Paul Hess

20 février 1918 – On lit, dans L’Éclaireur de l’Est, de ce jour :

Pas d’indiscrétions.
Avis aux populations civiles.

Il a été constaté que des indiscrétions d’ordre militaire sont journellement commises par les habitants de la zone de l’armée qui, soit dans leur correspondance, soit dans leur conversation, donnent des renseignements sur les emplace­ments, les numéros, les mouvements, les effectifs ou l’état moral des unités et sur la nature et l’importance d’ouvrages ou de travaux exécutés par l’autorité militaire.

Toute indiscrétion constitue un danger pour la sécurité nationale.

Le Général commandant l’armée avertit la population civile qu’il n’hésitera pas à poursuivre les délinquants.

Toute indiscrétion commise sous quelque forme que ce soit, et notamment par correspondance privée, pourra faire l’objet de poursuites devant le conseil de guerre, conformé­ment à l’article 2 de la loi du 18 avril 1886, ou donner lieu à des arrêtés d’évacuation immédiate à l’intérieur, contre les auteurs.

En tout état de cause, les correspondances renfermant des renseignements d’ordre militaire ne seront en aucun cas acheminées à destination.

— Des officiers viennent à la mairie, conférer avec le maire et l’administration municipale.

Nous apprenons ensuite qu’il est question de faire évacuer plusieurs services de la mairie, au nombre desquels serait la « comptabilité ».

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 20 – -3°. Nuit très tranquille ; tirs allemands sur nos batteries, de 7 h. soir à minuit environ. Reprise à 2 ou 3 h., moins intense. Visite d’un Colonel, envoyé du Président du Conseil, du Ministre de l’Intérieur et du Ministre de la Guerre : faire évacuer le clergé, excepté 5 ou 6 prêtres. Bombes sur batteries, pas loin, de 11 h. à midi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 20 février

Actions d’artillerie violentes, au cours de la nuit, dans la région sud de la forêt de Saint-Gobain, dans le secteur de Chavignon, et au nord-ouest de Bezonvaux.
Nos pilotes ont abattu ou gravement endommagé, au cours de nombreux combats, dix-huit appareils allemands. En outre, un ballon captif ennemi a été incendié.
Nos escadrilles de bombardement ont lancé 16000 kilos d’explosifs sur des objectifs ennemis, notamment sur les gares de Metz-Sablons, Forbach, Bensdorf, les dépôts d’Ensisheim, où un violent incendie s’est déclaré, ainsi que sur certains terrains d’aviation.
Les Anglais ont réussi des raids sur trois points différents.
Au sud-est d’Epéhy, les troupes irlandaises ont pénétré dans les tranchées ennemies, vers la ferme Gillemont et ramené des prisonniers.
Au sud de Lens, les troupes canadiennes ont ramené cinq prisonniers.
Plus au nord, les troupes du Lancashire du nord et du yorkshire ont fait, sur un large front, un raid dans les tranchées allemandes dans la partie sud de la forêt d’Houthulst. Un grand nombre d’ennemis ont été tués, vingt-sept prisonniers ont été faits.
Au front italien, lutte d’artillerie sur le plateau d’Asiago et dans le secteur Posina-Astico-Priula.
Des groupes importants d’ennemis ont été dispersés par le feu de l’artillerie. Vicence a été bombardée. Il y a quelques victimes.
Le Soviet des commissaires du peuple a déclaré accepter les conditions fixées à Brest-Litowsk par les empires centraux. Le général Hoffmann, chef d’état-major allemand au front oriental, a demandé à Petrograd une certification du radio qui lui avait été transmis à ce sujet. Un courrier russe a été envoyé à Dwinsk qui a été occupé en même temps que Luck par les Allemands.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

 

 

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