Paul Hess

22 février 1918 – L’Éclaireur de l’Est, ce matin, donne connaissance de l’avis suivant, de la mairie :

Évacuation partielle de la ville de Reims.

L’évacuation d’une partie de la population de Reims est décidée. Elle sera exécutée à bref délai et ceux d’entre nous qui devront quitter la ville, seront prévenus individuellement du jour, de l’heure et de l’endroit où des voitures viendront les prendre et les conduire.

Tous les habitants qui doivent ou non quitter la ville, sont donc priés de procéder le plus rapidement possible à un in­ventaire de leurs mobiliers et marchandises, qui devra être porté à la mairie le samedi 23 et le dimanche 24 février, pour être revêtu du visa municipal, en vertu d’une circulaire de M. le ministre du Blocus et des régions libérées du 9 février 1918.

Le maire : J. -B. Langlet

— Bombardement le soir.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 22 – + 4°. Nuit tranquille à Reims. Préparé les restes des Cœurs des Cardinaux de Lorraine et du Cardinal Gousset, pour les expédier à Cormontreuil. A 9 h. soir, bombes tout près de nous, pendant 5 minutes seulement, reste de la nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 22 février

Au nord-ouest de Reims, dans la région de Loivre, un coup de main ennemi a échoué sous nos feux.
Le chiffre des prisonniers faits en Lorraine, au cours des opérations au nord de Bures et à l’est de Moncel, est de 525, dont 11 officiers.
Assez vive activité d’artillerie de part et d’autre sur l’ensemble du front, notamment dans les régions de Pinon, Vauxaillon, Malmaison, Pontavert, Guyencourt et la butte du Mesnil.
Nos pilotes ont abattu trois avions allemands, contraint deux autres appareils à atterrir dans leurs lignes, gravement endommagés, et incendié un drachen.
Les troupes britanniques ont réussi un raid à l’est du bois du Polygone et capturé quelques prisonniers. L’artillerie ennemie a été active devant les positions de Flesquières.
Les aviateurs anglais ont attaqué de nouveau Thionville et jeté vingt-six bombes sur la gare. Une forte explosion s’est produite et des incendies se sont déclarés. Tous les appareils sont rentrés indemnes.
Les aviateurs anglais ont bombardé également les usines et la gare de Pirmassens, où une tonne de projectiles a été lancée. Tous les appareils sont rentrés.
Les troupes britanniques refoulent pas à pas les Turcs à l’est de Jérusalem. Elles ont progressé de quatre kilomètres et demi sur un front de douze kilomètres.
A l’ouest de Jérusalem, elles ont progressé d’un kilomètre et demi sur un front de six et demi. Elles ont bombardé les campements de la rive gauche du Jourdain.
Les Italiens ont jeté des bombes sur Innsbruck.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

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