Paul Hess

28 mai 1917 — Bombardement, ainsi que chaque jour.

– A 16 h 1/2, après avoir profité de la liberté de ce lundi de Pentecôte, pour mettre en ordre différentes choses dans l’immeu­ble de mon beau-frère, rue du Cloître 10, je pense à sortir quel­ques minutes, si possible, pour faire une courte promenade.

A l’instant précis où je fermais la porte de la maison, un obus venant soudain au-dessus de moi, éclate sur sa corniche, me clouant sur place. C’était un 88 autrichien.

Avec d’autres obus, on n’a déjà généralement pas le temps de se garer, mais avec ces maudits projectiles, que l’ennemi nous envoie depuis quelque temps et que nous connaissons malheureu­sement trop bien, cela devient absolument impossible, car on en­tend en même temps le coup du départ, le sifflement et l’explosion d’arrivée ; on serait tué sans avoir eu le temps de s’apercevoir du danger.

Je venais d’allumer avec plaisir un cigare, rapporté dernière­ment d’Épernay, où j’étais allé en congé quelques jours ; je conti­nue à le fumer tout de même, non sans une certaine émotion, car il est bien évident que je viens, encore une fois de l’échapper belle, avant d’aller prendre un peu l’air, au dehors.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos


Cardinal Luçon

Lundi 28 – + 15°. Toute la nuit combat à Test. A 5 h. quelques bombes ; Vers 1 h. 45, quelques bombes très fortes et très près de nous. J’ai tremblé pour la Cathédrale. Visite rue Chanzy où est tombé un obus. Visite à M. Biaise.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Lundi 28 mai

Une tentative des Allemands sur nos tranchées, au nord du moulin de Laffaux, a échoué sous nos feux. Dans ce secteur, ainsi que sur le plateau de Californie et dans la région des crêtes au sud de Nauroy et de Moronvilliers, la lutte d’artillerie a été assez violente au cours de la nuit.
Une attaqne locale a permis aux Anglais d’effectuer une nouvelle progression vers Fontaines-les-Croisilles. Des engagements de patrouilles vers le Cojeul, leur ont valu un certain nombre de prisonniers.
Ils ont abattu trois avions allemands en combat aérien, huit autres avions ont été contraints d’atterrir, désemparés. Quatre avions anglais ne sont pas rentrés.
Les Italiens ont continué leur progression sur le Carso en s’emparant de nouveaux points fortifiés. Ils ont fait des prisonniers en plusieurs endroits: 1150 au total.
Le général américain Pershing a fait un discours éloquent pour affirmer que ses troupes viendraient prochainement collaborer à la libération du front occidental.
On dément officiellement à Vienne que l’archiduc Joseph doive succéder à M. Tisza à la tête du cabinet hongrois.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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