Paul Hess

Dimanche 17 février 1918 – La démarche, auprès du maire, dans la matinée de ce jour, d’un officier général aperçu pour la première fois, a été remarquée par une partie du personnel.

Journée mouvementée. Bombardement sérieux sur le fau­bourg de Laon, en fin d’après-midi. 500 obus à peu près.

Le soir, des aéros boches qui depuis un moment se fai­saient entendre, volant assez bas, laissent tomber sept à huit tor­pilles qui font en éclatant un bruit épouvantable. Pendant l’explo­sion des premières, je me trouvais en pleine obscurité, dans la rue Colbert, venant de quitter notre popote. Je puis me réfugier dix minutes dans une maison, occupée encore là, par d’aimables ha­bitants, M. et Mme Bourgoin puis, n’entendant plus rien, continuer mon chemin vers la rue du Cloître. Les engins sont tombés vers le quartier de la rue Ruinart de Brimont.

Nouveau bombardement ensuite par les pièces.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 17 – -5°. Temps superbe. Nuit tranquille à Reims, mais long combat vers l’est de 3 h. à 5 h. Visite de M. Valentin Briffault, député belge, que j’ai entendu parler à la Société antimaçonnique, Aviateur. Visite d’un général américain. Venu à la maison, rencontré sur le parvis. Visite de M. Abelé. Vers 6 h. 30 à 7 h., avions nous survolent très bas ; bombes d’avions sur la ville ; je descends à la cave ; canonnade jusque vers 9 h. Visite de M. Charbonneaux, adjoint, et de M. Lelarge, au sujet de l’évacuation de Reims : on veut évacuer les enfants, les personnes inutiles ; et ne retenir que 2 à 3 mille personnes, comme gardiens. Nuit tranquille en ville, mais à l’est, fréquents coups de canon, fusils, mitrailleuses. Rue de Cernay, incendie par obus allemands.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 17 février

En Champagne, dans la région de Ville-sur-Tourbe et en Haute-Alsace, au sud de Burnhaupt-le-Bas, nous avons repoussé des tentatives de coups de main ennemis.
De notre côté, au cours d’une incursion dans le secteur de Vauquois, nous avons fait un certain nombre de prisonniers.
Lutte d’artillerie active sur la rive droite de la Meuse, notamment dans la région de Bezonvaux et en Haute-Alsace.
Des avions ennemis ont lancé plusieurs bombes dans la région au nord de Nancy. On signale des tués et des blessés dans la population civile.
Sur le front anglais, les troupes du Lancashire ont réussi un coup de main dans la région de la voie ferrée d’Ypres à Staden. Onze prisonniers ont été ramenés. Les pertes sont légères du côté de nos alliés.
Les batteries allemandes ont été actives du côté de Lens et dans les secteurs de la Bassée et de Wyschaete.
En Palestine, les Anglais ont avancé leur ligne sur un front de six milles et une profondeur moyenne de deux milles de part et d’autre du village de Mukhinas. Ils ont repoussé une tentative ennemie au nord-ouest de Jérusalem.
Un sous-marin allemand a bombardé Douvres.
La Suède a invité le gouvernement de Petrograd à faire évacuer la Finlande.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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