• Monthly Archives: octobre 2018

Jeudi 31 octobre 1918

Louis Guédet

Jeudi 31 octobre 1918

1511ème et 1509ème jours

Rentré à St Martin. Éreinte et plus que découragé. Courrier phénoménal qui m’attend, je m’y attelle.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 31 – Visite de M. le Sous-Préfet. Venue à Ay de M. Lecomte avec ses bureaux

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 31 octobre

Entre Oise et Serre, vives actions d’artillerie, notamment dans la région de Crécy-sur-Serre.
A l’ouest de Château-Porcien, les troupes de la 5e armée ont entrepris une nouvelle poussée sur un front de douze kilomètres, entre Saint-Quentin-le-Petit et Herpy. L’ennemi avait reçu ordre de tenir coûte que coûte.
Sur notre gauche, malgré l’abondance des mitrailleuses, qui tentaient d’enrayer notre avance, nous avons débouché de Saint-Quentin-le-Petit et porté nos lignes aux abords de la cote 137. A l’ouest de Banogne, nous avons également progressé au centre. Nos troupes ont refoulé les forces ennemies au delà de la route de Recouvrance à Saint-Fergeux, sur une étendue de trois kilomètres, à l’est du signal de Recouvrance. A droite, nous avons enlevé la cote 156 et avancé plus à l’est. 850 prisonniers ont été dénombrés.
Les Anglais ont fait 70 prisonniers au nord-est d’Englefontaine.
Feu d’artillerie et de mitrailleuses sur le front américain, à l’ouest de la Meuse, particulièrement vers Saint-Juvin.
Les Italiens, poursuivant leur avance à l’est de la Piave, ont fait 4000 prisonniers nouveaux et libéré un certain nombre de localités, dont Conegliano.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

 

Share Button

Mercredi 30 octobre 1918

Louis Guédet

Mercredi 30 octobre 1918

1510ème et 1508ème jours

Courses le matin à Ivry. Eté voir Houlon l’après-midi, je l’ai manqué de 10 minutes. Eté voir Marie-Louise chez les Bataille, elle est grippée, impossible de la prendre le lendemain avec moi. Je partirai donc seul de Paris.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 30 – Voyage de Mgr Neveux avec M. Compant au Mans. Écrit 2e lettre à Madame de la Morinerie au sujet de sa maison pour lui dire que l’on ne pouvait pas l’utiliser, comme je l’avais supposé dans une première lettre. Écrit une lettre au Général pour le prier de me réserver, comme il m’en avait fait le premier la proposition, la maison de Madame Pommery à Reims

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 30 octobre

Sur le front de l’Oise, combats acharnés sur la rive est, en face de Grand-Verly, où l’ennemi a lancé des contre-attaques. Plus au sud, nous avons poussé nos lignes jusqu’aux abords de l’Oise et enlevé des points d’appui au nord-ouest de Guise. Nous avons également progressé à l’est du Perron, dans la région au nord-est de Bois-lez-Pargny.
Sur tout le front entre Oise et Serre, nos troupes sont au contact de la nouvelle ligne ennemie.
A l’ouest de Château-Porcien, nous avons avancé au nord d’Herpy.
Les Anglais, à la suite d’une opération partielle au sud de Valenciennes, ont avancé leur ligne entre la Rhonelle et l’Escaut. Ils ont faits 100 prisonniers.
Les Américains ont conquis entièrement le bois Belleu (région de Verdun) et repoussé toutes les contre-attaques. En Woëvre, ils ont fait des prisonniers.
L’armée italienne, renforcée des contingents alliés, a passé de vive force la Piave et mis le pied sur le territoire envahi. Elle a fait 9000 prisonniers et capturé 54 canons.
Des manifestations importantes ont eu lieu à Berlin et dans plusieurs centres industriels. On commence à revendiquer la déchéance du Kaiser.
Le nouveau ministre des Affaires étrangères d’Autriche-Hongrie, comte Andrassy, a adressé un télégramme personnel au secrétaire d’Etat américain, Lansing, pour insister en faveur de l’armistice immédiat. M. de Lammasch a constitué le ministère autrichien.
Des troubles sanglants ont eu lieu à Budapest, où 200.000 personnes ont fait une démonstration en faveur de la paix.
A Prague, le conseil national tchèque s’est emparé du pouvoir, et les autorités militaires ont capitulé entre ses mains.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mardi 29 octobre 1918

Louis Guédet

Mardi 29 octobre 1918

1509ème et 1507ème jours

Vu à mes courses en Banque, déposé les titres Renard au Crédit Industriel 43 rue de Turbigo. Pauvres valeurs du Président Renard. C’est inouï comme il s’est fait estamper (escroquer) !! et cela sans rien dire par amour-propre sans doute et ne pas faire voir que Magistrat il était et avait été une Poire Magistrale !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mardi 29 – On apprend la Capitulation séparée de l’Autriche(1). M. le Maire d’Ay vient me parier du pèlerinage aux tombes des soldats le Ier Novembre. Visite de M. l’Abbe Dupuis : proposition de la Maison de Ma­dame Pommery de Reims pour ma résidence provisoire à Reims. Visite de Sœur Thérèse, de Saint Vincent de Paul, allant à Reims

(1) C’est en réalité le 3 novembre que l’Armistice sera signé sur le front italien et élargi au front d’Orient pour les troupes autrichiennes, mais les signes de décomposition de l’État austro-hongrois et de son armée étaient sensibles depuis plusieurs mois ; Il est remarquable que la capitulation bulgare du 29 septembre et la capitulation turque du 30 octobre n’aient reçu aucun écho dans l’opinion française ; certains pensaient que la victoire devait être proclamée là où elle avait coûté le plus cher…
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 29 octobre

L’ennemi a continué à battre en retraite entre l’Oise et la Serre, sur un front de plus de 25 kilomètres. Notre avance, en certains points, a dépassé huit kilomètres au cours de la journée.
Nous avons enlevé Boheries, Poix, Macquigny et poussé nos éléments avancés jusqu’aux bords de Guise. Plus au sud, nos troupes se rapprochent de la route de Guise à Marle.
Depuis le 24, le chiffre de nos prisonniers atteint 3700. 20 canons ont été dénombrés.
Sur la Serre, la 10e armée a progressé vers le nord en liaison avec la 1re. Crécy-sur-Serre a été occupé. Progrès également à l’ouest de Château-Porcien.
Les Anglais ont brisé une offensive ennemie près d’Englefontaine et une autre à Artres.
Les Américains continuent à combattre dans le bois Belleu.
L’Allemagne a répondu à la note Wilson en demandant à connaître les conditions d’armistice des alliés.
L’Autriche a répondu également au président, en sollicitant une paix séparée et en acceptant toutes les conditions posées.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Lundi 28 octobre 1918

Lundi 28 octobre 1918

1508ème et 1506ème jours

Le samedi été à St Cloud et pu heureusement faire tout ce que je pouvais y avoir à faire. Le dimanche visites à divers. Vu Jenny Roze, Mme Cassagnou à Boulogne sur Seine, heureuse de me revoir et de causer du temps passé.

Le lundi réunion de chambre 12, rue du Quatre-septembre. Étaient seuls venus Peltereau-Villeneuve, Labitte, Chémery. Et Thiénot comme ancien membre. Causé de ce fameux article 12 sur les dommages de Guerre à accorder aux notaires. Notre impression est que c’est un acheminement à la suppression de nos Études. Nous décidons d’avoir une réunion plénière de tous les notaires de l’arrondissement à Paris, au Volney (Hôtel Volney Opéra 11, rue de Volney Paris 2) ou au Lutetia (Hôtel Lutetia 45, boulevard Raspail Paris 6) le 23 novembre prochain pour causer de tout cela, délibérer, décider, et nous organiser pour nous abonder avec les comités des notaires et faire toutes démarches nécessaires.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Lundi 28 – Première journée de ma 77′ année de vie. Voyage de Mgr Neveux à Châlons. Lettre à Mgr l’Évêque d’Angers.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 28 octobre

La Ire année française a donné un grand effort sur le front compris entre l’Oise et la Serre. L’ennemi a perdu les villages de Pleine-Selve, Parpeville, Chevresis-les-Dames; alors, soudain, il a fléchi sur toute la ligne, abandonnant Mont-d’0rigny, Origny-Sainte-Benoîte, Courjumelle et Chevresis-Monceau.
Sur notre droite, nos unités ont franchi le Péron et progressé vers le nord-est. Elles ont pris la cote 117 et une sucrerie à l’est de Rechecourt.
Sur le front de la Serre, la 10e armée a également réalisé des gains. Nous avons franchi la rivière à l’est Assis. Entre Sissonne et Château-Porcien, les contre-attaques ennemies ont été partout repoussées. Nous avons fait 2450 prisonniers dont 51 officiers.
Sur l’Escaut, la 2e armée britannique a pris Avelghem. Nos alliés, au sud de Valenciennes, ont pris Famars, Artres et le passage de la Rhonelle. Ils avancent vers le sud de Valenciennes.
Les Américains ont brisé une série d’attaques allemandes sur les deux rives de la Meuse. Canonnade en Woëvre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Dimanche 27 octobre 1918

Cardinal Luçon

Dimanche 27 – Visite de la famille Abeid ; de M. et Mme de Mun, pour l’organisation de l’œuvre du Retour à Reims (voir 16 août, 9 août). Dernière journée de ma 76me année.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 27 octobre

Nos troupes ont poursuivi leur avance entre l’Oise et la Serre. Elles se sont emparées de la ferme Fernière. Entre cette ferme et Villers-le-Sec, nous avons enlevé des centres fortement organisés en dépit de la résistance de l’ennemi, qui a contre-attaqué vainement à plusieurs reprises. On signale 800 prisonniers.
Sur le front de la Serre, nous avons franchi la rivière entre Crécy et Mortiers et occupé la rive nord sur un espace d’un kilomètre.
A l’est de la Souche, violents combats. Nous sommes à la ferme Caumont, à l’est de Vesle-et-Caumont, et de Pierrepont. Entre Sissonne et Château-Porcien, nous avons attaqué. Nous avons progressé sur un vaste front, pris pied au Petit-Saint-Quentin, au hameau de Recouvrance, au moulin de Herpy. Nous avons pris 2000 hommes et 9 canons.
A l’est de Rethel, succès dans la région d’Ambly-Fleury.
Les Anglais ont pris, au sud de l’Escaut, Sepmeries et Querenaing. En deux jours, ils ont capturé 9000 hommes et 150 canons.
Les Américains livrent de durs combats à l’est et à l’ouest de la Meuse.
Les Italiens ont fait 3000 prisonniers au mont Grappa.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Samedi 26 octobre 1918

Louis Guédet

Samedi 26 octobre 1918

1506ème et 1504ème jours

9h soir  Temps gris brumeux, pas de pluie. Eté à St Cloud, organisé l’ouverture de mon coffre Renard. Après bien des tergiversations j’obtiens que la Société Générale m’ouvre ses portes samedi à 2h !!! sacro-saint ! Je trouve le confrère Morel grippé à en mourir ! Bref j’enlève le morceau. Je retourne à Paris à 11h pour prévenir Langevin mandataire de Maurice Renard (rayé)… A 2h on ouvre le coffre ! on retire les papiers peints du Président Renard, et on dépouille les papiers 7, rue d’Orléans, avec le clerc de Morel. Tout va bien et à 6h je suis de retour avec Guelliot à Paris…  je trouve mon courrier de St Martin… Mes justices de Paix sont remises à Épernay !! Nous allons voir, pourquoi pas à Reims… ??!… Enfin on verra…  demain matin rendez-vous divers ! J’ai ma journée bien prise…  si cela continue j’en ai encore pour la semaine à Paris.

Et à Aÿ on me réclame !… Y arriverais-je…

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 26 – Visite à M. le Sous-Préfet, non rencontré ; à Mme Janet, octogénaire et poète, et à l’hôpital. Reçu l’envoi Bergougnan, à l’école rue Janson

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 26 octobre

Les Anglais ont étendu leur front de bataille vers le nord jusqu’à l’Escaut, à Thiant. Sur tout le front, la résistance allemande a été surmontée, et nos alliés continuent leur avance.
A la droite, ils s’approchent des lisières ouest de la forêt de Mormal et ont pris Robersart.
Au centre, ils sont arrivés aux abords du Quesnoy. Ils ont pris Poix-du-Nord, les Tuileries et progressé vers Englefontaine.
Au nord-ouest de Ghessignies, qui a été occupé, ils ont enlevé les passages de l’Ecaillon et pris Beaudignies, malgré une très vive résistance.
Au centre gauche, ils sont à Raismes et à courte distance de la voie du Quesnoy à Valenciennes. De violents combats ont eu lieu à Vendegies.
A gauche, Verchain et Monchaux ont été enlevés. 7000 prisonniers ont été faits, et 100 canons au moins, capturés. On a atteint la ligne : canal de la Sambre à l’Oise, lisière ouest de la forêt de Mormal, canal de l’Escaut à Manig.
Nos éléments, sur le front de l’Oise ont franchi le canal à la hauteur de Longchamp et progressé sur la rive est.
Entre Oise et Serre, nous avons déclenché une attaque et progressé en faisant plusieurs centaines de prisonniers.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

A La mémoire des Poilus

Marie-Hélène Vaucher expose à Château-Thierry à la Maison de l’Amitié France-Amérique

Share Button

Vendredi 25 octobre 1918

Louis Guédet

Vendredi 25 octobre 1918

1505ème et 1503ème jours

7h soir  Parti ce matin à 5h1/2, arrivé à Paris vers 1h. En route causé avec un juge de Libourne, qui connaissait bien le Docteur Langlet, et m’a rappelé l’acte de générosité de ce dernier en 1871 lors de la Commune en refusant à son chef de service de dénoncer un communard qui était dans sa salle des malades. Il connaissait des juges à Reims, et a été fort aimable. Il descendit à Château-Thierry. Il déplorait les pillages et les dévastations inutiles de la part des nôtres !! Et il était de mon avis : quelles difficultés pour les tribunaux après la Guerre pour remettre tout ce monde dans la légalité. Et comme je lui ajoutais : « oui, de bas jusqu’en Haut ! » il me répliquât : « surtout en Haut ! » C’est vrai.

Été chez Guelliot pour notre rendez-vous de demain. Causé longuement avec Mme Guelliot. Remis le pli cacheté de son Père !! Hélas !!… !! Vu M. Langevin mandataire de M. Maurice Renard. Et je dois aller demain à St Cloud le matin pour tâcher d’obtenir de la Société Générale l’ouverture du coffre à 2h malgré la fermeture des bureaux. St Cloud va prendre toute ma journée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 25 – Retour à Ay. Visite du jeune soldat du 152e d’Ay.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 25 octobre

Sur le front belge, l’armée française a accentué son avance à l’est de la Lys. Elle a atteint la route de Deynze à Courtrai, entre Peteghen et Oufene et progressé au nord de Vitche.
Les Anglais ont livré de vifs combats sur le front de bataille de Valenciennes. Ils ont chassé l’ennemi du bois de Vendegies et se sont emparés des villages de Neuville, Salesches et Beaudignies, et des passages de l’Ecaillon. Une contre-attaque allemande vigoureuse à Vendegies a été repoussée.
Au nord de Valenciennes, nos alliés ont chassé l’ennemi de la forêt de Raismes, et capturé les villages de Thiers, Haute-Rive et Thun.
Combats acharnés à l’ouest de Tournai.
Nos troupes, sur le front de l’0ise, ont franchi le canal à l’est de Grand-Verly. Malgré des contre-attaques, elles se sont maintenues sur la rive est.
Entre Oise et Serre, lutte également vive dans la région de la voie ferrée, au nord de Mesbecourt. Nous avons fait des prisonniers. Au nord de Nizy-le-Comte, nous avons sensiblement élargi nos gains. A l’est de Vouziers, activité des deux artilleries.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Jeudi 24 octobre 1918

Louis Guédet

Jeudi 24 octobre 1918

1504ème et 1502ème jours

8h matin  Temps magnifique, un temps à alouettes !! En tirerais-je plus jamais ! Je ne le crois pas, car plus de fusil et il faut que je retravaille comme un galérien qui ne verra jamais la fin de sa peine.

Je me prépare à partir demain ! mais quelle impression pénible et lourde j’ai de ce voyage ! Et une lassitude ! Je suis comme le naufragé accroché à une épave au milieu de l’océan !! sans secours, sans espoir ! autre que la catastrophe finale ! Oh !  C’est la seule (rayé) que puisse (rayé)! Mais la (rayé) de moi ? Je ne sais après (rayé) à Reims !! (Rayé) car si j’ai (rayé) par un (rayé) ou un 210 ! Voilà toutes (rayé)!

2h1/2 soir  Du courrier, en masse. Déblayé tout cela fébrilement. Reçu d’Heckel le Figaro du 22, dans lequel Polybe (Joseph Reinach, journaliste, chroniqueur au Figaro, ancien chef de cabinet de Léon Gambetta (1856-1921)), dans un article de fond demande que le Congrès de Paix ait lieu à Reims ! Le Congrès de Reims. Comme le Congrès de Vienne ou de Paris !! si on avait encore le Palais de l’Archevêché ce serait parfait, et au milieu de nos ruines !! à l’ombre du squelette de la Cathédrale !!! Oui, mais où loger tous les plénipotentiaires ! ceux de l’Entente, bien entendu, car pour les allemands, autrichiens, bulgares, turcs et russes, je proposerais de les parquer sur la Place du Parvis, en plein air, entourés de fils de fers barbelés et de mitrailleuses…  allemandes !!! Des balles françaises ne doivent pas se souiller à leur contact le cas échéant !!

Je pars toujours demain matin, et j’ai pu faire tous mes dossiers. Quant à mes rendez-vous ? Ce sera l’affaire Renard qui en décidera !! quel cauchemar que ce rendez-vous Renard à Saint-Cloud !! En sortirons-nous ? J’ose l’espérer !

Le temps s’est couvert et est tout à fait maussade. Peu m’importe si nous n’avons pas de pluie.

5h soir  Reçu une lettre ou 2 relatives au projet de loi (article 12) concernant nos réparations des dommages de Guerre comme officier ministériel. Harel demande le rachat, Thiénot trouve l’article 12 équitable.

Pour mon compte je demanderai qu’on me donne déjà une indemnité de perte sur notre capital (prix d’Étude (achat ou vente)) et en plus une indemnité correspondant à nos pertes de revenus durant la Guerre, laquelle nous serait versée pendant 5 ou 10 ans. Ce serait juste et équitable.

Enfin on verra !! Nous ne pouvons que perdre, car nous ne sommes pas considérés comme des victimes de la Guerre !!!! Les notaires (rayé) faire ! (Rayé) d’indemnité.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 24 – Confirmation des enfants Bataille à la chapelle. Retenu à diner Mgr Pechenard et le doyen d’Attigny. Visite de Sœur Germaine de l’Union Remo-Ardennaise ; de Mme Lancereaux, de M. le Cure de Saint- Sulpice

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Jeudi 24 octobre

L’ennemi a cherché à se maintenir sur la Lys et le canal de Deynze à la frontière hollandaise. Il a échoué dans plusieurs attaques aux alentours de Peteghen.
L’armée belge a franchi le canal de dérivation. Les Allemands ont dû jeter 200 voitures dans le canal de Bruges à Gand, près de Miserge (ouest de Saint-Georges).
L’armée française a déployé, au sud de Deynze, la tête de pont sur une profondeur de trois kilomètres. 1100 Allemands ont été faits prisonniers.
La 4e armée anglaise a avancé son front de 1500 mètres, entre Lys et Escaut.
Les troupes britanniques sont entrées dans les faubourgs ouest de Valenciennes et ont pénétré dans la forêt de Raismes. Elles ont progressé à l’est de Saint-Amand. A l’ouest de Tournai, elles ont enlevé le village de Troyennes.
Sur le front de la Serre, nous avons contraint l’ennemi à un nouveau recul. Nous avons pris Chalandry et Grandlup. Notre ligne borde la Serre jusqu’à Mortiers. Les Allemands ont été repoussés à l’est de Vouziers. Les troupes tcheco-slovaques ont pris le village de Terry.
Les Allemands ont été, par trois fois, repoussés de Thann.
Le président Wilson répond à Max de Bade. Il transmet aux alliés l’offre d’armistice pour qu’ils statuent sur les conditions, mais celles-ci seront telles que l’Allemagne ne pourra, en aucun cas, reprendre les hostilités. En ce qui concerne la paix, on exigera, une capitulation pure et simple, si le gouvernement germanique n’est pas radicalement transformé.
Sur le front italien, le feu de l’artillerie s’est intensifié au mont Grappa.
Des détachements français ont opéré sur le plateau des Sette Communi au mont Sisemol, ont battu la garnison et capturé 23 officiers et 700 hommes.
Les Anglais, au sud d’Asiago, ont fait 214 prisonniers. Les italiens ont capturé une centaine d’hommes au mont Valbella.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mercredi 23 octobre 1918

Louis Guédet

Mercredi 23 octobre 1918                                                          

…il me demande.

Il fait un temps magnifique, du soleil et chaud, quelle belle journée d’automne. J’apprends que la Maison de Mme Mareschal, 52, rue des Capucins que j’occupais durant le siège a été envahie par le Général Commandant de Place et son État-major !! Pauvre Mme Mareschal, sa maison va être bien arrangée !! Et moi me voilà sans pied-à-terre !   Ils ne s’inquiétaient même pas si la propriétaire a l’intention de venir habiter son logis !! (Rayé) !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 23 – Réunion provinciale à Paris. Adoration Réparatrice

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 23 octobre

Les Belges ont capturé un grand nombre de canons que les Allemands avaient installés pour la défense de la côte flamande.
Les troupes anglaises ont avancé la ligne au sud de Thiant, progressé entre Valenciennes et Tournai, malgré l’accroissement de la résistance allemande.
Dans le secteur de Tournai, nos alliés ont chassé l’ennemi du village d’Orcq et des bois situés dans le voisinage de Froyennelles. Ils se trouvent à moins d’un kilomètre et demi de la ville.
Un coup de main ennemi a échoué sur notre front entre Oise et Serre. Nous progressons sur la Serre. Activité d’artillerie dans la région de Château-Porcien. La lutte diminue d’intensité dans la région de Vouziers.
Lutte de patrouilles dans les Vosges.
En Bulgarie, nos troupes ont atteint le Danube à Widdin.
L’Allemagne a répondu, en date du 21, à la note de M. Lansing. Réponse tortueuse, comme toujours, mais de ton plus humble.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mardi 22 octobre 1918

Cardinal Luçon

Mardi 22 – Départ pour Paris. Vu M. le Doyen d’Attigny, au passage, en allant, à Château-Thierry

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 22 octobre

L’offensive belge continue. Après avoir tenté de s’opposer à la marche de nos alliés sur la rive ouest de la Lys et du canal de Bruges à Eccloo, à la frontière hollandaise, les Allemands ont dû reculer sur tout le front.
L’armée belge borde le canal après avoir enlevé Kaeyselaer, Aeltre, Adegem, Delen, Ursel.
L’armée française a franchi la Lys et créé deux têtes de pont.
L’armée anglaise a également franchi la Lys. Elle a fait en cinq jours 6500 prisonniers.
Les Anglais ont chassé l’ennemi de la ville de Solesmes et se sont frayé un passage dans les coteaux de la rive orientale de la Selle. Ils ont repoussé des contre-attaques et fait 2000 prisonniers. Ils sont à trois kilomètres de Tournai.
Nous avons élargi nos positions entre Oise et Serre, et aux abords de Vouziers.
Les Américains ont fait 100 prisonniers à l’ouest de la Meuse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Lundi 21 octobre 1918

 


Cardinal Luçon

Lundi 21 – Visite de Mgr Landrieux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Lundi 21 octobre

Les troupes anglo-belges ont occupé Zeebrugge, Heyst, Bruges, et atteint la frontière hollandaise. Elles ont dégagé Courtrai et dégagé la route Courtrai-Tournai. Au total, cinquante kilomètres ont été gagnés sur un front de soixante.
Les Anglais ont attaqué les positions ennemies sur la ligne de la Selle au nord du Cateau et ont traversé la rivière. Denain, Somain, Escaudin, Marchiennes sont aux mains de nos alliés.
Entre l’Oise et la Fère, nous tenons Rebemont et Villers-le-Sec. Sur le front de la Serre, nous avons brisé la ligne Hindenburg et fait mille prisonniers. Nous avançons dans la région de Château-Porcien, ou 700 prisonniers ont été faits. Avance également autour de Vouziers et capture de 400 prisonniers. Toutes les réactions ennemies ont été repoussées.
L’action américaine continue sur la rive gauche de la Meuse.
M. Wilson a répondu à l’Autriche en proclamant le droit à l’indépendance des Tchécoslovaques et Yougoslaves.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Dimanche 20 octobre 1918

Louis Guédet

Dimanche 20 octobre 1918

1500ème et 1498ème jours

9h matin  La pluie. Messe à 7h1/2, messe basse dite par notre curé, la messe Haute devant être dite à 9h par l’aumônier du 35e d’Infanterie, messe commémorative pour les tués du régiment dans les derniers combats.

4h soir  Du courrier en masse. Lettre de Robert qui est à Celles (Celles-lès-Condé) près de Château-Thierry, de Jeanne Tricot disant que les Galeries Rémoises ont repris une affaire à Chartres. Ils en paraissent assez ennuyés maintenant que Reims est dégagé ! Mon voyage à Paris devient inénarrable ! avec toutes ses complications et contradictions des rendez-vous qui traînent, se défont, tandis que d’autres m’arrivent. Sortirais-je de cet imbroglio ? C’est la cohue ! et je suis obligé de subir les attaques de tout ce monde et leur mauvaise humeur… Je me sens de plus en plus incapable d’y suffire. Je succomberai…  ma foi bon débarras !

La feuille suivante a été supprimée.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils


Cardinal Luçon

Dimanche 20 – Reçu télégramme-lettre du doyen d’Attigny, de M. le Curé de Merfy, qui a vu les curés de Trigny, Faverolles, Ville-en-Tardenois. Visite de M. Abelé. (Médailles aux généraux qui ont délivré Reims)

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 20 octobre

Sur le front belge, vive résistance de l’ennemi sur le front Bruges-Oostcamp-Wynghem-Thielt. Cette résistance a été brisée.
L’infanterie belge occupe Ostende et a atteint les abords de Bruges. La 2e armée britannique a pris Roubaix et Tourcoing.
Entre Bohain et le Cateau, les Anglais ont fait 4000 prisonniers. D’autre part, ils ont capturé les villages de Wassigny et de Rebeauville avec 1200 Allemands. Ils ont avancé de huit kilomètres entre la Sensée et la Lys.
Nos troupes, à l’ouest de l’0ise, ont conquis Mennevret et la forêt d’Andigny, Groigy, Arsonville et Bernoville. Plus au sud, elles ont dépassé Nouvion et Catillon, faisant 1500 prisonniers. De part et d’autre de Vouziers, elles ont franchi l’Aisne.
Les Américains avancent vers Dun-sur-Meuse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Samedi 19 octobre 1918

Louis Guédet

Samedi 19 octobre 1918                                                            

1499ème et 1497ème jours

9h matin  Temps gris, sombre et froid. Vrai temps de novembre. Jean est parti hier soir vers 9h pour prendre son train à Vitry-la-Ville. A peine parti on s’aperçoit qu’il a oublié son ceinturon ! Émoi de sa Mère qui court après la voiture presque jusqu’à Cheppes, mais impossible de le rattraper. Elle rentre fourbue.

6h soir  Temps gris maussade. Travaillé à mon courrier, envoyer et à enlever, etc…  et porté le tout à Vitry-la-Ville. Dans cette localité nous avons rencontré 2 prisonniers allemands, devant lesquels Maurice qui m’accompagnait est tombé en arrêt ! C’était les premiers qu’il voyait, et de leur dire avec flegme : « Sales Bêtes !… » et c’est tout ! il continue sa route ! content de leur avoir dit ce qu’il avait sur le cœur !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Samedi 19 – Visite de l’Aumônier de la 68e Division m’informant que cette Division partira demain ; Service projeté impossible. Visite de l’Abbé Jean Leflon, rapatrie de Vouziers, qui me raconte comment, une nuit, il a déterré et fait sécher sur le parquet les titres du Petit Séminaire qu’il avait enterrés dans le jardin de ses parents à Vouziers. Sur le conseil de M. l’Archiprêtre de Vouziers, il les confia à un aumônier militaire allemand(1), sûr, qui au péril de sa vie les porta à Sedan et les remit à M. l’Archiprêtre Delozanne

(1) De tels gestes d’entraide entre des membres du clergé ne sont pas rares et on en retrouvera d’autres exemples au cours de la seconde guerre mondiale.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Samedi 19 octobre

Le recul allemand continue sur le front belge, entre la mer du Nord et la Lys. L’avance est de vingt kilomètres sur un front de plus de cinquante.
L’armée belge est entrée dans Ostende. La cavalerie est aux portes de Bruges. Elle a occupé également Ingelmunster.
La deuxième armée anglaise borde, au nord de Courtrai, la Lys, qu’elle a franchie au sud de cette ville, arrivant aux abords de Tourcoing.
Les troupes anglaises et américaines ont attaqué, sur un front de quinze kilomètres au nord-est de Bohain. A droite, l’avance est de trois kilomètres. Nos alliés ont traversé les hauteurs boisées à l’est de Bohain et ont pris Andigny-les-Fermes. Plus au nord, elles ont enlevé la ligne de la Selle. A gauche, elles ont nettoyé la partie est du Cateau.
Les troupes anglaises ont pris Douai. Lille a été encerclée et occupée.
Dans la région de l’Oise, les troupes françaises ont mené de vives attaques entre la forêt d’Andigny et la rivière. Elles ont progressé, enlevant le Petit-Verly, Marchavenne, atteignant les lisières nord de Grougy et d’Arsonville, ainsi que les abords d’Hauteville. Sur la rive gauche de l’Oise, nous nous sommes emparés de Mont-d’Origny. 1200 prisonniers ont été faits.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Vendredi 18 octobre 1918

Louis Guédet

Vendredi 18 octobre 1918    

1498ème et 1496ème jours

Matin  Du brouillard, temps gris, froid. Et quand je pense que je vais retourner vivre à Reims par des temps pareils au milieu des ruines !! J’en ai le cœur glacé ! Non ! je n’en n’aurais pas le courage ! ni la force ! Jean repart ce soir vers 10h. Le pauvre grand ! pourvu qu’il ne lui arrive rien ! Il n’est pas bien gai ! Et puis quel avenir aura-t-il ? Que fera-t-il ? Que feront-ils tous deux après la Guerre ?!!… Je n’ose y songer !… Je ne puis leur être d’aucun recours ! (Rayé). Ils ont (rayé)!

6h soir  Rien de saillant, un courrier formidable. Jean part ce soir, vers 11h. Pauvre grand. Pourvu qu’il ne lui arrive rien. Tout le monde est triste. Maurice le pauvre petit ne le quitte pas d’une semelle… Mon voyage de Paris ne marche que d’une aile. En tout cas je partirai samedi ou dimanche quand même pour la réunion de chambre du 28 et pour la Succession Renard, ouverture du coffre. J’aviserai sur place…  on verra.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Vendredi 18 – Visite à Passy-Grigny. Retour par Romigny, Ville-en-Tardenois, Chambrecy, Bligny, Chaumuzy, Nanteuil; avant Chaumuzy, ren­contre un groupe d’émigrés revenant au pays ; descendu d’automobile pour leur serrer la main. Visite du Général Mariller, de la 68e Division, qui me prie d’assister au Service des soldats, lundi 21 octobre à Ay. Prise de Lille, Ostende et Douai. Accepte d’assister au Service et d’y prendre la parole

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 18 Octobre

Les troupes belges, anglaises et françaises ont continué leurs attaques de Dixmude à la Lys. Partout l’ennemi a reculé devant les brillantes attaques des troupes alliées, et, sur un front de cinquante kilomètres, l’avance réalisée dépasse six kilomètres.
Les forces belges ont franchi l’Yser, en aval de Dixmude, jusqu’à Schoorbake, et l’armée anglaise a traversé la Lys en amont de Menin, poussant à plusieurs kilomètres sur la rive droite.
Plus de vingt villages ont été délivrés. Les Belges se sont emparés de Thourout, les Français de Lichtervelde et Ardoye, les Anglais de Menin et de Courtrai.
Les troupes britanniques, dans la vallée de la Selle, ont pris le village d’Haussy et fait 300 prisonniers. Sur le front Douai-Lille, l’ennemi poursuit sa retraite. Les Anglais ont atteint la ligne Oignies-Carvin-Allennes -les-Marais-Capinghem.
En Flandre, la 2e armée britannique a avancé de treize kilomètres en trois jours. L’ennemi a été chassé de la rive gauche de la Lys. 4000 prisonniers et 150 canons ont été capturés.
Les troupes françaises ont réalisé des progrès locaux, au nord-ouest de Sissonne, où elles ont pris Notre-Dame-de-Liesse, et, à l’ouest de Grandpré, où elles occupent Talma.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Jeudi 17 octobre 1918

Louis Guédet

Jeudi 17 octobre 1918

1497ème et 1495ème jours

9h1/2 matin  De la brume, du brouillard qui tombe. Il fera beau je crois. Rien de saillant. Je suis fort las ! et je m’effraie de plus en plus de cette triste vie que je vais mener à Reims, et pour arriver à quoi ? à rien ! (Rayé). Et je n’ai jamais eu de chance ! Tout ce que j’entreprends est voué au désastre et à la ruine.

6h soir  Temps triste, du courrier en masse et du travail. Je viens seulement de finir. Retardé par l’Instituteur, M. Thévenot, qui venait me montrer la réponse faite par la Préfecture à ma demande de pâtes et de riz que je l’avais prié de faire. Il l’avait faite en mon nom et signé du Maire ! Mais il faut que la demande soit faite par le Maire en mon nom !… La fôôôrme !! Et comprenez si vous voulez en rire ! Vous pouvez ! Causé longtemps avec lui, et cela m’a fait perdre quelque peu du temps. La réponse de Wilson à la demande d’armistice est négative…  heureusement. Les allemands reculent toujours ! Auront-ils une débâcle comme nous en 1870 ! Ce serait à souhaiter, ils ne se sentiront vaincus, battus, que comme cela et avec cela ! J’organise mon voyage à Paris, y arriverais-je et pourrais-je y faire tout ce que j’y ai à faire ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Jeudi 17 – Revu M. Igier ; puis reçu visite de l’aumônier de la 68′ Divi­sion m’invitant à un Service des soldats de la Division

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 Jeudi 17 octobre

Au nord de l’Oise, nous avons réalisé une avance dans la région d’Arsonville. Nous bordons la rive sud de la Serre, jusqu’à Pouilly-sur-Serre, qui est entre nos mains. Nous avons également progressé au nord-est de Marchais, faisant 400 prisonniers.
Plus à l’est, nous nous sommes emparés de la Selve et de Nizy-le-Comte. A l’ouest de Grandpré, nous tenons la route de Vouziers à Grandpré. Nous avons fait là 400 nouveaux prisonniers.
Les Anglais ont traversé le canal de la Haute-Deule, des deux côtés de Pont-à-Vendres, pris Estevelles, Meurchin et Bauvin. Plus au nord, ils ont progressé dans le voisinage de Haubourdin.
Les forces franco-belges ont continué leur avance en Flandre.
Les Belges ont progressé jusqu’aux abords du bois de Wyssendaele et de Thourout. Les Français ont gagné les abords de Lichtervelde et progressé au delà de la ligne Roulers-Lichtervelde.
Les Anglais ont atteint la route Courtrai-Ingelmunster et sont arrivés aux approches de Courtrai, enlevant Menin, Wervicq et prenant pied sur la rive droite de la Lys.
Les deux dernières journées, sur ce front ont donné 12000 prisonniers et 100 canons.
Les Américains ont gagné du terrain à l’est et à l’ouest de la Meuse.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button