Louis Guédet

Lundi 16 octobre 1916

765ème et 763ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie et beau temps qui s’élève l’après-midi, froid. Vu le maréchal des logis de Robert ce matin. Mon pauvre petit est fort fatigué, il a grandit d’un centimètre 1/2 et s’élargit de poitrine, ce qui le fatigue. Il a eu un étourdissement l’autre jour et est tombé de cheval. Il ne se plaint pas le pauvre enfant, il a fallu que ce brave Rousseau qui est de Taissy qui est son sous-officier direct me le dise. Ce Rousseau a la Croix de Guerre, blessé. Il aime bien Robert, mais il dit que ces enfants-là ne sont pas assez bien nourris. Pauvre petit, il faut que je passe par toutes les tortures. Travaillé ensuite. Après-midi fait des courses, Hospices, Hôtel de Ville, rencontré Martin, Houlon, Palliet commissaire central, qui m’a donné un coup en me disant qu’on ne me pouvait rien parce que volontaire, que sinon on m’aurait déplacé, et que j’en serai quitte pour une admonestation du Garde des Sceaux. Je me demande pourquoi ou de quel droit ? Cela m’a retourné. Entré dans le cabinet du Maire, causé avec lui et Raïssac et malgré moi dit ce que Palliet m’avait dit et les larmes sont parties. Je ne suis plus fort et je suis à bout de nerfs. Très gentiment ils m’ont remontés, Houlon tout affectueux, Raïssac et le Dr Langlet tout paternel qui en me quittant m’a dit : « Ne vous tourmentez pas de cela, et s’il faut qu’on parle pour vous à la Chancellerie, ce sera fait ! » Cela m’a un peu remis, mais j’étais à bout de forces. Enfin attendons.

Rentré chez moi et travaillé. Je suis bien las, bien à bout !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Lundi 16 – Nuit tranquille. + 7° ; pluies. 19 obus sifflent (sur batteries ?)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 16 octobre

Au nord de la Somme, l’ennemi a tenté plusieurs contre-attaques sur les positions dont nous nous étions emparés. Quelques-unes ont été dispersées par le feu de notre artillerie avant d’avoir atteint nos lignes; les autres ont toutes été brisées par nos fantassins, qui ont maintenu et consolidé tous leurs gains.
Grande activité d’aviation et d’artillerie dans la région de la Somme. Le nombre des prisonniers valides faits au cours des combats de la veille dans le secteur Ablaincourt-Belloy est de 1100, dont 19 officiers.
Les Anglais ont pleinement réussi dans leurs tentatives au sud de l’Ancre. Au nord de la redoute Stuff, ils ont enlevé deux lignes de boyaux de communication et fait 101 prisonniers. A la redoute Schwaben, gains plus considérables encore et fortes pertes pour l’ennemi. Les troupes britanniques ont pénétré dans les tranchées allemandes à l’ouest de Serre, au nord de Roclincourt, au nord-est de Festubert et au nord de Neuve Chapelle. Elles ont fait des prisonniers et bouleversé les défenses ennemies.
En Macédoine, les troupes anglaises ont bombardé la région de Sérès et de Doiran. Les Serbes ont progressé sur la rive gauche de la Cerna.
Un escadron français a coupé la voie ferrée au sud de Sérès.
Les Italiens ont remporté des succès dans le Trentin.
Les Roumains résistent toujours avec avantage à la passe de Tomos.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Ablaincourt, le pressoir,1916, 16e RI

Ablaincourt, le pressoir,1916, 16e RI

 

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