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Mercredi 27 juin 1917

Paul Hess

27 juin 1917 – L’Éclaireur de l’Est annonce 2 500 obus pour le 25 et le com­muniqué dit que Reims a été violemment bombardé. Il n’exagère pas, le communiqué, car depuis plus de huit jours et sans disconti­nuer, le pilonnage de notre ville est absolument effrayant.

— Un obus, ce jour, dans la maison de mon beau-frère, sur la partie que j’habite seul, 10, rue du Cloître.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mercredi 27 – + 15°. Nuit tranquille, bombardement de 8 h. à…. 1 obus ; puis un autre, découronnent une de nos cheminées ; et mutilent l’autre, dont l’état est dangereux. M. Trilhart, Père du Saint-Esprit, aumônier mi­litaire, m’invite à aller bénir le cimetière militaire de la Neuvillette28 (400 tombes), 410e régiment infanterie. Un obus tombe sur la maison, pendant qu’une sœur reconduit un visiteur au portail. Le 1er obus a lancé un gros morceau de son ogive dans le parloir ou petit bureau des Sœurs. Bombar­dement violent toute la matinée. Visite du Général de Vallières, 191e Divi­sion, qui s’en va et avec lui du Général Schmidt (protestant) de la 167e division qui remplace celui qui nous quitte. M. Schmidt me fait les offres les plus bienveillantes de services. Visite à Rœderer, à l’Orphelinat Rœderer, au Général Cadou, non trouvé, qui s’en va à Epemay.

Le soir vers 7 h., visite aux tombes (à la Neuvillette) du 410e, en compa­gnie du Général de Vallières. Rendez-vous dans les ruines de l’église dé­vastée. Comme c’est dangereux, le Général de Vallières a voulu venir. Il nous fait marcher 2 à 2 seulement, à assez longs intervalles, pour ne pas provoquer les obus des allemands qui nous voient de la vallée de Courcy. Arrivé au cimetière je bénis les tombes, sans convocation des soldats à cause de la proximité de l’ennemi. Après cela le Général nous quitte (je crois) et nous allons le long du canal, à travers les soldats qui s’y installent et par les boyaux… avec les officiers dans une tranchée. C’est le lieutenant Colonel Voiriot qui nous conduit et nous reçoit à sa table – il commande le 410e régiment décoré de la Croix de Guerre et cela à l’Ordre de l’Armée (Écho de Paris, du 18 juillet). Il nous quitte dans la nuit. Au sortir du dîner, je rencontre une planche sur laquelle on avait écrit : « Boyau Cardinal Luçon29 ». Nous rentrons sans encombre à 9 h. et demie. Le Général de Vallières, reparti avant dîner, nous envoya son automobile pour revenir à Reims.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 27 juin

En fin de journée, après une courte préparation d’artillerie, nos troupes ont prononcé une brillante attaque au nord-ouest d’Hurtebise, sur un éperon solidement organisé par l’ennemi. Tous nos objectifs ont été atteints en quelques instants. La première ligne allemande est tombée en notre pouvoir. Des contre-attaques ennemies, lancées aux deux extrémités de la position enlevée et appuyées par un violent bombardement, ont été brisées par nos feux. L’ennemi, surpris de la rapidité de l’attaque, a subi des pertes élevées et a laissé plus de 300 prisonniers, dont 10 officiers entre nos mains.

Divers coups de main ennemis sur nos petits postes, dans le secteur d’Ailles, dans la région de Tahure et en Argonne, ont échoué sous nos feux.

Les Anglais ont poursuivi sur les deux rives de la Souchez leurs succès de la nuit précédente, au sud-ouest de Lens. Ils ont réalisé des progrès sur un front de 2500 mètres. Ils ont fait des prisonniers au cours d’une opération de détail au nord-ouest de Croisilles. Ils ont repoussé un coup de main à l’ouest de la Bassée.

Canonnade réciproque dans la région du Vardar et dans la boucle de la Cerna, où une forte reconnaissance bulgare a été dispersée à coups de fusil et de grenades.

Ador, député de Genève, a été nommé conseiller fédéral helvétique à la place de M. Hoffmann.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Dimanche 17 juin 1917

Louis Guédet

Dimanche 17 juin 1917

1009ème et 1007ème jours de bataille et de bombardement

1h1/2 après-midi  Nuit plus qu’agitée, des bombes un peu partout à chaque instant, bataille, peu ou pas dormi. Chaleur torride ajoutée à cela. On est à moitié démoli. Ce matin messe à 7h dite par Mgr Neveux. Le Cardinal a lu une lettre relative au vœu au Sacré-Cœur pour la délivrance et le triomphe de la France fait par tous les archevêques et évêques de France, et célébré à partir du Sacré-Cœur tous les ans le vendredi de la Fête-Dieu. Assez de monde. (Rayé) qui était (rayé) comme (rayé) il ne voulait pas (rayé). Pensez donc ? On (rayé) en ce moment ! Quant au Cardinal, c’est la bonté et le sourire même, quelques communions et la communion consommatrice de la même fidèle de l’Hostie qui a servie à la bénédiction du Salut après la messe.

Rentré travailler, mais fatigué de la nuit. Eté au courrier rue Libergier. Peu de lettres, aperçu Beauvais, toujours la bouche en cœur, on décore donc en ce moment même notre bon Cardinal. (Rayé) et Dramas de l’Éclaireur de l’Est. Ces (rayé) déshonorent la (rayé) 3 premiers. Ma foi je ne vais pas (rayé) là, non j’aime mieux avoir ma croix de la Justice et…  même tout seul. Vraiment mon (rayé) me semble être le (rayé) et Dieu sait quels piètres (rayé). Je passerais encore (rayé) mais (rayé) un politicien, arrivé à peine depuis 8/10 mois, qu’on décore avec ceux qui sont restés tout le siège de Reims (34 mois) et qu’à-t-il fait, rédigé l’Éclaireur de l’Est qui (rayé) avait (rayé) ici par Lenoir et Mignot pour éclairer le Monde (?) non Reims dans les ténèbres de l’obscurantisme, puisque l’Éclaireur n’éclairait plus notre ville en deuil de sa bonne parole. Bref au marché entre pantins…  Lenoir disant à Dramas : « Viens à Reims et dans 6 mois on te décorera !… » Je me demande si Dramas, ayant ce qu’il désire, ne va pas fiche le camp comme les autres décorés…  Mme Fouriaux, Guichard qui ne cherche qu’un prétexte, et autres blédards de même tonneau. Pantins. Je le répète.

Je n’ai qu’un désir, c’est que bientôt et vite le Ministre de la Justice me décore à la barbe de tous ces pleutres-là. Au moins j’aurais la satisfaction de penser que je ne leur dois rien, en attendant que je leur dise, et en plein bec. C’est moi qui aurais eu le sourire…  Et ma foi, ils ne l’auront pas volé.

1h3/4  Çà tape toujours, heureusement que nos décorateurs décorent dans les caves Werlé où est installé l’Hôtel de Ville. (Rayé).

Je vais tâcher d’aller faire un tour pour tuer mon temps, en attendant d’être tué…  moi je ne puis espérer qu’une croix de bois, et encore est-elle bien nécessaire pour que je repose de mon dernier sommeil. Un peu de gazon ! C’est suffisant !

4h1/2 soir  Porté travail à mon vieil expéditionnaire M. Millet, rue Souyn, revenu par les marais et les tilleuls. Les pauvres tilleuls !! Ils sont radicalement mangés par les chenilles. C’est navrant, et plus d’ombre. Retourné pour prendre un journal que je trouve place d’Erlon. Je ne vais pas plus loin et me dispose à rentrer chez moi quand je rencontre M.M. Albert Benoist et Lelarge qui m’annoncent la venue de Poincaré, Président de la République, accompagné de Léon Bourgeois, Vallé, Monfeuillart, etc…  des généraux Micheler (commandant la Vème Armée depuis le 22 mai 1917), Fayolle (commandant le groupe d’Armées du centre depuis mai 1917) pour décorer le Cardinal qui était très ému, parait-il. Échange de discours parfaits me disent ces Messieurs…  Émile Charbonneaux, de Bruignac, Beauvais, Dramas et ce bon M. Martin, secrétaire de la sous-préfecture, il l’a bien gagnée. Croix de Guerre à Mmes Luigi et Tonnelier des Hospices, et enfin des citations à l’ordre…  assez nombreuses. Et voilà les nouvelles.

On voit bien que le Président de la République venait, car on ne voyait pas un soldat et encore bien moins nos galonnards fêtards et pillards. Il fallait jeter de la poudre aux yeux, et éviter de montrer les désordres journaliers de nos rues…  Brutes, va !!

Comme je causais avec ces messieurs, le bon Père Gérard, un original, m’interpelle : « Eh ! bien ! M. le juge de Paix, vous n’êtes pas décoré des 2 croix, Légion d’Honneur et Croix de Guerre ?! » Alors de lui répondre : « Pensez-vous ? Il n’en peut être question. Et puis vous dites des choses qu’on ne doit pas dire, encore bien moins penser parce qu’elles n’arriveront jamais ». Alors lui de protester, mes 2 interlocuteurs étaient plutôt en harmonie. Je les quittais en rentrant mélancoliquement chez moi, dans ma prison. Beau jour pour les uns et tristesse pour moi.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

Dimanche 17 juin 1917 – Bombardement, le matin, vers Pommery.

Dans la matinée, à la mairie où j’étais allé, comme d’ha­bitude, M. Raïssac m’a fait savoir que le président de la République doit venir cet après-midi remettre quelques décorations, notam­ment la croix de chevalier de la Légion d’Honneur à Mgr le cardi­nal, MM. Em. Charbonneaux et de Bruignac. M. Raïssac exprimait le désir que l’invitation d’assister à la cérémonie qui aura lieu à 14 h, dans le cellier d’expédition de la maison Werlé & Cie, 6, rue de Mars, et ne devait pas être connue plus tôt, soit transmise aux collègues qui pourraient en être avertis.

Je vais sans tarder, faire part de cette invitation du secrétaire en chef à Cullier.

A 14 h 1/2, M. R. Poincaré, président de la République, en vareuse, jambières et casquette à visière de cuir, descend d’une auto qui vient de s’arrêter aux caves de la maison de vins de Champagne de Mun, 6, me de Mars (dont la raison sociale est : Werlé et Cie). Il est suivi de quelques personnages officiels.

Montant rapidement les marches accédant dans la salle où se trouve réunie une assistance peu nombreuse, il va directement vers Mgr Luçon, à qui il donne l’accolade, salue le maire, puis les futurs légionnaires s’étant alignés, le président de la République exalte leurs mérites en un petit discours très élevé, disant combien ils se sont montrés dignes de la récompense qu’il a la joie de leur ap­porter, au nom du gouvernement de la République.

Mgr le cardinal répond par quelques mots seulement, pour remercier M. le Président de la République, en reportant sur son clergé, dont il loue l’attitude, les mérites du grand honneur fait à sa personne.

M. R. Poincaré remet alors aux nouveaux décorés, dans l’or­dre suivant, la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, qu’il épingle sur leur poitrine, après lecture de la citation concernant chacun d’eux, par un colonel : S. Em. le cardinal Luçon ; MM. Em. Charbonneaux et de Bruignac, adjoints au maire ; Beauvais, direc­teur de l’école professionnelle ; Martin, secrétaire général de la sous-préfecture ; Dramas, rédacteur de L’Eclaireur de l’Est ; M. le Dr Harman, absent, est également nommé.

La croix de guerre est décernée ensuite à Mlle Luigi, directrice de l’hôpital civil et à Mme Tonnelier, puis, sont cités à l’ordre du jour civil : MM. Marcelot, chef-fontainier du Service des eaux ; Plichon, chef-mécanicien à l’Usine des eaux ; Raullaux, directeur du Service des Eaux ; Dr Gaube ; Palliet, commissaire central de police ; Speneux, commissaire de police du 3e Canton : Grandin, chef du service du Ravitaillement ; Rousseaux, directeur de l’abat­toir.

Le personnel de la mairie, fier de voir à l’honneur ceux qu’il a vus à l’œuvre depuis septembre 1914 — M. Emile Charbonneaux et de Bruignac, adjoints, ainsi que des collègues ou camarades dont le rôle a été particulièrement remarqué — est heureux aussi d’assister à cette réunion toute d’intimité, qui se déroule sans pro­tocole, sans service d’ordre et sans le moindre apparat dans une salle bombardée, dont les murs laissent voir la brèche d’entrée d’un obus. Aucune tenture, aucun écusson ne sont venus amoin­drir le caractère inopiné de la visite présidentielle, que ce cadre non apprêté rend d’une simplicité émouvante, dans une atmos­phère toute de sympathie.

Le service d’honneur est fait par quatre hommes du 410e d’infanterie, commandés par un lieutenant et escortant le drapeau du régiment.

Deux ou trois gendarmes, venus en même temps que les voitures, étaient restés dans le chartil.

Pendant le cours de cette cérémonie qui se termine dans l’ab­solu mélange des personnalités et des invités désirant présenter leurs félicitations aux décorés, j’ai entendu le ronronnement d’un avion chargé sans doute d’exercer une surveillance au-dessus du local où elle avait lieu.

Étaient présents : les sénateurs et députés de la Marne ; le préfet, le sous-préfet, le maire de Reims, M. le Dr Langlet, les géné­raux Fayolle, Mucheler, Cadoux et d’autres officiers, quelques membres du clergé de l’archevêché ayant accompagné Mgr Luçon, avec M. le chanoine Lecomte, secrétaire général, trois ou quatre dames et les représentants des services municipaux ayant pu être prévenus — mairie, police, etc.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Sur la photo autour du Président et du Maire Langlet : Chapron , Valle, Monfeuillard, Baillez, Cadoux, Harman, Guichard, Bataille, Charbonneaux, de Bruignac, Beauvais, Martin, Dr, Raissac, Paillet, Lejeune, Demaison, Rousseau, Raullaux, Chatelle.

Source de la photographie : Archives Municipales et Communautaires, Reims


Cardinal Luçon

Dimanche 17 – A 8 h., + 23°. Messe Chapelle du Couchant, lecture par moi-même de la Lettre pastorale n° 101, et du Vœu au Sacré-Cœur. Aéro­planes, tir contre eux ; tir continu (les 2 batteries ?) toute la matinée. Visite à Reims du Président de la République. Il remet la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur à MM. de Bruignac, Charbonneaux – et autres, et à moi. Je le remercie. Je lui fais visiter la Cathédrale. Au sortir, il me fait remettre un billet de 500 f. pour mes œuvres. Bombes jusqu’à 3 h. 2 obus à Saint- Maurice. Plusieurs personnes ont été blessées dans la matinée. M. Poin­caré va les visiter.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

17 juin 1917, visite du président Poincaré à Reims, ici avec le Cardinal Luçon, au fond à gauche, le Docteur Langlet Collection Gallica-BNF


Dimanche 17 juin

Canonnade assez vive sur le front de Champagne.

Près de Courcy, nous avons repris une tranchée dont tous les occupants ont été tués ou capturés.

Sur le front italien, à l’est du massif de l’Adamello, des détachements d’un bataillon alpin et des skieurs, malgré une défense acharnée de l’ennemi, ont attaqué la position de Corno-Cavento (3400 mètres d’altitude), qu’ils ont prise d’assaut. Les Italiens ont fait des prisonniers et capturé 2 canons de 75, un mortier et 4 mitrailleuses. Sur tout le front du plateau d’Asiago, l’ennemi a entretenu un violent feu d’artillerie.

Sur l’Ortigaro, les positions italiennes ont été de nouveau attaquées avec une extrême violence. L’ennemi a subi de très lourdes pertes; il lui a été fait 52 prisonniers. Une autre tentative a échoué dans la vallée de San Pellegrino. Des colonnes de camions autrichiens ont été atteints par l’artillerie italienne sur la route de Chiopovano ainsi que des détachements de troupes à l’est de Castagnovizza.

Les troupes franco-anglaises continuent à progresser en Thessalie au delà de Trikalu et de Colombaka.

M. Venizelos a envoyé un télégramme de remerciements à M. Ribot au nom de la Grèce libérée.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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Vendredi 27 avril 1917

Louis Guédet

Vendredi 27 avril 1917

958ème et 956ème jours de bataille et de bombardement

11h matin  Beau temps, soleil dans la brume laiteuse. Il fait chaud dehors. C’est si bon en sortant de la cave. Nuit de canon et de bataille, mais calme, du reste on n’y fait plus attention. Été porter lettres à la Poste. Causé longtemps avec M. Beauvais, Directeur de l’École Professionnelle.

Le bas de la page a été découpé.

  1. Beauvais est comme moi convaincu de notre échec devant Reims, et il en a aussi assez. Nous ne savons que penser.

Rentré pour répondre à quelques lettres. C’est calme, aussi suis-je monté dans mon cabinet pour écrire, fenêtres ouvertes, mais l’air m’étourdi un peu. Je suis comme grisé par trop d’air. C’est cependant si bon, après cette vie de cave. Quand donc pourrai-je coucher ici et y travailler en toute tranquillité. Il en est grand temps, car la vie que je mène depuis 1 mois est bien affaiblissante, anémiante !! Pour peu que cela continue je tomberai malade. Triste vie d’un agonisant, on n’a plus la force ni le courage de réunir 2 idées à la suite l’une de l’autre. Il est temps que cela finisse.

5h du soir  Été Poste à 2h, trouvé lettre désolée de ma femme, elle tombera malade !! Je le crains. Lettre de Charles Decès, des de Vroïl qui sont à Paris et croient être bientôt à Rocquincourt (Courcy). Je les désillusionne ! Car maintenant quand prendrons-nous Brimont ? Toute la population d’ici est très nerveuse à ce sujet et on ne se gêne pas pour dire que la ville est sacrifiée à plaisir et qu’on nous berne ! On est très monté ! Lettre de M. Bossu, Procureur Général à Bastia, qui part pour Jainvillotte (Vosges) jusque fin juin. Il me prie de voir à ses chers livres et il m’encourage gentiment (j’en ai besoin) et me dit qu’il va relancer Herbaux !! à ce sujet je lui réponds en plaisantant qu’il est à craindre que cette croix n’arrive qu’après la croix de bois, mais que cependant j’aimerais bien l’avoir un peu avant de passer le Styx.

Je passe à la Mairie (Caves Werlé), là Charbonneaux m’offre très aimablement de prendre une lettre pour ma chère Madeleine que j’encourage comme je…

Le bas de la page a été découpé, la première phrase suivante a été recopiée en haut de la page suivante au crayon de papier.

Madeleine me dit qu’à St Martin nous logeons un colonel qui a été au Mont-Haut, Moronvilliers, etc…  …et que celui-ci lui disait qu’ils avaient perdu beaucoup moins de monde que dans la bataille de la Somme, et que les allemands au contraire avaient perdu énormément de monde, que leurs soldats étaient en majeure partie très très très jeunes. C’est bon, mais cela ne solutionne pas notre situation d’ici.

Comme je l’écrivais à M. Bossu, si d’ici 8 jours nous n’avons pas une avance sérieuse devant Reims, j’irais à St Martin me reposer un peu. Cela me sera pénible de rentrer après, mais je ne puis tout de même pas m’éterniser ici sans voir de temps en temps les miens.

8h1/4 soir Toujours la même vie. Les aéros nous assomment à tourner autour des « saucisses », avec cela le sifflement des obus, les canons, etc…  on est assourdi. Je lis dans l’Écho de Paris que le Général Lanquetot, commandant la Division, et le Général Cadoux, commandant de Place, sont mis au cadre de Réserve. 2 vieilles badernes de moins. Surtout Cadoux qui n’a rien à faire ici. Je ne vois pas pourquoi on laisse un commandant de Place qui n’aura ses fonctions à exercer que lorsque Reims sera dégagé, mais cela leur fait toucher des appointements.

Ce soir canon, mais certainement pas d’attaque sérieuse pour nous dégager. La nuée de sauterelles des chasseurs alpins se promène dans les rues, donc pas d’attaque. En verrons-nous la fin, enfin ? J’arrive à ne plus y croire…  et encore bien moins à l’espérer.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

27 avril 1917 – Bombardement par rafales, dès le matin, sur le centre, rue Pluche, rue Rogier, etc. ; un incendie se déclare au n° 3 de cette dernière rue.

  • Au cours d’une nouvelle tournée, du côté de la place Amélie-Doublié, je m’aperçois que la maison n° 81, rue Docteur- Thomas, est brûlée.
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Vendredi 27 – + 3°. Matinée tranquille sauf tirs entre batteries. Visite du Général Cadoux. Crise de rhumatismes dès le matin. Aéroplanes toute la journée, tir des 2 artilleries l’une contre l’autre. Bombes sifflent pendant 1h. 30 (sur quoi ?). Via Crucis in Cathedrali.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 27 avril

En Belgique, grande activité des deux artilleries dans le secteur de Westende.

Au sud de l’Ailette, nous avons pris sous nos feux et dispersé un rassemblement ennemi près de Vauxaillon.

Entre l’Aisne et le chemin des Dames, les Allemands, après leur sanglant échecs de la veille n’ont pas renouvelé leurs tentatives. La lutte d’artillerie a été violente dans les secteurs de Cerny et d’Hurtebise et n’a été suivie d’aucune action d’infanterie.

Sur la rive gauche de la Meuse, une forte reconnaissance ennemie qui tentait d’aborder nos lignes au bois d’Avocourt a été repoussé par nos grenadiers.

Les troupes britanniques ont attaqué à l’ouest du lac Doiran. Ils ont pris les tranchées ennemies sur un front de 1000 mètres et s’y sont maintenues après avoir repoussé quatre contre-attaques.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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Mardi 19 décembre 1916

Louis Guédet

Mardi 19 décembre 1916 

829ème et 827ème jours de bataille et de bombardement

7h1/2 soir  Temps glacial, légère poussière de neige, assez bien reposé, mais que je suis faible et énervé. Il me faudra pourtant avoir la force et le courage d’aller au Tribunal pour mon audience de simple police…  A 1h1/2 je suis parti, il fait fort froid. Mon audience s’est bien passée, procès peu importants, sauf 2 acquittements pour ravitaillement de la Ville qui s’imposaient, mais les gendarmes sont si bornés. 3 affaires civiles, très longues, 8/9 témoins à chaque affaire, les clients sont salés pour la peine, triste chose que les femmes qui s’injurient et Dieu sait ce qu’elles peuvent se dire !! Il faudrait un dictionnaire spécial pour trouver ce que la cervelle de ces péronnelles peut inventer et trouver !! Je n’en n’avais jamais entendues de pareilles ! Bref je les ai salées et en travaillant pour payer leurs amendes (rayé)!! Mais Dieu ! Quelles imaginations !! Quelles images !! pour traduire leurs…  pensées et leurs vices ! Rentré à 5h1/2 glacé…  mais pas de fièvre, heureusement. Je me suis mis au travail, quoique la tête vide, mais les lettres s’accumulent et il faut y répondre… !!…  Quand je regarde le tas…  j’en ai les bras coupés. Je m’arrête, je suis fatigué, mais gare la fièvre…  C’est dur ! les nuits de fièvre avec des ruines dans la tête qui vous obsèdent.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mardi 19 — 3°. Depuis minuit, nuit tranquille. Visite de M. Sharp, Ambassadeur d’Amérique et d’une suite nombreuse, avec le général Cadou, M. Mignot, M. Emile Charbonneaux. Le Maire les quitte plus tôt que d’autres.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Mardi 19 décembre

Au sud de la Somme, un détachement ennemi, qui tentait d’aborder nos lignes au sud-est de Berny, a été repoussé à la grenade. Un autre détachement qui essayait d’exécuter un coup de main sur nos tranchées au sud de Fresnes a été repoussé à la grenade.

Sur la rive droite de la Meuse, après un vif bombardement, les Allemands ont contre-attaqué nos positions. Ils n’avaient réussi à prendre pied que sur un point, à la ferme des Chambrettes. Nous les en avons finalement chassés.

Depuis le 15 décembre, le nombre des prisonniers que nous avons fait sur le front de Verdun s’élève à 11.387 dont 284 officiers. Le matériel pris ou détruit comprend 115 canons, 44 lance-bombes, 107 mitrailleuses.

Les Russes ont repris les tranchées perdues sur le front de Volhynie.

Ils ont capturé 200 Austro-Allemands dans les Carpates boisées et repoussé une attaque près de Buzeu.

L’artillerie italienne est active dans le Haut-Astico.

La note allemande a été remise à la France et à l’Angleterre.

Les partis pangermanistes continuent à formuler d’outrecuidantes revendications territoriales.

Les Anglais poursuivent leur progression sur le front de Mésopotamie.

Source : La guerre au jour le jour

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Mercredi 13 décembre 1916

Louis Guédet

Mercredi 13 décembre 1916 

823ème et 821ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps gris brumeux, très froid. Je rattrape mon retard. Je pense en avoir terminé demain. De Paris je suis revenu découragé, écœuré de la veulerie de tous ces gens qui tremblent. Ces Parisiens accepteraient la paix avec des coups de pieds au derrière. C’est honteux et dégoûtant. Ils sont si malheureux !! Cette crainte trouble leurs petites habitudes et leurs amusements ou futilités !…  Causé avec divers de l’affaire Goulden, on m’a donné une plaquette de Mt Bonnet, avocat d’Auguste Goulden, cherchant à l’innocenter : c’est faiblard, très faiblard…  S’il n’a que cela comme argumentation devant le 2ème Conseil de Guerre chargé de la révision du premier jugement pour obtenir un acquittement. J‘estime que ce n’est guère probable. Mais quelle campagne !! Après tout il a fait une bêtise par lucre. Eh ! bien ! qu’il paie !

Sorti un peu l’après-midi pour des courses, rien appris. Reçu ce matin visite du Général Cadou, commandant de Place, pour donner un constat d’attestation de perte de valeurs en pays envahis. Causé de choses et d’autres, puis de mon affaire de simple Police du 3 octobre 1916, qui a fait tant de tapage. Il m’approuve entièrement et lui-même m’a dit : « Vous avez parfaitement agi. Colas et Girardot sont 2 brutes !! » Me voilà fixé. En haut lieu on a compris mon geste. C’est tout ce que je désire. Ce que je lui ai dit en ajoutant que je regrettais que ces 2 imbéciles faisaient courir le bruit que j’étais antimilitariste !! avec 2 enfants soldats engagés !!  Volontaires !!!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

13 décembre 1916 – L’Allemagne déclare faire des offres de paix — mais ne parle pas de conditions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 13 – + 4°. Nuit tranquille. 9 h. bombes sifflent ; 6 tombent quartier S. Remi, dans des maisons, sans victimes. On pense que les Allemands cherchent à repérer notre pièce de marine. Item 2 à 2 h. 1/2 échange de coups entre les deux artilleries. Reçu visite de M. Renaud Gautier (ou Gaucher) de l’avenue de Laon, teinturier, réfugié à Angers. Visite au Fourneau de S. Remi.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 13 décembre

Dans la région au nord de Lassigny, après un vif bombardement, les Allemands ont attaqué nos tranchées à la lisière est du bois des Loges. Nos tirs de barrage ont disloqué l’attaque. Quelques fractions ennemies, qui avaient pris pied dans nos éléments avancés, en ont été chassées après un combat à la grenade. Notre ligne est entièrement rétablie.

Combat d’artillerie au sud de la Somme, dans les secteurs de Biaches et de la Maisonnette.

Les Anglais ont exécuté avec succès des travaux de mines au sud d’Ypres, aux abords de la redoute Bluff. Activité de l’artillerie et des mortiers de tranchées ennemis en face de Festubert et de Neuve-Chapelle. Un incendie a été observé dans un dépôt de munitions allemand, vers Vimy.

Au nord de l’Ancre, en réponse à des tirs d’artillerie, les Anglais ont bombardé les tranchées de soutien et la zone arrière ennemies.

Sur le front roumain, l’ennemi a attaqué sans succès dans la vallée du Buzeu, au nord de Torislaou, sur la rivière Cricol et à l’ouest de Mizil.

Sur le front russe, l’ennemi a pris l’offensive dans les Carpates boisées. Il a été refoulé. Les Russes se sont emparés d’une hauteur dans la vallée de la Sloueta.

Le chancelier allemand a remis une note aux représentants américain, espagnol et helvétique, en les priant de transmettre aux puissances de l’Entente une offre de paix. Cette offre est partout considérée comme une simple manœuvre.

Le cabinet Briand reconstitué et resserré s’est présenté devant la Chambre des Députés. Il a formé dans son sein un comité de guerre de 5 membres.

MM. Briand et Lloyd George échangent des télégrammes attestant leur volonté de poursuivre la guerre jusqu’à la fin victorieuse.

Des troubles sanglants auraient éclaté à Hambourg.

Le roi de Grèce adresse ses regrets à la France pour le guet-apens d’Athènes.

Source : La guerre au jour le jour

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Samedi 7 octobre 1916

Louis Guédet

Samedi 7 octobre 1916

756ème et 754ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Beau temps, lourd, un peu nuageux, belle journée d’automne. Vu pas mal de monde, Robiolle (Directeur des lavoirs et bains publics de l’établissement de la rue Ponsardin), Dr Simon qui sont venus me remercier de les avoir acquittés. Mais ce n’était que justice. A l’Hôtel de Ville Houlon et Raïssac  m’ont également approuvé et félicité d’avoir eu le courage de m’élever contre de les abus de la part de toute cette soldatesque commandée, dirigée, poussée, excitée par ces proconsuls que sont le Lieutenant-colonel Colas et le Capitaine Girardot. L’un, un sale monsieur qui ne pense qu’à courir le cotillon et l’autre une sombre brute, vrai type d’adjudant de carrière. Il parait qu’ils sont furieux. C’est bon, ils ont reçu la tape : ils s’apaiseront et comprendront la leçon. Le Général Cadou en a causé à Helluy, dans le fonds ils sentent qu’ils ont eu tort. Ils parlent d’en parler au Procureur de la République, cela me laisse fort tranquille et cela me permettra de causer de l’affaire Clergé et de la fille Lespagnol sa maîtresse, avortement de 2 jumeaux ! Après cela nous serons peut-être débarrassés de ce sale monde là ! Été faire un tour vers le faubourg de Laon, rue de Courcelles et Mont d’Arène. Cela m’a fatigué. Pas de nouvelles des miens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 7 – Nuit tranquille. Expédié réponse à la Consistoriale. Envoyé Lettre Collective. Lettre à M. Emmanuel Faure sur le fléau de la dépopulation (Recueil, p. 39).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 7 octobre

Vive lutte d’artillerie sur les deux rives de la Somme. Pas d’action d’infanterie, sauf une légère avance à l’est de Bouchavesnes.
Sur le front britannique, l’artillerie ennemie s’est montrée très active au sud de l’Ancre. De nombreux partis de travailleurs ont été dispersés par le feu de nos alliés.
Les Bulgares ont battu en retraite devant les forces anglaises, sur la Strouma.
Dans la région de la Cerna, vifs combats sur tout le front Mesduzidli-Kenali-Gradesnica. Les Serbes ont fait 60 prisonniers aux Bulgares qui, en s’enfuyant, ont abandonné toutes leurs lignes téléphoniques.
Les Italiens ont fait 102 prisonniers sur le Haut-Avisio.
Les Roumains ont progressé, de concert avec les Russes, en Dobroudja, où 300 prisonniers ont été faits. Mais ils se sont repliés près de Fogaras devant des forces supérieures.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

gradesnica

 

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Samedi 8 juillet 1916

Louis Guédet

Samedi 8 juillet 1916

665ème et 663ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Pluie torrentielle toute la nuit passée, et la journée de même, lourdeur d’orage insupportable ! Ce matin Caisse d’Épargne jusqu’à 11h1/2. Baudoin et Grandsart m’ont encore recommencé le bateau de la décoration ! Ils ne parlent rien moins que de boire le Champagne en cet honneur ! C’est aller bien vite en besogne !! Je les ai envoyés « promener » mais ils ne veulent pas en démordre. En sortant passé à la Mairie, vu le Dr Langlet, Maire, fort aimable avec moi, de Bruignac adjoint et Raïssac le dévoué secrétaire général. (On ne saura jamais ce que la Ville lui doit à celui-là !) Causé des loyers, réquisitions militaires, etc…  J’ai obtenu que la Ville fasse passer une note dans les journaux pour faire connaitre aux intéressés (en l’espèce les Réquisitionnés) que lorsqu’ils ne sont pas conciliés devant moi avec l’autorité militaire pour des réquisitions, que c’est à moi à immédiatement assigner l’autorité militaire devant le Tribunal civil pour juger leur différent en faire trancher la question qui les divise…  J’en suis heureux, car je n’entendrai plus ce refrain ! Nous attendons que vous juge de Paix vous nous disiez ce que nous avions à faire !!

Ce que je ne dois pas faire à aucun prix, ce serait me départir de ma réserve de 1er juge !

Reçu une lettre de mon brave Robert qui m’annonce qu’il est reçu pour la première partie de son examen de 1er baccalauréat de licence passé hier, aujourd’hui il passe la seconde partie. Que Dieu veuille qu’il soit aussi reçu, ce sera une satisfaction pour sa pauvre mère avant qu’il ne parte au régiment.

Lettres diverses et d’amis auxquelles je répondrai demain. Je suis trop fatigué ce soir. Les nouvelles de tous les fronts paraissent bonnes ce soir, mais cela ne va pas vite.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 8 – Nuit tranquille. Pluie continuelle. Pas dit messe. Quelques coups de canon durant la journée entre batteries. Visite du Général Cadou. Reçu ornements et linge d’autel d’Auch.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 8 juillet

Entre Oise et Aisne, un coup de main de l’ennemi dirigé sur une de nos tranchées près de Moulin-sous-Touvent a échoué.
Sur la rive droite de la Meuse, lutte violente dans la région de l’ouvrage de Thiaumont. Les attaques allemandes ont été toutes repoussées finalement et nous restons dans le voisinage immédiat de l’ouvrage. Les pertes de l’ennemi sont sérieuses. Bombardement dans le secteur au nord de Souville.
L’infanterie anglaise a continué sa progression en marquant des succès importants. Elle a pris d’assaut, au sud de Thiepval un ouvrage puissamment fortifié, dit la redoute de Leipzig.
Plus au sud, une brigade anglaise a enlevé de vive force 500 mètres de tranchées de première ligne et les défenses de l’ennemi devant Ovillers.
A l’est de la Boisselle, progression britannique sur un front de 1800 mètres et une profondeur de 500. Progression encore au nord de Fricourt. Une attaque de la garde prussienne à l’est de Contalmaison a été repoussée avec des pertes énormes. L’ennemi a laissé 700 prisonniers aux mains de nos alliés. Ceux-ci ont pris et reperdu Contalmaison.
Les Russes ont fait 19000 prisonniers en deux jours, progressant vers Baranovitchi, Kolki, sur le Dniester et dans les Carpates.
La Russie et le Japon ont signé un traité d’alliance où ils s’engagent à associer leurs forces pour combattre toute atteinte à leurs intérêts respectifs en Extrême-Orient.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


coltalmaison

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