Paul Hess

Nuit du 8 au 9 mars 1918 – Nuit encore très mouvementée. A partir de 18 h, tir par obus à gaz, sur le quartier allant de la rue de Vesle à la rue Buirette.

Incendie au coin de la rue de l’Arquebuse.

Deux soldats sont tués et trois autres blessés, à l’école de la rue des Poissonniers.

Reprises du même bombardement sur d’autres quartiers, pen­dant toute la nuit.

Marmites rue de Venise, rue du Barbâtre et tir sur avions, vers minuit et demie.

9 mars 1918 – Bombardement, jour et nuit.

Avant d’entrer, au bureau, nous remarquons un incendie qui semble important : il s’agit, paraît-il de l’entrepôt Mauroy, rue du Temple.

— Dans L’Éclaireur de ce jour, se trouvent ces différentes informations :

Pain.

En raison des frais de transport et de manutention que la ville doit subir, le prix du pain sera désormais de 0,70 la boule de 1 200grammes.

La classe 19

Elle serait incorporée vers le 15 avril.

Le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi relatif à l’incorporation de la classe 1919-

L’an dernier, la classe 1918 avait été incorporée après les fêtes de Pâques. Il en sera de même cette année. On peut donc prévoir que la classe 1919 sera appelée aux environs de la deuxième semaine d’avril.

Secours en cas de bombardement par obus à gaz

A la liste des postes de secours indiquée récemment dans notre journal et sur l’affiche apposée en ville, il y a lieu d’ajouter, bien entendu, le poste permanent de la Croix-Rouge, où, depuis le début de la guerre, nos braves brancardiers sont toujours prêts à donner à nos concitoyens le concours de leur compétence et de leur dévouement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Rue Buirette


Cardinal Luçon

Samedi 9 – + 1°. Gelée blanche ; beau temps. Vers 2 à 4 h. nouveaux bombardements d’environ 1/4 d’heure chaque fois, violents, sur batteries ? Visite de M. René Bazin et de M. le Général Descoings, Chef du service des étapes. Visite à la Cathédrale avec eux. Toute la journée, les avions ronflent, et les obus sifflent : où vont-ils ? Vers 9 h. 1/2 comme hier soir, bombes ; sur batteries ? Sur les passages, sur les rues. Mgr Neveux prononce à Paris un discours, ou conférence, sur l’Héroïsme et le Martyre de Reims (voir Revue Reims-Ardennaise, p. 437, 25 avril-mai 1918).

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 9 mars

Assez grande activité de l’artillerie ennemie devant la Pompelle et dans la région d’Avocourt.
En Lorraine, nous avons repoussé un fort coup de main ennemi sur Moncel. Les assaillants, qui ont subi des pertes sérieuses, ont laissé une dizaine de prisonniers, dont un officier entre nos mains.
Sur le front britannique, activité de l’artillerie allemande vers Ribécourt et dans la vallée de la Scarpe.
Grande activité des deux artilleries dans le secteur d’Ypres, entre la route de Menin et la forêt d’Houthulst.
Dans le secteur de Neuve-Chapelle, des détachements ennemis, à la faveur de l’épais brouillard, ont attaqué quelques postes britanniques avancés au nord-ouest de la Bassée. Les assaillants ont réussi à pénétrer dans un des postes d’où quelques hommes ont disparu. Sur les autres points, ils ont été rejetés, laissant des prisonniers.
Un raid aérien a eu lieu sur Londres. On compte 11 morts et 56 blessés. L’attaque, pour la première fois, a eu lieu par une nuit sans lune.
L’Allemagne a signé un traité avec la Finlande.
Le cabinet espagnol, présidé par M. Garcia Prieto, a démissionné.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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