Paul Hess

24 avril 1917 – Violent bombardement, à partir de 7 h. Il est toujours excessi­vement dangereux de se risquer dehors.

Encore des 305 sur la cathédrale ; ils y causent des dégâts de plus en plus considérables. Nouveaux entonnoirs sur le Parvis, dont les maisons sont disloquées.

Le théâtre, atteint près de la coupole, a été aussi fortement abîmé aujourd’hui.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 24 – + 6°. De 2 h. à 3 h., violentes canonnades françaises. De 7 h. matin à 11 h. 1/2, violent bombardement sur la ville, autour de nous ; Obus énormes tirés sur la Cathédrale, de 9 h. à 10 h. 15. La terre tremble : les maisons sont secouées à en crouler. Visite à la Cathédrale à 1 h. Elle est en ruines. Les voûtes sont écroulées en sept endroits. Le sanctuaire est rempli de décombres sous lesquels disparaît écrasé l’autel majeur.

Je me tenais sur le perron de la maison du côté de la Cathédrale. On disait que les Allemands voulaient abattre la tour nord…. je voulais voir. Quand j’entendais le coup de départ de l’obus à 15 ou 18 kilomètres au nord-est (vers Lavannes) j’avais quelques secondes, 7 ou 8, avant l’arrivée de l’obus : j’allais vite me mettre à l’abri dans le corridor où était mon lit ; là j’étais sûr que les obus destinés à la Cathédrale et dont le tir était parfai­tement réglé ne tomberaient pas sur notre maison qui est à environ 60 mè­tres de la Cathédrale. Je ne craignais donc que les éclats qui devaient entrer dans le corridor, par la porte vitrée, privée de verres et non close. Là j’at­tendais que la pluie d’éclats et de pierres fût… Le monstre accourait en rugissant, s’abattait sur la Cathédrale, la terre tremblait. Alors je retournais sur le perron. Je trouvais la Cathédrale enveloppée d’un nuage de fumée jaunâtre-verdâtre, couleur soufre. Le ciel était sans nuage ; le vent soufflait de l’ouest, emportait la fumée et je reconnaissais alors l’endroit où l’obus avait porté. Quand le coup de départ retentissait, je retournais dans mon abri, et là le dos courbé j’attendais la chute de l’engin. Le feu a… pendant une heure et un quart. C’est ainsi que j’ai pu par là être témoin oculaire du bombardement le plus violent de la Cathédrale, ce qui, après l’incendie, lui a fait le plus de mal.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 24 avril

En Belgique, l’ennemi a déclenché plusieurs attaques en divers points de notre front. Ces attaques ont été complètement repoussées par nos feux. Quelques fractions ennemies qui avaient réussi à pénétrer dans nos éléments avancés, en ont été rejetés immédiatement après un combat corps à corps. Les Allemands ont laissé des prisonniers entre nos mains.

Entre la Somme et l’Oise, nos batteries ont exécuté des tirs de destruction efficaces sur les organisations allemandes.

Entre l’Aisne et le chemin des Dames, nous avons réalisé quelques progrès au nord de Sancy.

La lutte d’artillerie a été particulièrement vive dans le secteur de la ferme Hurtebise.

Nos pilotes ont livré de nombreux combats aériens, abattant six avions ennemis. Un groupe de quatorze de nos avions a lancé 1740 kilos de projectiles sur des gares et des bivouacs de la vallée de l’Aisne.

Canonnade sur le front belge.

Les Anglais ont attaqué sur un large front, des deux côtés de la rivière Souchez. Les troupes ont progressé de façon satisfaisante. Nos alliés, au sud de la route Bapaume-Cambrai, ont pris une grande partie du bois d’Havrincourt.

En Macédoine, canonnade dans la région du lac Doiran et dans la boucle de la Cerna. Nous avons repoussé plusieurs attaques.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

Share Button