• Tag Archives: Trois-Fontaines

Mardi 5 février 1918

Louis Guédet

Mardi 5 février 1918

1243ème et 1241ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps adouci, couvert. Des bombes asphyxiantes ce matin vers 6h sur faubourg de Laon. Je finis ma valise. Courrier plutôt mince, tant mieux. A 2h je file voir ces pauvres Melle Payard et Melle Colin, au 40 de ma rue qui sont un peu remuées. Causé puis à l’Hôtel de Ville où je ne rencontre personne. Je laisse un acte à signer par Houlon, puis de là pousse aux Hospices place St Maurice voir Raïssac. En arrivant j’y trouve Guichard et Gustave Houlon. Je vois Raïssac assez affaibli, puis Guichard me propose de nous ramener à la Ville où Houlon signera ma pièce. Les schrapnels sifflent, tonnent, éclatent en route sur 2 avions. Pourvu que nous ne recevions pas d’éclaboussures.

A la Ville le Capitaine La Montagne me saute dessus en me disant : « Mon auto vous prend pour donner une signature où on vous attend. » Le temps de prendre la signature de Gustave Houlon, serrer la main du Docteur Langlet et je saute dans l’auto de la Place qui me dépose ici où ou les Contributions indirectes m’attendent pour signer une ordonnance de perquisition, requête de la Place chez un nommé Jacques, débitant, rue des Ecrevées, pour dépôt d’alcool frauduleux. Et voilà ma vie de 2h1/2 à 4h1/2. Rien d’autre de saillant. Je classe, range ce qui me reste à ranger ici et je serai paré pour demain matin. Dieu garde cette maison-ci durant mon absence et mes 2 bonnes, et Dieu me protège ainsi que mes chers aimés, femme et enfants, que je vais voir en partie demain.

6h1/2  Jacques Simon, fils de Pol Simon, Maître peintre verrier de la Cathédrale de Reims, vient de m’apporter deux petits losanges des vieux vitraux de la Cathédrale de Reims avec leurs plombs du XIIIe siècle authentiques. Ils proviennent de la Grande Nef de la 2e ou 3e travée Nord, près du chœur. Il m’a assuré que ces plombs et vitraux n’avaient certainement jamais été touchés depuis qu’ils avaient été posés par l’ouvrier du Moyen-âge qui les avait sertis dans les plombs qui les enserraient. Il y en a un bleu et un rouge. Ce dernier, me dit-il très gentiment, en l’honneur de mon ruban rouge. C’est charmant de délicate attention… Je dois taire de qui je les tiens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

5 février 1918 – Réveil par un violent bombardement, commencé à 6 h et qui ne dure que sept ou huit minutes, pendant lesquelles arrivent une cinquantaine d’obus sur le quartier du faubourg de Laon, depuis le dépôt, rue de Brimontel jusque de l’autre côté de l’avenue.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Mardi 5 – + 8°. Beau temps. Nuit tranquille. A 6 h. du matin, bombes aux Trois Fontaines et Faubourg de Laon. M. Camu et M. Compant rentrent de Paris où ils ont été s’entretenir avec le… du ravitaillement des Ardennes qui allait dans les Ardennes et pouvait donner de nos nouvelles, et nous en apporter de ce pays.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mardi 5 février

La lutte d’artillerie a pris une certaine intensité sur le front au nord de l’Aisne, dans la région du Cornillet, en Argonne et en Haute-Alsace.
Les Allemands ont tenté sur le secteur de Fresnes (nord-est de Coucy-le-Château), un coup de main que nous avons aisément repoussé.
Du 21 au 31 janvier, vingt-huit avions ont été abattus par nos pilotes.
Les Anglais ont repoussé, en infligeant des pertes à l’ennemi, un coup de main exécuté sur un de leurs petits postes, à l’est du bois du Polygone.
Leurs pilotes ont jeté quatre tonnes d’explosifs sur divers objectifs, y compris la gare et les voies de garage de Valenciennes. Ils ont, en outre, tiré plusieurs milliers de cartouches de mitrailleuses sur des formations ennemies dans les tranchées et zones arrière.
Cinq avions ennemis ont été abattus en combats aériens, et cinq autres forcés d’atterrir.
En Macédoine, les troupes britanniques ont exécuté avec succès un raid sur les tranchées bulgares, près de Sugavo.
A l’ouest du lac d’Okrida, un détachement ennemi, qui tentait d’enlever un de nos postes, a été repoussé.
L’aviation hellénique a bombardé la gare de Milepkovo, dans la vallée du Vardar.
Sur le front italien, on ne signale que des opérations secondaires.
Trévise, Padoue et Mestre, ainsi que Venise ont été bombardées par avions. On annonce des victimes.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Samedi 26 janvier 1918

Louis Guédet

Samedi 26 janvier 1918

1233ème et 1231ème jours de bataille et de bombardement

8h soir  Brouillard intense à ne pas voir à 10 pas. Bombardement sérieux vers Pommery et vers faubourg de Laon, Trois Fontaines, de 11h à 2h sans discontinuer. Travaillé toute la matinée, je n’ai plus qu’une lettre à répondre !! Lettre de ma chère femme. Bonnes nouvelles. Après-midi visite de Mgr Neveux pour affaires. J’entame la question de membre correspondant de Son Éminence le Cardinal Luçon pour la Société des Amis du Vieux Reims que m’avait prié le brave M. Krafft, Président, de…  sonder. Je crois que cela ira. J’en serais enchanté pour ce dernier quoique protestant, qui est réellement Union sacrée et très dévoué et surtout des libéralités pour notre Ville.

Porté mes lettres à la Poste, poussé jusqu’à la Ville, pris une légalisation et Houlon me prend pour aller voir Raïssac. A travers un brouillard terrible nous vaquons dans nos rues désertes, ruinées, lamentables ! Le brouillard est tel  qu’arrivé place St Maurice nous ne voyons même pas l’Église St Maurice à 100 mètres de nous, mais rien !!… Nous entrons dans l’Hôpital Général et descendons en cave sous le bâtiment des « Magneuses » où se trouve l’ambulance. Raïssac est toujours le même, mais je le trouve fiévreux. Houlon et moi nous nous asseyons sur le lit voisin en guise de canapé et nous lui parlons. Toujours intelligence très claire, très ouverte. Nous partons à cause des soins aux malades. Repassons voir Guichard qui lui, parait inquiet sur l’état de Raïssac, qui ne veut pas quitter Reims et croit reprendre son service dans quelques jours. Le Docteur de Bovis ne parait pas rassuré et craint d’être obligé d’intervenir, et…  que trouvera-t-il ?… Guichard va jusqu’à dire…  cancer à la vessie… Bref je rentre chez moi inquiet comme Houlon lui-même,… Nous sommes dans un nuage intense à ne pas savoir où prendre nos rues. Rentré chez moi, travaillé, reçu 3 – 4 personnes, et un 2d versement de l’emprunt 1917 d’un Rémois, Henri Huart (1878-1965), employé à l’usine Lelarge qui quitte Reims !! Encore un qui part !! Combien en aurai-je vu de ces départs !!! Hélas ! Quand reviendront-ils ? Que retrouveront-ils en rentrant !! Tous ces départs me démontent malgré moi ! Il me faudra donc voir ma pauvre population Rémoise partir une à une, un à un !! comme les sables qui se désagrègent de la falaise, battue par la tempête. Alors que resterons-nous ? Quelques uns ! le dernier Carré !

Rémois meurt et ne se rend pas !!

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Samedi 26 – + 2°. Nuit tranquille. Brouillard transparent. Visite aux Halles et aux Trois-Fontaines. Expliqué la demande d’appréciation des édifices ruinés (demande faite par des Américains, dans un but bienveillant et le don aux Enfants (cadeau étrennes de Noël, américains) fort bombardement de 1 h. à (sur batteries ?) Canons français à 4 h. 40.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 26 janvier

Au nord de l’Aisne, nous avons aisément repoussé deux coups de main ennemis sur nos petits postes.
Activité des deux artilleries assez vive dans la première partie de la nuit, sur le front du bois Le Chaume.
Un coup de main ennemi sur nos postes au nord du bois des Caurières a totalement échoué.
Sur le front britannique, l’artillerie allemande s’est montrée active à l’ouest de la Vacquerie et aux environs de Passchendaele.
Les pilotes anglais ont bombardé les champs d’aviation de la région de Courtrai et un aérodrome situé au nord de Gand, d’où les avions allemands partent pour leurs vols de nuit.
Ils ont en outre, attaqué à la bombe et à la mitrailleuse les cantonnements ennemis de la région de Roulers. Tous les appareils sont rentrés indemnes.
Sur le front italien, on ne signale que des fusillades et de l’activité d’artillerie.
La délégation autrichienne a, dans son ensemble, et à l’exception des Tchèques, approuvé le discours de Czernin. La commission du Reichstag a donné son assentiment au discours du chancelier Hertling. Le secrétaire d’Etat Kuhlmann a fait devant elle un exposé pour justifier son attitude à la conférence de Brest-Litovsk.
L’état de siège a été proclamé à Barcelone, et Sabadell s’est mis en grève.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


 

Share Button

Vendredi 21 décembre 1917

Louis Guédet

Vendredi 21 décembre 1917

1197ème et 1195ème jours de bataille et de bombardement

7h soir  Temps magnifique, froid. Journée fatigante à cause des allées et venues que j’ai été obligé de faire pour l’ouverture de mes coffres-forts de demain, avenue de Laon. Lepage, cette brute, est parti. Je suis donc sans séquestre. Je cours à la Place pour lancer une dépêche au Procureur. Ce dernier m’envoie aussi une dépêche qui se croise avec la mienne. Bref, je cours de là à la Ville où je demande à Minet de remplacer Lepage, il accepte. Je télégraphie au Procureur de le désigner comme séquestre et je prends Monbrun à qui je fais prêter serment dans mon cabinet. Tout cela m’a pris mon après-midi. Courrier peu important heureusement. Vu Beauvais qui ne m’a rien appris. Vu Dor pour le contrat de mariage de sa fille, cela va encore retarder mon départ pour St Martin. Vu le Maire et Raïssac, causé un instant. Voilà ma journée et je suis très fatigué. Demain ce sera de même hélas. Rentré chez moi avec Houlon qui m’a dit que vers le 8 décembre nous avions failli avoir les allemands dans Reims. Il y avait des masses de troupes rassemblées devant la Ville.

Bonnes nouvelles des miens. Maurice a tiré son premier pierrot avec Jean. Il en était très fier. Pauvre petit ! Pauvre grand ! Voilà mes 2 grands au front, au péril, que Dieu les protège.

Reçu la visite de l’abbé Debout, curé de Champfleury, qui m’a apporté le reste du trésor de ses paysans, soit 10 000 F en or (pièces de 20 f) à employer en Bons de la Défense nationale. J’ai écrit immédiatement à M. Gilbrin pour le lui annoncer et le prier de m’envoyer les bons. Durant ce mois j’aurais ramené pour près de 26 000 F d’or.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

21 décembre 1917 – Beau temps. Tir sur avions.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Vendredi 21 – – 3°. Nuit tranquille, froid, temps couvert. Via Crucis in Cathedrali, hora 9a. Visite au quartier de Clairmarais et aux Trois-Fontaines. (vu Madame Mayer – qui s’occupe des malheureux) pour le projet de Fourneau économique. Canonnade le soir de 7 à 9 h. ou 10 h. Nuit assez bruyante (du 21-22) aux tranchées, surtout entre 2 h. 1/2 et 4 h. du matin. Coups de fusils fréquents et de mitrailleuses.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173


Vendredi 21 décembre

Activité moyenne des deux artilleries sur l’ensemble du front, plus vive dans la région des Caurières.
En Lorraine, une forte attaque allemande, précédée d’un violent bombardement, sur nos tranchées au nord de Reillon, a complètement échoué. L’adversaire a laissé de nombreux cadavres sur le terrain.
En Haute-Alsace, nous avons repoussé un important coup de main ennemi tenté sur nos positions de Gluckerveld (sud-est d’Altkirch).
Des avions allemands ont lancé des bombes dans la région de Dunkerque et de Calais : 4 tués, 10 blessés.
Dans la région du lac Doiran, activité d’artillerie assez vive. Les troupes britanniques ont exécuté un coup de main au cours duquel elles ont capturé quelques prisonniers.
Dans la région des lacs, les troupes russes ont dispersé des reconnaissances ennemies.
Sur le front italien, les Austro-Allemands ont attaqué sur le front Tasson-col dell’Orso. Ils ont été rejetés avec des pertes très graves. Un autre détachement a été repoussé au mont Solarolo.
Au sud de Sasso-Rosso (val Frenzola), nos alliés ont fait des prisonniers.
Sur la Vieille-Piave, activité locale de combat. Toutes les tentatives ennemies pour passer le fleuve ont été déjouées. Les marins italiens ont fait 35 prisonniers.
Deux avions ennemis ont été abattus.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mercredi 5 décembre 1917

Louis Guédet

Mardi 5 février 1918

1243ème et 1241ème jours de bataille et de bombardement

4h1/2 soir  Temps adouci, couvert. Des bombes asphyxiantes ce matin vers 6h sur faubourg de Laon. Je finis ma valise. Courrier plutôt mince, tant mieux. A 2h je file voir ces pauvres Melle Payard et Melle Colin, au 40 de ma rue qui sont un peu remuées. Causé puis à l’Hôtel de Ville où je ne rencontre personne. Je laisse un acte à signer par Houlon, puis de là pousse aux Hospices place St Maurice voir Raïssac. En arrivant j’y trouve Guichard et Gustave Houlon. Je vois Raïssac assez affaibli, puis Guichard me propose de nous ramener à la Ville où Houlon signera ma pièce. Les schrapnels sifflent, tonnent, éclatent en route sur 2 avions. Pourvu que nous ne recevions pas d’éclaboussures.

A la Ville le Capitaine La Montagne me saute dessus en me disant : « Mon auto vous prend pour donner une signature où on vous attend. » Le temps de prendre la signature de Gustave Houlon, serrer la main du Docteur Langlet et je saute dans l’auto de la Place qui me dépose ici où ou les Contributions indirectes m’attendent pour signer une ordonnance de perquisition, requête de la Place chez un nommé Jacques, débitant, rue des Ecrevées, pour dépôt d’alcool frauduleux. Et voilà ma vie de 2h1/2 à 4h1/2. Rien d’autre de saillant. Je classe, range ce qui me reste à ranger ici et je serai paré pour demain matin. Dieu garde cette maison-ci durant mon absence et mes 2 bonnes, et Dieu me protège ainsi que mes chers aimés, femme et enfants, que je vais voir en partie demain.

6h1/2  Jacques Simon, fils de Pol Simon, Maître peintre verrier de la Cathédrale de Reims, vient de m’apporter deux petits losanges des vieux vitraux de la Cathédrale de Reims avec leurs plombs du XIIIe siècle authentiques. Ils proviennent de la Grande Nef de la 2e ou 3e travée Nord, près du chœur. Il m’a assuré que ces plombs et vitraux n’avaient certainement jamais été touchés depuis qu’ils avaient été posés par l’ouvrier du Moyen-âge qui les avait sertis dans les plombs qui les enserraient. Il y en a un bleu et un rouge. Ce dernier, me dit-il très gentiment, en l’honneur de mon ruban rouge. C’est charmant de délicate attention… Je dois taire de qui je les tiens.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Paul Hess

5 décembre 1917 –  Bombardement après-midi, par obus à gaz.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Mercredi 5 – Nuit tranquille, sauf un coup de main vers l’est de Reims à 4 h 45 matin. – 4° froid ; beau temps. Tir sur les alentours des Trois-Fontaines, me disent les Sœurs. A 4 h. soir, avions français : tir contre eux.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Mercredi 5 décembre

Grande activité des deux artilleries en Champagne, notamment dans la région de Tahure-Maisons-de-Champagne.
Sur la rive gauche de la Meuse, les Allemands ont essayé d’aborder nos lignes à l’ouest d’Avocourt et dans le secteur de Forges. Ils ont été arrêtés net par nos feux.
Sur le front britannique de Cambrai, activité de l’artillerie ennemie vers Bourlon et Moeuvres. Aucune action d’infanterie.
Sur le front italien, actions d’artillerie dans le val Giudicarie, sur le plateau d’Asiago et sur la basse Piave. Les troupes franco-anglaises, qui sont venues apporter leur concours à nos alliés, sont désormais en ligne.
On signale de simples escarmouches autour de Jérusalem.
Les délégués des extrémistes russes chargés de conclure l’armistice, ont été reçus au grand quartier général allemand par le maréchal prince Léopold de Bavière. Les pourparlers ont commencé. Les Austro-Hongrois, les Turcs et les Bulgares y prennent part.
Le gouvernement français a indiqué dans une note officie1le les grandes lignes des résultats acquis par la conférence des Alliés et qui concernent l’action navale, l’armement et le ravitaillement des différents peuples de l’Entente.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Tahure

 

Share Button

Samedi 10 novembre 1917

Paul Hess

novembre 1917 – Bombardement après-midi.

Nouvelle canonnade très sérieuse commencée à 17 h 3/4 ; elle dure jusqu’à 18 h 1/2.

Nous apprenons, par les journaux, que M. Monier, pre­mier président de la Cour d’Appel de Paris, est frappé de déchéance par la Cour de Cassation, en raison de ses relations avec Bolo-Pacha, agent de l’Allemagne(1).

Lloyd George vient, par un discours, de révéler l’éten­due du désastre subi par les Italiens et cette nouvelle a lieu de causer une grosse inquiétude : 200 000 prisonniers et 2 500 canons perdus dans leur retraite (!) jusqu’en Vénétie.

(1) Vers 1894, Bolo s’occupait de la vente de vins de Champagne et était, paraît-il, agent général d’une maison de commerce de Reims.
Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

David Lloyd George – source Wikipédia – en savoir  plus


Cardinal Luçon

Samedi 10 – Nuit tranquille: + 7°. Obus de 1 h. à 4 h. nuit. Visite aux Trois-Fontaines, et aux immeubles scolaires de Saint-Thomas. Visite de la Supérieure Générale de l’Espérance.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Samedi 10 novembre

Nous avons exécuté avec succès des coups de mains en Argonne et sur la rive gauche de la Meuse, dans la région du bois d’Avocourt, nous avons ramené des prisonniers.
Deux attaques allemandes, précédées d’un violent bombardement, l’une sur nos positions du bois Le Chaume, l’autre en Lorraine, dans la région d’Arracourt, ont été repoussées. L’ennemi a subi des pertes sérieuses et laissé des prisonniers entre nos mains.
En Haute-Alsace, un de nos détachements a fait une incursion dans les tranchées allemandes au nord-ouest de Bisel (région de Seppois). Il a détruit les abris, capturé du matériel et est rentré au complet dans ses lignes.
Les Anglais ont réussi un coup de main à l’est d’Hargicourt.
Sur le front belge, activité d’artillerie aux abords de Dixmude et au sud de Nieuport.
En Macédoine, duel d’artillerie dans la région de Doiran et au nord de Monastir où nos tirs de destruction ont provoqué des explosions dans une batterie ennemie. Un monitor britannique a bombardé les batteries ennemies de Nechori, à l’embouchure de la Strouma.
Les Italiens ont achevé leur repli et se sont installés sur leurs positions de défense.
Les Anglais ont enlevé en Mésopotamie Tekkrit, à 185 kilomètres au nord de Bagdad.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Vendredi 9 novembre 1917

Paul Hess

novembre 1917 – Attaque allemande, sur Loivre et le Godât.

A 19 h, au moment où je m’apprête à quitter les camarades, dans le sous-sol des mines de l’hôtel de ville, afin de regagner la rue du Cloître, un tir formidable de nos pièces se déclenche dans cette direction ; il dure jusqu’à 19 h 3/4 et après un court temps d’arrêt, la canonnade reprend, très violente, pour se calmer à 20 h 3/4.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Vendredi 9 – + 8°. Nuit tranquille. Visite de M. Perot, vicaire de Saint- Jacques. Via Crucis in Cathedrali à 3 h. 50. Violents combats dans la direc­tion de Cormicy (?), Saint-Thierry ? pendant environ une heure ; recom­mencé à 7 h. pendant 1 heure. Bombes nombreuses pendant 1 h. 30 autour des Trois-Fontaines.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Vendredi 9 novembre

Vives actions d’artillerie sur tout le front au nord de l’Aisne, dans le secteur au sud de Corbeny et en Haute-Alsace.
Notre attaque des positions allemandes du Schoenholz a fait subir à l’adversaire de lourdes pertes. Le nombre des prisonniers capturés par nous s’élève à 120, dont 2 officiers. En outre, un important matériel, qui n’a pas encore été dénombré, est tombé entre nos mains.
Nos escadrilles de bombardement ont lancé 2300 kilos d’explosifs sur les gares de Thourout, Cortemark, Roulers et Lichtervelde. Tous les objectifs ont été atteints.
Les Anglais ont poursuivi sans aucune tentative d’intervention de la part de l’ennemi, l’organisation de leurs nouvelles positions de Passchendaele et des hauteurs avoisinantes. Le chiffre des prisonniers faits par eux dépasse 400, dont 21 officiers. Ils n’ont eu que des pertes légères.
Les Italiens continuent leur retraite en Vénétie.
Une insurrection a éclaté à Petrograd. Les maximalistes, qui sont maîtres du télégraphe central, de la Banque et du palais Marie, déclarent qu’ils triomphent, que la résistance a été à peu près nulle et qu’ils ont déposé Kerenski et le gouvernement provisoire.
Le garde-côte français Requin a coopéré à la prise de Gaia.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

Share Button

Mercredi 8 août 1917

Louis Guédet

Au mercredi 8 août 1917 1061ème et 1059ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Je rentre à l’instant de Paris. Le retour d’Épernay à Reims a été mouvementé, nous avions un chauffeur qui ne savait pas conduire, et ce qui fatalement devait arriver s’est produit, il nous jette sur 3/4 tas de cailloux heureusement, c’est ce qui nous a évité d’embrasser trop rudement les arbres de la route, un peu avant d’arriver à Champfleury. Un officier d’état-major de la 5ème Armée, 4 galons, est survenu et je lui ai expliqué le cas. Il a compris que ce malheureux ne savait pas conduire. Aussi ne l’auront nous plus !

Vu à Épernay Creté, Texier, le Procureur très aimable avec lequel j’ai parlé des procès de bicyclettes pour défaut d’autorisation de circuler. Il m’a demandé un rapport, je lui enverrai…

Vu hier soir Herbaux Procureur Général de Paris qui m’a parlé de ma future décoration qui est chose certaine. Il m’a dit que je la méritais bien, qu’elle m’était plus que due et que c’était promis, entendu avec Leroux, le Directeur du Personnel à la Chancellerie. Il m’a même demandé de le prévenir si j’avais jamais vent de la venue de Poincaré ou d’un ministre pour d’autres décorations, qu’aussitôt il verrait le Ministre de la Justice pour faire signer dans les 48 heures le décret de ma promotion. Il a vu dernièrement Vallé le sénateur, ancien ministre de la Justice, et lui en a parlé. Vallé a promis de m’appuyer, approuvant ma nomination, et Herbaux lui-même donné une note pour qu’il n’oublie pas d’en parler à Léon Bourgeois. Nous nous sommes quittés très aimablement, et il a insisté en disant que cela m’était plus que dû, et que je la méritais formellement.

Ici le calme. Je suis fatigué.

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Mercredi 8 – + 14°. Brouillard épais ; nuit tranquille. Visite aux Trois- Fontaines. Matinée tranquille. Visite d’une Mission américaine. Le D. M. Chamberlain, financier. Avec un interprète envoyé par son Gouvernement pour se rendre compte des besoins financiers et économiques de la France. Autorisé à me dire – non pour les journaux – que dans six mois, il y aurait 1 million de soldats américains débarqués ; et 90 000 000 000 de francs (dix milliards de dollars) à notre disposition, sans amortissement du capi­tal, mais seulement de l’intérêt à payer. Ils sont venus avec nous, par huma­nité pour défendre le droit, mais aussi pour acquitter dette de reconnais­sance envers la France(1) (1775). Je lui ai fait répéter devant Mgr Neveux, que j’ai demandé à lui prudence. Je leur ai fait visiter la Cathédrale. Visite du Chanoine – Commandant (de Besançon). Promis d’aller à Saint-Jacques, dimanche 12, pour dire messe et parler aux soldats. Petit orage à 9 h.

(1) Les motivations américaines pour leur entrée tardives dans le conflit sont beaucoup plus économiques que sentimentales. Les effectifs américains qui vont arriver en Europe devront êtres armés, formés et instruits par nos soins, ce qui retardera leur entrée en jeu jusqu’à la fin du printemps de 1918
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Neville Chamberlain 1921 –


Mercredi 8 août

Lutte d’artillerie assez violente en Belgique, particulièrement dans le secteur de Bixchoote, et au nord de l’Aisne sur le front Hurtebise-Craonne. Aucune action d’infanterie.
En Champagne, nous avons effectué dans les lignes allemandes trois incursions qui nous ont permis d’infliger des pertes à l’ennemi et de ramener des prisonniers.
Sur la rive gauche de la Meuse, l’ennemi a prononcé une attaque sur nos positions entre le bois d’Avocourt et la cote 304. Nos tirs les ont forcés à rentrer dans leurs tranchées de départ.
Sur la rive droite de la Meuse, l’ennemi a prononcé une attaque sur nos positions du bois des Caurières. Une fraction qui avait réussi à prendre pied dans un élément de notre première ligne en a été rejetée par une contre-attaque.
Sur le front belge, canonnade, lutte de grenades vers Dixmude.
Rien d’important à signaler sur le front britannique.
En Macédoine, notre artillerie exécute des tirs de destruction dans la boucle de la Cerna.
Les Russes ont à nouveau rétrogradé à la frontière de la Bukovine et en Moldavie, au nord de Focsany. L’évacuation de Kamenetz a été prescrite.
Kérensky a formé son cabinet avec des socialistes, des progressistes et des cadets. Dans son discours inaugural au ministère, il a montré que la défense nationale devait être la première préoccupation du nouveau gouvernement.
Un sous-marin allemand ayant canonné un chalutier espagnol, la presse de Madrid montre à nouveau une vive irritattion, et M. Dato a envoyé une protestation circonstanciée à Berlin.
Au cours d’une déclaration au sénateur Lewis, le président Wilson a dit que tous pourparlers au sujet de la paix seraient actuellement oiseux et qu’il serait le premier à adopter des initiatives dans ce but, quant l’heure lui semblerait venue.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

 

Share Button

Mercredi 30 décembre 1914

Paul Hess

Nuit calme. Bombardement dans la journée.- A propos de la nouvelle aussi (dont a fait mention Le Courrier du 27 courant) annoncée malgré la censure, de l’avance d’un train jusqu’au Châtelet, ce qui, naturellement, ne pouvait que laisser supposer aux Rémois du dehors la délivrance de notre ville, le même journal insère ceci, aujourd’hui :

« Tu dors, censure et Reims est dans les fers »Nous recevons la lettre suivante : Monsieur le rédacteur, Le titre ci-dessus convient parfaitement aux quelques mots que je tiendrais à voir publier dans vos colonnes, au sujet du formidable lapsus de la censure parisienne que vous dénonciez avant-hier – mais pas assez sévèrement à mon gré.Vous avez bien fait ressortir les très pénibles conséquences de cette bourde grossière, principalement le retour en masse des émigrés rémois, obligés ensuite de faire douloureusement demi-tour à Pargny ou à Germaine.Mais, ce que vous avez omis, c’est de réclamer une sanction – car il s’agit d’une faute lourde et vraiment inexcusable. Moi, qui ne suis ni censeur, ni Meusien, je verrais bien, par exemple, qu’on fait un une gaffe monumentale en racontant que les trains français de la ligne de Lérouville à Sedan vont maintenant jusqu’à Stenay – sachent que les Allemands sont retranchés en arrière de Consenvoye et de Forges, bien en deçà de Stenay.Et bien ! il en est de même du raid fantastique d’un train imaginaire jusqu’au Châtelet.Pour que des censeurs, pour que des militaires laissent imprimer cette énormité que nos trains vont jusqu’au Châtelet, il faut, de deux choses l’une : ou qu’ils soient d’une incapacité inimaginable, ou qu’ils se désintéressent totalement de la haute mission qui leur a été confiée.…Censuré…Et s’il est vrai, comme le déclarait dernièrement le général Humbel dans La Libre Parole, que la censure militaire, à Paris, est « exercée par des pseudo-militaires à qui la frontière ne dit rien », il n’y aurait qu’à les faire permuter avec des officiers du front ; ainsi, ils apprendraient peut-être où se trouve la ligne de feu…Un nouveau mais très dévoué lecteur du Courrier.

 Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Visite au Fourneau Économique, 260 avenue de Paris

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. Travaux de l’Académie Nationale de Reims

Avenue de Paris - CPA : collection Pierre Fréville

Avenue de Paris – CPA : collection Pierre Fréville


Eugène Chausson

30 Mercredi – Temps assez calme, les grosses pièces reprennent vers midi, à 5 h du soir, le calme est rétablie. Nuit relativement calme.

Carnet d'Eugène Chausson durant la guerre de 1914-1918

Voir ce beau carnet sur le site de sa petite-fille Marie-Lise Rochoy


Mercredi 30 décembre

Nos troupes ont enlevé en Belgique le village de Saint-Georges. L’ennemi a canonné le front au nord de Roye, spécialement du côté du Quesnoy-en-Santerre. Progrès de nos soldats dans l’Argonne, et sur les Hauts-de-Meuse, où nous repoussons quelques contre-attaques. En Alsace, nous avons marqué des avances sérieuses du côté de Steinbach, sur un éperon montagneux qui domine la région de Thann.
On annonce que le raid des hydravions anglais à Cuxhaven a produit des dégâts importants. Un Parseval et son hangar auraient été détruits; des Zeppelins et leurs hangars endommagés. Les unités navales britanniques n’ont, de leur côté, subi aucune perte.
Le drapeau italien a été hissé sur la ville de Valona. Cette occupation disent les journaux de Rome, ne signifie nullement que le gouvernement ait le désir de se lancer à corps perdu dans l’aventure albanaise. La presse autrichienne n’en marque pas moins sa mauvaise humeur.
Le colonel Barone, le plus connu des écrivains militaires italiens a fait appel à la jeunesse, dans une conférence, pour la guerre offensive contre l’Autriche.
Les troupes austro-hongroises ayant renoncé à une nouvelle attaque en Serbie se fortifient contre les Serbes en Bosnie-Herzégovine.
La misère s’aggrave à Budapest où se multiplient les démonstrations populaires contre la guerre. Des manifestations se produisent également à Vienne.

Share Button