Paul Hess

Quasimodo -15 avril 1917 – Après une nuit épouvantable de bombardement avec obus asphyxiants sur le faubourg de Laon, le quartier de Saint-Marceaux, Gerbert et du Barbâtre, obus à gaz encore dans la matinée, même dans le centre. On signale une trentaine de victimes, intoxiquées, de tous côtés.

Dans la journée, bombardement ininterrompu en pleine ville ; les rues Courmeaux et Notre-Dame de l’Épine, notamment, sont fort éprouvées, comme dégâts.

Nous avons dû passer la journée entière dans les caves de l’hôtel de ville. Le soir, à 20 h en regagnant la cour du Chapitre, je m’arrête un court instant auprès de quelques personnes qui, de la place des Marchés, regardent le clocher de l’église Saint-André. Au quart de sa hauteur, à peu près, le trou d’entrée d’un obus laisse voir, au milieu des ardoises, un disque rouge décelant seul un incendie intérieur en train de dévorer la charpente.

Lorsque je repasse au même endroit, le lendemain matin, le clocher a totalement disparu.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

La place des marchés, actuelle place du Forum


Cardinal Luçon

Dimanche 15 Quasimodo – Nuit terrible, surpassant toutes les précé­dentes. Toute la nuit, canonnades et bombes, surtout de 6 h. à 11 h. et de 3 heures à 6 heures, par rafales. Dès le matin, avions en l’air. A 10 h., une quinzaine d’avions français paraissent à la fois en même temps dans l’air. Toute la journée, mais non par rafales, des obus tombent ici ou là, pendant que les avions français et allemands évoluent dans les airs.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 15 avril

Entre Saint-Quentin et l’Oise, nos batteries ont poursuivi leurs tirs de destruction. Nos troupes se sont organisées sur le terrain conquis.

L’ennemi a réagi, par son artillerie, sur nos premières lignes, notamment aux abords de la vallée de la Somme.

Au sud de l’Oise, nons avons réalisé des progrès sur le plateau au nord-est de Quincy-Basse. Notre artillerie s’est montrée particulièrement active sur les organisations allemandes de la forêt de Saint-Gobain et de la haute forêt de Coucy.

Au nord de 1’Aisne et dans la région de Reims, activité réciproque des deux artilleries.

En Champagne et dans les Vosges, canonnade assez violente dans divers secteurs. Un coup de main ennemi sur un de nos petits postes au nord-est de Ville-sur-Tourbe a échoué.

Les Anglais ont enlevé le village de Fayet, au nord de Saint-Quentin, ainsi que les positions de la ferme de l’Ascension et de la ferme du Grand-Parel. Au nord de la Scarpe, après avoir occupé Angres, Givenchy-en-Gohelle, Vimy, ils se sont emparés de la fosse n° 6 et de la gare de Vimy. Le chiffre des pièces de canon prises par eux monte à 170. Le terrain conquis rejoint les positions saisies lors de la bataille de Loos.

Un navire hôpital anglais a coulé sur une mine; il y a 52 manquants. Un autre a été torpillé.

Le Brésil a saisi les navires allemands internés. La Bolivie a rompu avec le cabinet de Berlin.

Source : La Guerre 14-18 au jour le jour

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