Louis Guédet

Mercredi 7 février 1917

879ème et 877ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Toujours beau temps, fortes gelées mais un peu adoucies, mouvement de lune sans doute. Caisse d’Épargne ce matin. Courses après-midi, peu ou pas de courrier. Discuté avec Houlon sur une question de renvoi de pensionnaire boursière, emportée de la Maison de Retraite. Cas facile à la constatation que la boursière est tout à fait distincte de la pensionnaire. Je crois que j’y suis arrivé, et en tout cas qu’il faut que lui et Guichard suivent mon conseil de prudence. Mettre au pied du mur la surdité. Vu M. Georget un instant. Il se plaint fortement du Tribunal qui ne travaille pas plus à Épernay qu’il ne travaillait à Reims, et avec les bombes en moins cependant !! Singulier Tribunal et encore plus singuliers magistrats que nous avons-là !! C’est triste !…  En tout cas Georget n’est pas content. Je suis à jour. Je m’en désintéresse donc. Je me sens fort fatigué, épuisé même. Je crois que je tomberai. Et puis sans encouragement, sans soutien, sans amis, seul, abandonné de tous. C’est bien triste, bien pénible. Quelle vie de martyr j’aurais menée, sans espoir, sans consolation, sans espoir de voir même un beau jour…

Le feuillet 426 a été supprimé.

(Rayé). Mon brave (rayé) paraissait enchanté de ma (rayé). Il me contait qu’il avait (rayé) en septembre 1916 du concierge de (rayé) en face, qui un soir avait vu (rayé) comme (rayé) sur une (rayé). Il parait que c’était (rayé). Bref, il faut que cela finisse. J’ai heureusement rencontré (rayé) qui de son côté va faire un rapport à l’Armée. Et j’espère qu’on supprimera et le (rayé) de la (rayé) et (rayé) avec (rayé) lieu de la (rayé) comme accessoire.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 7 – – 7°. Nuit tranquille en ville ; mais toute la nuit canonnades et mitraillades, intermittentes mais fréquentes. Canonnades, mitraillades près de Reims entre batteries. Bombes sifflantes à 2 h. Visite du Photographe de l’Armée.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 7 février

Vives luttes d’artillerie, en Belgique, dans le secteur du canal de  sur la rive droite de la Meuse, entre Louvemont et les Chambrettes, ainsi qu’en Lorraine, dans la région Emberménil-Reillon.

Deux coups de main ennemis ont échoué sous nos feux à la droite de la Meuse, l’un à l’est de Louvemont, l’autre aux Eparges.

En Lorraine, l’ennemi a attaqué une de nos tranchées vers la digue de Parroy, au nord-ouest de la forêt. Une fraction allemande, qui avait pénétré jusqu’à notre première ligne, en a été immédiatement rejetée par notre contre-attaque.

Dans la région d’Ancerviller, nous avons capturé une patrouille allemande.

En Alsace, dans la région d’Aspach, au nord-ouest d’Altkirch, après une préparation d’artillerie, nos reconnaissances ont pénétré en trois points différents dans les positions allemandes. Après avoir bouleversé les ouvrages de l’adversaire et détruit ses abris, nos troupes sont rentrées sans avoir subi de pertes.

L’Espagne a expédié sa réponse à la note allemande concernant le blocus. Le Brésil a également envoyé sa réponse.

La presse d’outre-Rhin continue à dire que la guerre avec l’Amérique ne lui inspire aucune crainte.

Les Anglais ont occupé 1000 mètres de tranchées ennemies sur le front de la Somme, dans la région de Grandcourt. Ils ont fait 48 prisonniers. Ils ont déployé une grande activité d’artillerie dans le secteur d’Ypres.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Paschendaele

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