Paul Hess

6 avril 1916 – Parmi les nouvelles plus ou moins intéressantes servant à remplir les colonnes des journaux, on en trouve une, assez amu­sante aujourd’hui. La voici :

Quand finira la guerre ?

On est prié de répondre à une question que pose l’Enre­gistrement : quand finira la guerre ?

Il ne faudrait pas croire à une plaisanterie ; l’Enregis­trement ne plaisante jamais.

« L’Œuvre » nous dit qu’un commerçant parisien fait une sous-location de son magasin « pour la durée de la guerre ». Rien de plus naturel. La location est constatée sur papier tim­bré et envoyée à l’Enregistrement qui refuse d’enregistrer avec ce motif péremptoire : « Fixer la durée ».

Fixer la durée de la guerre ! L’Enregistrement est bien curieux ; mais s’imagine-t-il qu’une date enregistrée aura une influence sur les événements ?

Enfin, on est prié de renseigner l’Enregistrement. Qui sait ? Peut-être un astrologue ou une tireuse de cartes pour­ront-ils donner satisfaction au sage et prudent Enregistre­ment.

Paul Hess dans Reims pendant la guerre de 1914-1918, éd. Anthropos

Cardinal Luçon

Jeudi 6 Nuit tranquille ; + 7 ; journée calme. Visite à l’École S. Jo­seph ; rue des Capucins, rue de Venise, rue Brûlée. Donné Lettre Pastorale sur le Pape, demandant prières et communions d’enfants pour le Pape, en union avec la Belgique.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

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Juliette Breyer

Jeudi 6 Avril 1916. Ton parrain a envoyé son portrait chez tes parents et je crois que Juliette va s’en aller. Ils ont trop peur et ils ne veulent plus rester. C’est vrai que le bombardement est journalier. Ils ont raison car ils peuvent s’en aller du côté où le parrain est soldat.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

Il est possible de commander le livre en ligne


Jeudi 6 avril

En Belgique, tir de destruction sur les tranchées ennemies.
Au nord de l’Aisne, notre artillerie se montre active au sud de Craonne et dans la région de Berry-au-Bac.
En Argonne, lutte à coups de grenades dans le secteur de Bolante. Nous faisons sauter deux mines à la Fille-Morte. Nous canonnons les voies de communication de l’ennemi, dans la région de Montfaucon et des bois de Malancourt.
Nous progressons dans les boyaux au nord du bois de la Caillette ( est de la Meuse). Canonnade dans le secteur Douaumont-Vaux.
Les Allemands jettent des mines dans la Meuse, près de Saint-Mihiel : elles viennent exploser contre nos barrages sans causer de dégâts.
En Lorraine, entre Arracourt et Saint-Martin, l’ennemi lance plusieurs attaques sur nos positions. Il est partout rejeté.
Un sous-marin allemand a été coulé par une escadrille franco-anglaise.
Le général Zupelli est remplacé au ministère de la Guerre italien par le général Marrone.
La Chambre hollandaise a tenu une séance secrète.

 

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