Cardinal Luçon

Victor Emmanuel III roi d'Italie

Victor Emmanuel III roi d’Italie – source Wikipédia

Jeudi 27 – + 14°. Tempo coperto. Nuit tranquille. Visite du Comman­dant Daumont, Chef d’État-major de la 58e Division venant m’informer de la visite du Roi d’Italie(1), pour 5 h. 15. A 5 h. 15, visite du Roi, que je n’ai pas reconnu ; n’ai salué que le Président M. Poincaré, et la nombreuse cou­ronne de généraux et d’officiers réunis devant la Cathédrale. Je croyais qu’on attendait le Roi ; après quelques instants, M. Poincaré me dit que le Roi serait content que lui fisse visiter la Cathédrale. Je m’en ferai un plaisir et un honneur. Nous y allons : à l’entrée de l’enclos le Président m’offre de me céder le pas ; je n’accepte pas. Item à la porte de la Cathédrale. Après quelques instants, je témoigne à M. Poincaré mon étonnement du retard du Roi : y aurait-il eu quelque accident ? Le Roi ? mais il est ici, le voilà ! Je me retourne et salue le Roi. A partir de ce moment le Président s’est tenu en arrière et m’a laissé faire seul les honneurs de la Cathédrale au Roi. En sortant, M. Poincaré m’a encore voulu céder le pas, je n’ai pas accepté. On part pour faire le tour de la Cathédrale. Nous allions sur le trottoir le long des murs pour ne pas être aperçus des avions allemands. Le Roi et moi marchions au 1er rang. Place des Halles, des dames invitent le cortège à entrer. M. le Président dit : Si c’est le Cardinal qui nous invite, nous irons ; cela fera plaisir à ces bonnes gens. Avant que j’ai eu le temps de répondre on y va, on y entre. Une dame offre un bouquet au Roi. M. Poincaré déta­che la montre de son poignet et la lui donne. On reprend le chemin de l’Hôtel-de-Ville. Toujours je marche seul avec le Roi. Arrivé près de l’Hôtel- de-Ville, sans quitter le trottoir, on s’arrête. On cause un instant. Puis, le Roi me serre la main, et tous les personnages, le Ministre Painlevé. Les Généraux viennent me serrer la main et me saluent en montant en automo­bile. Tout s’est passé comme si j’avais été le principal personnage de la Société. Ce dont je suis tout confus, tout honoré pour l’Église et pour la Religion. Les Rémois l’ont remarqué et en ont été heureux : C’était l’Union Sacrée. Vers 4 h. on entendit quelques bombes sur les batteries.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173
(1) Victor-Emmanuel III (1869-1947), roi d’Italie (1900-1946), empereur d’Ethiopie (1936- 1943), Roi d’Albanie (1939-1943).

Septembre 1917 : arrivée du Roi d’Italie et du Président de la République à la gare


Jeudi 27 septembre

Activité marquée des deux artilleries en quelques points du front de l’Aisne et sur la rive droite de la Meuse. Nos batteries ont pris sous leur feu et dispersé des rassemblements ennemis au nord de Beaumont. Deux avions allemands ont été abattus et deux autres gravement endommagés.
Les gares de Roulers et de Lichtervelde, les cantonnements de Nantillois, les gares de Brieulles, de Metz-Woippy, etc, ont été copieusement arrosés de projectiles par nos escadrilles.
Nos alliés britanniques ont attaqué sur un large front dans le secteur de bataille à l’est et au nord-est d’Ypres. Les rapports signalent une avance très satisfaisante.
Un coup de main a été effectué à l’est de Gouzeaucourt par des troupes de Suffolk qui ont rencontré une vigoureuse résistance. Deux abris occupés ont été détruits et de nombreux ennemis ont été, en outre, tués à la baïonnette.
En Macédoine, la canonnade a réduit son intensité, sauf sur la Basse-Strouma, où elle a pris une certaine activité.
Les aviateurs britanniques et serbes ont bombardé les campements bulgares aux environs de Demir-Hissar et de Doiran.
Les zeppelins et les avions allemands ont accompli en Angleterre deux nouveaux raids, dont l’un aux abords de Londres. Il y a eu des victimes.

Source : La Grande Guerre au jour  le jour

 

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