs se sont retirés à grande vitesse.

Un destroyer britannique a été coulé.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Jeudi 25 janvier 1917

Cirque Palace, Dijon

Louis Guédet

Jeudi 25 janvier 1917

866ème et 864ème jours de bataille et de bombardement

5h1/2 soir  Toujours même temps froid et glacial, mais avec tension à baisser. On s’est battu toute la nuit. Contrairement à hier le canon a peu tonné devant et autour de Reims. Toujours les faux-bruits, cela risque de tourner à la panique. C’est idiot ce qu’on raconte. Été à l’Enregistrement ce matin, mon vieux clerc étant souffrant, il reviendra lundi parait-il, mais cela me retarde. Enfin aux réquisitions militaires à 2h1/2, séance banale…  Toujours des entêtés. Il vaut mieux ne pas discuter avec eux. Un autre qui se fait remettre de 8 jours en 8 jours. Bref Payen a déclaré qu’il lui donnerait un dernier délai en le convoquant pour le 1er février, et que l’affaire serait classée s’il ne venait pas. C’est la peur ! rien d’autre chose ! En tout cas je le raserai jeudi prochain. Le sous-Intendant me disait qu’il y avait quantité de troupes massées autour de Reims, Épernay et la région. Attendons ! Je suis si las que je n’ai plus la force de me tourmenter. Je tiens si peu à la vie.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 25 – Nuit tranquille sauf canonnades entre 10 et 11 h. (supra ). – 9°. La neige ne fond pas. Donné mon Mandement à l’imprimeur. Écrit à Rome pour Saintes-Huiles. Celles consacrées en 1915 n’ayant pu être distribuées ni consommées, permission de s’en servir demandée. Canonnade de 14 h. à 15h. Visite à la Visitation. Retour de M. Compant qui est allé voir les Carmélites à Dijon dont il était le Supérieur, et de M. Camu.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Cirque Palace, Dijon

Cirque Palace, Dijon


Jeudi 25 janvier

Notre artillerie a exécuté des tirs de destruction sur les tranchées ennemies de Moulins-sous-Touvent et au nord-est de la cote 304. Lutte d’artillerie assez violente dans le secteur du bois des Caurières. Deux coups de main allemands, dirigés, l’un sur nos lignes dans le secteur de Missy (est de Soissons}, l’autre aux Eparges, ont échoué. Nous avons fait des prisonniers.
Un avion allemand a été abattu dans nos lignes, aux environs de Vauxcéré (Aisne}.
Vives actions réciproques d’artillerie dans les régions de Dixmude et de Steenstraete-Hetsas. Les batteries belges ont canonné avec succès les positions ennemies au nord-est de Boesinghe.
Sur le front d’Orient, abondantes chutes de neige.
Lutte d’artillerie assez vive, en particulier dans le secteur tenu par les troupes italiennes et dans la région de Guevgeli.
Une action russe dans la région de Slavavina a permis de faire des prisonniers.
Une attaque autrichienne a été repoussée par les Italiens près de Gorizia.
Les Russes ont dû reculer de 2 kilomètres environ devant les Allemands, sur l’Aa. Ils ont tenu bon près d’Illoukst, et ont dispersé des forces ennemies dans la région de Jesupol.
Sur le Danube, en face de Tulcea, un bataillon bulgare, qui avait franchi la branche Saint-Georges, a été détruit par nos alliés, qui ont fait 337 prisonniers et n’ont eu qu’un tué.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 6 novembre 1916

Paul Hess

6 novembre 1916 – La pièce remplaçant la Grosse Julie a tonné au cours de l’après-midi. Peu après les sifflements se sont fait entendre et des obus sont tombés assez nombreux vers le Barbâtre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Lundi 6 – Nuit tranquille. + 10°. 10 h. 1/2 visite à M. Compant. A M. le Curé de Sainte-Clotilde pour renseignements. Au Fourneau des Moulins Brûlés. A la maison démolie samedi par les obus, parlé du sinistre, aux gens de l’établissement Goulet-Turpin d’en face. 2 h. canon français ; 1 obus allemand siffle ; violent et long bombardement.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 6 novembre

Au nord de la Somme, nos troupes ont mené avec succès plusieurs attaques au cours de la journée et réalisé depuis la région au sud du Transloy jusqu’au sud du bois Saint-Pierre-Vaast, une série d’avances appréciables. Entre Lesboeufs et Sailly-Saillisel, nous avons poussé nos lignes de plusieurs centaines de mètres dans la direction du Transloy. Nous avons conquis une grande partie de Saillisel. Au sud de ce village, nos troupes attaquant de trois côtés à la fois le bois de Saint-Pierre-Vaast, puissamment organisé par l’ennemi, ont marqué une avance sérieuse. Elles ont enlevé trois tranchées qui défendaient la corne nord de ce bois et toute la ligne des positions adverses à la lisière sud-ouest. La lutte a été acharnée. De violentes contre-attaques allemandes ont été repoussées. Nous avons fait 522 prisonniers dont 15 officiers. Sur la rive droite de la Meuse, nous avons occupé entièrement le village de Vaux. Les Roumains ont reculé dans la vallée de la Prahova, et avancé sur le Jiul. L’Allemagne et l’Autriche ont proclamé, en termes équivoques, l’autonomie de la Pologne russe occupée par elle et qui deviendrait un royaume.

Source : La guerre au jour le jour

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Lundi 26 juin 1916

Cardinal Luçon

Lundi 26 – Nuit tranquille sur Reims. Malade. Canonnade. Orage vio­lent vers 4 h. Visite de M. Compant et de M. Paulot.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 26 juin

Sur la rive gauche de la Meuse, une attaque allemande sur nos tranchées des pentes sud du Mort-Homme a été arrêtée par nos feux.
Sur la rive droite, les combats se sont poursuivis dans le secteur de l’ouvrage de Thiaumont où nos contre-attaques nous ont permis d’enlever quelques éléments de tranchées à l’ouest de l’ouvrage. Nous avons réalisé quelques progrès à la grenade dans le village de Fleury. Le bombardement s’est maintenu très intense dans les différents secteurs de la rive droite.
Au nord-est de Pont-à-Mousson, une forte reconnaissance ennemie a été dispersée dans le bois Cheminot.
Dans les Vosges, une attaque allemande a échoué dans la vallée de la Save.
Des avions allemands ont lancé des bombes sur Lunéville, Baccarat et Saint-Dié. Il en a été pris acte en vue de représailles.
Les Russes ont pris Kimpolung et sont devenus maîtres par conséquent de toute la Bukovine. Ils ont eu au centre, un succès à Tchartorysk et ont fait 800 prisonniers aux Allemands.
Le cabinet Zaïmis a donné l’ordre de surveiller les sous-marins allemands qui essaient de stationner sur le littoral.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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