Louis Guédet

Mercredi 19 février 1919

1622ème et 1620ème jours

Pluie. Nous déjeunons rue Simon avec Mme Jolivet (Mme André Jolivet, née Valentine Gibus (1876-1948)), l’installation est parfaite, très propre, très claire. Vraiment c’est bien au-dessus de la soupe populaire de la rue Libergier. Il est vrai qu’il y a moins de populace et de monde, 70/80 personnes à chaque repas, tandis que rue Libergier il y en a jusqu’à 600 matin et soir. On est obligé d’y faire la queue comme nous l’avons fait lundi, et la cuisine est sale et mauvaise. Tandis que rue Simon c’est propre et bon, organisé. Couru la ville, trouvé enfin une femme qui viendra tous les matins faire ma chambre et mon déjeuner du matin et de midi, le soir je me ferai mon dîner. Elle ne vient que lundi prochain.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 19 – Réunion des Cardinaux et des Archevêques.(1)

(1) En savoir plus sur cette assemblée
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 19 février

Le Comité des Dix a entendu un exposé du maréchal Foch sur les conditions dans lesquelles l’armistice avait été conclu. Il n’a pas tranché encore la question russe et a ajourné le débat. Il a entendu l’exposé des desiderata serbes aussi bien du côté de la Carniole et de l’Adriatique que vers la Macédoine.
L’Italie a fait savoir officiellement qu’elle rejetait la procédure arbitrale proposée par le cabinet de Belgrade.

Ulrich von Brockdorff-Rantzau en 1918

Brockdorff-Rantzau, qui avait donné sa démission de ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, l’a retirée sur les instances de ses collègues. Les spartaciens ont procédé à de nouvelles attaques à Gelsenkirchen et à Nuremberg.
Les élections de l’Autriche allemande ont donné des résultats favorables surtout aux chrétiens sociaux et aux social démocrates.
L’armée polonaise occupe Brest-Litowsk. Les bolchevistes ont évacué Windau. On annonce que le tsar serait vivant.
Les troupes britanniques ont occupé plusieurs localités d’Asie Mineure.
Un violent conflit s’est élevé en Allemagne entre les C.O.S. et le gouvernement : Noske ayant annoncé des mesures coercitives. Erzberger a répondu vivement à l’Assemblée de Weimar aux interpellateurs qui lui reprochaient d’avoir souscrit trop facilement à l’armistice. Il a attaqué à son tour les grands métallurgistes et surtout Hugo Stinnes, qui, dit-il, intrigueraient contre lui. L’Allemagne nommerait… plus tard, Théodor Wolff, rédacteur en chef du Berliner Tageblatt, ambassadeur à Paris. Bernstein irait à Londres, Conrad Haussmann à Copenhague.
Une délégation de Chypre est arrivée a Londres pour réclamer la cession de cette île à la Grèce. Cette demande soulève des critiques dans la presse anglaise.
Un attentat a été dirigé contre M. Clemenceau. Le président du Conseil a été atteint à l’épaule.
Les Français de Moscou libérés par les bolchevistes sont arrivés à Paris.
Les Roumains dénoncent de nouvelles atrocités hongroises. Karolyi, dans une déclaration qu’il a faite à Pesth, a promis de maintenir le gouvernement populaire.
Les combats se poursuivent autour de Lemberg.
Les Allemands prétendent de nouveau que les Polonais continuent les opérations en Posnanie malgré la conclusion de l’armistice.
Le gouvernement de l’Ukraine a été remanié mais Petlura demeure à sa tête.
On annonce la dissolution probable du Congrès portugais.
M. Taft s’est prononcé pour le projet de Société des Nations lu par M. Wilson.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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