Louis Guédet

26 décembre 1917

1h1/2  Pas de courrier ! par cette neige ce n’est nullement surprenant. Par suite rien à faire qu’à tâcher de tuer le temps, ayant préparé tout en vue de mon départ pour St Martin, départ suspendu par ces maudits mariés avec leur contrat, au Diable soient-ils ! Si cela ne tape pas trop fort, je vais tâcher d’aller voir ce que font…  mes aides-cambrioleurs… !!… Ils doivent commencer par le 9 de l’avenue de Laon ! Ayant déjà fait 4 immeubles, il ne m’en reste plus que 4 à vider…  en attendant le reste. Des dossiers 21 et des allocations militaires en appel, je vais les mettre au point, cela m’occupera toujours un peu.

5h1/2 soir  Nous avons déjoué 4 coffres-forts, il n’en reste plus qu’un que le serrurier ouvrira demain. C’est donc fini pour le faubourg de Laon. Vendredi à 1h nous procédions à la même opération faubourg Cérès… Trouvé peu de choses, quelques montres, quelques médailles, un lingot en forme de poire, des pièces de 5 F en argent fondues au feu. Quelques papiers calcinés, c’est tout. Je viens d’écrire mon rapport au Procureur de la République. D’ici quelques jours je lui enverrai mes procès-verbaux signés. Tout a été remis à Minet, gardien séquestre, qui en fera un inventaire détaillé.

Courrier à 3h1/2, rien de saillant, une lettre de Langlet, notaire à Fismes, mobilisé, qui refuse d’accepter Bruneteau comme suppléant. Il a tord. Je communique sa lettre au Procureur de la République. La neige a cessé de tomber, il ne fait pas très très froid. Triste journée quoiqu’occupée, mais cela ne m’empêche pas d’être d’une profonde et angoissante tristesse. Dondaine doit venir vendredi ou samedi, il déjeunera avec moi. Sa femme va mieux. J’en suis bien heureux pour lui.

Le calme…  le calme avant la tempête, si l’on peut croire les journaux qui sont loin d’être rassurants. Tout cela me décourage. Il n’y aura donc pas un coup de théâtre qui nous délivrera du cauchemar et nous donnera la Victoire sans cette nouvelle grande attaque allemande !! mes pauvres enfants !! Pauvre moi-même.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

26 décembre 1917 – Journée calme, par forte gelée sur la neige.

Au cours de la nuit très claire, entendu à diverses reprises, des avions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 26 – 0°. Neige épaisse. Nuit silencieuse. Visite à M. Biaise avec Ephrem. Visite de M. Houlon. Expédié lettre à Mgr de Lourdes pour Neuvaine du 11 février. 2 h. soir, Avions boches.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 26 décembre

Canonnade intermittente sur divers points du front.
Un coup de main ennemi sur nos petits postes du bois des Caurières n’a donné aucun résultat.
Au sud de Juvincourt, nous avons réussi une attaque dans les lignes ennemies et ramené des prisonniers.
Les Belges ont bombardé Schoore, Leke et la route de Schoorbakke en représailles d’un tir ennemi à obus toxiques dirigé sur Ramscapelle.
La lutte d’artillerie a été légèrement intense dans la région de Bixschoote.
Des prisonniers ont été faits à l’ennemi dans la région de Merckem.
Une escadrille anglaise a bombardé, avec d’excellents résultats, Mannheim sur le Rhin. Une tonne d’explosifs a été jetée sur la ville et des explosions ont été observées à la gare centrale, dans les usines et dans la ville, où des incendies ont été provoqués. Un feu très violent a accueilli les aéroplanes de nos alliés; l’un d’eux a été contraint d’atterrir avec des avaries. Tous les autres sont rentrés indemnes.
La bataille continue, acharnée au front italien, sur le plateau d’Asiago.
Les contre-attaques entreprises par nos alliés ont réussi à arrêter l’ennemi et à ramener le combat sur les positions évacuées par eux précédemment. Au cours de la lutte, de nombreuses mitrailleuses ont été capturées.
L’aviation britannique a bombardé les aérodromes de Flandre.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


3 mars 1916 – Gabio sur la Suippes – Dessin Delozannes

 

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