Paul Hess

29 novembre 1917 – Bombardement.

A 15 h, environ, tandis que nous travaillons tranquille­ment dans les bureaux de la mairie, 6, rue de Mars, un obus vient brusquement siffler pour éclater aussitôt à la clinique Bourgeois, rue de la Grosse-Ecritoire. Les bureaux se vident instantanément, sous le coup de la surprise et aussi de la crainte qu’il soit suivi d’autres projectiles, mais rien ne survenant ensuite, l’activité re­prend un moment après.

La police, dont les tables sont installées vis-à-vis des nô­tres, dans le cellier du 6 de la rue de Mars, reçoit, sur la fin de l’après-midi, un coup de téléphone de la place, pour faire prévenir la population que l’on craint un violent bombardement avez gaz ; l’alerte nous est transmise immédiatement.

A cette nouvelle, nous nous demandons d’abord ce que l’on peut savoir à l’avance des intentions de l’ennemi et ce qui permet de lancer pareil avertissement.

Par prudence, je prends toujours mon masque, en quittant la mairie pour rentrer rue du Cloître 10.

La soirée de passe comme d’habitude.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Jeudi 29 – Paris. Réunion pour le Codex. Visite du Colonel Keller, de Mgr Chesnelong. Assistante des Chanoinesses de Saint-Augustin de Burnot qui cherche le moyen de reprendre pied en France. Mme Noël ; Belavary, Henriot. Soupé à Saint-Sulpice avec le P. Janvier, René Bazin, Mgr de Chalons. Bombes à Reims, dont une à l’endroit où fut tué le petit Jean (… Malvet) notre voisin ; une sur le Lycée ; une 3ème pas loin (400 en tout dit l’Éclaireur de l’Est du 1“ décembre).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 29 novembre

Dans la région de Saint-Quentin, nous avons aisément repoussé deux coups de main ennemi. Nos patrouilles opérant à l’ouest de Tahure et dans la région de Samogneux, ont ramené des prisonniers, dont un officier.
Une tentative de coup de main sur un de nos postes, à l’ouest du bois Le Chaume, a échoué.
Il se confirme que notre attaque sur les positions allemandes, au sud de Juvincourt, a coûté des pertes très sérieuses à l’ennemi. Le chiffre des prisonniers que nous avons faits, dans cette affaire atteint 476. Dans le matériel capturé, nous avons dénombré 13 mitrailleuses, 3 lance-grenades, 3 canons de tranchées et 400 fusils.
Sur le front anglais, vifs combats. Les attaques locales de nos alliés dans la région de Fontaine-Notre-Dame et de Bourlon ont donné lieu à de violentes contre-attaques. L’ennemi ayant reçu des renforts, oppose une résistance obstinée. La journée a été marquée par des alternatives d’avance et de recul. Les troupes britanniques ont fait plus de 500 prisonniers et porté leurs lignes en avant. Ils ont repoussé une offensive allemande sur l’éperon à l’ouest de Moeuvres.
Combats ordinaires sur le front italien. Quatre avions ennemis ont été abattus.
L’adjudant Krylenko, généralissime maximaliste a fait tenir au grand état-major allemand, par des parlementaires, sa proposition d’armistice.
La conférence interalliée, où vingt et une nations sont représentées, s’est ouverte à Paris sous la présidence de M. Clemenceau.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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