Paul Hess

14 juillet 1916 – Journée très calme.

Des avis apposés aux commissariats de police invitaient, paraît-il, les habitants à s’abstenir de sortir. On semblait craindre un bombardement ce jour de fête nationale.

Au cours de démarches faites dans la matinée d’abord, rue du Jard et rue Ponsardin puis l’après-midi, boulevard Charles-Arnould et, à nouveau rue du Jard, regagnée en suivant le canal, j’ai constaté qu’il y avait très peu de monde dehors.

Dans un discours prononcé au cimetière, le maire a annoncé, à ce jour, environ 600 victimes civiles et 600 militaires tués en ville, depuis le début du bombardement.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

canal


Cardinal Luçon

Vendredi 14 – Nuit et journée tranquilles. Pas dit messe.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

 

Vendredi 14 juillet

Sur le front de la Somme, canonnade intermittente.
En Champagne, aux abords de Prosnes, nous avons pénétré dans un saillant de la ligne ennemie et ramené des prisonniers.
En Argonne, deux coups de main dirigés par l’ennemi sur les parties nord et est du saillant de Bolante ont échoué sous nos feux. A la Fille-Morte, nous avons fait exploser une mine et occupé le bord sud de l’entonnoir.
Sur la rive droite de la Meuse, aucune action d’infanterie. Bombardement des secteurs de Souville, du Chenois et de la Laufée.
Les Anglais ont pris part sur leur front à un violent duel d’artillerie. Quelques combats d’infanterie ont eu lieu. Nos alliés ont pris deux obusiers et quantité de munitions. Ils ont repoussé l’ennemi à l’ouest de Wypfchaete et au sud du canal de la Bassée.
Les Russes ont fait plusieurs tentatives intéressantes le long de la Duna. Combat d’artillerie près de Stokhod. Nos alliés ont fait 2000 prisonniers sur la Strypa inférieure.
Les Italiens ont repoussé une violente attaque ennemie dans les montagnes de la rive gauche de l’Adige.
Le député de Trente an Reichsrath autrichien, M. Battisti, est mort dans les rangs de l’armée italienne, où il servait par engagement volontaire.

Source : La Grande Guerre au jour le jour

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