Louis Guédet

Jeudi 13 juillet 1916

670ème et 668ème jours de bataille et de bombardement

6h soir  Nous voilà revenu au calme, le temps est assez beau mais orageux. Il fait cependant de l’air. Je suis éreinté, fatigué et ne me sens pas à mon aise. Je suis d’une tristesse extraordinaire. Je suis si las ! Ravaud prétend que c’est de la fatigue, du surmenage, et pourtant il me semble que je ne fais pas grand-chose et du reste je n’ai plus de goût au travail. C’était un dérivatif. Cela va-t-il me manquer ? Je le crains, car, dans ce cas, autant mourir.

Le bas de la page a été découpé, le feuillet suivant a été supprimé.

…qui parait-il suivait son cours et ne serait pas étouffée, suivi ensuite de la Passerelle de Vesle le Canal jusqu’à une passerelle jetée par le Génie militaire sur le canal en face de la rue Bruyant, traversé le canal, remonté cette rue Bruyant bordée de nombreux jardins plus ou moins incultes, tombé rue de St Brice, remonté la rue de Trianon, où j’ai découvert une grande porte cochère Renaissance avec une tête usée comme fronton et 2 têtes de biais aux pilastres, portant le numéro 1 de cette rue. Je l’ignorais. Qu’y avait-il là ? Mais que toutes ces rues de ce quartier sont tristes et mornes. Pas un habitant. Le désert. Traversé les Promenades, passé chez Michaud acheter un journal, et rentré ici. Le cœur pas gai, oh ! non pas gai ! Souffrir, toujours souffrir, c’est trop !

Impressions, Louis Guédet, Notaire et Juge de Paix à Reims. Récits et impressions de guerre d'un civil rémois 1914-1919, journal retranscrit par François-Xavier Guédet son petit-fils

Cardinal Luçon

Jeudi 13 – Nuit tranquille. Reçu et étrenné (à Vêpres de S. Bonaventure) le nouveau Bréviaire offert par Maison Marne. Mgr Neveux confirme les orphelins de Bethléem réfugiés à Cormontreuil.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Jeudi 13 juillet

Journée calme sur le front de la Somme.
Nous opérons plusieurs coups de main heureux en Champagne.
Sur la rive gauche de la Meuse, lutte d’artillerie dans le secteur du Mort-Homme.
Sur la rive droite, les Allemands ont prononcé un puissant effort dans la direction du fort de Souville. Six régiments ont débouché du village de Fleury et du bois de Vaux-Chapitre. Malgré la violence des assauts lancés en masse sur un front étroit, l’ennemi n’a réussi, au prix de pertes énormes, qu’à gagner un peu de terrain à l’intersection des chemins de Fleury et de Vaux. Le bombardement se poursuit dans la région de Souville, du Chenois et de la Laufée.
Une tentative de l’ennemi à l’est de Badonvillers a été complètement repoussée.
Les Anglais ont occupé, après de vifs combats et diverses alternatives, la totalité du bois de Mametz. Ils ont également avancé dans le bois des Trônes; les Allemands y ont laissé un grand nombre de cadavres. Deux violentes attaques qu’ils ont tentées contre Contalmaison ont totalement échoué.
Sur le front oriental, les combats se poursuivent le long de Stokhod. Les Russes ont remporté un nouveau succès près de Kimpolung.

Source : La Grande Guerre au jour le jour


fort

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