Paul Hess

23 avril 1917 – Bombardement serré, commencé plus tôt que d’habitude, vers 8 h du côté du boulevard de Saint-Marceaux et qui s’étend sur le centre. En même temps, un dépôt de grenades saute dans le haut de l’avenue de Laon. Des gros calibres font entendre ensuite leurs explosions autour de l’hôtel de ville. Un soldat est tué rue du Clou- dans-le-fer ; un autre blessé.

Dans la matinée, un cheval blessé dans les environs, est venu mourir rue de Mars. Cet après-midi, un poilu de passage en a dé­bité, sur place, les meilleurs morceaux. C’était une aubaine pour les amateurs des popotes de l’hôtel de ville. Guérin, notre cuistot, n’a pas laissé passer non plus cette occasion ; il s’est fait adjuger la moitié du filet.

— Nous nous demandons à quel propos le communiqué fait mention, aujourd’hui, d’un violent bombardement de Reims, puis­que depuis le 6 courant ce n’a été, pour nous, qu’une suite de bombardements terribles, dont il n’a rien dit.

Nous préférerions qu’il soit plus explicite sur les résultats donnés par la fameuse offensive déclenchée de notre part, le 16 avril, et dont nous espérions tant un changement complet de situation pour Reims, car tout ce que nous sommes à même de constater jusqu’à présent, c’est une sérieuse aggravation des condi­tions déjà fort pénibles d’existence, dans notre malheureuse ville.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos
Avenue de Laon

Avenue de Laon


Cardinal Luçon

Lundi 23 – + 2°. De 2 h. à 9 h. au nord (?) violent combat d’artillerie mitrailleuses (allemandes). A 5 h. aéroplanes. Matinée : bombardement pres­que continu en toutes directions. 2 heures : série ininterrompues de bombes allemandes : la matinée et l’après-midi, roulements de bordées de canons à l’est de Reims. Souscription ouverte par Mgr Gibier. Lettre à Mgr Gibier, publiée dans les journaux. (Recueil, p. 129).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 23 avril

Entre Somme et Oise, lutte d’artillerie très active dans la région au sud de Saint-Quentin et au nord d’Urvi1lers.

Entre Soissons et Reims, action d’artillerie intermittente daus certains secteurs.

En Champagne, la journée a été marquée par une série de réactions de l’ennemi sur les hauteurs que nous tenons daus le massif de Moronvilliers.

Une violente attaque, dirigée sur le Mont-Haut, a été réduite à néant après un vif combat: nos feux de mitrailleuses et nos contre-attaques ont infligé de sanglantes pertes à l’ennemi. Un bataillon ennemi a été pris sous nos feux et s’est dispersé.

Trois avions ennemis ont été abattus par nos pilotes.

Les troupes britanniques ont effectué une nouvelle progression à l’est du bois d’Avrincourt et la partie sud du village de Trescault est tombée entre leurs mains. Vif combat au sud-est de Loos. Nos alliés ont réa1isé une nouvelle avance en ce secteur et ont fait des prisonniers. Ils ont abattu quatre avions allemands, mais quatre des leurs ne sont pas rentrés.

Une escadrille de cinq destroyers allemands a lancé des obus sur Calais, puis sur Douvres. Attaquée devant cette ville par des navires patrouilleurs anglais, elle a perdu deux de ses unités: les autres ont pris la fuite.

Canonnade sur l’ensemble du front italien.

On annonce une sortie de la flotte allemande de la Baltique dans la direction des côtes russes.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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