Louis Guédet

Mardi 10 septembre 1918

1460ème et 1458ème jours de bataille et de bombardement

Midi  Pluie battante toute la nuit et jusqu’à maintenant, on se croirait en novembre « aux pluies d’Avent ». Beaucoup de lettres à répondre, cela m’occupera, car par ce temps impossible de sortir. Il est vrai qu’avec tout le travail que j’ai je sors bien peu, à peine quelques minutes le soir vers 6h, et…  c’est tout !

4h soir  La pluie a cessé mais il fait un vent du diable et de gros nuages roulent toujours !

Courrier assez chargé. Lettre de Mmes Gentil et Cosquin, qui m’annoncent l’heureuse traversée de M. Henri Gentil, fils de la 1ère, (ami de jeunesse du peintre Paul Bocquet (1869-1955)) secrétaire général du Résident Général de Konakri (Conakry en Guinée), Côte d’Ivoire, revenu en France pour aller à Tahiti… Lettre de Marie-Louise qui parait enchantée d’être à Granville, où on lui fait fête. Les Paul Bataille sont de toute bonté pour elle et heureux de l’avoir. Elle a déjà vu Madame Gilbrin, femme de notre Directeur de la succursale de la Banque de France de Reims, qui veut qu’elle vienne avec eux et les filles du Général Germain. Ce sera du moins une compagnie et une société. Elle a vu Parant… Rien d’autre comme nouvelles.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mardi 10 – Mgr Neveux part pour Courtalain. Pluie abondante non torrentielle. Écrit au secrétaire Général de l’Archevêché de Paris, au sujet d’une lettre à lui expédiée le 27 août pour la faire parvenir ä Madame la Duchesse de Rohan, et qui ne lui est pas parvenue, ou beaucoup en retard, au sujet de la Présidence de l’association des Veuves de la Guerre. Au Va­tican, on s’étonnait de n’avoir pas reçu de réponse : c’est que la lettre qui avait bien été portée par les soins de l’archevêché (à qui je l’avais adressée) à la destinataire ; mais on avait néglige de la réexpédier à celle-ci qui était absente. Retour de divers objets

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Mardi 10 septembre

Nouveaux progrès de nos troupes.
Au nord de la Somme, nous avons enlevé Vaux-Fluquières, Happincourt, le Hamel et avancé vers Clastres en occupant la ferme la Motte.
Au sud de la Somme, la résistance allemande a été opiniâtre. De violents combats se sont livrés au nord et à l’est de Saint-Simon. Avesnes a été pris par nous, perdu, puis encore repris avec une centaine de prisonniers. Artemps est entre nos mains.
De part et d’autre de l’Oise, nous avons gagné du terrain à l’est de Fargniers et à l’ouest de Servais.
Entre Oise et Aisne, violentes réactions de l’artillerie et de l’infanterie ennemies. Deux fortes contre-attaques ennemies, dans la région de Laffaux, ont été repoussées, nous laissant 80 prisonniers.
En Champagne, nous avons exécuté un coup de main et fait des prisonniers au mont Sans-Nom.
Les Anglais sont entrés dans la région des anciens ouvrages défensifs allemands. L’ennemi offre une résistance croissante. Nos alliés gagnent du terrain vers Vermand, Herbécourt et Epehy.
Des attaques locales ennemies ont été repoussées près de Ploegstaert et de Vulwerghem.
19.000 prisonniers ont été faits par les soldats britanniques dans la première semaine de septembre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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