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Samedi 3 novembre 1917

Louis Guédet

Samedi 3 novembre 1917

1149ème et 1147ème jours de bataille et de bombardement

8h matin  Temps nuageux doux. Bataille vers 4h1/2 qui a duré 3/4 d’heure, un coup de main sans doute. Très mal dormi, j’étais très fatigué d’hier. Ma valise est prête. Hier j’ai eu bien difficile de trouver quelqu’un pour me la porter tout à l’heure jusqu’à la place d’Erlon, au coin de l’impasse St Jacques ou stationne l’autobus. Enfin le brave père Bonnet, le chaudronnier de la rue des Capucins, 21, m’a promis de me la porter, lui ou son fils. Tout à l’heure je vais aller à la Poste, aussitôt après je déjeunerai pour être à 11h1/2 place d’Erlon pour prendre ma place. Je laisse Lise seule et j’espère qu’Adèle va rentrer cet après-midi. Cela m’ennuie un peu de laisser cette pauvre vieille seule. A la Grâce de Dieu !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

3 novembre 1917 – Canonnade de nos pièces, le matin, à 4 h.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 3 – + 11°. Nuit tranquille sauf canonnade française du nord à l’est entre 3 et 4 h. du matin. Via Crucis in Cathedrali à 4 h. Visite des Américains à la Cathédrale. Visite à M. Lacourt.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 3 novembre


Les premières conséquences de la victoire de la Malmaison se sont affirmées.
L’ennemi, menacé sur sa droite, pressé par notre infanterie, écrasé par notre artillerie qui des positions nouvellement conquises bombardait sans relâche ses organisations du sud de l’Ailette, a été contraint d’abandonner le Chemin des Dames auquel il se cramponnait depuis six mois.
Sur un front d’une vingtaine de kilomètres depuis la ferme Froidmont jusqu’à l’est de Craonne, nos troupes, descendant les pentes nord du Chemin des Dames, ont occupé les positions allemandes sur une profondeur qui dépasse un kilomètre en certains points. Les villages de Courtecon, Cerny-en-Laonnois, Ailles et Chevreux sont en notre possession. Nos patrouilles, tenant le contact avec l’ennemi, ont atteint l’Ailette entre Braye-en-Laonnois et Cerny.
Des avions allemands ont bombardé Calais et Dunkerque. Dégâts matériels peu importants. Pas de victimes dans la population civile.
17 de nos avions ont lancé 2500 kilos de projectiles sur la ville d’Offenburg (grand duché de Bade). Dix appareils ennemis ont été descendus par nos pilotes.
L’artillerie italienne et l’artillerie austro-allemande tonnent sur le Tagliamento.
Von Hertling est nommé chancelier allemand en remplacement de Michaëlis.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Source : collection Patrick Nerisson

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Samedi 4 novembre 1916

Paul Hess

4 novembre 1916 – Dès le matin, on parle d’un bombardement effectué par nos avions, au cours de la nuit, vers Pontfaverger – Bétheniville.

— Dans la matinée, nos pièces tirent et des arrivées se font également entendre.

A 15 h 1/4, une séance serrée de bombardement commence brusquement sur le centre.

A la mairie, le personnel doit quitter les bureaux, les projectiles tombant d’abord, par rafales de trois et quatre, dans le voisinage de l’hôtel de ville.

Groupés à quelques employés, dans la salle des appariteurs, nous voyons, entre autres arrivées, la fumée d’une explosion qui vient de se produire à l’arrière d’une des premières maisons de droite de la rue Colbert, derrière la Banque de France. Un sifflement s’accentue encore parmi les autres et un obus tombe au milieu de la place ; presque aussitôt, un 120 éclate de nouveau, cette fois sur le trottoir de la gauche du perron, devant la première fenêtre de la salle où nous nous tenons ; ses éclats, entrant par cette fenêtre, ont été projetés dans l’angle opposé à celui où nous sommes réunis — puis, cela devient un arrosage en ville.

Avant même de réintégrer nos bureaux, nous apprenons qu’un agent auxiliaire, M. Mathieu, vient d’être tué auprès du commissariat du 2e ; peu après, on signale deux autres morts : un homme, rue Gambetta et un enfant, rue du Barbâtre.

Les quartiers fortement éprouvés ce jour, ont été principalement le centre, les rues de Vesle, de Talleyrand, de l’Etape, du Cadran-Saint-Pierre, celles des alentours de l’hôtel de ville et les environs de Saint-Remi.

A 16 h les sifflements cessent, mais alors, nos pièces ripostent ferme.

— Les journaux ont annoncé aujourd’hui, la reprise du fort de Vaux.

Vaux, le front allemand, le 4 novembre 1916

Vaux, le front allemand, le 4 novembre 1916


Cardinal Luçon

Samedi 4 – Nuit tranquille. Pluie. Projections. + 10°. A 9 h. canons fran­çais. A 9 h. 1/2 bombes allemandes sifflent. Visite au Fourneau rue Féry. Bombes rue du Jard. A 3 h. gros canons français. A 9 h. 1/2 riposte allemande par bombes sifflantes nombreuses, dont quelques-unes tombent pas loin d’ici. Bombardement violent pendant trois quarts d’heure : 250 obus sur la ville : rue du Clou-dans-le-Fer, rue des Carmes, rue de l’Etape, église Saint-Jacques, rue Thiers. Victimes.


 

Samedi 4 novembre

L’ennemi, sous la violence de notre bombardement, prolongé depuis plusieurs jours et sans attendre l’attaque de notre infanterie, a évacué le fort de Vaux. Notre infanterie a occupé cet important ouvrage sans aucune perte. La ceinture des forts extérieurs de Verdun est maintenant rétablie dans son intégrité et solidement tenue par nous. Notre infanterie, maîtresse du fort de Vaux, a progressé jusqu’aux lisières du village de Vaux. Au nord de l’étang, elle a pris pied sur la croupe qui domine ce village sans qu’aucune réaction ne se produise de la part de l’ennemi. Sur le front anglais, les Allemands ont dirigé une attaque sur une tranchée qui leur avait été enlevée à l’est de Gueudecourt. Ils ont été repoussés. L’artillerie et les mortiers de tranchées ont bombardé les lignes allemandes à l’est de Sauquissart et vers Blairville. Les Anglais ont enlevé un nouveau village dans la vallée de la Strouma. Les Russes ont repris sur le Stokhod des tranchées que les Allemands leur avaient prises. Continuant leur avance dans le Carso, les Italiens ont encore capturé 3.500 Autrichiens. Les Roumains poursuivent leur progression dans la vallée du Jiul. Ils ont pris 4 canons.

Source : La guerre au jour le jour

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Lundi 25 octobre 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, matinée silencieuse.

Visite de M. Whitney-Warren et de Madame. Visite de M. Abelé et de M. l’Archiprêtre. Journée tranquille. Au loin à l’Est, canon rude dans l’après- midi. Temps brumeux, pas de vent ; la poste ne veut pas marcher.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Lundi 25 Octobre 1915. La femme de ton parrain est arrivée à Reims. Elle s’ennuyait tant après sa maison qu’elle a voulu aller y faire un tour. J’ai pris mes deux cocos ce matin et je suis allée la voir. Elle était contente. Nous avons parlé de toi bien entendu et elle a trouvé André grandi. Quant à tite Marie Blanche, elle l’a trouvée belle et elle m’a dit que je lui avais donné un joli nom. À son tour elle est venue nous voir après-midi. Pendant qu’elle était là sont partis deux coups de canon. Elle en était saisie. Mais elle doit rester plusieurs jours car ses enfants sont restés à Épernay.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Lundi 25 octobre

Canonnade active au sud du canal de la Bassée.
Les Allemands ont subi un huitième échec devant le bois de Givenchy et aux environs de la falaise de Vimy (cote 140). Ils ont été décimés et contraints de rentrer dans leurs tranchées.
Lutte d’artillerie dans la Somme (Lihons, Canny, Beuvraignes).
Nos batteries ont effectué des tirs de destruction en Champagne (sud-est de Tahure), entre Meuse et Moselle (Regniéville), et en Lorraine (Emberménil et Domèvre).
Quatre de nos aviateurs ont livré des combats avantageux.
Nos troupes se sont heurtées aux Bulgares vers Rabvova, à 14 kilomètres au sud de Stroumitza. Nous avons pris la localité avec des pertes légères.
Les Serbes restent inébranlables sur les deux fronts. Ils ont repris Velès que les Bulgares avaient occupée. Ils ont infligé à leurs adversaires une série d’échecs sur le Timok, près de Pirot et sur la Nitchava.
Les Russes ont capturé des prisonniers sur le Pripet et sur le Styr.
Le parti interventionniste accentue son agitation en Roumanie.
La crise de la cherté des vivres prend une acuité plus vive en Allemag
ne et en Hongrie.

Source : la Grande Guerre au jour le jour


 

Front allemand- Collection : Patrick Nerisson

Front allemand- Collection : Patrick Nerisson

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Samedi 28 août 1915

Paul Hess

Communiqué publié aujourd’hui, mentionne ainsi la canonnade du mercredi 25 :

Paris, 27 août – 7 heures… L’ennemi a assez violemment bombardé la ville de Reims. Nous avons, de notre côté, exécuté un tir efficace sur les tranchées allemandes devant Cemay-les- Reims…

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Samedi 28 – Nuit tranquille ; matinée item. Visite au Général, non trouvé.

Visite à Mencière. Visite de M. Laluyaux et de M. Cailliau, vicaire à Saint-Thomas.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Samedi 28 août

Canonnade au nord d’Arras. Nous y avons bouleversé des éléments de tranchées ennemies et détruit un dépôt de munitions.
Canonnade dans la région de Roye et entre Oise et Aisne. Nous avons atteint par nos obus les cantonnements allemands.
L’ennemi a tiré à longue distance sur la ville de Compiègne. Une ambulancière a été tuée et une autre grièvement blessée.
En Champagne, à Auberive-sur-Suippes, une reconnaissance offensive allemande a été repoussée.
Lutte de mines en Argonne.
Dans les Vosges, au sud de Sondernach, nous avons rectifié notre front et activé notre installation sur la crête, entre Sondernach et Landersbach, nous emparant de plusieurs tranchées. Nous avons repoussé une contre-attaque. Les Allemands ont canonné Thann.
Le Reichstag allemand a manifesté sa joie de l’occupation de Brest-Litovsk qui lui a été notifiée. C’est maintenant Bielostok et Vilna que visent les armées germaniques.
Le comte Bernstorff a déclaré au secrétaire d’Etat américain et le chancelier de Bethmann-Hollweg a affirmé à l’ambassadeur des États-Unis, M. Gérard, que le cabinet de Berlin modifierait sa politique navale. C’est une reculade sur toute la ligne.
Une nouvelle grève de mineurs a éclaté dans le pays de
Galles.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Collection : Patrick Nerisson

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Mardi 24 août 1915

Louis Guédet

Mardi 24 août 1915

346ème et 344ème jours de bataille et de bombardement

4h soir  Calme sur toute la ligne. Fais pas mal de courses. Audience ce matin de 9h à midi, conseil de famille, conciliations. Prestation de serment de Dondaine, notaire à Beine, seul suppléant d’avoué à Reims pour la Guerre, comme commis greffier de paix, me voilà réorganisé, cela durera-t-il ? Aurai-je de nouvelles défections ?

Mon déménagement est commencé, les minutes, dossiers, registres sont en sûreté 52, rue des Capucins chez mon pauvre ami Maurice Mareschal. Je m’y réfugierai à mon retour le 8 septembre 1915. Puissé-je y être enfin tranquille et à l’abri des obus !! Je vais donc quitter, le jour de ma fête St Louis 25 août 1915, cette maison maudite de la rue de Talleyrand 37. Où j’y aurais tant souffert depuis 1 an, seul, isolé, abandonné de tout et de tous. Quel calvaire. Je vais donc la quitter seul, sans un mot d’adieu, de pitié, de compassion, de bonté de qui que ce soit. Je vais la quitter pauvre, avec mes épaves, mes ruines, comme Job. Je suis sans un toit, sans un ami, sans un parent… (la suite est rayée) pour ni (rayé) soutenir dans mon (rayé)  ne m’a fait aucune allusion, ne parait pas (rayé) là sans un (rayé) que lui (rayé) qui est aussi (rayé) que lui !! J’espère cependant (rayé). Il n’est pas permis d’être plus (rayé).

C’est donc la dernière journée que je m’abrite ici, ce sera donc été la dernière nuit que je vais tâcher de me reposer, oublier pendant quelques heures ma misère, mes tortures morales, mes soucis de toutes sortes !! Cette nuit sera-t-elle calme ? Le tonnerre de la Guerre, les obus me laisseront-ils reposer en paix, au calme, cette dernière nuit dans mes pauvres ruines ???…  J’y ai tellement souffert, qu’il serait juste que cette dernière nuit soit au moins tranquille, et que St Louis et N.D. (Notre-Dame) me protègeront définitivement, et que l’aube du 25 une ère nouvelle se lève pour moi, toute de bonheur, de paix, de réussite, de prospérité, de succès, d’honneur pour ma femme et nos enfants, mon pauvre vieux Père et…  pour moi !! Et que mes vieux jours ne soient plus qu’une suite ininterrompue de toutes satisfactions bien méritées, bien gagnées, je crois…  Et qu’enfin on voit bien qu’après l’épreuve la récompense arrive toujours, inéluctablement.

Je pars le 25 – St Louis – Je rentre le 8 septembre, Notre-Dame !! Sera-ce pour la Délivrance, la Paix, le Bonheur de revoir un foyer, tous réunis !! Je le souhaite ! Je n’ose plus dire je l’espère !! J’ai tant souffert ici !! Adieu Maison ruinée, adieu Ombres de toutes sortes !! J’ai bien, bien souffert ici, adieu.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Nuit tranquille ; matinée item. Visite du R. Père Philippe, Rédemptoriste ; lu la lettre du Cardinal Mercier. Vœux de fête du clergé, interprétés par M. Compant.

Visite à la Visitation ; quelques bombes ; 3 aéros français évoluent au-dessus de la ville.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 24 août

Activité des deux artilleries dans l’Artois (Souchez-Neuville-Roclincourt) avec luttes de grenades et de bombes.
L’ennemi bombarde Arras, Montdidier et Reims. Nous avons riposté avec efficacité par notre tir sur les tranchées ennemies.
Canonnade entre Somme et Oise et entre Oise et Aisne. Lutte de grenades et de pétards en Champagne, sur le front Perthes-Beauséjour: une de nos mines, par son explosion, détruit une tranchée avancée de l’ennemi, près de Ville-sur-Tourbe.
Luttes de grenades en Argonne, à Fontaine-Madame et dans le bois de Bolante.
Après une préparation sérieuse, nous avons pris quelques tranchées dans les Vosges, au Linge et au Barrenkopf.
Nos avions ont bombardé les gares de Lens, Hénin-Liétard et Loos et la voie ferrée de Douai à Lille.
Les Allemands ont subi un véritable désastre naval dans le golfe de Riga. Au cours de leurs opérations des derniers jours, ils ont perdu, tant par le feu des navires russes que par l’action d’un sous-marin anglais, un dreadnought, deux croiseurs et huit torpilleurs. Une tentative de débarquement qu’ils ont faite à Riga a été repoussée avec des pertes pour eux.
Deux de nos torpilleurs ont coulé un destroyer allemand au large d’Ostende. Nous n’avons subi aucune perte.
M. Venizélos a complètement constitué son c
abinet.

Source : La guerre au jour le jour


 

Collection : Patrick Nerisson

Collection : Patrick Nerisson

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Mardi 10 août 1915

Louis Guédet

Mardi 10 août 1915

332ème et 330ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Nuit d’orages terribles et de canon. On ne savait si c’était le tonnerre ou le canon qui grondait. Nuit angoissante, douloureuse sans sommeil, et ce matin comme je pensais un peu m’attarder au lit pour me reposer et reprendre un peu des forces avant le jour de les audiences de conciliation, conseil de famille du matin à 9h à celles de simples polices à 2h de l’après-midi, où j’ai jugé 106 affaires, sans compter les renvoi, cela m’a pris 3 heures. Je commençais à sommeiller quand vers 6h1/2 du matin un coup de sonnette impératif me fait réveiller en sursaut et j’entends ma domestique parlementer avec un homme qui paraissait fort surexcité. Je m’habille à la hâte et je me trouve en présence d’un brave homme tout agité qui me crie : « Vous me reconnaissez bien M. le juge de Paix, je suis M. Nottelet le gardien des scellés que vous avez apposés hier 7 août 1915 au domicile de M. Tacheau Henri rue Jacquart n°54. Je ne sais pas ce qu’il y a dans la chambre à coucher sur la porte de laquelle vous avez mis les scellés, mais çà n’a pas arrêté de chahuter là-dedans toute la nuit, çà hurlait, craquait, crachait toute la nuit, que je n’en n’ai pas dormi de la nuit. Il faut que vous veniez voir, c’est peut-être le chat du voisin, car ce doit être un chat, il vivait surtout à la maison.

Il faut que vous veniez voir ce que c’est ! car je ne reste pas là si c’est pour continuer cette bacchanale là toute la nuit. « Ce n’est pourtant pas un revenant ? » – « Oh non ! M. le juge de Paix. Je crois et puis Mme Tacheau-Carré était une trop brave femme pour venir m’ (embêter) m’em… …der comme cela ! Mais faut que vous veniez, elle va casser tout si c’est une bête, ce qu’on se dispute là-dedans bon sang de bon sang ! Je l’envoie chercher mon brave greffier Landréat avec qui j’avais apposé ces scellés, et met ordre à ma toilette. Ils reviennent et nous voilà déambulant dans les rues mornes de notre morne cité. Pas de canon ni d’obus heureusement, car dans ce quartier Cérès !! C’est plutôt fréquent.

Nous arrivons, le papa Nottelet notre homme avec son air tremblant tout encore tout apeuré et nous arrivons devant la fameuse porte de la chambre à coucher où il s’était passé quelque chose d’étrange cette nuit. Pendant que mon greffier cherchait la clef pour ouvrir nous entendons en effet dans l’intérieur de la pièce un vrai tintamarre, une bousculade furieuse. Des miaulements, des crachantes de choses qu’on déchirait, enfin une vraie sarabande. Je dis à Landréat d’enlever les scellés qui scellaient la porte et lui dit d’ouvrir avec précaution tout en se garant si la…  Bête ? voulait bondir sur nous ! A peine la porte fut-elle entrebâillée qu’un énorme chat gris hérissé, jurant, miaulant, crachant comme un possédé bondit, fonçât comme une flèche de l’ouverture vers la…  liberté !

C’était en effet le chat du voisin. Mais quel chaos dans la pièce, objets retournés, édredon crevé dont les plumes formaient un nuage en peinture. C’était effarant. Le temps de remettre un peu d’ordre dans la pièce et nous réapposons les scellés sur la fameuse porte derrière laquelle il s’était passé un véritable drame durant toute la nuit.

Bref j’avais mis un chat sous scellés durant presque 24h. Je vous avoue que je n’ai pas songé ni jugé à propos de faire un procès-verbal de levée et de réapposition des scellés pour délivrer cette bête de l’apocalypse qui a fait tant peur à papa Nottelet et mon greffier de scellés, qui en nous quittant me disait en s’épongeant le front avec un léger tremblement ! « Ah M’sieur le juge de Paix, vous ne saurez jamais la peur que c’te sale bête là m’a faite, le salaud, qu’il y revienne ! »

« Ne craignez rien, mon brave, il ne reviendra pas car je puis vous assurer qu’il en a soupé des scellés et du juge de Paix, et soyez certain que quand il m’apercevra désormais il ne songera qu’à se sauver, car il me parait avoir eu lui aussi une belle frousse.

« Oh ! M’sieur le juge de Paix, pas tant que moi, j’en suis sûr ! ? » s’écrie la brave Nottelet gardien. « Croyez-vous !? » – « Oh pour sûr ! mais surtout ne venez plus me demander de garder des scellés, çà ne prend plus, c’est la dernière fois que j’accepte ! Çà pourrait encore recommencer !! » Je les quitte en riant. Et voilà comment, sous la 3ème république un juge de Paix a mis, contretemps de guerre, sous scellés un chat, et voilà aussi pourquoi je suis arrivé en retard d’une demi-heure pour mes séances de conseils de famille et conciliation de cette matinée.

Un conseil, toutes les fois qu’un juge de Paix mettra les scellés sur une chambre à coucher, il fera bien de voir et de regarder sous l’édredon du lit s’il n’y a pas…  un chat ! Car, collègues, mes amis, vous vous exposeriez à ne plus trouver de gardien de scellés. Et par les temps actuels, cette espèce n’est pas chose qui court les rues quand on veut qu’ils remplissent exactement et correctement leur mission, avec la crainte car les apaches à l’affut d’un coup de main dans toutes maisons qui parait inhabitée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

– Nuit très agitée. 7 h., orage, éclairs, tonnerre. Toute la nuit canons et bombes, peut-être près ou sur la ville, mais assez loin de nous. Vers 2-4 h., canons de gros calibres français. Aéroplanes et canonnades vers 6-7 h.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 10 août

Violente canonnade en Artois. Une attaque allemande a été repoussée près de Souchez. A Neuville-Saint-Vaast, à l’est de Lille, l’ennemi, après avoir fait exploser une mine, a bombardé nos positions et a essayé de sortir de ses tranchées : il a été arrêté.
En Argonne, nouvelles attaques à coups de bombes et de grenades contre nos postes avancés. Elles ont été refoulées. Fusillade près de Vauquois et à la Haute-Chevauchée.
Canonnade dans les Vosges, spécialement dans la région du Lingekopf.
Une escadrille de trente-deux avions français, escortés par d’autres avions de chasse, a été bombarder la gare et les usines de Sarrebrück. Elle a lancé 164 Obus et déterminé de nombreux incendies.
Les Italiens ont avancé en Cadore, du côté de Sexten.
Les Russes ont repoussé les attaques dirigées contre Ossovietz et Kovno.
Le cuirassé turc Barbarossa Kheiveddin qui était un ancien cuirassé allemand, a été coulé dans la mer de Marmara, par un sous-marin.
L’Allemagne et l’Autriche commencent à se quereller au sujet de la Pologne, à laquelle François-Joseph voudrait donner un archiduc comme vice-roi.
Le poète d’Annunzio croit que la guerre durera jusqu’e
n 1916.

Source : La guerre au jour le jour

Mardi 10 août 1915, canons de gros calibres français. Aéroplanes et canonnades

Source : Patrick Nerisson

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Lundi 9 août 1915

Louis Guédet

Lundi 9 août 1915

331ème et 329ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Nuit de bombardement. Des victimes, peu de repos, journée lourde, orageuse, température de plomb. A-t-on bombardé ou non ? Je ne sais ayant été fort occupé ! Révisions et examens de mes 164 dossiers de simple police pour demain, visite de mes justiciables, actes à faire signer, correspondance, etc…  En résumé j’étais bien fatigué et bien découragé à 5h du soir. Reposé un peu et après-midi repris ma place à l’écritoire. Répondu à M. Delaunay juge d’instruction, me recommandant comme gardien des scellés son greffier, que je serais heureux de répondre à sa charitable sollicitation. Dans sa lettre il me donne du : « Juge de Paix et cher Collègue ! »  :)-

J’avoue que je ne suis guère habitué, accoutumé à cette musique là, surtout de la part d’un juge d’instruction et parce que notaire quoique juge de Paix intérimaire pour la durée de la Guerre ! Eh ! quoi ? Je deviendrais quelqu’un ? Quelque chose ? Je me garde de le croire, de le penser même, je faisais bien tranquillement ce que je crois être mon Devoir, rien de plus. Et ma foi ! que Reims soit dégagé tout de suite et je retournerai…  comme Scipion (?) (Il s’agit en fait du dictateur romain Cincinnatus)…  à mes bœufs.

Oh ! oui ! me retrouver avec les miens, mes amis, et enfin jouir d’eux loin de tout luxe, de toute vie mondaine fiévreuse et…  continuer à faire mon devoir pour les autres et pour moi-même.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Couché au sous-sol, canonnade et bombes en ville, mais loin de nous de 2 h. à 3 h.

Voyage à Trigny avec M. Camu. Service à 10 h. 1/2, quatre généraux présents, pour les soldats. Belle assistance militaire.

Visite du Général Guillaumat(1) qui seul est venu me voir au presbytère.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

200px-Adolphe_Guillaumat_1921(1) Général Guillaumat, commande en 1915 le 1er Corps d’Armée (Ve Armée) au Nord de Reims. Il est à Verdun en 1916 puis sur la Somme. En 1917 il remplace le général Sarrail à l’armée d’Orient. En juin 1918 il est gouverneur militaire de Paris, en octobre il libère Charleville à la tête de la Ve Armée.


 


Lundi 9 août

Actions d’artillerie en Belgique, près de Steenstraete, en Artois, sur le front de Santerre, dans la vallée de l’Aisne, où Soissons est bombardée.
En Argonne, les Allemands avaient réussi à pénétrer dans un de nos saillants, près de Fontaine-Houyette. Ils en ont été chassés et ne se sont maintenus que dans un poste d’écoute en avant de notre première ligne. A la Fille-Morte, ils ont pris pied dans une de nos tranchées, mais n’en ont pu garder que trente mètres. Activité d’artillerie en Woëvre, dans la région de Flirey et du bois Le Prêtre.
Dans les Vosges, plusieurs attaques ennemies ont été brisées au Lingekopf, au Schratzmaennele et au col qui sépare ces deux sommets. Les Allemands ont subi là de lourdes pertes.
Les Italiens ont bombardé Rovereto, entre Ala et Trente. Ils ont, une fois de plus constaté la présence de troupes allemandes dans le Tyrol.
Hindenburg se livre à des attaques furieuses contre Kovno et Ossovietz. Les Russes résistent toujours en vigueur.
La Roumanie a mobilisé de nouvelles classes de réserve.
On reparle d’une dissolution de la Chambre grecque.
L’Amérique a remis à l’Allemagne de nouvelles protestations contre sa politique n
avale.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Collection : Patrick Nerisson

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Samedi 31 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, mais gros canons et bombes, fusillade un peu intermittente toute la nuit, à intervalles très rapprochés.

5 h., bombes sifflantes en petit nombre. Aéros et tir de canons contre eux. Visite de M. Émile Charbonneaux, venu me remercier de ma visite à La Verrerie.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 31 juillet

Actions d’artillerie assez violentes en Belgique. Autour de Saint-Georges et de Steenstraete, combats à coups de grenades et de pétards, de tranchée à tranchée, près de Souchez et au Labyrinthe. Entre Oise et Aisne, à Quennevières, lutte d’artillerie. Explosion de mines en Argonne, entre Boureuilles et Vauquois et à Malancourt, canonnade près de Saint-Hubert. Au bois Mortmare et au bois Le Prêtre, entre Meuse et Moselle, canonnade et attaque d’infanterie refoulées. Un taube jette sur Nancy quatre bombes qui ne produisent aucun résultat. Lutte violente dans les Vosges, au Barrenkopf : une contre-attaque allemande est brisée avec de lourdes pertes.
Nos avions opèrent à Passchendaele, entre Ypres et Roulers, sur les bivouacs de l’ennemi, à l’ouest de Combles; sur les organisations allemandes de la colline de Brimont, près de Reims; sur la gare militaire de Châtel, en Argonne; sur celle de Burthecourt, en Lorraine; sur une usine de gaz asphyxiants à Dornach, en Alsace; sur la gare de Fribourg-en-Brisgau; sur la gare de Chauny. Une escadrille de quarante cinq appareils a jeté 103 obus sur les usines pétrolifères de Pechelbronn, près de Haguenau. Des obus ont enfin été lancés sur la gare de Detwiller et sur les hangars d’aviation de Phalsbourg.
Au front oriental, les combats se poursuivent le long de la Narew, où les Allemands ont subi des pertes sérieuses : sur la rive gauche de la Vistule, où leurs avant-gardes ont été repoussées; entre la Wieprz et le Bug, où ils ont été décimés. Les Russes ont fait enfin 1500 prisonniers près de Sokal.
On annonce que les Turcs fortifient Constantinople, comme si cette ville devait, à bref délai, subir un siège. Des avions français et anglais ont bombardé Smyrne.
Les Italiens ont réalisé des progrès sur le Carso et maintenu leurs positions en Carn
ie.

Source : la guerre au jour le jour


 

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Source : collection Patrick Nerisson

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Vendredi 30 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf gros coups de canons.

Visite à la famille Gray, avenue de Laon, dont le père et la mère ont été tués du même coup, mardi à 6 h. du soir, par un obus. Une image du Sacré-Cœur était au-dessus de leur porte. 5 h. 1/2, bombes sifflantes, aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Vendredi 30 juillet

Actions d’artillerie dans le secteur de Souchez, autour d’Arras et de Soissons: en Argonne, à Marie-Thérèse et à Fey-en-Haye.
Près de Saint-Hubert et à Malancourt, nous avons fait sauter à la mine plusieurs postes allemands.
Au Ban-de-Sapt, à Launois (Vosges), nous avons poursuivi nos avantages. Saint-Dié et Thann ont reçu quelques obus. Au Lingekopf, nous avons trouvé 200 cadavres allemands, et 400 autres au Barrenkopf. Les ennemis ont vainement essayé par des contre-attaques de nous déloger. Nous avons fait en tout 201 prisonniers.
Les Russes contiennent les Allemands près de Mitau, en Courlande. Les combats se poursuivent sur la Narew. Nos alliés ont pris l’offensive entre la Wieprz et le Bug, capturé 1500 prisonniers, et remporté deux succès près de Groubechow et à Sokal, dans la région du Dniester.
Les Italiens ont réalisé de nouveaux proprès sur le Carso, élevant à 102 le chiffre des officiers autrichiens capturés. Ils ont repoussé plusieurs attaques dans les Alpes de Carn
ie.

Source : la guerre au jour le jour


 

Source : collection Patrick Nerisson

Source : collection Patrick Nerisson

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Mardi 27 juillet 1915

Paul Hess

À 17 h 1/2, bombardement.

M et Mme Gray-Coret, fabricants de poteries, sont tués tous les deux à leur domicile, avenue de Laon 139, dans une explosion d’obus.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mardi 27 – Nuit tranquille. 6 h. soir. Aéroplanes qui ont tué Monsieur et Madame Gray à Saint-Thomas. Quelques bombes allemandes. Visite du Commandant Barrot. Expédition de la lettre aux Cardinaux pour l’Assomp­tion, écrite à la machine, imprimée en première épreuve, corrigée dans l’après-midi de lundi, aussitôt après la réception des réponses des Cardi­naux. Donné le matin, pour le diocèse, une Lettre Pastorale (n° 80).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 27 juillet

Canonnade moins intense en Artois. Quelques obus encore sur Arras. Lutte de mines en Champagne (Perthes-Beauséjour) et à Vauquois. Actions d’artillerie dans la région de Soissons, au bois Le Prêtre, près de Pont-à-Mousson, au Ban-de-Sapt, où l’ennemi essaie en vain de reprendre ses positions, et à l’Hartmannswillerkopf.
Nos avions ont bombardé la gare militaire de Nancillois, au nord de Montfaucon.
Au front oriental, les Russes ont de nouveau infligé de très grosses pertes aux Allemands sur la Narew. Ceux-ci n’ont pu passer nulle part entre Ostrolenka et Rojany, mais ils ont jeté deux bataillons sur la rive gauche, entre Rojany et Pultusk. Sur la rive gauche de la Vistule, ils ont prononcé des attaques stériles. Entre Vistule et Bug, ils ont été partout arrêtés, comme leurs alliés les Autrichiens. Sur le Bug, la Zlota-Lipa et le Dniester, aucune action d’artillerie.
La Turquie, tout en fournissant à la Grèce de vagues explications, continue à molester les Hellènes d’Asie.
De Monfalcone au Monte-Nero, les Italiens, en dépit des contre-attaques furieuses des Autrichiens, poursuivent leur avance. La flotte autrichienne est bloquée dans les bouches de Catta
ro.

Source : la guerre au jour le jour


 

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Photographie : collection Patrick Nerisson

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Lundi 26 juillet 1915

Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Au loin sourde canonnade. Matinée silen­cieuse. Réception de la réponse des Cardinaux de Bordeaux, Lyon, Mont­pellier au sujet des Prières à prescrire pour le 15 août. Aéroplanes.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

La manille dans une cagna - Photographie : collection Patrick Nerisson

La manille dans une cagna – Photographie : collection Patrick Nerisson


Lundi 26 juillet

Quelques actions d’artillerie : en Artois, autour de Souchez; entre Aisne et Oise, à Quennevières et au bois Le Prêtre. Ici la fusillade s’est jointe à la canonnade.
Nous avons remporté un nouveau succés au Ban-de-Sapt, dans les Vosges. Nous avons enlevé des organisations défensivives très puissantes, entre la hauteur de la Fontenelle et le village de Launois. Nous avons capturé 11 officiers et 825 soldats allemands; les tranchées regorgeaient de cadavres et nous y avons aussi trouvé six mitrailleuses. Les effectifs engagés par nous n’étaient que de deux bataillons.
Les Allemands ont subi un échec en Flandre, dans une attaque contre les troupes britanniques, – à Hooge.
Le cheminement des troupes germaniques continue en Courlande. Sur le front de la Narew elles ont été repoussées, vers la rive gauche de la Pissa, – mais plus loin, vers Rojany, le combat continue. Sur la Vistule, elles ont été arrêtées à Novo-Georgievsk et à Ivangorod. Entre Vistule et Bug, succés russe à Voislavitz, mais avance de l’ennemi à Groubechow. Bataille opiniâtre sur le Bug, près de Sokal. Les torpilleurs russes de la région du Bosphore ont bombardé un camp ottoman.
Goritz a été évacué par l’état-major autrichien. Les Italiens ont remporté un nouveau succès sur le Corso. Le chiffre total des prisonniers qu’ils ont faits depuis le début de la campagne monterait à 18.000.
La France remplace son ministre à Athènes, M. Deville, par M. Guillemin.

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Samedi 24 juillet 1915

Paul Hess

Sifflements, vers 10 heures, matin.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Samedi 24 – Nuit tranquille. 10 h., bombes sifflantes (fusantes) aéro­plane.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Photographie : Patrick Nerisson


 

Samedi 24 juillet

Canonnade en Artois, autour de Souchez. Quelques obus sur Soissons et sur Reims. Entre Oise et Aisne (Quennevières et Nouvron) et sur la rive droite de l’Aisne (Soupir), actions d’artillerie.
En Argonne, fusillade et canonnade autour de Bagatelle, où l’une de nos compagnie a pris une tranchée et rectifié le front à notre avantage.
Pont-à-Mousson a été bombardée. Au bois Le Prêtre, nous avons repris une tranchée et repoussé deux contre-attaques.
Près d’Arracourt, une reconnaissance ennemie s’est retirée devant nos feux.
Nous avons brisé une offensive dans les Vosges, à la Fave, et une autre à l’est de Metzeral.
Nos avions ont bombardé la gare de Conflans-en-Jarnisy.
Un dirigeable italien a opéré avec succés au-dessus de Nabrésina, entre Gradiska et Trieste.
De violents combats se poursuivent en Courlande et en Pologne, sur la Narew. Les troupes russes couvrent les positions avancées d’ivangorod, sur la Vistule. Elles résistent avec succès sur la Wieprz et sur le Bug. Elles ont fait 1500 prisonniers près de Sokal, sur la rive droite de ce fleuve.
M. Tittoni est rentré à Paris, après avoir conféré avec MM. Salandra et Sonnino. La tension italo-turque s’accroît.

Source : la guerre au jour le jour

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Vendredi 23 juillet 1915

Paul Hess

11 heures, bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 23 – Nuit tranquille, bombes sifflantes de 11 h. 1/4 à midi.

Réception des Bulles de Mgr de la Villerabel, des insignes du Sacré- Cœur.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

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Photographie : collection Patrick Nerisson


Vendredi 23 juillet

Quelques actions d’artillerie en Artois. Un faubourg d’Arras est à nouveau bombardé.
En Champagne, les aviateurs ennemis essayent de bombarder les villages et les gares de ravitaillement ; ils ont été violemment canonnés et leurs bombes incendiaires n’ont produit aucun dégât.
Violent bombardement entre Meuse et Moselle, dans la Woëvre septentrionale et au bois Le Prêtre.
En Lorraine, à Bioncourt-sur-la-Seille, nous repoussons une reconnaissance allemande.
Combat dans les Vosges. Nous attaquons utilement à l’ouest de Munster, et malgré neuf contre-attaques de l’ennemi, nous occupons 150 mètres de tranchées. Au nord de Munster, nous occupons la crête du Linge et prenons pied au sud de celle-ci, sur le Barrenkopf. Nous faisons 107 prisonniers.
Nos avions ont bombardé la gare d’Autry (Ardennes), à quelques kilomètres de Binarville.
Sur le front oriental, les Russes contiennent les Allemands à la droite de la Narew et sur la rive gauche de la Vistule. Les Allemands subissent aussi de grosses pertes sur les deux rives de la Wieprz et laissent 1000 prisonniers aux mains des Russes, près de Sokal, sur le Bug.
M. Wilson a fait partir sa réplique à l’Allemagne au sujet du Lusitania. Les grèves provoquées par les Progermains se multiplient aux Etats-Unis.
Les Italiens ont capturé un avion autrichien près d’Udine. Le député Bissolati, chef des socialistes réformistes, a été blessé en comb
attant.

Source : la guerre au jour le jour

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Vendredi 4 juin 1915

Paul Hess

A 16:3/4, une explosion soudaine se produit à proximité de l’hôtel de ville. Aucun sifflement n’ayant été entendu, nous supposons, au bureau, qu’un projectile a pu éclater accidentellement aux environs.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 4 – Nuit tranquille. Bombes vers 4 à 5 h.

Visite à l’Ambulance russe, à M. le Curé de Saint-Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

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Collection : Patrick Nerisson – Merci à lui


Vendredi 4 juin
Lutte d’artillerie au nord d’Arras, avec des actions d’infanterie à l’est de Notre-Dame-de-Lorette, où les positions n’ont pas varié, et dans la région du Labyrinthe, où nous avons progressé. Dans les trois derniers jours, dons avons fait ici 800 prisonniers et capturé deux mitrailleuses.
Vingt-neuf de nos avions ont bombardé le quartier-général du kronprinz, en y lançant 178 obus et des milliers de fléchettes. Les appareils ont été fortement canonnés, mais tous sont rentrés indemnes.
En Lithuanie (région de Chavli), les Russes ont repoussé plusieurs attaques allemandes. Ils ont de même refoulé une offensive en Pologne, sur le front de la Narew. En Galicie, ils ont progressé et enlevé des villages à la baïonnette sur la rive gauche du San inférieur; ils ont fait 1200 prisonniers sur la rive droite de ce fleuve. Mais le bombardement de Przemysl a été renouvelé avec une extrême violence et les Austro-allemands ont réussi à s’emparer de plusieurs canons. Près de Stryj, Les Allemands ont remporté quelques succès grâce à la supériorité de leur artillerie lourde.
La flotte italienne, après avoir visité toute l’Adriatique à la recherche de la flotte austro-hongroise, est rentrée au port sans incident.
Le sous-marin anglais qui opère dans la mer de Marmara a coulé un transport chargé de troupes turques et allemandes. Les Turcs ont perdu 8000 hommes dans les derniers combats autour de Krithia (presqu’île de Gallipoli).
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Vendredi 7 mai 1915

Paul Hess

Nuit calme. Bombardement dans la matinée

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 7 – Nuit tranquille. Journée tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Renée Muller

le 7 départ du lieutenant, il revient le 10

Renée Muller dans Journal de guerre d'une jeune fille, 1914

Voir la suite sur le blog :Activités de Francette: septembre 1916 – janvier 1917 : 3e carnet de guerre de Renée MULLER


Et sur le front, pendant ce temps là :

plaque de verre stréréoscopique. Collection Patrick Nerisson, merci à lui.

plaque de verre stréréoscopique. Collection Patrick Nerisson, merci à lui.


Ce jour là torpillage du Lusitania par un sous-marin allemand : RMS Lusitania

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