Louis Guédet

Mardi 29 août 1916

717ème et 715ème jours de bataille et de bombardement

6H soir  Beau temps, lourd, nuageux, de l’orage en ce moment. Été voir le Président du Tribunal Hù ce matin pour savoir ce qui avait été dit au ministère de la Justice et au Parquet Général à propos de mes greffiers. C’est conforme à la communication d’une lettre du Procureur Général qui demande un rapport, ce que je vais faire. En allant à La Haubette où demeure le Président un obus allemand lancé sur un de nos avions est venu tomber près de l’Hôtel des Trois-Poissons (L’auberge des Trois-Poissons se trouvait le long du canal, entre le Palais des Congrès et le pont de Vesle) tandis que je traversais le Pont Neuf au bout de la rue Libergier. Vraiment c’est à désespérer de rester dans les rues et de vaquer à ses occupations. Président toujours nerveux, braillard, etc…  Quel type ! (rayé).

Cet après-midi audiences pour les réquisitions militaires, beaucoup de conciliations. Rentré pour travailler un peu vers 5h du soir.

La Roumanie a déclaré la Guerre à l’Autriche. L’Allemagne vient de la déclarer à la Roumanie !! La Raquette quoi !! Cela nous donnera-t-il un résultat ? Je n’ose plus rien espérer ni supposer, nous sommes ici si malheureux ! Trente et une déclarations de Guerre, treize états d’Europe en Guerre et un en Asie, le Japon ! En Europe il ne reste plus que la Suisse, l’Espagne, la Hollande, la Suède et la Norvège en état de Paix. C’est formidable. Que sortira-t-il de tout cela. Je ne sais, mais on est bien las…  las…  découragé…  2 ans sous les bombes, c’est trop long, jamais je ne me remettrais de cela…  quelle mort lente, quel martyr.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

29 août 1916 – Bombardement à 7 h 1/2 du matin.

Les communiqués parlent encore un peu d’attaques ou de bombardements autour de Verdun, mais les efforts des Allemands paraissent avoir diminué considérablement d’intensité.

L’action commencée sur cette place vers le 20 février, a déjà duré plus de six mois.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

 Cardinal Luçon

Mardi 29 – Nuit tranquille. + 15°. 8 h. bombes sifflantes tombant pas loin d’ici ; tir des gros canons français. Orage.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 29 août

La Roumanie a déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie, et les premiers combats sont engagés à la frontière.
Sur le front de la Somme, vive activité d’artillerie dans la région d’Estrées, de Belloy-en-Santerre et de Lihons.
Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont dirigé sur nos positions à l’est de Fleury, une attaque qui n’a obtenu aucun résultat. L’artillerie allemande, contrebattue par la nôtre, a bombardé nos tranchées du bois de Vaux-Chapitre.
L’artillerie anglaise à longue portée a pris sous son feu les troupes et les convois allemands entre Bapeaume et Miréavucourt. Elle s’est montrée également très active en face de Calonne et de Neufchâtel, entre Auchy et la redoute de Hohenzollern. Nos alliés ont fait 137 prisonniers.
Sur le front d’Orient, combat d’artillerie de la Strouma à Lionnica. A l’est de la Cerna, les Serbes ont réalisé de sérieux progrès du côté de Vetrenik.
Trois attaques bulgares sur la route de Banica à Ostrovo ont été repoussées avec des pertes importantes pour l’ennemi.
L’Allemagne a déclaré la guerre à la Roumanie où le roi a proclamé la mobilisation générale.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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