Cardinal Luçon

Mercredi 23 – Nuit tranquille sauf quelques coups de canon de temps en temps. Température 0. Visite à M. le Curé de S. André. A cinq heures violente canonnade.

Cardinal Luçon dans son Journal de la Guerre 1914-1918, éd. par L’Académie Nationale de Reims – 1998 – TAR volume 173

Juliette Breyer

Mercredi 23 Février 1916. Je me demande aujourd’hui si tout l’espoir que j’ai eu pendant 18 mois sera vain. Le 23, date exécrée, c’est écrit donc que ce jour là j’aurai toutes les plus grosses peines. Aujourd’hui un agent de police est venu me trouver aux caves. Je m’en doutais et pourtant quel coup au cœur ! J’ai beau vouloir ne pas y croire mais cette fois-ci l’avis officiel du Ministère de la guerre est là, m’annonçant que tu es mort pour la France au champ d’honneur à l’attaque du village d’Autrèche le 23 septembre 1914. Il a fallu que je donne ma signature.

Je suis sans courage et je veux encore espérer jusqu’à la fin de la guerre. Pauvre grand, je n’en écris pas plus aujourd’hui, je n’en ai plus la force. Je t’aime toujours et je voudrais te revoir.

Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) - Lettres prêtées par sa petite fille Sylviane JONVAL

De sa plus belle écriture, Sylviane Jonval, de Warmeriville a recopié sur un grand cahier les lettres écrites durant la guerre 14-18 par sa grand-mère Hortense Juliette Breyer (née Deschamps, de Sainte-Suzanne) à son mari parti au front en août 1914 et tué le 23 septembre de la même année à Autrèches (Oise). Une mort qu’elle a mis plusieurs mois à accepter. Elle lui écrira en effet des lettres jusqu’au 6 mai 1917 (avec une interruption d’un an). Poignant.(Alain Moyat)

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Mercredi 23 février

En Artois, l’ennemi a effectué une forte attaque sur nos positions du bois de Givenchy. Il a pénétré dans nos tranchées de première ligne, complètement bouleversées, et sur plusieurs points dans nos tranchées de doublement, dont il n’occupe plus que quelques éléments. Il a subi des pertes considérables du fait de nos tirs de barrage et de nos feux d’infanterie et de mitrailleuses.
Dans la région de Verdun, les Allemands ont attaqué nos positions, à l’est de Brabant-sur-Meuse, entre le bois d’Haumont et Herbe-bois. Ils ont pris pied dans quelques éléments de tranchées avancées et poussé jusqu’aux tranchées de doublement; ils furent rejetés de ces dernières, mais ils renouvelèrent ensuite leurs tentatives, et finalement occupèrent un bois et un saillant que formait notre ligne au nord de Beaumont. Au nord-ouest de Fromezey (est de Verdun), nos tirs de barrage empêchèrent une attaque de se déclencher.
Activité d’artillerie en Belgique, en Champagne, au Ban-de-Sapt et à l’ouest d’Altkirch.
Les Russes poursuivant leurs avantages dans la région d’Erzeroum, ont fait encore des centaines de prisonniers, en capturant plusieurs batteries allemandes.
26 aéroplanes anglais ont attaqué les dépôts allemands de Don, infligeant de gros dégâts aux entrepôts et aux voies ferrées.
Un zeppelin a survolé Lunéville. Poursuivi par nos avions, il s’est dirigé vers Metz.
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La grande attaque de Verdun, destinée à influencer les neutres, à relever le moral du peuple allemand et le prestige du Kronprinz, fut imposée par celui-ci et le Kaiser. Le plan d’attaque serait dû au général Deimling et au vieux feld-maréchal von Haeseler, conseiller du Kronprinz qui connaissait bien la région. La direction de l’artillerie lourde fut assumée par von Beseler qui prit Anvers. Le Kaiser est représenté ici au cours d’une visite au quartier général du Kronprinz. Près de celui-ci, le prince Oscar.

 

 

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