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Dimanche 26 août 1917

Paul Hess

26 août 1917- A 21 h, au milieu des détonations de nos pièces, des siffle­ments et des explosions d’arrivées ainsi que chaque soir, un obus éclate soudainement auprès de la cathédrale. Je commençais à sommeiller. Nouvelle descente rapide à la cave. Rien d’autre.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Dimanche 26 – + 19°. Temps couvert. Visite aux soldats de la 214(1) à Trigny, aumônier Lasalle. A 4 h. soir, canonnade française ; riposte alle­mande ; bombes sifflent et tombent sur les batteries, et ailleurs sans doute. Dîné avec les officiers. Soir, de 9 h. à 11 h., obus sur la ville, comme hier ; un tout près de nous. Reste de la nuit tranquille.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) S’agit-il du 214′ Régiment d’infanterie ? (régiment de réserve de Toulouse).

Trigny


Dimanche 26 août

En Belgique, action d’artillerie assez violente dans la région de Bixchoote.
Au sud-est de Saint-Quentin, nos détachements ont pénétré dans une tranchée allemande et ramené 31 prisonniers. Une autre incursion à l’ouest du Panthéon, nous a donné également des prisonniers.
En Champagne, la lutte d’artillerie a pris une assez grande intensité dans la région des Monts. Des coups de main ennemis vers Vauquois, au nord-est d’Avocourt, ont complètement échoué.
Sur la rive gauche de la Meuse, nos troupes ont réalisé de nouveaux progrès au nord de la cote 304 et enlevé trois ouvrages fortifiés au sud de Béthincourt. Le chiffre des prisonniers capturés par nous s’élève à 8100.
Les Allemands ont bombardé le front anglais au sud-est d’Epéhy; ils ont ensuite attaqué sur les deux flancs de la ferme de Villemont et repris pied dans une partie très minime de leurs anciennes tranchées. Dans l’ensemble, leur entreprise a échoué.
Un raid allemand a été repoussé par nos alliés au nord-est de Gouzeaucourt. Ils ont progressé au nord-ouest de Lens en faisant des prisonniers.
Les Italiens continuant toujours leur marche en avant, ont occupé le Monte Santo.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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Lundi 11 juin 1917

Cardinal Luçon

Lundi 11 – + 17°. Nuit tranquille. Orage de 3 à 5 h. Journée tranquille. Visite de M. le Curé de Trigny, de M. Dufay, fils. Orage de 4-5 h. Pendant la nuit, canonnade presque continuelle française ? allemande ? mais non intense.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Trigny


Lundi 11 juin

Actions d’artillerie courtes et violentes sur divers points du front, notamment dans la région de Craonne-Chevreux.

Des reconnaissances ennemies ont tenté d’aborder nos lignes vers le Monument d’Hurtebise, au nord-est de Prunay, et sur les deux lignes de la Meuse, au Mort-Homme et au bois des Caurières. Aucune de ses tentatives n’a donné de résultat.

De notre côté, nous avons exécuté un coup de main sur la rive gauche de la Moselle, dans la région du chemin de fer de Thiaucourt. Nos détachements, pénétrant dans la tranchée adverse, sur plusieurs points, ont infligé des pertes sérieuses à l’ennemi, détruit des abris, et ramené une vingtaine de prisonniers.

Du 1er au 7 juin, notre aviation a livré de nombreux combats et abattu 21 avions ennemis dont la chute a été constatée et 2 ballons captifs, qui sont tombés en flammes.

Les Anglais ont effectué une nouvelle progression sur un certain nombre de points du front de bataille au sud d’Ypres. Des coups de main, exécutés avec succès au sud-est d’Epéhy, au sud d’Armentières et au nord-est d’Ypres, leur ont permis de faire 17 prisonniers.

Canonnade sur le front de Macédoine.

M. Garcia Prieto, président du conseil espagnol, a offert sa démission au roi Alphonse XIII.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 18 mars 1917

Louis Guédet

Dimanche 18 mars 1917

918ème et 916ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps maussade, quelques lueurs d’éclaircies, mais triste journée. Bataille toute la nuit, mal dormi, et puis j’étais encore impressionné de la vue des malheureuses asphyxiées qui agonisaient. Été messe de 8h1/2, écrit lettres sur lettres. Je suis à peu près au courant, mais je n’en vois jamais la fin. Lettre de ma pauvre femme toute attristée du départ de Robert qu’elle a accompagné jusqu’à Châlons pour rester un peu plus longtemps avec le pauvre enfant. Elle a vu le professeur d’André qui dit qu’il y a du mieux, mais qu’il est toujours indolent. Elle m’apprend que mon camarade Hémard fait le cours de mathématiques à St Étienne, le professeur  étant mobilisé. C’est du vrai dévouement. Sorti un peu en Ville, rien vu d’extraordinaire, sauf beaucoup de soldats russes. La population est assez agitée par l’abdication de Nicolas II et par la démission du ministère Briand. Tout cela n’avance guère nos affaires et la prise de Bapaume, de Roye et de Lassigny passe au second plan. Il est cependant grand temps que nous ayons une victoire décisive, et que nous voyions la fin de cette Guerre. Nos soldats en ont assez, grandement assez. L’avenir n’est pas beau, et l’Horizon bien chargé de nuages ! Si nous n’avons pas une victoire bientôt, tout de suite, je ne sais ce qui arrivera.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 18 mars 1917 – Un fusant de 77, tiré sur aéro, éclate en retombant, devant un cantonnement rue du Barbâtre. Un lieutenant du 403e d’infanterie est tué et d’autres officiers blessés. Au cours de la matinée, plu­sieurs projectiles allemands sont retombés dans les mêmes condi­tions, en différents endroits de la ville, rue Jacquart, rue Werlé, etc.

Il est à noter que la même chose se produit maintenant, presque tous les jours, à chaque tir contre avion.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Dimanche 18 – 8°. Nuit assez tranquille. Beau temps. Visite au 7e Corps. Allocution à la messe à Trigny. Général de Bazelaire, et Général de la Guille, Commandant, des Généraux (de Coligny….) Prise de Bapaume (1),

Roye, etc. Dîné avec le Général et ses officiers. Visite au campement dans les bois, à gauche, en descendant. Entretien avec M. Sainsaulieu et M. Abelé pour leurs œuvres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Ces « prises » n’ont aucun caractère de victoire. Nous occupons le terrain volontairement abandonné par la Allemands pour raccourcir leur front et faire d’importantes économies de personnel. Tout ce terrain « reconquis » a été sauvagement détruit, miné, défiguré par l’ennemi qui a coupé tous les arbres, fait sauter les habitations, empoisonné les puits, etc.

Dimanche 18 mars

Sur-tout le front compris entre Andéchy et l’Oise, l’ennemi, refusant la bataille, a abandonné sous la pression de nos troupes les lignes puissamment et savamment fortifiées qu’il tenait depuis plus de deux ans. Notre mouvement en avant a continué avec rapidité. Nos pointes d’avant-garde ont pénétré dans Roye, poursuivant les contingents ennemis qui ont fait sauter les carrefours des rues à l’intérieur de la localité. 800 habitants de la population civile, que les Allemands n’avaient pas eu le temps d’évacuer, ont fait à nos soldats un accueil enthousiaste.

Au nord et au nord-est de Lassigny, que nous avons également occupé, nous avons atteint et même dépassé la route Roye-Noyon. Nous avons fait des prisonniers.

Violentes canonnades en Champagne et sur la rive droite de la Meuse (bois des Caurières).

Nos escadrilles ont bombardé les organisations ennemies de la région d’Arnouville, les usines de Wolklingen, les gares de la région de Ham et de Saint-Quentin. Un de nos avions a bombardé Francfort-sur-Mein. Un zeppelin aété abattu près de Compiègne, au retour d’un raid qu’il avait fait sur la côte anglaise.

Les troupes britanniques ont enlevé Bapaume et avancé sur un front de 25 kilomètres en occupant en tout 14 localités.

Le grand-duc Michel, désigné par Nicolas II comme héritier de la couronne, a déclaré qu’il subordonnerait son acceptation finale à une ratification de la Constituante. Le cabinet Briand a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Mardi 11 juillet 1916

Louis Guédet

Mardi 11 juillet 1916

668ème et 666ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Été à Trigny, parti à 8h ce matin et rentré à 7h où j’ai trouvé tout mon personnel fort agité et émotionné. On venait de subir un fort bombardement. Tout notre quartier et la ville paraissent fort atteints : des victimes, une bombe 2 maisons plus bas qu’ici rue Hincmar. Adèle et Lise ont cru que c’était sur la maison. Heureusement non. A Trigny des troupes. J’ai pu faire ce que j’avais à y faire. J’y ai été par Champigny, Maco, Chalons-sur-Vesle. Tous les bois sont remplis de baraquements. Une ligne de chemin de fer à voie unique mais grande voie, va maintenant de Jonchery vers Hermonville, on la traverse avant d’arriver à Trigny. Je suis fatigué et un peu émotionné. Je vois mon monde révolutionné. Mon Dieu, protégez-nous.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

11 juillet 1916 – A 17 h 45, sifflements et arrivées dans le centre.

Vers 22 heures, le bombardement recommence et les dégâts sont importants rues Ponsardin, du Barbâtre, Gambetta, etc. ; la maison 98, rue Chanzy, est brûlée.

Deux personnes sont tuées rue Saint-Symphorien ; un homme l’est aussi rue des Moulins. Un obus a tué plusieurs soldats au cantonnement « des Longaux » ; d’autres y ont été grièvement blessés et deux soldats encore, ont été mortellement atteints à Sainte-Anne.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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 Cardinal Luçon

Mardi 11 juillet – Nuit de souffrances atroces. Militairement tranquille. Aéros vers le matin. De l0h. à… Duel d’artillerie entre batteries adverses, violent, surtout de notre côté. A 6 h. violent bombardement à gros obus sur la ville.

Nous voyons la fumée d’un incendie derrière la maison Chastin. Descente à la cave, feu au Lycée. Mademoiselle Gobinet tuée au pied du lit de sa mère malade ! Deux soldats tués et nombreux blessés près des Déchets. Trois bombes au Grand Séminaire, jardin ; une à l’ancien Grand Séminaire rue Chanzy, une au petit Lycée avec commencement d’incendie. Mlle Gobinet et la femme de chambre ont été déchiquetées.

Rue du Jard, deux soldats tués, plusieurs blessés à mort. Un petit garçon tué. Bombes rue Jeanne d’Arc, rue du Jard, rue Buirette, au Canal ; une Bureau de Bienfaisance dans la cour. Ces bombes venaient de Berru ou de Nogent. 10 h. à 11 h. 1/2 violent bombardement du côté français. Riposte allemande de quelques gros obus. Incendie chez les Sœurs de l’Espérance (couture) près des 6 Cadrans. Bombardement durant la nuit. Reste de la nuit tranquille. Un obus crève la voûte de la Cathédrale au-dessus des Fonts Baptismaux à 10 h. soir. En tout 11 tués dont 2 soldats, et 29 blessés dont 5 soldats.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 11 juillet

Au sud de la Somme, nous avons réalisé des progrès dans la région comprise entre Biaches et Barleux et aux abords de ce dernier village. Aux lisières de Biaches, nous avons enlevé un fortin, capturant 113 officiers et soldats. Au sud-est de Biaches, nous avons, par une brillante attaque pris la cote 97 qui domine la rivière, ainsi que la ferme de la Maisonnette, située au sommet. Un petit bois, au nord de la Maisonnette, est également tombé entre nos mains.
En Champagne, deux coups de main ont été réussis par nous au sud-est et à l’ouest de Tahure. A l’ouest de la butte du Mesnil, nous avons saisi et organisé sur 500 mètres environ une tranchée allemande.
Au Four-de-Paris, nous avons nettoyé à la grenade une tranchée ennemie.
Sur le front nord de Verdun, l’artillerie ennemie, énergiquement contrebattue par la nôtre, a bombardé avec une extrême violence les régions de Froide-Terre, de Fumin et du bois Fleury.
Nous avons abattu quatre avions allemands sur la Somme.
Les Allemands, après six violentes et coûteuses attaques, ont réussi à pénétrer dans le bois des Trônes (nord de la Somme), mais les Anglais ont pris pied dans le bois de Mametz, à l’ouest; ils ont également progressé à l’est d’Ovillers et de la Boisselle. Ils ont abattu un avion allemand.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Lundi 9 août 1915

Louis Guédet

Lundi 9 août 1915

331ème et 329ème jours de bataille et de bombardement

9h soir  Nuit de bombardement. Des victimes, peu de repos, journée lourde, orageuse, température de plomb. A-t-on bombardé ou non ? Je ne sais ayant été fort occupé ! Révisions et examens de mes 164 dossiers de simple police pour demain, visite de mes justiciables, actes à faire signer, correspondance, etc…  En résumé j’étais bien fatigué et bien découragé à 5h du soir. Reposé un peu et après-midi repris ma place à l’écritoire. Répondu à M. Delaunay juge d’instruction, me recommandant comme gardien des scellés son greffier, que je serais heureux de répondre à sa charitable sollicitation. Dans sa lettre il me donne du : « Juge de Paix et cher Collègue ! »  :)-

J’avoue que je ne suis guère habitué, accoutumé à cette musique là, surtout de la part d’un juge d’instruction et parce que notaire quoique juge de Paix intérimaire pour la durée de la Guerre ! Eh ! quoi ? Je deviendrais quelqu’un ? Quelque chose ? Je me garde de le croire, de le penser même, je faisais bien tranquillement ce que je crois être mon Devoir, rien de plus. Et ma foi ! que Reims soit dégagé tout de suite et je retournerai…  comme Scipion (?) (Il s’agit en fait du dictateur romain Cincinnatus)…  à mes bœufs.

Oh ! oui ! me retrouver avec les miens, mes amis, et enfin jouir d’eux loin de tout luxe, de toute vie mondaine fiévreuse et…  continuer à faire mon devoir pour les autres et pour moi-même.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit tranquille. Couché au sous-sol, canonnade et bombes en ville, mais loin de nous de 2 h. à 3 h.

Voyage à Trigny avec M. Camu. Service à 10 h. 1/2, quatre généraux présents, pour les soldats. Belle assistance militaire.

Visite du Général Guillaumat(1) qui seul est venu me voir au presbytère.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

200px-Adolphe_Guillaumat_1921(1) Général Guillaumat, commande en 1915 le 1er Corps d’Armée (Ve Armée) au Nord de Reims. Il est à Verdun en 1916 puis sur la Somme. En 1917 il remplace le général Sarrail à l’armée d’Orient. En juin 1918 il est gouverneur militaire de Paris, en octobre il libère Charleville à la tête de la Ve Armée.


 


Lundi 9 août

Actions d’artillerie en Belgique, près de Steenstraete, en Artois, sur le front de Santerre, dans la vallée de l’Aisne, où Soissons est bombardée.
En Argonne, les Allemands avaient réussi à pénétrer dans un de nos saillants, près de Fontaine-Houyette. Ils en ont été chassés et ne se sont maintenus que dans un poste d’écoute en avant de notre première ligne. A la Fille-Morte, ils ont pris pied dans une de nos tranchées, mais n’en ont pu garder que trente mètres. Activité d’artillerie en Woëvre, dans la région de Flirey et du bois Le Prêtre.
Dans les Vosges, plusieurs attaques ennemies ont été brisées au Lingekopf, au Schratzmaennele et au col qui sépare ces deux sommets. Les Allemands ont subi là de lourdes pertes.
Les Italiens ont bombardé Rovereto, entre Ala et Trente. Ils ont, une fois de plus constaté la présence de troupes allemandes dans le Tyrol.
Hindenburg se livre à des attaques furieuses contre Kovno et Ossovietz. Les Russes résistent toujours en vigueur.
La Roumanie a mobilisé de nouvelles classes de réserve.
On reparle d’une dissolution de la Chambre grecque.
L’Amérique a remis à l’Allemagne de nouvelles protestations contre sa politique n
avale.

Source : La guerre au jour le jour


 

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Collection : Patrick Nerisson

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Samedi 7 août 1915

Louis Guédet

Samedi 7 août 1915

329ème et 327ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Nuit de canonnade. Inventaire en levée de scellés à la Maison de Retraite qui n’a pas encore trop souffert. Mais que les rues de Reims sont mortes et désertes ! Après-midi à trier, arracher, je suis exténué ! las !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Nuit tranquille, sauf quelques coups de gros canons ou bom­bes, à longs intervalles. Visite à M. le Curé de Trigny.

Visite de M. le Sous-Préfet en tenue. Très aimable.

Père Dargent déjeune avec nous, retour d’Allemagne où il a été emmené en captivité avec le vicaire de Vouziers, le Père Dargent était à Vouziers, exerçant le ministère. Il venait d’être rapatrié, et nous a donné quelques détails sur cette ville, et son archiprêtre, le clergé, les habitants, les procé­dés des Allemands.

Visite d’un domestique de Mme de la Morinerie, canonnade tout le jour.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Samedi 7 août

Combat à la grenade autour de Souchez. Tentative allemande enrayée devant Neuville-Saint-Vaast. Lutte de bombes et de pétards dans l’Argonne, autour de la côte 213, à la Fontaine-aux-Charmes et à Saint-Hubert. Les Allemands ont été arrêtés chaque fois qu’ils ont tenté de sortir de leurs tranchées.
Sur les Hauts-de-Meuse, nous arrêtons deux offensives à coups de grenades et par des feux d’artillerie. Canonnade à Apremont.
En Lorraine, les ennemis bombardent Emberménil et Reillon. Deux avions ont jeté des bombes sur Fraize (Vosges), tuant deux femmes et un soldat.
Le général Sarrail prend le commandement en chef de l’armée des Dardanelles, en remplacement du général Gouraud, blessé, comme on le sait.
Un communiqué du grand état-major russe reconnaît que les troupes du grand-duc ont abandonné Varsovie, après avoir coupé les ponts de la Vistule. Les Allemands sont entrés dans la ville, mais sans y faire aucun butin. Les lignes russes se sont repliées dans l’ensemble et méthodiquement derrière Varsovie, Ivangorod et Lublin. On annonce que Guillaume II va tenir à Berlin un grand conseil où il serait parlé de la Pologne.
Un croiseur français a bombardé Adalia, en Asie Mineure.
Un dirigeable italien a opéré au-dessus du port militaire autrichien de Pola, mais il est ensuite tombé à la
mer.

Source : La guerre au jour le jour

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