Louis Guédet

Mercredi 8 mai 1918                                                    

1335ème et 1333ème jours de bataille et de bombardement

9h matin  Orage terrible cette nuit de 9h à minuit. Une vraie trombe d’eau. Ce matin le temps lourd, couvert et humide des lendemains de tempête.

Rien de nouveau dans le Nord. Tout se stabilise, et les habitants des régions nouvellement envahies refluent un peu partout. Nouvelle leçon à ces populations qui ont leurs qualités de ténacité mais d’un caractère volontaire, voulant imposer leurs manières, leurs idées envers et contre tout. L’invasion allemande n’aura pas été une mauvaise chose pour abattre et briser un peu cet esprit particulariste et orgueilleux, aussi bien dans le sens religieux que dans le sens laïque…

Le bas de la page a été découpé.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

 Cardinal Luçon

Mercredi 8 – Visite de M. Farre et de M. Grandin, ravitailleurs, M. Ravaud, et M. Camu. Visite de Madame Chapuis et de son père le Docteur avec M. le Curé d’Hautvillers. Visite de M. Henri Abelé. Etude de son programme Composition de sa société en participation.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 8 mai

Assez grande activité des deux artilleries au nord et au sud de l’Avre, sans action d’infanterie.
Un coup de main ennemi sur un de nos petits postes à l’ouest de Hangard a échoué. Par contre, nous avons, dans la même région, au cours d’une opération de détail, ramené des prisonniers.
Les Anglais, au cours d’un heureux coup de main, exécuté aux environs de Morlancourt, ont fait plus de deux cents prisonniers. Un autre coup de main heureux leur a valu de faire des prisonniers et de capturer trois mitrailleuses dans le voisinage de Neuville-Vitasse. Leurs pertes ont été légères.
Des attaques ennemies, lancées au sud de Locre ont été repoussées par nos troupes. Un autre raid a été brisé près de Boyelles. Activité d’artillerie sur le champ de bataille au nord de la Lys. Plusieurs incendies ont été allumés par notre artillerie derrière les lignes ennemies.
Sur le front belge, lutte de bombes à l’ouest de Langemarck.
M. Balfour déclare officiellement à la Chambre des communes que, contrairement aux bruits qui avaient été mis en circulation, aucune offre de paix n’a été adressée par l’Allemagne à l’Angleterre, par voie directe ou indirecte.
Le général Maurice, ex-directeur des opérations a l’état-major britannique a publié une lettre disant que le gouvernement anglais n’avait pas dit toute la vérité au Parlement sur les effectifs. M. Bonar Law, chancelier de l’Échiquier, a déclaré aux Communes que le général serait poursuivi pour infraction à la discipline et a demandé, pour examiner l’attitude du cabinet, la constitution d’un jury d’honneur. M. Asquith, l’ancien premier ministre a suggéré la création d’une commission d’enquête parlementaire.
La Finlande, l’Allemagne et la Suède ont décidé d’engager des pourparlers au sujet d’un traité prescrivant la démolition des forteresses de l’archipel d’Aland.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


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