Paul Hess

30 janvier 1918 – Bombardement comme hier. Il commence plus tôt ; vers 17 h 1/4.

A partir de 20 h, nouvelle séance, ainsi que la veille ; on en­tend parfaitement les départs des pièces allemandes se succéder rapidement par trois et quatre et les explosions d’arrivées se suivre, naturellement, de même quelques instants après. Mélange d’obus à gaz.

Avis donné ce jour, par le journal L’Éclaireur :

La carte de pain.

Elle ne s’applique qu’aux grandes villes.

D’après les déclarations faites à la Chambre par M. Boret, ministre du Ravitaillement, la carte de pain fixée à 300 grammes, n’est actuellement obligatoire que pour les grandes villes ; des catégories seront du reste créées dans ces villes et les rapatriés des régions envahies seront assimilés aux classes la­borieuses.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 30 – -2°. Nuit assez bruyante, mais pas sur la ville. Avions : tir contre eux. Visite du Commandant de TEpinière qui apporte des vues photographiques, et en prend de la Cathédrale et de la maison. A partir de 4 h., bombardement violent, pas loin d’ici, sur batteries ? Éclats rue du Barbâtre, rue Gambetta. 1 obus au Bon Pasteur. Le bombardement continue jusqu’à 10 h. 1/2 soir. Je me décide à descendre à la cave pour pouvoir dormir.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mercredi 30 janvier


Actions d’artillerie assez violentes dans la région du Four-de-Paris, ainsi qu’à l’Hartmannswillerkopf.
En Haute-Alsace, après une courte préparation d’artillerie, nos détachements ont pénétré profondément dans les organisations ennemies au sud-est de Seppois-le-Haut. Ils ont détruit de nombreux abris et ramené des prisonniers. Un avion allemand a été abattu. Nos escadrilles ont lancé 6000 kilos d’explosifs sur les gares de Conflans, les usines de la région de Saint-Prlvat et divers terrains d’aviation de la zone ennemie.
Sur le front britannique, un coup de main allemand a été repoussé vers Arleux-en-Gohelle. Grande activité de l’artillerie ennemie dans le secteur de Monchy-Le-Preux.
L’infanterie italienne a attaqué avec impétuosité les positions avancées de l’ennemi, à l’est de la conque d’Asiago et les a brisées en plusieurs points, en dépit de l’énergique résistance qu’elle a rencontrée. 1500 prisonniers, dont 62 officiers, ont été évacués a l’arrière. L’artillerie franco-britannique a coopéré à l’action. Dix avions ennemis ont été abattus.
Un raid de gothas a eu lieu sur Londres. L’un d’eux a été détruit. On compte 47 morts et 169 blessés.
La grève qui à éclaté à Berlin s’est étendue au bassin westphalo-rhénan. Le gouvernement a procédé à une répression.
Les maximalistes ont renversé la Rada ukrainienne de Kiev et enlevé Helsingfors, capitale de la Finlande.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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