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Samedi 16 février 1918

Louis Guédet

Samedi 16 février 1918                               

1254ème et 1252ème jours de bataille et de bombardement

2h1/2 soir  Il fait très froid, avec une bise d’Est glaciale. Il gèle mais il fait un soleil magnifique. Je suis fatigué, et puis je ne sais quelle angoisse, quelle tristesse m’étreint, je suis comme un condamné à mort. Reims est inquiété ?! Allons-nous avoir une offensive devant Reims même ? Va-t-on nous évacuer ? Les allemands vont-ils tenter d’y entrer, de s’en emparer ?! Le Procureur de la République m’écrit d’avoir à procéder dès mon retour à l’ouverture de tous les coffres-forts en location dans les banques, 200 environ ! Que craignent-ils donc ? Quelle agonie pour moi !! Je n’en puis plus.

Lettre de Jean, annonçant que Robert a échappé par miracle à la mort. La pièce que Robert commandait a éclaté. Heureusement qu’il tirait « à la ficelle ». Il paraitrait que l’officier serait gravement compromis dans cette affaire.

Tout cela m’émeut, m’attriste, me tue ! Eté aux Caurées montrer un bois à ramasser les branches avec 2 soldats très travailleurs ! Rentré ici tout à l’heure exténué. Demain matin je pars à 5h du matin faire une adjudication pour Dondaine près d’Épernay, et lundi je rentrerai le soir à Reims !! Dieu protège les miens, mes 2 grands, et Dieu nous préserve de tout malheur ! que je suis triste, angoissé !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 16 – -3°. Nuit tranquille. Beau temps. Visite de M. le Curé de Saint-Benoît pour son clocher(1), où un capitaine ou lieutenant veut installer un poste d’observation. Visite au Général qui m’envoie un capitaine dire qu’on n’établira de poste d’observation ni à Saint-Benoît ni sur aucune église. Visite de M. l’Abbé Heintz, de Mlle Gérard de la Cong. Notre-Dame, Cours Normal. Visite de M. Abelé, de M. Helluy.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ceci complète ce qui a été dit sur le sujet le 18 avril 1916


Samedi 16 février

Nos détachements ont pénétré dans les lignes allemandes au nord-est de Courcy et ont ramené une douzaine de prisonniers et une mitrailleuse.
En Champagne, la lutte d’artillerie s’est maintenue assez vive toute la nuit, notamment dans le secteur de la butte du Mesnil. Le chiffre total des prisonniers que nous avons faits sur ce point est de 177.
Sur la rive droite de la Meuse et en Woëvre, violents bombardements.
En Haute-Alsace, nous avons arrêté une tentative de coup de main ennemi dans la région au sud de Seppois.
Nos escadrilles ont lancé 4500 kilos de projectiles sur les gares de Thionville, Conflans, Chambley, Metz-Sablons. Des incendies et des explosions ont été constatés dans les gares de Chambley et de Metz-Sablons.
L’artillerie ennemie s’est montrée très active contre la première ligne anglaise, dans le secteur de Quéant.
Rencontre de patrouilles vers Lens. Un coup de main allemand a été repoussé à l’est de Merckem.
Sur le front portugais, activité d’artillerie. Sur le front italien, simple canonnade.
Des contre-torpilleurs allemands ont exécuté un raid dans la Manche, en coulant un chalutier et plusieurs petits bâtiments anglais.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mercredi 5 septembre 1917

Louis Guedet

Mercredi 5 septembre 1917

1090ème et 1088ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Temps d’automne splendide, excessive chaleur. Calme relatif, à part les bombardements ordinaires. Ce matin travail acharné pour me rattraper. Rendu à 10h1/2 à la convocation du sous-préfet. Causé de diverses affaires. Allocations militaires, puis Beauvais qui était là entame la conversation sur ma décoration. Je suis proposé pour la citation et la décoration par le Ministère de l’Intérieur. Alors je dis ce que je savais sur ma proposition au Ministre de la Justice et ma conversation récente avec Herbaux, Procureur Général à Paris, et j’ai demandé à Bailliez notre sous-préfet de m’autoriser à signaler cela au Procureur Général afin d’obtenir la conjonction des deux derniers, et pour que je sois présenté par les 2 ministères, Justice et Intérieur. Ce qu’il m’autorisa à faire immédiatement. Ma lettre à Herbaux est faite et sera mise demain à la Poste. Beauvais me réclame alors une note de mes titres, juge de Paix, Président de commissions, etc…  nom, date de naissance, etc…  Je les lui apporterai à 2h…

Après-midi travaillé sans conviction, étant dérangé continuellement pour des certificats de vie. Je suis l’homme à tout faire…  et au détriment de ma santé… Causé aussi avec Beauvais de la décoration de Guernier !!! Hum !! C’est gênant pour le Parti dont Beauvais côtoie les limites !!! Et le brave Beauvais m’avoue que dans son cénacle on aurait mieux aimé une simple citation, si élogieux et dithyrambique fut-elle ! sans la décoration qui risque fort de mêler sa rougeur sanglante avec la rougeur vinicole non moins violente du nez de Guernier !! Dans un ruisseau quelconque après une manifestation de chaleurs communicatives de banquets de…  bas étage ! Je souriais à cela…  et passons…  Pauvre Légion d’Honneur, à quelle sauce t’aura-t-on mise sous la 4ème République !!! Pour mon compte je demande qu’on ajoute à la mienne une épinglette indiquant bien que je ne suis pas de cette catégorie-là !!

9h  Toujours le calme. Couchons-nous et tâchons, espérons de dormir !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 5 – + 11°. Beau temps, après nuit tranquille. A 9 h. bombarde­ment des batteries : Faubourg de Laon, église et quartier Saint-Benoît, rue Lesage. Bombes vers 4 à 5 h. Aéros. Visite par les rues à Melle Simon. Visite de M. Gauthier du « Journal ».

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Rue Lesage et filets pour dissimuler les voies de chemin de fer aux aéroplanes 22/08/1917 (source Gallica)


Mercredi 5 septembre

Dans la région d’Hurtebise, nos feux ont brisé une attaque menée par des détachements d’assaut ennemis qui ont subi de sérieuses pertes.
A l’est de Sapigneul, nos reconnaissances ont pénétré par surprise dans un saillant de la ligne ennemie. Un vif combat s’est engagé, au cours duquel la garnison allemande a été tuée ou faite prisonnière.
En Champagne, nous avons exécuté de part et d’autre de la route de Souain à Somme-Py un large coup de main. Nos détachements ont pénétré dans les tranchées adverses sur un front de 800 mètres. Après avoir détruit de nombreux récipients à gaz et fait sauter des abris, nos troupes sont revenues dans leurs lignes ramenant une quarantaine de prisonniers, quatre mitrailleuses, un canon de tranchée et un important matériel.
Sur la rive droite de la Meuse, nous avons arrêté net trois tentatives ennemies au nord du bois des Caurières.
Les Anglais ont exécuté avec succès, immédiatement au nord de Lens, un coup de main qui leur a permis de tuer un certain nombre d’ennemis et de ramener des prisonniers.
Les Italiens ont fait un important raid d’avions au dessus de Pola.
Les armées russes ont évacué la ville de Riga, après avoir détruit les fortifications. Dans la région d’Ikskull les Allemands ont élargi leur succès vers le nord. Ils ont essayé de tourner les positions de Dwinsk et réussi à enfoncer le front de nos alliés sur une largeur de 13 kilomètres.
Un nouveau raid aérien allemand a fait, en Angleterre, 107 morts et 86 blessés.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Mardi 13 mars 1917

Paul Hess

13 mars 1917 – Bombardement assez violent vers la Haubette et le centre, entre 1 h et 7 h du matin. Environ 200 obus

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

La Haubette - Collection : Pierre Fréville

La Haubette – Collection : Pierre Fréville


 Cardinal Luçon

Mardi 13 – Nuit comme dit ci-dessus. + 6°. Visite de M. le Curé de Saint-Benoît et de Saint-Thomas.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 13 mars

Entre Oise et Aisne, tirs d’artillerie efficaces sur les organisations ennemies, au nord-ouest de Vingré.

En Champagne, nous avons déclenché une nouvelle attaque sur les positions allemandes à l’ouest de Maisons-de-Champagne. Sur un front de 1500 mètres, nos troupes ont enlevé toutes les tranchées de l’ennemi, conquis la croupe 185 et pénétré dans un ouvrage fortifié sur les pentes nord de ce mamelon. Au cours de cette action, nous avons fait une centaine de prisonniers.

Canonnade assez active sur les deux rives de la Meuse, dans les secteurs d’Avocourt, de Douaumont et de Saint-Mihiel.

Les Allemands ont bombardé avec des obus incendiaires la ville ouverte de Soissons. Plusieurs incendies se sont déclarés.

Grande activité d’artillerie sur le front belge, spécialement sur Dixmude et Steenstraete; les bombardements réciproques ont été accompagnés d’une vive lutte de grenades au cours de l’après-midi.

Un détachement autrichien a attaqué les positions italiennes dans la vallée du Ledro. Il a été repoussé. Une autre attaque autrichienne a été brisée dans la vallée de Tavignole.

Les Russes continuent à progresser, en Perse, d’Hamadan vers Ramanchah.

M. Bonar Law a déclaré aux Communes anglaises que les Turcs avaient perdu sous Bagdad les deux tiers de leur artillerie.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 4 octobre 2016

Louis Guédet

Mercredi 4 octobre 1916

753ème et 751ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Mauvais temps, pluie toute la journée, les feuilles commencent à tomber. Bombardement ce matin vers le cimetière du nord. Je suis fatigué de ma journée d’hier. Vu Helluy du Courrier de la Champagne à 2h, causé de mes procès et de la molestation des habitants de Reims du chef du capitaine de Gendarmerie et des Gendarmes contre lesquels je me suis élevé hier. J’espère que le nommé Girardot, comprendra la leçon et sentira le soufflet que je lui ai appliqué hier. De là été aux Hospices, vu Guichard que j’ai de nouveau félicité, et le pauvre Gustave Houlon, bien affecté de la mort de son fils (Jean Auguste Houlon, soldat au 73ème RI, mort des suites de ses blessures le 29 septembre 1916), blessé mortellement dans la Somme et mort à Paris. Poussé de là jusqu’à St Remy, assisté au Salut de la neuvaine, et rentré chez moi par une pluie battante, tandis que cela « tapait » sur Pommery.

Reçu lettre de ma chère femme qui me raconte l’installation d’André chez l’abbé Valleret, 5, place St Étienne à Châlons où il va entrer en 3ème à St Étienne, mon vieux collège, comme externe. Elle m’envoie une lettre de Jean qui est bien embarrassé de savoir s’il doit permuter pour rejoindre son frère au 61ème ou rester au 25ème.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

4 octobre 1916 – Sifflements et obus boulevard Lundy, dans la matinée. Après-midi, nouvelles arrivées.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Mercredi 4 – Nuit tranquille ; quelques coups de canons français lourds. Projections. + 12°. Quelques canons français. A 3 h. bombes allemandes sifflent (sur batteries ?). Visite de M. Demaison, de M. et Mme G. Houlon. 4 h. 1/2 série de bombes sifflantes, allemandes (sur nos batteries ?). Visite à Saint-Benoît.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 4 octobre

Sur le front de la Somme, une attaque localisée de chaque côté de la route Péronne-Bapaume, nous a mis en possession d’une importante tranchée au nord de Rancourt. Nous avons fait 120 prisonniers dont 3 officiers.
Les Anglais ont exécuté un coup de main heureux au sud de Loos.
Sur le front d’Orient, les Serbes ont délogé les Bulgares d’une nouvelle arête montagneuse et l’ennemi a paru battre en retraite vers le nord. Trois villages ont été occupés par les Alliés au nord de Florina ; un quatrième, par les Anglais à l’est de la Strouma.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 24 septembre 1916

Louis Guédet

Dimanche 24 septembre 1916

740ème et 738ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Temps splendide même fort chaud. Dimanche comme tous les autres forts tristes pour moi, si seul. Messe de 8h où l’on annonce que le Cardinal Luçon, comme tous les évêques et archevêques de France, prononcera un vœu national au pèlerinage de Lourdes. Travaillé ensuite et mis ma correspondance à jour. A 3h posté mon courrier rue de Vesle et poussé jusqu’au Pont-de-Muire pour tuer le temps. Vers 1h une demi-douzaine de bombes sont allées tomber au vélodrome. Les allemands tiraient sans doute sur la saucisse qui était vers ces parages. Rentré vers 5h, et là…  souffert, pleuré…  en songeant à tous mes aimés. Je souffre le martyr, si seul, si abandonné, et puis quand je songe à l’avenir de tout ces malheureux, femme et enfants, Jean qui va peut-être partir sur le front !!…  Je suis sans courage, sans force. Certainement je mourrai de chagrin, de douleur et de souffrances morales. Non, c’est trop long et trop pour les mêmes épaules, pour le même, toujours le même et les mêmes. Pauvres aimés.

7h1/4 soir  A six heures nos canons tonnaient vers Pommery, ne sachant que faire je sortis et je vis 3 pompiers se diriger vers les caves Pommery. Rencontré Elloire, adjudant pompier qui me dit que c’est au château de Polignac. Peu de chose. Oui, ils ont la chance que les pompiers de Paris soient là, tandis que moi, le 1er mars 1915, il n’y avait personne pour me secourir !! J’étais seul à lutter contre le fléau qui a détruit ma maison, mes meubles, mes archives !! Je suis sans logis !!!

Il manque les feuillets 366 à368, le suivant se résume à une demie-page, recopiée par son épouse Madeleine.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 24 – Nuit tranquille. Beau temps ; + 7°. Lecture de la Lettre Collective du Vœu. Retraite du mois. Visite du Vicomte de Montois (voir Cahier du Conseil mardi 26 septembre). Visite de M. Abelé pour son projet de Comité. 4 h. à 6 h. aéroplanes français, tir continuel contre eux. Bombes sifflantes (32 + 10 dit le Courrier du 26) tombent à Saint-Benoît, à la biscuiterie, près la chapelle provisoire actuelle du culte, et rue de Pontgivart en face du presbytère et de la maison vicariale. Une d’elles près des Caves Pommery a blessé gravement un soldat et fait exploser un dépôt de munitions. Il y a eu 450 obus qui ont éclaté, et autant d’avariés qui n’ont pas éclaté.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 24 septembre

Nos patrouilles, poussant jusqu’aux lisières sud du village de Combles, ont trouvé de nombreux cadavres d’Allemands. Elles ont fait 15 prisonniers.
Lutte d’artillerie assez vive dans la région de Bouchavesnes et dans le secteur Belloy-Berny. Pas d’action d’infanterie.
Dans les Vosges, l’ennemi a fait une tentative contre nos positions au sud du col de Sainte-Marie. Après un assez vif combat à la grenade, il a été rejeté dans ses tranchées.
Sur le front belge, combat à coup de bombes près de Boesinghe.
Au sud de l’Ancre, les Anglais ont réalisé une nouvelle avance à l’est de Courcelette. Ils se sont emparés d’un important système de tranchées ainsi que d’un certain nombre de prisonniers et ont avancé leurs lignes sur un front de 800 mètres.
Une attaque ennemie a été brisée avec fortes pertes à l’ouest de la ferme du Mouquet.
A l’est de Béthune, l’artillerie britannique a fait exploser un dépôt de munitions ennemi.
Les Russes ont refoulé une offensive allemande sur le Naroch.
Les Roumains ont progressé dans les Carpates septentrionales et infligé un nouvel échec en Dobroudja, sur le littoral, aux Germano-Bulgares.
Les Autrichiens ont fait trois vaines attaques sur le Carso.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 18 avril 1916

Cardinal Luçon

Mardi 18 – Nuit tranquille sauf rafales à diverses heures ; + 6° – Visite au Commandant Billard pour clocher S. Benoît : empêcher qu’on ne s’en serve pour observations militaires(1). Visite du P. Flamboin et du P. d’Halluin. Visite d’un Trappiste de Tamié.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Il était très tentant d’utiliser les cochers encore intacts et à proximité de la ligne de feu pou y établir des observatoires. C’est d’ailleurs un vieux débat que de savoir si des observateurs n’ont pas été placés sur les tours de la Cathédrale au moment du retour de la Ve Armée à Reims – ce que les Allemands affirment pour justifier leurs tirs et ce qui nient les Français ; mais des curieux, des imprudents ou des indisciplinés ont probablement été vus sur les tours par les observateurs allemands. Faute de clochers, ce sont les cheminées d’usine qui abritèrent des observatoires.

 

Mardi 18 avril

En Argonne, nous canonnons les routes de la région de Montfaucon, où l’on signalait des mouvements de troupes.
A l’ouest de la Meuse, l’ennemi a bombardé nos positions du bois des Caurettes et la région d’Esnes.
Sur la rive droite, nous avons déclenché une attaque sur les positions allemandes au sud de Douaumont. Cette tentative a réussi et nous a permis d’occuper quelques éléments de tranchées ennemies et de faire 200 prisonniers, dont deux officiers.
Bombardement intermittent en Woëvre.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a bombardé avec violence nos positions du bois d’Avocourt et de la cote 304.
Les Russes ont pris l’offensive dans la région de Dwinsk; ils ont repoussé plusieurs attaques allemandes dans la région de Gorbornosvka. 14 de leurs avions ont bombardé les gares de Bouckza et de Czernovitz. Nos alliés ont fait 243 prisonniers à Tspavanopla. Ils ont dispersé une division turque dans la région de Bitlis et capturé 363 officiers et soldats.
Les Italiens ont pris d’assaut la position de Santo Oswaldo, dans le val Siegecca.
Les Anglais ont brisé une série d’attaques allemandes près de Saint-Eloi. Activité d’artillerie sur leur front, dans la région de Souchez. La Roumanie entreprend de nouveaux préparatifs militaires.
Quelques escarmouches d’avant-postes sont signalés sur le front de Salonique.

Source : la Grande Guerre au jour le jour.


Louis Delozanne, 21 mars 1916.

Louis Delozanne, 21 mars 1916.

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Mercredi 2 février 1916

Paul Hess

Bombardement serré vers Saint-Benoît et les casernes Neufchâtel

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos 1998 – TAR volume 173

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Cardinal Luçon

Mercredi 2 – Sacre de Mgr Landrieux dans sa Cathédrale. Toast au diner.

Visite au Carmel de Reims, réfugié au Carmel de Dijon. Allocution.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims –

Mercredi 2 février

Lutte d’artillerie assez vive en Artois, an sud de la cote 119. Au nord-est d’Arras (route de Saint-Nicolas à Saint-Laurent), un détachement ennemi a tenté une attaque, qui a été arrêtée à coups de grenades. Au sud de Thélus (route de Lille), nous avons effectué sur les positions ennemies un bombardement qui a provoqué un incendie suivi d’explosions.
Entre Avre et Oise, nous avons bombardé les tranchées ennemies de Beuvraignes et de Fresnières, et canonné des convois vers Lassigny.
Action d’artillerie sur les ouvrages adverses de Beaulne et de la ferme du Choléra (nord de l’Aisne) ainsi qu’à l’est de Saint-Dié (région de la Faye).
Sur le front belge, lutte d’artillerie au sud de Dixmude.
Une escadrille de zeppelins a survolé l’est, le nord-est et le centre de l’Angleterre, faisant 54 morts et 67 blessés.
La presse allemande est unanime à glorifier le raid qui a été effectué sur Paris et à invectiver les neutres qui le critiquent.
Les Russes poursuivent leur marche au sud du Caucase, descendant dans les régions moyennes et moins froides de l’Arménie turque.
L’armée égyptienne a été mobilisée en prévisions d’une attaque improbable désormais du canal de Suez.
Les Bulgares qui opéraient en Albanie ont suspendu leur marche.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mercredi 13 janvier 1915

Paul Hess

Le Courrier annonce aujourd’hui que son confrère rémois a été suspendu pour huit jours.

Voici ce qu’il dit à ce sujet :

L’Éclaireur suspendu pour huit jours.

Nous apprenons que L’Éclaireur de l’Est vient d’être suspendu pour huit jours, pour avoir publié une information jugée répréhensible (Le reste de l’article, soit une douzaine de lignes environ, est caviardé).

– Bombardement dans la journée, après une nuit calme.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 13 – Nuit tranquille. Visite à l’Enfant Jésus, Au Bain de pieds. Visite à M. Prévoteau, au Père Heinrich, dans la même rue des Orphelins, Au Bon Pasteur.

Après-midi. Visite à l’Ambulance de Pargny, installée dans le Château de Mme la Comtesse Werlé : 100 malades ; parmi les Docteurs, M. Lardenois.

Bombes : Église Saint Benoît atteinte.

 Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Eugène Rochoy

13/1 Mercredi – Toujours du mauvais temps. Quelques obus et violente canonnade sur la gauche de Reims, Loivre, Berry-au-Bac, Soissons et cela toute la journée, gare la crue de l’Aisne. Nuit comme hier, assez calme.

 Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet visible sur le site de petite-fille Marie-Lise Rochoy


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Octave Forsant

Mercredi 13 janvier. — Je viens de voir le maire, M. le docteur Langlet.et lui ai proposé d’ouvrir quelques écoles pour recevoir les enfants qui courent les rues, exposant inutile­ment leur vie, ou fréquentent les cantonnements. Comme le bombardement sévit presque chaque jour, ces écoles seraient, ainsi qu’à la maison Pommery, tenues dans les caves si c’est possible; je vais procéder à une enquête.

Source 1 : Wikisource.org


Vendredi 13 janvier

Des combats très vifs ont eu lieu sur l’Aisne. Au nord de Soissons, les Allemands cherchent à reprendre les tranchées et les points dominants que nous leur avons enlevés – mais toutes ces offensives ont été repoussées. Les duels d’artillerie se sont renouvelés entre Soissons et Reims; mais il y a eu un véritable corps à corps près de Perthes, dans un fortin situé au nord de la ferme Beauséjour.
Deux offensives ennemies ont été refoulées sur les Hauts-de-Meuse, l’une au bois de Consenvoye, l’autre au bois le Bouchot.
Un de nos détachements a mis en fuite une compagnie allemande à Saint-Sauveur, au sud de Cirey-sur-Vezouze.
La flotte russe qui croise dans la mer Noire empêche la Turquie d’envoyer des renforts et des approvisionnements à l’armée du Caucase.
Les Allemands arrêtent dans le district de Lodz les enfants de onze à seize ans.
L’émission des bons français du Trésor de 250 millions de francs a été couverte plusieurs fois à Londres.
Les obsèques de Constantin Garibaldi ont eu lieu à Rome, parmi un grand concours de population.

 

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Lundi 26 octobre 1914

Abbé Rémi Thinot

26 OCTOBRE – lundi –

J’arrive à 7 heures au bateau pour Ouch ; La gendarmerie s’avance vers le capitaine du bateau « Personne ne montera ; que ceux qui descendent sachent bien qu’ils ne remonteront pas.. ! »

On a donc, par ordre supérieur, tout coupé d’avec la Suisse. Rigueur contre l’espionnage probablement… un peu tardive peut-être ; le passage en Suisse étant interdit, je prends le train de Bellegarde et parviens à Lyon avec une journée de retard…

2 heures 1/2 après-midi ; La Chari té. C’est terrible ; je vois bien que nous ne serons pas à Paris avant 10 heures du soir ! Ce n’est pas drôle. J’ai sous les yeux le spectacle de jeunes conscrits qui paradent bruyamment sous un immense drapeau. Dieu leur conserve cet entrain !

5 heures 1/2 ; après Gien ; nous serons à Paris à 11 heures du soir ! ! Ravissant ; c’est un peu monotone une traversée de Lyon à Paris en omnibus, quand bien même c’est par le Nivernais ou le Bourbonnais ! La nuit est tombée déjà, noyant dans le paysage même les honorables garde-voies, dont l’accoutrement n’a jamais, je crois, été aussi bizarre !

6 heures 1/ 2 ; Montargis. Ah ! ils ne sont pas débrouillards dans ce buffet.. ! Je me demande ce que signifient ici nos 28 minutes d’arrêt ! Mais je me rends bien compte qu’un voyage dans ces conditions, c’est l’abrutissement fatal ; je ne pense à plus rien. Qu’est-ce que je fais à Montargis ?

Extrait des notes de guerre de l'abbé Rémi Thinot. [1874-1915] tapuscrit de 194 pages prêté à ReimsAvant en 2017 pour numérisation et diffusion par Gilles Carré.

 Paul Hess

Bruits de bataille au loin et canonnade ininterrompue pendant la moitié de la nuit. Ensuite, journée calme. Le soir, à 18 h, en revenant de l’hôtel de ville, j’entends tout le long du trajet, les rafales des détonations terribles de nos grosses pièces, – et pendant la nuit, cela se reproduit encore. Notre artillerie doit être assez éloignée ; cependant, toutes les vitres de la maison tremblent pendant le vacarme.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Visite à Saint Thomas, à l’ambulance de l’École Ménagère, de l’École de Mme Despiques. Visite à Sainte Clotilde.

Visite à Saint Benoît, rue Neufchatel, Trois Piliers, Sœurs du Saint-Sauveur, à l’Ambulance de la rue Lesage (dans la matinée).

Après midi, visite à Roederer, aux Sœurs Augustines, et aux Carmélites seulement (non aux malades), visite à Sainte Clotilde, à M. le Curé, à l’église, à un groupe de paroissiens.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Paul Dupuy

Journée de chaude bataille au-delà de la Neuvillette et Courcy sans conclusion pour nous puisque notre situation reste toujours la même.

Le courrier de 14H apporte :

Et lettre d’Hélène du 23 contenant demande que lui ont faite M.M. L. Soisson et fils d’Auxerre, pour l’obtention de renseignements sur la possibilité d’un voyage d’achats à faire à Reims, et la retenue ferme à faire chez nous de Flanelles blanches et de ceintures jusqu’à concurrence de 100 pièces ; et lettre d’Épernay (du 20) contenant de sympathiques pages de nos amis Mr et Mme Charles Coche qui, toujours à Villeneuve (16 8bre) disent à nouveau combien ils sont de cœur avec nous dans les épreuves que nous traversons.

Paul Dupuy - Document familial issu de la famille Dupuis-Pérardel-Lescaillon. Marie-Thérèse Pérardel, femme d'André Pérardel, est la fille de Paul Dupuis. Ce témoignage concerne la période du 1er septembre au 21 novembre 1914.

Source : site de la Ville de Reims, archives municipales et communautaires


Hortense Juliette Breyer

Lundi 26 Octobre. Quelques jours d’accalmie. Marguerite ne travaillant pas, nous avons décidé d’aller tous les matins chez nous et de vendre le plus que nous pouvons. Cela marche un peu, et puis encore mieux : en repartant nous emportons des marchandises que nous vendons chez Pommery avec un petit bénéfice. Je reçois quelquefois de l’épicerie ; beaucoup de camionneurs ne veulent pas venir chez nous car ils ont peur.

J’ai reçu une lettre de Gaston ; il se réclame à moi pour savoir exactement si tes parents ont souffert des bombardements, et il m’affirme en même temps que tu n’as été blessé que légèrement. Ton papa est venu me trouver pour me demander, puisque les boches ne tiraient plus, si je voulais bien conduire André car il s’ennuie après lui. Je lui ai promis pour demain.

Il m’apprend que le fils Vol et le fils Erhmann ont été tués il y a déjà un mois. C’est triste quand même, vois-tu, pour les parents. Le fils Vol est mort à Épernay ; il avait eu la jambe enlevée par un éclat d’obus.

Et de tout cela, moi je n’ai toujours pas de nouvelles. En rentrant tout à l’heure, j’ai écrit au ministre de la guerre. Peut-être aurai-je une réponse car si vraiment tu es blessé, je serai forcée de le savoir.

Encore une journée de passée et toujours aussi triste.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne

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Octave Forsant

Lundi 26. — Tous les directeurs d’écoles absents de Reims, que j’ai convoqués pour conférer avec moi sur la situation et sur ce que nous pouvons faire, sont arrivés hier dimanche. La situation leur paraît très dangereuse et1 ils estiment qu’il n’y a lieu de rouvrir aucune  école. C’est aussi, actuellement, l’opinion du maire; je vais donc attendre. Je rends sa liberté à ce personnel que je rappellerai le moment venu.

Source 1 : Wikisource.org


26 octobre 1914

L’ennemi a pu franchir l’Yser, entre Nieuport et Dixmude (Flandre belge) mais il s’est brisé à nos lignes autour de Lille, et a subi un refoulement au nord de l’Aisne et en Woëvre. Tout un régiment allemand a été détruit au défilé de la Chalade, près de Varennes, dans l’Argonne. Au surplus, dans le Nord, d’après les évaluations qui ont été sérieusement faites, les pertes de nos adversaires sont énormes. Ce sont les armées de von Bülow, du prince du Wurtemberg et du prince royal de Bavière qui nous sont maintenant opposées entre la mer et la Somme.
Les armées russes de Pologne ont poursuivi inlassablement leur marche. Après avoir repris Skiernewice, nœud de chemins de fer important, à 100 kilomètres à l’ouest de Varsovie, elles s’approchent de Lodz, à 40 kilomètres encore plus à l’ouest, et que les Allemands commencent à évacuer. Ils ne tarderont pas à rentrer sur territoire prussien.
Un contre-torpilleur anglais, le Badger, a coulé un sous-marin allemand sur la côte hollandaise. Les Serbes et les Monténégrins ont livré une sanglante bataille aux austro-hongrois, près de Sarajevo. Attaqués par les forces supérieures, ils ont dû légèrement se replier dans la direction de Visegrade.
L’Allemagne qui avait déjà réclamé pour son état-major la direction des forces autrichiennes en Galicie, et qui semble avoir fait très mauvais usage de ce pouvoir nouveau, prépare maintenant la défense du Trentin contre l’Italie.
L’Angleterre, qui était une grosse cliente des fabricants de sucre d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, vient d’interdire l’importation sur son territoire des sucres provenant de ces deux pays. Elle leur inflige de la sorte un préjudice considérable, en les empêchant de tirer parti de leur production. Mais les Anglais n’en souffriront pas, le gouvernement s’étant assuré le concours des Antilles. Il y a là encore l’un des éléments de la ruine du commerce germanique.
Le gouvernement de Petrograd a pris, de son côté, des dispositions pour que les Allemands et les Autrichiens ne puissent plus devenir propriétaires d’immeubles dans la partie occidentale de l’empire.
Le nombre des chômeurs qui est grand, par toute l’Allemagne, est surtout considérable en Saxe, o
ù six ouvriers en moyenne se présentent pour un emploi disponible.

Source : Grande Guerre au jour le jour

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