Paul Hess

Dimanche 5 novembre 1916 – En arrivant ce dimanche matin à l’hôtel de ville comme d’habitude, à 8 h 1/2, je suis surpris de voir que les traces des deux obus tombés hier sur la place, ont déjà complètement disparu. A ce moment, un ouvrier de la voirie termine son travail, en achevant de répandre du sable sur le pavage refait.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

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Cardinal Luçon

Dimanche 5 – + 10°. Nuit tranquille. Belle journée. Visite pastorale aux Mesneux. Assisté à la Messe 9 h. 1/2, complimenté au seuil de l’église par le Maire, M. Brulé. Parlé en chaire aux habitants et aux soldats ; serré la main des soldats rangés sur la place. Déjeuner chez M. Brulé, dont la femme est une sœur de Mgr Lorrain, avec plusieurs officiers. Photographié avec les soldats, et à la maison. M. Brulé me raconte l’histoire du premier bombardement de Reims le 4 septembre (1). La batterie qui bombardait la ville était aux Mesneux. M. le Chanoine Legros réunit à Montmartre l’Union Rémo-ardennaise. M. Fournier, curé de Saint-Thomas, prêche à la grand’messe.

(1) Le 4 septembre 1914, des « plénipotentiaires » sans mandat avaient été capturés par l’Armée Foch et retenus un temps prisonniers de guerre. Inquiets de leur sort, des troupes de la 2e Armée allemande, à laquelle ils appartenaient, avaient déclenché sur Reims, de leur propre autorité, un tir de représailles meurtrier. L’entrée à Reims à ce moment d’éléments de la IIIe Armée allemande avait ajouté la confusion et il fallut le dévouement de L. de Tassigny, maire de la Neuvillette, qui demeura comme otage entre les mains des Allemands jusqu’au 15 novembre, pour empêcher d’autres « représailles » de la part d’un ennemi rendu arrogant par son éphémère victoire.
Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Dimanche 5 novembre

Au nord de la Somme, les Allemands ont tenté de nous chasser des tranchées que nous, avons conquises le 1er novembre, à la lisière ouest du bois de Saint-Pierre-Vaast. L’attaque, précédée d’un violent bombardement, a été brisée par nos feux de barrage. Des éléments ennemis qui avaient réussi à pénétrer dans nos lignes, ont été rejetés aussitôt ou faits prisonniers. Tout le terrain pris par nous a été intégralement maintenu. Sur la rive droite de la Meuse, nos troupes ont accentué leur progression dans la région de Vaux. Nous tenons la partie ouest du village jusqu’à l’église. Au nord-est et à l’est du fort, nous nous sommes avancés à plusieurs centaines de mètres de l’ouvrage sur les pentes qui descendent vers la Woëvre. Nous avons fait de nouveaux prisonniers. Lutte d’artillerie sur le front de la Cerna, en Macédoine. Une de nos escadrilles a bombardé des campements ennemis au nord de Monastir et près de Prilep. Les Roumains ont capturé 575 Austro-Allemands, la plupart dans la vallée du Jiul. Les Italiens ont gagné encore un kilomètre sur le Carso, faisant 553 prisonniers.

Source : La guerre au jour le jour

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