Louis Guédet

Dimanche 20 août 1916

708ème et 706ème jours de bataille et de bombardement

5h soir  Temps gris brumeux ce matin. Déjà l’automne, aussi ai-je l’âme triste comme tous les ans à pareille saison, je n’ai jamais pu résister à cette mélancolie poignante que l’automne produit en moi, et c’est la saison que je préfère. J’en souffre et je la désire.

Après-midi le temps s’est ensoleillé, pâlement. Cela m’attriste et dire que voilà l’hiver ! L’hiver ! serai-je condamné à le passer comme les 2 précédents, en aurai-je la force ? N’y succomberai-je pas ?… !! J’en tremble. J’en frissonne d’angoisse d’avance.

Messe de 7h. Travaillé, écrit, reçu au courrier lettre de Labitte à qui je réponds pour lui demander de voir à la mutation de Jean au 61ème pour se retrouver avec Robert. Le pauvre grand serait si heureux ! Mais cependant je ne veux pas que cela nuise à son avancement. Enfin attendons. Sorti après-midi pour mon courrier et quelques courses. M. Charles Heidsieck est parti retrouver Mme Heidsieck. J’enverrai un message pour la Mère supérieure de Roederer qui aurait bien voulu le voir au sujet du projet des Hospices de faire une clinique de cet hospice. Ce n’est ni dans l’idée de la fondatrice Mme Roederer, ni dans celle de la Supérieure. Enfin je vais en écrire à M. Charles Heidsieck. Rentré pour écrire quelques lettres et voilà ma journée finie. Que vais-je faire jusqu’à 7h1/2 ?

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Dimanche 20 – Nuit tranquille ; matinée item. + 13° à 6 h. ; temps couvert. Confirmation à Trigny par Mgr Neveu, à Jonchery par moi. Le général Mazel était absent17. Visite à l’ambulance.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Dimanche 20 août

Au nord de la Somme, nos feux ont brisé plusieurs tentatives de contre-attaques ennemies; nous avons fait des prisonniers. Après quoi, nous avons enlevé, au cours d’un brillant assaut, une notable partie du village de Maurepas, ainsi que le calvaire situé au sud-est. Nous avons, durant cette opération, capturé 200 Allemands valides. Entre Maurepas et la Somme, nous avons élargi nos positions à l’est de la route de Maurepas à Cléry.
Sur la rive droite de la Meuse, après un violent combat, nous avons chassé les Allemands de la partie du village de Fleury qu’ils occupaient. Quelques fractions ennemies se maintiennent encore à la lisière est, dans un pâté de ruines. Nous avons fait 50 prisonniers dont un officier. Nous avons ensuite continué notre offensive en chassant l’ennemi de deux redoutes fortifiées au nord-ouest de l’ouvrage de Thiaumont. Ici, nous avons fait 100 prisonniers parmi lesquels 5 officiers. Nous avons progressé aux abords de la route du fort de Vaux, à l’est du bois de Vaux-Chapitre.
Les Anglais ont continué leur avance dans la direction de Guinchy et de Guillemont. Ils ont fait plus de 200 prisonniers dont un certain nombre d’officiers.
Les Italiens ont repoussé une attaque dans la zone du Tonali et deux autres offensives sur le Fredo et le Cedro. Ils ont bombardé la gare de Sillian, dans le Pusterthal.
Les Russes ont refoulé avec de grosses pertes pour l’ennemi une attaque autrichienne sur la Zlota-Lipa. Ils ont progressé sur le Bistrica.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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