Cardinal Luçon

Mercredi 8 – + 14°. Brouillard épais ; nuit tranquille. Visite aux Trois- Fontaines. Matinée tranquille. Visite d’une Mission américaine. Le D. M. Chamberlain, financier. Avec un interprète envoyé par son Gouvernement pour se rendre compte des besoins financiers et économiques de la France. Autorisé à me dire – non pour les journaux – que dans six mois, il y aurait 1 million de soldats américains débarqués ; et 90 000 000 000 de francs (dix milliards de dollars) à notre disposition, sans amortissement du capi­tal, mais seulement de l’intérêt à payer. Ils sont venus avec nous, par huma­nité pour défendre le droit, mais aussi pour acquitter dette de reconnais­sance envers la France(1) (1775). Je lui ai fait répéter devant Mgr Neveux, que j’ai demandé à lui prudence. Je leur ai fait visiter la Cathédrale. Visite du Chanoine – Commandant (de Besançon). Promis d’aller à Saint-Jacques, dimanche 12, pour dire messe et parler aux soldats. Petit orage à 9 h.

(1) Les motivations américaines pour leur entrée tardives dans le conflit sont beaucoup plus économiques que sentimentales. Les effectifs américains qui vont arriver en Europe devront êtres armés, formés et instruits par nos soins, ce qui retardera leur entrée en jeu jusqu’à la fin du printemps de 1918
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Neville Chamberlain 1921 –


Mercredi 8 août

Lutte d’artillerie assez violente en Belgique, particulièrement dans le secteur de Bixchoote, et au nord de l’Aisne sur le front Hurtebise-Craonne. Aucune action d’infanterie.
En Champagne, nous avons effectué dans les lignes allemandes trois incursions qui nous ont permis d’infliger des pertes à l’ennemi et de ramener des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a prononcé une attaque sur nos positions entre le bois d’Avocourt et la cote 304. Nos tirs les ont forcés à rentrer dans leurs tranchées de départ.
Sur la rive droite de la Meuse, l’ennemi a prononcé une attaque sur nos positions du bois des Caurières. Une fraction qui avait réussi à prendre pied dans un élément de notre première ligne en a été rejetée par une contre-attaque.
Sur le front belge, canonnade, lutte de grenades vers Dixmude.
Rien d’important à signaler sur le front britannique.
En Macédoine, notre artillerie exécute des tirs de destruction dans la boucle de la Cerna.
Les Russes ont à nouveau rétrogradé à la frontière de la Bukovine et en Moldavie, au nord de Focsany. L’évacuation de Kamenetz a été prescrite.
Kérensky a formé son cabinet avec des socialistes, des progressistes et des cadets. Dans son discours inaugural au ministère, il a montré que la défense nationale devait être la première préoccupation du nouveau gouvernement.
Un sous-marin allemand ayant canonné un chalutier espagnol, la presse de Madrid montre à nouveau une vive irritattion, et M. Dato a envoyé une protestation circonstanciée à Berlin.
Au cours d’une déclaration au sénateur Lewis, le président Wilson a dit que tous pourparlers au sujet de la paix seraient actuellement oiseux et qu’il serait le premier à adopter des initiatives dans ce but, quant l’heure lui semblerait venue.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

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